‹ Explication des messes de l'Eucologe de ParisChapitre 41 sur 95 · DU TEMPS DU CAREME · texte numérisé non relu

DU TEMPS DU CAREME

Cette dernière fraction de temps consacré aux œuvres de la foi , et k la correspondance k la grâce par une pénitence sincère, se parcourt encore avec ordre et par degrés pour arriver plus sûrement au but. Pendant la Septuagésime, l'Eglise nous pénètre de l'esprit de pénitence : pendant le Carême , elle nous exerce k la vertu de pénitence, extérieurement par la mortification et les privations prescrites, intérieurement par la douleur du cœur et le changement de la vie; au temps de la Passion, elle nous conduit au sacrement de pénitence, et, nous faisant unir notre contrition aux douleurs de l'homme- Dieu , notre satisfaction aux souffrances du rédempteur, notre mort au péché k la mort et k la sépulture de Jésus- Christ, elle consomme ainsi l'œuvre de la foi par une pleine et entière réconciliation qui nous initie k la vie d'un Dieu ressuscité.

Si l'Eglise sanctifie par une pénitence plus exacte, par l'abstinence et le jeûne, par la mortification et les bonnes œuvres , par la prière et les exercices de piété , par la parole de Dieu et les sacremens , les quarante jours qui composent le Carême , c'est i° pour retremper fortement nos âmes, dont la vigueur spirituelle s'affoiblit et s'énerve dans le cours de l'année ; 2° pour nous donner l'échantillon des habitudes d'une vie rigoureusement chrétienne, dont le renouvellement général puisse influer sur le reste de la vie; car le Carême est l'image de la vie présente , aussi bien que le temps pascal est l'image de la vie du ciel ,

et toute la vie d'un disciple de l'Evangile doit être une perpétuelle pénitence j 3° pour consacrer à Dieu plus spécialement, la dîme de notre vie par ces quarante jours qui forment à peu près le dixième de l'année; 4° pour imiter le jeûne solennel de Jésus-Christ , et agir selon ce divin modèle, dont le jeûne de Moïse et d'Elie avoitété la figure dans l'ancienne loi; 5° pour nous préparer à la grande fête de Pâques et à la participation aux sacremens. L'Eglise veut nous sanctifier par les pâques , c'est donc avec raison qu'elle nous donne quelque part aux souffrances de l'Homme- Dieu , par lesquelles il a fallu qu'il passât lui-même pour arriver à sa gloire. L'Eglise veut nous faire passer du côté de Die'd, du côté de sa grâce et de son amour ; c'est donc avec sagesse qu'elle tient, pour ainsi dire, nos âmes en quarantaine, afin de les purifier de l'air pestilentiel du péché, et des habitudes suspectes d'une vie mondaine et dissipée. Après cette épreuve salutaire, il nous sera permis d'arriver jusqu'à Dieu, et nous aurons une plus juste confiance de lui demeurer constamment fidèles.

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