JANVIER. LA VIGILE DB L'EPIPHANIE
je le considérerai, mais de loin ; c'est-à-dire, ce que j'annonce est certain , mais encore bien éloigné. Une étoile naîtra de Jacob, une branche s'élèvera de la. tige d'Israël-, le Seigneur frappera les princes de Moah , il ravagera le pays de tons les fils de Seth , Vldumèe sera sa possession , l'héritage de Séir passera en ■mains ennemies ; mais Israël poussera ses conquêtes , ce sera de Jacob que sortira le dominateur y il détruira jusqu'aux restes de la ville. Toute la tradition a vu clans ces paroles l'annonce de la venue du Sauveur, les prémices de la gentilité guidées à son berceau par une étoile, et la plénitude des nations infidèles soumises à l'empire de Jésus-Christ. Pour nous , cpii venons bien après k\s temps accomplis, nous allons voir et considérer ce même Sauveur à l'autel , mais ce sera dans quelques instans : préparons-lui donc l'entrée de nos cœurs pour qu'il y détruise le péché , et qu'il y règne par sa grâce en dominateur souverain .
Graduel, /s. 49-
Dans le sens littéral, ces paroles d'Isaïe s'entendent du retour de la captivité de Babylone : au signal que le Seigneur donnera aux nations , les peuples rapporteront dans leurs bras les enfans d'Israël au sein de leur patrie. Alors les rois de Perse se montreront leurs plus ardens protecteurs, ils seront pénétrés de vénération pour la maison de Jacob, qui connoîtra alors combien le Seigneur son Dieu est puissant dans ses œuvres , fidèle dans ses promesses , et magnifique dans ses biens. Mais parce que la captivité et le retour de Babylone ne sont eux-mêmes qu'une image de l'esclavage du genre humain sous le joug du péché , et de la délivrance des enfans de Dieu par Jésus-Christ; les paroles du prophète doivent s'entendre également de cette délivrance meilleure qui commence avec la manifestation du Sauveur aux Gentils : Foici que je lèverai ma main vers les nations , que je donnerai mon signal auw peuples de la terre , dit le Seigneur à son Eglise ; et ils apporteront vos enfans dans leurs bras après les avoir réunis de (ous les points du monde ; les rois devieu-
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dront les bienfaiteurs de ce peuple racheté : ils baisseront la tête de respect devant htij et vous cou- ■noîtrez que je suis le Seigneur qui opère ces merveilles.
Alléluia. Fs* 17*
Je vous louerai , Seigneur, et je chanterai votre nom au milieu des nations réunies sous votre emoire. Vous ne serez plus seulement connu dans la Judée , votre nom ne sera pas seulement grand dans Israël ; du couchant à l'aurore il sera célébré , chanté , béni de tous les peuples : aussi je me réjouis de cette extension de votre puissance et de cette étendue de vos miséricordes , dont je vais entendre l'heureuse nouvelle.
Evangile. Mattli. 2.
Ce trait de l'Evangile a plus de rapport qu'il ne semble au premier abord avec le sujet de la Vigile que nous célébrons. Car déjà Jésus-Christ, par sa retraite en Egypte , a été prévenir de sa grâce la vocation des Gentils : puis , Joseph reçoit l'ordre de ramener le Sauveur dans la terre d'Israël après la mort d'Hérode ; et voilà que , par crainte des fureurs d'Archélaiïs , l'Ange lui donne un nouvel avis de se retirer dans la Galilée des nations , comme pour consacrer de nouveau la bénédiction promise à tous les peuples de la terre. Or, tout cela ne se fait pas sans une raison symbolique et mystérieuse , dit saint Hilaire; Joseph, dans le précieux ministère qu'il exerce , représente les apôtres à qui Jésus-Christ sera confié pour être porté par leur voix à l'univers entier. Après la mort du Sauveur, ils reçoivent Tordre de porter ce salut de Dieu aux brebis perdues de la maison d'Israël ; mais à cause de l'infidélité et de l'endurcissement des Juifs, l'Esprit saint les avertit de se tourner vers les nations , et de leur porter les richesses de l'Evangile , qui sont la connoissance , la grâce et l'amour de Jésus-Christ , appelé , il est vrai , k gloire de son peuple , mais aussi la lumière de tout homme venant en ce monde. Craignons de repousser
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ainsi par nos dispositions mauvaises ce Dieu qui va venir sur l'autel , et de l'autel dans nos cœurs ; allons plutôt au-devant de lui , et que notre amc , bien préparée, soit, comme Nazareth, la demeure qu'il se choisisse. Mais, prenons garde qu'à cette occasion il est appelé par Isaïe nazaréen, c'est-à-dire rejeton fleuri', et, pour remplir spirituellement cette belle signification, désirons que le Sauveur, transplanté dans nos âmes, y prenne racine, et que celte fleur de bénédiction porte des fruits de grâce et de salut.
Offertoire. Dan 7.
Tout peuple, toute tribu, toute langue seront soumis , et dévoués au service du Seigneur : venons donc tous nous ranger auprès de l'autel pour nous dévoue]1 et nous consacrer à ce souverain Maître , pour nous immoler à son service et à son amour ; allons à l'offrande dans ces dispositions. Sa puissance sera une puissance éternelle que rien ne renversera , son téyne un règne immuable que rien ne saurait ébranler : ajoutons donc à la générosité d'un sacrifice sans bornes la constance d'une consécration et d'une fidélité à jamais irrévocable.
Secrète.
0 Dieu, c'est par votre ordre qu'une étoile particulière et miraculeuse a conduit les Mages à Jésus- Christ, et cette étoile n'étoit elle-même qu'un signe extérieur de la grâce invisible qui les attirait an Sauveur des hommes : faites aussi que nos pas scient dirigés par votre miséricorde dans le sacrifice que nous vous offrons , et que nous parvenions dans la communion à la vision salutaire de votre vérité, précédés du flambeau de votre g. > ace. Cette vision sera salutaire, car il sera impossible de voir en vous la source des vrais biens sans vous aimer, et de vous aimer sans prendre tous les moyens de vous possédci à jamais.
Communion. Apoc. 21.
La (farté de Dieu a éclairé la sainte cite de Jeta-
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salem, et ce que nous sollicitions dans la secrète s'accomplit pleinement dans la communion -> Famé du fidèle est en ce moment la cité sainte , demeure du grand roi, toute brillante de la lumière de Dieu , toute resplendissante de sa vérité. Mais il est écrit que les nations marcheront à sa lumière, et remarquons combien l'Eglise insiste continuellement sur les suites de nos communions. On diroit qu'elle ne compte pour rien cette claire vue de Pâme qui s'unit à son Dieu , ces douceurs qu'elle goûte dans l'union, cette ferveur qui la pénètre , cet amour qui l'embrase ; elle lui dit toujours: Marche , marche ; avance, avance; vis d'une manière conforme à cette heureuse et intime connoissance. La communion n'est qu'une halte où l'on mange un pain délicieux, où l'on boit un breuvage céleste ; mais c'est pour avancer avec plus de courage , c'est la force du voyageur dans le trajet de la terre au ciel. Qu'il nous semble donc entendre Jésus-Christ nous dire après chaque communion : Marchez, tandis que vous avez la lumière , afin que les ténèbres ne viennent pas vous surprendre. Alléluia.
Postcommunion.
C'est cet esprit de suite et de continuité dans les voies du salut que nous demandons ici pour action de grâces : Eclairez, Seigneur, éclairez votre peuple , environnez toujours son cœur de la splendeur de votte tjloire : afin que, marchant sans relâche à cette lumière divine, il reconnoisse sans cesse son Sauveur, et parvienne infailliblement à la posséder, non plus comme gage , mais comme plénitude de bonheur ; non plus sous des voiles et à travers des ombres , mais sans énigme et sans nuage ; non plus pour quelques momens, mais pour toujours : car on ne s'unit à Dieu à l'autel de la terre que pour lui être uni éternellement dans le ciel, comme les Mages n'ont trouvé Jésus-Christ et ne l'ont adoré quelques instans que pour jouir à jamais de sa grâce et de su présence.
l>\ 6 janvier, l 'epiphanie.
Le 6 Janvier.