SAINT MARC , ÉVAKGÉL1STE
chement inviolable au centre d'unité, toutes les fois que nous offrons le saint sacrifice dans la communion de toute l'Eglise et de son chef ! Saint Marc salue aujourd'hui les fidèles réunis , c'est lui qui nous souhaite que le Seigneur soit avec nous , répondons à son salut par un redoublement de charité mutuelle , afin que la grâce soit avec nous tous qui sommes rassemblés en Jésus-Christ.
Alléluia, i Thess. i.
Notre Evangile, nous dit saint Marc en ce jour, le récit que nous en avons composé et prêché , n'a pas consisté simplement en mots et en paroles, il a été accompagné de miracles, de dons du Saint-Esprit 3 et d'une grande plénitude de prédication, c'està-dire de tout ce qui étoit propre à convaincre parfaitement de la vérité que nous annoncions. Tel a été le ministère glorieux et abondant de saint Marc; mais comment devons-nous recevoir, nous , la prédication de l'Evangile, comment devons-nous nous préparer à l'entendre dans quelques instans ? Prenons garde qu'il ne soit qu'un vain son de paroles qui se perdent , et efforçons-nous de recueillir la vie sainte qu'il prêche , l'esprit de Dieu qu'il communique, la plénitude de force, de grâce et de salut que chacune des paroles sacrées répand dans les cœurs bons et très-bons.
Alléluia, i Thess» 2.
Nous vous avons donné non-seulement VEvanyile, mais encore noire vie pour l'annoncer, le développer et le signer de notre sang. Seigneur, voilà les immenses trésors que vos saints évangélistes ont laissés à votre Eglise : vous ne nous appelez pas à un si beau ministère et à un sacrifice aussi généreux, mais au moins faites que nous écrivions , que nous gravions l'Evangile dans nos cœurs , que nous en tirions une copie fidèle dans notre conduite , et que notre vie soit consacrée à la pratique de ses divins enseignemens.
p8 SAINT MARC , ÉVANCÉLISTK.
Evangile. Marc, i3.
Ce n'eut pan vous qui parlez, mais le Saint -Esprit. Voilà ce qu'il faut dire des historiens évangéliqucs, quand on a tant soit peu lu et médité l'Evangile j non, ce n'est pas vous, Marc, Matthieu, Eue et Jean , qui avez parlé dans ces pages immortelles, vous n'étiez que la plume docile sous les doigts du grand maître, et c'est déjà assez pour votre gloire d'avoir été les instrumens de l'Esprit de Dieu. La doctrine de l'Evangile est trop sublime pour avoir été puisée dans le cercle étroit de l'intelligence de l'homme, sa morale est trop pure , trop belle, trop consolante pour être le fruit d'une invention humaine; vous avez été les confidens et les secrétaires de Dieu, voilà bien de quoi justifier les honneurs que nous vous rendons ; mais vous n'avez pas parlé , écrit de vous-mêmes, le Saint-Esprit parloit en vous, vous écriviez sous sa dictée, et l'Evangile est l'ouvrage du Seigneur , rédigé sous son inspiration. Toutes les fois donc que nous entendons retentir dans l'Eglise cette annonce solennelle : Commencement, Suite du .saint Evangile selon tel ou tel écrivain sacré, élevons notre pensée jusqu'à la hauteur de Dieu , disonsnous à nous-mêmes : c'est Dieu qui va se faire entendre par tel ou tel organe ; disons à Dieu : parlez, Seigneur, votre serviteur écoute.
Offertoire, \ Thess* i.
Nous prêchons sincèrement l'Evangile tel que Dieu nous l'a confié après nous avoir reconnus fidèles pour une si haute confidence et pour un ministère si glorieux , et cette droiture que nous apportons dans notre mission n'est pas pour p1 aire aux hommes, mais à Dieu qui voit le fond de nos cœurs. Si jamais la vérité a parlé dans toute sa pureté naïve, c'est bien dans l'Evangile, où l'on ne sauroit trouver un mot qui un respire la sincérité la plus rigoureuse, l'oubli complet de soi-même dans les écrivains, l'aveu le plus net de toutes les fautes qui sembleroicnt devoir
SAINT MARC, ÉVANGÉLfSTE. fêf)
nuire à la cause que l'on écrit. L'histoire sainte est la seule qui mérite le nom d'histoire, partout ailleurs on ne trouve que des histo tiens dont la pensée, l'esprit et le jugement percent plus ou moins à travers les faits: ici l'historien disparoît entièrement, les faits seuls sont rapportés, et avec une abnégation inouïe , et avec un tel scrupule d'exactitude qu'on ne sauroit dire, à l'inspection seule du livre, si les les évangélistes et oient les amis et les disciples de l'homme-Dieu. Puissions-nous, en nous présentant à l'offrande , tenir un langage sincèrement conforme à F Evangile , et soutenir ce langage en face du Dieu qui sonde les reins et les cœurs ! Nous lui disons de nous recevoir unis à la victime sainte dans les sentimens d'un esprit humilié et d'un cœur contrit, afin que notre sacrifice lui plaise : n'oublions pas, en parlant ainsi, que nous sommes les enfans de l'Evangile et devant le Dieu de l'Evangile qui nous recommande l'humilité du cœur, et l'adoration d'un culte sincère en esprit et en vérité.
Secrète.
En vous présentant les dons sacres dans la solennité de saint Marc, votre évangèliste > nous nuançons, Seigneur, notre prière sur l'objet de la fête et sur le sujet proposé à notre vénération : la prédication évang é tique a fait la gloire de celui dont nous célébrons la mémoire au saint autel, faites que son intercession dans le sacrifice nous rende agréables à vos yeux par les paroles et par les œuvres. A l'offertoire, l'Eglise nous invitoit à une grande sincérité dans l'expression de notre dévouement devant le Seigneur, ici elle va plus loin , elle veut que cette expression sincère de notre consécration soit soutenue par les œuvres, et que nous nous immolions avec Jésus-Christ aussi réellement que nous lui protestons avec sincérité de notre bonne volonté.
Préface des Apôtres.
Nous supplions ici Irès-humbiement le Pasteur éternel de conserver et de défendre toujours son trou-
\'[0 sAINï MARC, ÉYAKGÉLISTB.
peau à rombre de la protection et sous la houlette
des saints apôtres, afin ([ne, sous la conduite «les sueccsseurs légitimes de ces mêmes apôtres, les brebis de Jésus-Christ soient continuellement dirigées par l'esprit et l'autorité des pasteurs qu'il a établis ses vicaires pour l'aider dans la suite des siècles a achever dans les cœurs l'ouvrage de rédemption qu'il a commencé sur la croix ; et ce doit être aujourd'hui le grand sujet de notre reconnoissance , devoir que non-seulement Dieu a voulu nous frayer la voie du salut , mais encore nous laisser ses représentai! s pour nous y diriger sûrement.
Communion, i Pierre, i.
La parole du Seigneur demeure éternellement ; les ouvrages des hommes se perdent dans l'oubli , ou sont, remplacés par des ouvrages plus parfaits qui leur succèdent j et fussent-ils marqués au coin de limmortalité , cette immortalité ne dépassera pas la durée des siècles, tandis que la parole du Seigneur demeure toujours avec le même éclat , la même vérité , la même admiration ; les siècles en s'accumulant l'environnent d'autant de rayons de gloire , et et quand la terre et le ciel seront passés, cette parole divine ne passera pas, elle vivra au-delà des temps, elle sera éternelle comme son auteur 5 or voilà cette parole, dit saint Pierre, qui a été èvanyêlisèe au milieu de vous, dont vous avez reçu la bonne nouvelle. A la communion , c'est le Verbe même de Dieu , sa parole éternelle qui est évangélisée jusqu'au fond de nos cœurs : qu'elle demeure donc à jamais en nous par ses fruits cette parole féconde , et qu'elle y germe la véritable immortalité ! Cieux et terre , passez , écoulez-vous avec vos biens périssables et vos peines d'un moment, disparoissez même comme un songe trompeur, comme une ombre fugitive, comme une ligure qui s'éclipse et qui pâlit ; mais vous, ô Verbe divin, ô parole de vérité , de vie et de bonheur, demeurez dans nos âmes : Dieu de l'Evangile, soyez à jamais dans nos cœurs !
SAINT MARC, ÉVÀNGLLISTE. 44 l
PoSTCOMMUNION.
Que vos sacrés mystères, Seigneur, nous accordent un secours continuel, qu'ils conservent en nous cette parole vivifiante qui vient d'y être déposée , afin que par les prières de saint Marc, évangèliste, nous travaillions pour notre part à établir et à étendre la foi de l'Evangile, par une vie digne de V Evangile de Jésus-Christ. Saint Marc a fondé et propagé cette foi évangélique en écrivant le récit sacré, en le prêchant avec force aux fidèles, en soutenant sa vérité par les miracles , les dons de l'Esprit saint , la plénitude d'une vie apostolique, en la confirmant par une confession glorieuse et par le martyre ; mais nous, simples chrétiens , comment pourrons-nous travailler à la foi de l'Evangile et nous associer à de si nobles travaux ? L'Eglise nous répond que c'est par une vie digne du nom chrétien. En effet, cette Aie conforme à notre croyance publiera l'Evangile, y fera croire, et le fera pratiquer : elle en sera la copie , l'expression fidèle , elle sera l'Evangile en action et en pratique , elle fera dire aux incrédules que c'est la vérité de Dieu , si nous la professons avec sincérité ; elle fera dire aux pécheurs qu'ils peuvent ce qu'ont pu ceux-ci et celles-là , si nous la pratiquons avec courage et persévérance. Le monde ne veut juger de la bonté d'un arbre que par ses fruits j montrons-lui les résultats d'une religion franche et sincère, il croira alors à la vérité de l'Evangile: montrons-lui les œuvres d'une piété sainte et consolante, il croira alors aux vertus que prêche l'Evangile 5 mais quelle foi attendre de lui , s'il voyoit une opposition monstrueuse entre la vie des chrétiens et la doctrine de Jésus-Christ, s'il voyoit la vérité de J}\en défigurée par les illusions déplorables d'une conduite fausse et inconséquente? Voulons -nous donc travailler à la foi de l'Evangile, quittons l'autel ayant l'Evangile et le Dieu de l'Evangile dans le cœur, que ce foyer lumineux et vivifiant laisse échapper par tous les détails de notre vie au milieu du monde r ' vie rayons de grâce et de vérité, et le monde
cjui dédaigne le texte sacré sera forcé de lire l'Evangile chaque fois qu'il rencontrera un chrétien.
1er Mai.