ENFANTS
À l'ouverture de Rahaline, chaque enfant était ap^ porté par sa mère à l'école, complètement peigné, lavé , brossé, dès six heures du matin. Il restait là jusqu'à six heures du soir, entièrement confié à la gouvernante, que dirigeait M, Vandeleur lui-même, et pendant tout ce temps les parents ne pouvaient se mêler de rien. Mais bientôt il fut pris des mesures pour que les enfants dormissent tous dans la même salle. Ils ne furent plus obligés de se lever si tôt, et la gouvernante épargna à leurs mères le soin de les laver, de les habiller et de les ame-i ner à leur école Ce fut pour ces pauvres petits une contrariété de moins. Ils apprenaient d'abord la lecture, Fécriture, l'arithmétique, la grammaire, la musique, la danse, le dessin; puis le jardinage, l'agriculture, la morale, l'économie politique et domestique, plus deux ou trois métiers.
Aussi il ne vint bientôt personne à Rahaline qui ne fut surpris du développement moral des jeunes gens, et au mois de novembre 1833 la déclaration suivante fut votée et signée dans une assemblée :
« Nous soussignés, membres de la société agricole de )> Rahaline, déclarons devoirà M. Vandeleur et àM.Craig t> deux années de calme, de satisfaction et de bon sens.
» Nous étions d'abord opposés à leurs plans ; maïs notre » condition a été si prompiement améliorée, nos besoins » sont si bien remplis, que nous ne saurions leur en » exprimer trop dé 'gratitude. Nous étions les uns pour » les autres jaloux, haineux, vindicatifs : nous sommes » devenus confiants, bienveillants, tolérants, et ce sont » les leçons et les exemples de M. Vandeleur et de » M» Graig qui nous ont ainsi métamorphosés. »