‹ Explication du livre de l'EcclésiasteChapitre 34 sur 34 · L'ENSEIGNEMENT INSPIRÉ · texte numérisé non relu

L'ENSEIGNEMENT INSPIRÉ

Au reste (il reste donc encore quelque chose à dire) l'Ecclésiaste, parce qu'il est sage, a ajouté encore un enseignement à ceux qu’il a donnés jusqu'ici au public. — Pour composer les pages qui précèdent, i! a pesé et scruté et profondément médité, et il a composé des sentences en grand nombre ; il a cherché avec soin et travail pour trouver des paroles agréables el pour écrire des paroles de vérité. Les sentences des sages sont comme des aiguillons qui excitent l’homme à fuir le mal, à chercher le bien; elles s'enfoncent dans notre esprit, et y tiennent réunies les pensées isolées, comme des clous, fichés dans le bois, assemblent les diverses pièces d’une cabane de berger; et elles sont toutes inspirées par le même Dieu, comme autant de clous que fournirait à tous ses bergers le maître des troupeaux ('). — Au reste (et la pensée principale

(*) Le mondain ne parvient pas à ramener à une unité ses pensées, ses sentimens, ses expériences intimes, ses actes, qui sont semblables aux matériaux d’un bâtiment épars sur le sol: La foi les rassemble tous, les fait concorder ensemble et en construit un édifice régulier. Elle le fait au moyen d’un certain nombre de vues générales ou de maximes qui réunissent nos

Mon fils, étudie ce livre et reçois-en instruction ; j'aurais pu y ajouter plusieurs autres livres sans jamais épuiser le sujet des illusions humaines et des vaines tentatives de bonheur; mais de longues méditations qui ne mènent à aucun résultat, ne font que fatiguer le corps. Le but de tout le discours que tu viens d'entendre, est : Crains Dieu et garde ses commandemens, car c’est là le tout de l’homme; car Dieu fera venir en jugement tout ce qu’on aura fait, même tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.

L’Ecclésiaste ne nous répète plus ici, comme il l’a fait si souvent dans son discours : que le tout de l'homme est de jouir de la vie. Car l’homme ne place son bonheur dans les choses de la terre que parce qu'il ne connaît point Dieu.

Il ne nous recommande pas davantage d'unir aux jouissances terrestres la sagesse, la patience et la crainte de Dieu (var, 9-14).

Il ne nous parle point non plus des avantages matériels et de l'utilité pratique (1x, x) que peut avoir pour nous la vraie sagesse.

Mais il nous dit simplement : Crains Dieu. O toi qui cherches le bonheur, ton cœur corrompu par le péché n’a plus de sens que pour les jouissances de la terre, et sur cette voie tu ne peux être heureux qu'à la condition d'obéir aux se— crèles inspirations de tes convoitises (x11, 1). Mais en aimant ainsi {a propre ame et le monde, en t’abandonnant aux désirs de la chair, tu attires sur toi les jugemens et la colère de Dieu, car l'amour du monde est inimitié contre Dieu.

idées de détails. De là la comparaison d’une maistiiince de poutres prises ici et là (les idées naturelles) que rapprochent el lient les cloux (les sentences de la foi) que donne le même pasteur (l'Esprit de Dieu).

Place donc ton trésor dans le ciel; pourquoi l'affectionne-

rais-{u aux choses qui sont en bas? La figure de ce monde passe (x1, 8), tout ce qui se fait sous le ce n'est que vanité et rongement d'esprit, et ton cœur ne peut être rassasié par aucun des biens terrestres que {u poursuis avec tant d’ardeur (vi, 7). Renonce à ce bonheur d’ici-bas qui n’est qu’une chimère et que la mort vient sitôt interrompre; renonce à toi-même et au monde, et convertis-toi à Dieu, crains Dieu.

Crains Dieu, parce qu'il est ton juge; si tu ne gardes pas ici-bas ses commandemens et que {u ne songes qu’à jouir de la vie, il prononcera sur toi, au-delà de la tombe, une sentence d’éternelle condamnation [‘). Mais si tu le sers d’un cœur intègre, il te récompensera pour le bien que tu auras fait, et tu trouveras auprès de lui ce souverain bien, cette félicité après laquelle tu soupires et qui n'existe pas sous le soleil : alors ta soif de bonheur sera satisfaite, tu te désaltéreras au fleuve des délices.

« Celui qui prend garde à la parole trouvera le bien, et celui qui se confie à l'Eternel séra heureux » (Prov. xvr, 20).

Toutefois l'Ecclésiaste, qui a prouvé très au long où le souverain bien ne se trouve pas, se borne à indiquer dans

quelle direction il faut le chercher, sans dire un mot de sa vraie nature : « Tu veux être heureux ; tu ne peux l’ être sous le soleil; crains Dieu.» # n

«Cherchez, » dit l’Ecclésiaste, «premièrement le royatime de Dieu et sa justice.» Et l'Evangile ajoute : «Toutes les autres choses » que vous désirerez alors et qui pourront vous

(:) Le jugement de Dieu est en même temps la justification de la Providence (ru, 17). S’il existe dans le monde actuel tant de crimes impunis (vu, 9-14; vir, A5) et tant de désordres de tout genre, c’est qu "11: est une AIRE économie où tout mal sera puni et tout bien récompensé.

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BS1475.8 .R85 Explication du livre de l’Ecclesiaste.

Princeton Theological Seminary-Speer Library

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