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Explication du panorama, et relation de la Bataille des pyramides [microform]

Ceux qui ont vécu pendant la révolution se rappellent encore lenthousiasme de la France et letonnement de l'Europe entière, lorsqu'on apprit l'attaque et la prise de Malte, une des plus fortes places du monde, par une armée dont beaucoup ignoraient l'existence et dont les plus instruits connaissaient à peine le départ de Toulon; mais Napoléon commandait cette armée, et dix jours lui suffirent pour accomplir cette importante conquête , en organiser le gouvernement , assurer sa défense, régulariser le sort des vaincus , ravitailler la flotte et partir pour d'autres contrées. Lesquelles? Personne ne le savait; mais on connut bientôt que les Anglais avaient augmenté leur flotte dans la Méditerranée, et qu'ils étaient à la poursuite de la nôtre. Dès lors, les bruits les plus sinistres commencèrent à circuler; les malheurs passés de notre marine faisaient redouter quelque nouvelle catastrophe : aussi l'admiration ful-elle sans bornes quand on connut le débarquement de l'armée au Marabout, la prise d'assaut d'Alexandrie, où Klébe**

el Menou fureul blessés i\ la têle de leurs grenadiers; celle d'Aboukir, de Roselte, la marche de rariiice sur le Caire à ti'avers le drsert , la chaleur accablante, les privations el les souffrances de tout genre qu'elle eut à supporter; sa première rencontre avec les mameluks a Damanhour; le combat de Schobrakit contre une partie de leur armée, oii notre flottille en péril, secondée par l'armée de terre déjà victorieuse, obtint, elle aussi, un brillant succès; enfin la bataille des Pyramides et la prise du Caire, qui en fut la suite : éblouissant j)rélude de la conquête de TÉgypte désormais assurée.

C'est celte bataille décisive qui fait le sujet du nouveau panorama. Où en puiser l'explication , si ce n'est dans le bulletin écrit sur les lieux mêmes du combat, et, pour quelques détails seulement, dans les souvenirs des rares el glorieux témoins de cette mémorable journée ; mais surtout dans ces immortelles dictées de l'Empereur à Sainte-Hélène (i), dont j'ai pu reconnaître l'extrême exactitude jusque dans les plus petits détails, pendant près d'un an que j'ai mis à parcourir toutes les parties de l'Egypte, celles surtout (jui furent té-

(i) Guerre d'Orient, campagnes d" Egypte et de Syrie, 1798- 1799. — Mémoires pour servir a l'histttire de ISapoiêon, dictés par lui-même à Saiiite-Hclrne et publics par le général Bertrand, à Paris, 18/17. I-^^s passiiges guillemeltés sont extraits de ces différents ouvrages.

moins de la gloire de nos armes et où le souvenir s'en transmet d'âge en âge.

On comprendra que je cite textuellement ces monuments historiques. Napoléon seul pouvait décrire de telles actions. Trois millions d'hommes morts sous la République et sous l'Empire pour la patrie, pour son honneur, pour sa gloire, et Napoléon expirant à Sainte-Hélène pour la même cause, imposent à tous le respect de cette glorieuse mémoire, la première el la plus grande richesse de la France, et qui lui assure, dans le présent comme dans l'avenir, la paix et la sécurité qui conviennent à une grande nation.

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