‹ Explication des messes de l'Eucologe de ParisChapitre 56 sur 95 · LE SAINT JOUR DE Ï'AQUE · texte numérisé non relu

LE SAINT JOUR DE Ï'AQUE

tous ceux que voies avez nourris du même sacrement de la pâque. Ce dernier vœu de l'Eglise, dans ce grand jour, rappelle la fin sublime de toutes les réunions chrétiennes pour le sacrifice , qui est d'unir les hommes à Dieu et d'unir les hommes entre eux ; il rappelle les beaux jours de l'Eglise naissante , où la multitude des fidèles persévéroit dans la doctrine des apôtres et dans la communion de la fraction du pain , ne faisant tous qu'une seule ame et qu'une même volonté ; et il est bien juste que cette fin admirable soit rappelée dans la fête perpétuelle de la religion , dans cette fêta qui s'appelle le jour du Seigneur, le dimanche par excellence , et qui communique sa grâce et sa joie à chaque huitième jour de l'année, il est bien juste que la ferveur des temps apostoliques soit invoquée avec instances, dans une fête où tous les chrétiens devroient être régénérés par les sacremens , et où la piété renouvelée devroit nous faire voir l'assemblée des fidèles comme elle étoit aux jours anciens. Aussi le baiser de dilection ou de charité étoit-il autrefois une des graves et consolantes cérémonies de ce beau jour : au signal donné dès l'aurore , chacun se rendoit à l'église de sa paroisse , s'il n'avoit pas passé toute la nuit dans l'église ; après les matines et pendant que l'on chantoit un cantique de la résurrection, l'officiant baisoit l'image de Jésus-Christ ressuscité , donnoit ensuite le baiser au plus considérable de l'assemblée qui le communiquoit au suivant jusqu'au dernier des hommes. On disoit en donnant le baiser : Le Christ est ressuscité, et l'on répondoit en le recevant : Il est vraiment ressuscité. De l'église les embrassemens passoient dans les rues et dans les champs; partout où l'on se rencontroit on s'embrassoit pendant trois jours entiers, en se disant les mêmes paroles les uns aux autres ; c'étoit une joie générale , une paix universelle, et l'on prenoit cette occasion de se réconcilier publiquement lorsqu'on avoit été auparavant en quelque différend. Quoique la discipline extérieure de l'Eglise ait changé à cet égard , son esprit est toujours le même , ses vœux nous appellent encore à la

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mémo union de concorde et de charité : approchons donc autant que possible des dispositions qu'cjle nous souhaite en terminant le sacrifice du jonr d" Pàque , et comprenons, à la gloire de la reliqion , l< bonheur qui règneroit dans le monde , si tous rem plissoient le devoir pascal, et le rempli ssoient avec ces saintes dispositions : tous les torts seroient redressés, toutes les injustices réparées, toutes les haines éteintes, tous les différons terminés., tous les devoirs mieux remplis , tous les liens resserrés, la paix de Dieu inondant les âmes reflueroit dans chaque maison , dans chaque famille, circulcroit comme un baume vital dans toutes les veines de la société, et le monde, répétant avec admiration ce cri des premiers siècles : Voyez comme ils s'aiment! soupireroit après la fête des fêtes comme après l'époque de la plus heureuse restauration.

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