‹ Explication des messes de l'Eucologe de ParisChapitre 47 sur 95 · ÏV DIMANCHE DE CARÊME · texte numérisé non relu

ÏV DIMANCHE DE CARÊME

Appelé La? tare du premier mot de l'Introït.

Entrer dans le Carême sans lâcheté, sans présomption , sans ces accommodemens illusoires dont Dieu ne s'accommode pas ; poursuivre cette carrière dans la pratique du renoncement et de la croix , pratique qui est de l'essence habituelle d'une vie chrétienne ; se préparer dans ces jours de salut à faire une bonne confession et une sainte communion, et trouver dans ces deux sacremens une influence de sanctification qui s'étende sur tous les jours de l'année : voilà l'esprit de l'Eglise, et la marche admirable qu'elle suit dans Jes offices publics de ce temps. Il ne reste donc plus aujourd'hui qu'à traiter de cette nourriture divine , qui affermit en nous la vie spirituelle de la grâce recouvrée par le sacrement de pénitence , et d'en méditer les merveilles et les fruits dans l'image de ce pain multiplié au désert par les mains de Jésus-Christ.

Introït. Is, GG. Ps. 121.

Réjouissez -vous , Jérusalem, à l'heureuse nouvelle qui vous est donnée , qu'un Dieu veut venir au milieu de vous : et vous tous qui aimez cette sainte Eglise du Seigneur', joignez -vous à sa joie, et formez un cligne concert. Tressaillez d'allégresse,

IV DlAiÀSCIIE DE CAREME. 'l33

vous qui avez été dans la douleur de la pénitence , et dans le laborieux enfantement du salut , afin que vous soyez rassasiés au sein des délices et des consolatio?is que l'eucharistie vous promet et qu'elle veut vous approprier, quand , revenus à la grâce, vous participerez pleinement au sacrifice. Je me suis réjoui lorsqu'on m'a dit : Nous irons dans la maison du Seigneur, nous nous approcherons de son autel, nous parviendrons jusqu'à sa sainte montagne , jusque dans ses tabernacles; et là Dieu s'unira à nos âmes de la manière la plus intime pour les rassasier d'amour et de joie, de paix et de bonheur.

Collecte.

Faites > ô Dieu tout-puissant, qu'étant affligés à cause de nos péchés, que nous cherchons à expier et à effacer par la douleur et la satisfaction qu'ils méritent, nous respirions un peu par la douce consolation que votre grâce nous fait entrevoir aujourd'hui. 11 est admirable de remarquer comment l'Eglise , dans ces jours de pénitence et de salut, nous fait passer successivement du travail au repos , de la sévérité d'une vie chrétienne à la consolation d'une vie sainte, et comment elle est attentive, dans la carrière , à tenir ses enfans en haleine et à les laisser respirer. Le premier dimanche, nous entrons fortement dans l'arène du désert , pour lutter avec toute tentation; le second, nous nous reposons à l'ombre de la nuée lumineuse du ïhabor ; le troisième dimanche, nous poursuivons le démon jusque dans les derniers retranchemens du cœur, pour lui enlever ses dépouilles et forcer son empire ; le quatrième , nous respirons assis dans le désert, pour y attendre la nourriture miraculeuse , et pour établir le règne de Dieu dans nos âmes. C'est ainsi que l'Eglise ménage nos forces et notre foiblesse dans ce temps dont il ne faut pas prrdre une parcelle.

Epître. Gai. 4«

Par l'allégorie des deux femmes d'Abraham, Agar et Sara, et des deux enfans de ce patriarche , Ismacl rt Tsaac, l'Apôtre montre aux fidèles delà Gàîatie

X>4 ,v IWMAWCIMB DE CARÊME».

que ceux qui sont juifs selon la chair seulement, sont exclus de l'héritage du père des croyans, et que leê chrétiens en sont les légitimes héritiers. Comme cl passage de saint Paul est assez difficile à entendre , nous en. donnerons l'explication littérale avant do l'appliquer à l'objet et au but que l'Eglise se propose.

La loi écrite vous enseigne , 6 Galates , qu'Abraham eut deux fils , l'un d'Agar qui étoit esclave ; l'autre de Sara qui étoit libre. Jsmaël, le fils de l'esclave , naquit selon le cours ordinaire de la nature ; Isaac , le fils de celle qui étoit libre , naquit, contre l'ordre naturel , de Sara qui étoit vieille et stérile, et en vertu d'une promesse divine. L'histoire de ces deux naissances est mystérieuse , et outre le sens littéral, elle contient un sens spirituel et allégorique ; car ces deux mariages d'Abraham signiiioientles deux alliances que Dieu a faites avec les hommes : la première sur le mont Sinaï , laquelle ne produit que des esclaves , a été figurée par Agar ; en effet Sina est une montagne d'Arabie qui a du rapport avec la Jérusalem terrestre que nous voyons , et qui est esclave avec ses enfans soumis au joug de la loi. Mais Sara est la figure de l'Eglise , qui est la Jérusalem céleste , libre et féconde en vertu des promesses, puisqu'elle nous a enfantés à Dieu, et qu'elle est par conséquent notre mère. Le prophète Isaïe prévoyoit cette fécondité miraculeuse , quand il écrivoit : Réjouissez-vous, stérile , vous qui n'enfantiez pas ; poussez des cris de joie , vous qui ne deveniez pas mère; parce que celle qui étoit délaissée, c'està-dire l'Eglise de Jésus-Christ, tirée en grande partie des gentils, a plus d'enians que celle quia un mari, c'est-à-dire la synagogue avec son peuple de Dieu. Orf pour nous, mes Frères, qui croyons en Jésus-Christ ? et qui avons été régénères par la vertu de Dieu , noussommes , comme Isaac , les enfans de la promesse et les véritables héritiers d'Abraham. — De là sainl Paul fait l'application de cette figure, en montrant , i » que les chrétiens sont persécutés par les juifs comme Isaac l'a été par Jsmaéi j 2<> que la synagogue char-

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