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XXIX. Nul n'aura d'animal à lui

XXX. Il n'entrera dans l'établisement ni liqueurs fer~ mentôes , ni tabac; et tout membre introduisant un de ces articles , ou sachant qu'un autre membre en possède et ne le déclarant pas , sera traité conformément à l'article 35 ci-après.

XXXI. S'il s'élevait par malheur quelque dispute entre deux ou plusieurs d'entre nous, elle serait jugée im-

médiatement, ou par arbitres que les parties désigneraient, ou par la majorité des membres de l'association.

XXXII. Tout associé ou associée désirant se marier en fera la déclaration huit jours d'avance , et immédiatement il sera construit ou mis en ordre une maison convenable pour recevoir le ménage.

XXXIII. Tout associé ou associée désirant se marier à une personne étrangère a l'association le déclarera. L'é. tranger ou étrangère sera soumis à un ballottage, et en cas de non- admission l'associé cessera de l'être.

XXXIV. Les membres de l'association communiqueront avec leurs amis et parents , et voyageront tant qu'ils voudront. Il sera pris toutes les mesures convenables pour concilier dans ces occasions le plaisir de l'individu avec les intérêts de l'association, et pour recevoir le mieux possible les amis visiteurs.

XXXV. Si quelque membre se conduisait de manière a nuire à l'association , le comité lui exposerait en quoi sa conduite est mauvaise; et s'il continuait à transgresser la règle , il serait cité devant une assemblée expressément convoquée, dans laquelle les trois quarts des membres présents suffiraient pour l'expulser, en lui signifiant que ses services ne sont plus admis , et qu'il n'aura plus ni emploi, ni gages, ni provisions du magasin commun.

MOTIFS ET EFFETS

J'ai dit en commençant que M. Vandeleur était parti de ce principe « que le caractère de l'homme ne dé-

;> pend pas de lui , majs de son organisation naturelle , » des circonstances dans lesquelles il s'est trouvé , et de )> l'action et réaction de chacune de ces causes sur l'au- » tre. »

En conséquence de ce principe il chercha à éloigner de sa petite communauté toute circonstance provoquant la mauvaise humeur , l'ignorance et le vice , et a y introduire tous les arrangements qui pouvaient rendre ses membres bons, instruits et vertueux. Ses efforts tendirent à réformer les adultes pour n'avoir pas à les punir, à prévenir le mal dans les enfants pour n'avoir pas à le guérir.

Il pensait aussi que nul n'a droit d'exiger d'un autre ce qu'il ne voudrait ou ne devrait pas faire pour lui ; en d'au* très termes, que tousles hommes sont égaux. Delacetlo obligation qu'il imposait à tous ses travailleurs de faire avec joie tout ce qui pouvait être utile ou agréable à leur communauté, et cette habitude qu'il leur inspirait de considérer comme également honorable tout ce qui est également nécessaire. Du même principe découlait la classification par âges, qui est celle de la nature. Cha^ que âge faisait ainsi pour l'association ce qui était le plus en rapport avec ses facultés, ses connaissances et son expérience. C'était la règle. 11 n'y avait d'exceptions qu'en raison de l'éducation première de ces gens pris tout formés.

La seule religion prêchée à Rahaline était le devoir de travailler sans cesse a rendre heureux autour de soi hommes, femmes, enfants, vieillards, sans dislinction de pays, de sexe, de secte, nijlc parti. Point de BiWe com-

me livre de dogmes , point de cours ni de discussion sur le culte ni la politique , point de moquerie ni de mépris pour la religion d'autrui : liberté complète. Les parents des enfants pouvaient, saisie voulaient, les faire instruire par des prêtres. Mais aucun prêtre n'était payé par l'association, et n'en était plus mal à cause de cela pour elle. Une raison bien simple, c'est que ses membres avaient maintenant quelque petite chose a donner, tandis qu'auparavant il fallait leur faire l'aumône.

Une querelle était a Rahaline un véritable délit qui exposait son auteur à être chassé. Aussi, en trois ans, n'y eut-il pas un seul de ses membres qui se fît citer en justice. Deux assemblées eurent lieu, l'une à l'occasion d'une veillée de mort où, suivant l'abominable coutume d'Irlande, on avait enivré de wiskey un membre qui s'y était rendu ; l'autre à propos d'une colère excitée par un sobriquet. Pour la première de ces fautes le coupable fut chassé et ne rentra au bout de huit jours que sous caution qu'il ne recommencerait plus. Pour la seconde, les parties furent excusées, mais donnèrent aussi caution.

Il n'y avait pas d'ivrognerie possible, grâce à la précaution de prohiber l'entrée des liqueurs fortes, et a celle de ne payer qu'en bons de travail qu'on ne prenait pas au dehors. Quant a la paresse, deux ou trois membres seulement y étaient un peu sujets au début de l'entreprise. Mais en faisant travailler chacun d'eux entre deux bons ouvriers qui se moquèrent d'eux, on les eut bientôt corrigés : preuve que tous les hommes ont besoin de l'estime de leurs semblables, et que ce besoin peut préserver de beaucoup de vices et de folies. Dans les grandes

villes, ou rien ne se sait, il est peu efficace ; mais dans de petites communautés comme Rahaline , la chasteté, la douceur et bien d'autres qualités morales sont faciles à tirer de lui.

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