EXPÉRIENCES FAITES A LONDRES
Le 7 mars, chez Mme Hayden , médium américain, 22, Queen Anne slreet, Cavendish square.
Des coups se font entendre sous la table de son salon. Je demande qui est là? Le duc de Kent ? Point de réponse. — Esprits qui vous êtes fait entendre, pouvez-vous me dire quand le duc de Kent viendra ? — Oui. — Demain ? Point de réponse. — Aujourd'hui? — Oui. — A quelle heure? — Six heures du soir. — Je reviens vingt minutes avant six heures et demande si Son Al« tesse royale est Ta. Point de réponse. A six heures, Son Altesse arrive avec l'exactitude qu'elle avait dans ce monde-ci. Des coups se font entendre, et l'alphabet écrit son nom.
Moi : Voire Altesse veut-elle bien me parler d'intérêts publics? — Oui. — Y a-t-il desdistinctionset des degrés dans votre sphère? — Oui. — Dans quelle sphère êtes-vous? — Dans la quatrième. — Dans quel cercle? — Dans le premier. — Instruiraije S. M. votre fille de cet entretien ? — Pas encore, je vous dirai quand il en sera temps. — Vous m'avez présenté la princesse Olive comme votre cousine, maintenez-vous ce fait? —Oui. Elle était ma cousine. — Vous rappelez-vous le système rationnel que j'ai eu l'honneur de vous exposer pour l'amélioration de la race humaine ? — Oui. — Mes efforts réussiront-ils?— Oui. — Voulezvous bien m'indiquer comment je dois m'y prendre? — Oui. — Lord Brougham est-il ce qu'il y a de mieux pour présenter mes pétitions a la chambre des pairs? — Oui. — Qui, de l'Angleterre ou des Etats-Unis, sera le premier pays qui obéira aux esprits? — Les Etats-Unis.
En avril vient s'écrire chez Mme Hayden l'esprit de Benjamin Franklin.
Je demande mentalement : Mrce Hayden est-elle un médium fidèle, adopté par de bons esprits, pour apporter aux hommes quelque instruction des sphères supérieures? — Oui. — Dans
quel but les esprits qui ont quitté la terre se manifestent- ils comme ils font? — Pour réformer le monde. — Puis-jey servir?
— Oui, en poussant aux réformes. — Les esprits m'aiderontils? — Oui. — Dois-je y dévouer le reste de ma vie? — Oui. — Convoquerai-je un meeting pour annoncer ce que vous me dites, ou le ferai-je seulement connaître au Parlement? — Au Parlement. — En informerai -je aussi le congrès américain ? — Oui, par l'ambassadeur des Etats-Unis. — Quand aurai-je des nouvelles de ma famille ? — Dans deux semaines.
Quinze jours après, chez Mme Hayden , une lettre d'Amérique et de ma fille a la main, je demande, lorsque les coups se font entendre, quels esprits sont la. L'alphabet répond : Vos filles, Anne, Caroline et Marie. Je pose la lettre dans son enveloppe sur la table, demande de qui elle est, et l'alphabet écrit : Jane- Dale-Owen , qui sont les noms de fille de celle qui a écrit la lettre. Je demande si elle n'a pas un autre nom et quel il est. La réponse est Fontleroy. Le nom est Fauntleroy.
Deux jours après, la soirée étant froide, j'avais mis autour de mon cou une grosse cravate neuve qui m'était arrivée d'Amérique. — L'idée me vient de demander, en la posant sur la table, qui me l'a donnée. La table répond : Martha Trist, noms de îa jeune femme qui m'a fait ce cadeau , et qui est petite-fille du président Jefferson. Je demande le nom de son père. Elle répond : Nicolas Trist; ce qui est exact.
Forcé par tout ce que j'entends depuis trois mois de renoncer aux opinions de toute ma vie , je crois de mon devoir de proclamer, dans un manifeste, la conviction nouvelle où je suis que l'esprit de l'homme, au lieu de mourir, comme je le croyais, avec le corps , passe en le quittant a une autre existence plus éclairée, plus pure et plus heureuse. Je prends ce manifesle, le porte chez Mme Hayden , et demande à des esprits qui s'y annoncent comme ceux de mes filles et de ma femme, s'ils connaissent le contenu du papier placé sur la table. — Oui. — Ce conten u est-il vrai ? — Oui . — Faut-il le publier ? — Oui , oui , oui, répondent des coups bien distincts. — Le président Jefferson est-il l'a ? — Non. — Benjamin Franklin? — Non. — Le duc de Kent ? — Non. — Pouvez-vous me dire quand le duc sera libre ?
— Demain à six heures. Et le lendemain h six heures le duc
écrit son nom. — Mon manifeste est-il bien ? — Oui. — Faut-il l'adresser a lord Brougham pendant qu'ilest en France? — Oui.
— Quel effet produira-t-il sur le Parlement? — Bon. — Lord Brougham obtiendra-t-il qu'on nomme une commission ? — Oui.
— Par quel membre de la chambre des communes faut-il faire présenter à cette chambre ma pétition sur l'éducation? — Millier Gibson. — Les esprits qui ont quitté la terre se connaissent- ils tous? — Point de réponse. — Quand les esprits que je désire entendre ne sont pas là . qui me répond à leur place ? — Ceux qui se trouvent présents. — Les esprits connaissent-ils l'avenir comme le passé et le présent? — Quelques uns d'entre eux seulement. — Est-il inconvenant de leur demander de causer avec eux? — Non. Robert Owen.