QUATRIÈME COMMANDEMENT
i^ D. Que nous ordcmne le quatrième commandement : Tes père et mère honoreras , afin de vivre longuement?
R. U nom ordonne de respecter notre père >et notre mère , de les aimer , de leur obéir et de les assister dans ieurs besoins,
B. Pourquoi 0iou s'est-ll servi du terme honorer., plutôt que de tout autre ?
iR. Parce q«e le terme d'honorer > dit le Catéchisme da cofïiGÎle de TrexiAe ^ renferme tout.
D. Combien y a-t-il de devoirs qui sont dûs aux parents ?
R. Quatre : le respect , Tamour , Tofeôissance et Tassistaiice.
D. Pourquoi sommes-nous obligés de respecter nos parents ?
R. Parce qu'ils sont, dans la famille, Timage et les représentants de Dieu , et que le re^ect est insépaî^le de rhonneur qui est prescrit 4 et la sainte Earitui»e qualifie de blasphème rirrévérenoe d'«n fiis envers son père.
D. Que doit être ce respect ?
R. Ce respect doit être intérieur , c'est-à-dire, dans le cœur ; et extérieur, c'est-à-dire, dans les manières.
D. En quoi consiste le respect intérieur ou du cœur?
R. Il consiste dans les pensées : ne jamais mal penser de ses parents , ne jamais les mépriser , ni leur désirer du mal.
D. En quoi consiste le respect extérieur ?
R. Il consiste dans toutes sortes de marques d'égards , qui se manifestent dans l'air , le ton , les manières , les paroles , les actions et les prévenances.
D. Pourquoi devons-nous aimer notre père et notre mère?
R. Parce que, après Dieu, c'est à eux que nous devons la vie , la conservation et l'éducation. La loi de l'amour des parents a été connue des peuples les plus sauvages. « Celui qui n'aime pas son père, » dit saint Pierre Chrysologue, « cesse en quelque sorte d'être son < enfant. »
D. Comment devons-nous les aimer?
R. D'un amour qui parte du cœur et qui se produise au dehors par de douces et gracieuses paroles , par un air , un visage amical.
D. Pourquoi devons-nous obéir à notre père et à notre mère?
R. Parce que Dieu nous le commande , et qu'il les a investis de l'autorité qu'ils ont sur nous. Jésus-Christ a obéi à sa Mère et à saint Joseph. La nature, les lois même humaines, nous imposent cette obligation.
D. En quoi les enfants sont-ils obligés d'obéir à leur père et à leur mère ?
R. En tout ce qui n'est pas contraire aux lois de Dieu et de TEglise ; leur autorité s'étend à tout ce qui intéresse le bon ordre et le gouvernement de la famille.
D. Que devrait-on faire si les parents commandaient quelque chose de contraire à la loi de Dieu ou à celle de l'Église?
R. Il ne faudrait pas obéir : c'est le cas d'appliquer cette maxime de l'Ecriture : « Il vaut mieux obéir à « Dieu qu'aux hommes. » Mais , tout en jrefusant l'obéissance en pareil cas , on doit conserver le respect.
D. Comment faut-il obéir aux parents ?
R. Il faut obéir promptement , avec joie , avec persévérance , par un motif surnaturel.
D. Quels sont les défauts opposés à l'obéissance ?
R. Les lenteurs , les délais , les murmures , l'inconstance , la paresse , les vues humaines.
D. Pourquoi devons-nous assister notre père et notre mère?
R. Parce que la reconnaissance nous en fait un devoir ; il est juste que nous leur rendions, dans leurs besoins, les soins, les services que nous en avons reçus.
D. En quoi devons-nous assister nos parents?
R. Nous devons les assister dans leurs besoins spirituels et corporels.
D. Quels sont les secours spirituels que nous devons procurer à nos parents ?
32i EXPLiGATKm
R. Nous ctevons : i^ prier pour eux pendant leur vie et après leur mort ; 2® veiller à ce qu'ils reçoivent les derniers sacrements quand ils sont en danger de mort ; 3^ acquitter exactement leurs dettes et leurs legs pieux.
D. Quels sont les secours corporels que les enfeuts doivent à leurs parents ?
R. Les aliments, le vêtement, le logement, les mé*^ dîcaments , et tous les soins que réclamerait leur état de pauvreté et d'infirmité.
5® D, Ne sommes-nous obligés d'honorer que noire père et notre mère ?
R. Pfous devons encore honorer tous ceux qui sont audessm de nous , comme sont les pasteurs , les ministres de CEglise , les rois , les princes , les magistrats , les vieillards et nos maîtres.
D. Pourquoi devons-nous respecter tous nos supérieurs et leur obéir ?
R. Parce qu*ils sont à différents degrés les représentants de Dieu , qui les a placés au-dessus de nous.
D. Quels sont nos supérieurs dans Tordre spirituel?
R. Ce sont : Notre Saint Père le Pape, les évèques, et après eux, les curés et les prêtres, à qui le Pape ou les évèques ont donné autorité sur nos âmes.
D. Quels sont nos supérieurs dans Tordre temporel ?
R. Le chef de Tétat , tous les magistrats revêtus d'une autorité ; les maîtres et les mal tresses à l'égard de leurs serviteurs ou de leurs élèves.
6® D. Les pères et les mères n ont-ils pas aussi des devoirs à remplir envers leurs enfants ?
it. Oui , ils doivent aimer leurs enfants , leur f&umir les choses nécessaires à la vie , et les établir selon leur état^
D. Comment les parents doivent -ils aimer leurs enfants?
R. D*une manière chrétienne, par rapport à Dieu et à leur salut éternel , et non pas pour une satisfaction personnelle purement naturelle.
D. Quels sont les ' parents qui manquent à cet amour chrétien ?
R. Ceux qui montrent une trop grande sympathie pour quelqu'un de leurs enfants , ou une antipathie volontaire ; 2® ceux qui volontairement leur souhaitent un mal grave ; 3« ceux qui les appellent de noms injurieux, ou qui, sans motif grave, révèlent leurs défauts.
D. Quelles sont les choses nécessaires aux enfants ?
R. La conservation de la vie, de la santé , la nourriture , l'habitation , des vêtements convenables , et un état de vie qui les mette à même de vivre honnêtement , et qui soit conforme à leurs aptitudes et à leurs dispositions.
7^ D. Quels sont les autres principaux devoirs des pères et des mères ?
R, D'instruire leurs enfants sur la religion , science la plus importante, de les surveiller , de les corriger, de leur donner de bons exemples et de prier pour eux,
D. Comment les parents instruiront-ils leurs enfants ?
R. En leur enseignant ou en leur faisant enseigner
la religion , en les envoyant à Técole , aux catéchismes.
D. En quoi consiste le devoir de la surveillance?
R. A étudier leur caractère , à suivre d'un œil attentif leurs inclinations , leur conduite , leur vie , leurs fréquentations , leurs lectures, afin de mettre leur innocence et leur vertu à Tabri de tout danger.
D. Pourquoi doivent-ils les corriger ?
R. Parce que leur propre intérêt et l'intérêt de leurs enfants le demandent ; car l'avenir temporel et même éternel de leurs enfants peut en dépendre, ainsi que le leur.
D. Comment doivent-ils corriger leurs enfants?
R. Avec douceur et fermeté ; et quelquefois, pour couper court au mal , ils doivent employer une juste sévérité, c Celui qui épargne la verge , hait son fils, » dit la sainte Ecriture , « et celui qui Taime véritable- « ment s'applique à le corriger. »
D. Pourquoi les parents doivent-ils donner de bons exemples à leurs enfants ?
R. Parce que le bon exemple est le moyen souverain et infaillible pour bien élever les enfants. L'exemple , particulièrement le mauvais , est plus persuasif que les paroles , surtout quand il vient des parents.
D. Les parents sont-ils obligés de prier pour leurs enfants?
R. Oui , afin d'obtenir pour eux les grâces dont ils ont besoin. Job priait chaque jour et offrait chaque matin des sacrifices pour ses enfants. David priait pour son fils Salomon.
8* D. Quels sont les devoirs des supérieurs envers leurs inférieurs ?
R. Les supérieurs doivent aimer leurs inférieurs , et procurer leur bonheur spirituel et temporel autant qu'ils le peuvent,
D. Ces devoirs sont-ils les mêmes que ceux des pères et des mères à l'égard de leurs enfants ?
R. Proportion gardée du plus ou du moins d'autorité , ils ont les mêmes devoirs à remplir envers leurs subordonnés.
D. Outre ces devoirs , les maîtres n'en ont-ils pas de particuliers à remplir envers leurs domestiques ?
R. Ils doivent les traiter avec bonté, leur fournir les moyens d'accomplir leurs devoirs religieux , et leur payer exactement leur salaire.
9® D. Quelle est la récompense que Dieu promet à ceux qui accompliront ce commandement 1
R. Cette récompense est la vie éternelle, et quelquefois même les bénédictions temporelles.
D. Quelle est cette vie éternelle ?
R. C'est le bonheur éternel* du ciel.
D. Quelles sont ces bénédictions temporelles ?
R. Ce sont des bénédictions que Dieu répand dès cette vie sur les enfants qui accomplissent fidèlement tous les devoirs prescrits par ce commandement.
D, Pourquoi Dieu a-t-il attaché à l'accomplissement de ce commandement des récompenses particulières?
R. C'est pour montrer combien il en désire la fidèle observation.
Uoe jeune fille qui allait mourir , gémissait devant Dieu , parce que sa mère ne voulait pas se confesser ; elle rappelle et lui dit ; » Ma mère , c'est aujourd'hui que je dois vous faire mes derniers adieux.... Nous ne i>ous verrous plus jamais ; moi, en recevant les cacrements, j'espère arriver au ciel ; vous ne pourrez pas y venir avec moi , puisque vous ne voulez pas vous confesser. » En entendant ces paroles, la mère fut si touchée, qu'elle se confessa le jour même , et sa fille consolée mourut bientôt après, ne pensant plus qu'au bonheur du ciel.
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LEÇON NEUVIÈME
Du Cinquième Commandement de Dieu
1 ""^ D. Que nous défend te cinquième commandement : Homicide point ne seras , de fait ni volontairement?
jR. Il nous défend d'oter la vie à notre prochain , ou de nous Coter à nous-mêmes.
D. Gomment s'appelle le crime de celui qui enlève la vie à son semblable?
R. Il s'appelle homicide, mot latin qui signifie tuer un homme.
D. De combien de manières peut-on être homicide ?
R. De deux manières : de fait, quand on tue réellement ; de volonté, quand on désire, qu'on a la volonté de donner la mort à quelqu'un,
D. L'homicide est-il un grand péché ?
R. Oui , c'est un acte de criminelle injustice envers
Bieu , seul mait^e de La vie humaine , et envers sa créature , qui a le droit de vivre tant que celui qui Tar créée ne le lui retire pas.
D. De quel droit ceux qui sont investis de Tautorité publique , et les soldais en temps de guerre, peuventils ôter la vie ?
R. C'est en vertu d'un droit qui leur vient de Dieu , pour le maintien de la justice, et pour la conservation de la société,, dont Dieu est Tauteur.
D. N'y a-t-il pas des cas où l'homicide peut être' permis?
R. Il est permis dans le cas d'une condamnation à jnort par l'autorité publiqjue , dans le cas de guerre , et dans celui de légitime défense , quand on ne peut sauver sa vie par aucun autre moyen.
D. Comment s'appelle le crime d'une personne qui s'ôte la vie à elle-même ?
R. Il s'appelle suicide.
D. Le suicide est-il un grand crime ?
R. Oui , puisque c'est uile usurpatioii des droits de Dieu , qui l'a expressément défendu. C'est un acte d'injustice envers la société ,- envers^ la famille , qu'ii prive d'un mewïbre'.
D. N'y a-t-il pas des cas où il est permis d'exposer sa vie?
R. On le peut , quand il s'agit de la gloire de Dieu, du salut des âmes , de la vie du corps du prochain et du service dé l'Etat.
D. Qu'esV-ce que le duel ?
R. C'est un combat où deux hommes cherchent à se blesser ou à se donner la mort.
D. Le duel est-il défendu ?
R., L'Eglise l'a toujours condamné, et elle frappe d'excommunication les duellistes , et ceux qui, en qualité de témoins, prennent part au duel.
D. Est-il permis de se battre en duel?
R. Non , puisque c'est commettre un double crime, en s'exposant soi-même à la mort , et en cherchant à la donner à un autre.
2® D. Quelle est la vie que Dieu nous défend doter au prochain ?
jR. Cest la vie du corps, et encore plus la vie de tâme, '
D. Combien y a-t-il de vies en chacun de nous?
R. Deux : la vie naturelle et la vie surnaturelle. C'est au jour de notre baptême que nous avons reçu la vie surnaturelle de la grâce.
3® D. Ne pèche-t'On contre ce commandement que quand on ôte la vie au prochain?
R. On pèche encore contre ce commandement quand on le frappe , quand on le blesse, quand on le maudit , quand on l'injurie, quand on le querelle, quand on se met en colère contre lui,
D. Pourquoi tous ces actes de violence sont-ils défendus?
R. Parce qu'ils portent plus ou moins prochainement à l'homicide, qu'ils sont condamnés dans le saint Evangile , et que l'apôtre saint Paul défend les
colères , les rixes , comme excluant du royaume des cieux.
4« D. Pourquoi , après avoir dit qu'il ne faut pas être homicide de fait, ajoute-t-on ni volontairement?
B., Pour nous apprendre que la seule volonté de nuire au prochain nous rend criminels devant Dieu, quand même nous ne l'exécuterions pas.
D. Si on désirait volontairement de faire quelqu'un des actes de violence dont nous venons de parler, serait-on coupable ?
R. Assurément , puisque Jésus-Christ a défendu jusqu'au désir du péch'é.
5® D. La haine , l'envie , les désirs de vengeance, sotitils défendus par ce commandement ?
R, Oui , Dieu nous défend par ce commandement la haine , l'envie et les désirs de vengeance,
D. Qu'est-ce que haïr quelqu'un?
R. C'est lui vouloir du mal : la haine est l'opposé de l'amour.
D. Qu'est-ce que se venger ?
R. Rendre le mal pour le mal : faire du mal à ceux qui nous en ont fait , voilà ce qu'on appelle vengeance.
6e D. Comment fait-on perdre au prochain la vie de tâme?
R Par le scandale , qui fait perdre au prochain la vie de la grâce , en le portant au péché.
D. Le scandale a donc quelque rapport avec l'homicide ?
R. Oui , c'est un homicide spirituel , et ce péché est bien plus grave , puisqu'il donne la mort à Tàme, comme Thomicide la donne au corps , et qu'il lui enlève une vie toute divine.
7® D. Qu'est-ce que le scandale ?
R. Le scayidaie est une parole, une action, ou une omission , qui , étant mauvaise ou paraissant l'être , portt le prochain à offenser Dieu , ou^ du moins, est coftable de l'y porter.
D. Que signifie le mot scandale?
R. H signifie pierre contre laquelle on se heurte , et'qui peut occasionner une chiite.
D. Quand est-ce qu'on scandalise le prochain par paroles ?
R. Quand on tient devant lui des propos contraires à la foi , aux bonnes mœurs ^. ou qu'on lui donne de mauvais conseils.
D. Comment le scandalise-t-on par actions ?
R. Quand on fait le mal , ou qu'on omet le bien qu'on est tenu de faire, en présence du prochain.
D. Estrce qu'il y aurait scandale si l'action ou l'omission n'était mauvaise qu'en apparence ?
R. Oui , parce que cette apparence est propre à porter les autres au péché.
D. Pour qu'il y ait scandale, est-il nécessaire qu'on ait l'intention de porter au mal ?
R. Non , mais il suffit qu'on prévoie ou qu'on ait pu prévoir que ce que l'on dit , ce que l'on fait, ou ce que l'on omet soit de nature à porter au mal.
DU CATÉGHIS!^ DE RODEZ. 2âi
8® D. Est-ce un grand péché que de causer du scandale ?
R. Oui : te scandale est un si grand péché , que Notre- Seigneur a dit qu'il vaudrait mieux être jeté avec une pierre au cou au fond de la mer , que de scandaliser le moindre des fidèles.
D. Pourquoi le scandale est-il un si grand péché?
R. Parce qu'il détruit la vie surnaturelle de Fâme , son union avec Dieu.
D. A quoi est-on tenu quand on a scandalisé le prochain ?
R. On est tenu : !<> à se confesser de la circonstance du scandale , ajoutée au péché que Ton a commis ; 2o à réparer , autant que possible et au plus tôt , les suites du scandale.
Un pauvre vieillard étant allé ramasser du bois dans une forêt , aperçut un jeune homme qui voulait se tuer. Aussitôt le vieillard court sur lui pour lui arrêter le bras. Le jeune homme prend son épée et veut le frapper. Le vieillard lui dit tranquillement : c Je ne crains pas la mort, mais je suis plus courageux que vous ; il y a plus de vingt ans que je vis dans les peines et dans la pauvreté , et j'attends que Dieu me délivre lui-même. » A cette réponse , le jeune homme verse des larmes abondantes , et dans son admiration et sa reconnaissance pour le bon vieillard, il lui donne sa bourse.
Mes enfants , quand vous seriez les plus malheureux des hommes, n'oubliez pas que Dieu afflige ceux qu'il aime , et qu'il prépare d'immenses récompenses à ceux qui souffrent avec patience.
LEÇON DIXIÈME
Du Sixième Commandement de Dieu
l^e D. Que nom défend le sixième commandement : Luxurieux point ne seras, de corps ni de consentement ?
R. Il nous défend le péché contraire à la pureté et tout ce qui peut nous porter à le commettre.
D. Pourquoi Dieu défend-il ce qui porte à ce péché? R. Pour nous en inspirer une plus grande horreur et nous en éloigner autant que possible.
2® D. Qu'est-ce que le péché contraire à la pureté ?
R. C'est un péché qui déshonore nos corps et nos âmei qui sont les temples du Saint-Esprit , et dont les chrétiens doivent avoir tant d'horreur, qu'ils ne devraient pas même le connaître.
D. Qu'enseigne saint Paul par rapport à ce vice?
R. Qu'il exclut du royaume des cieux , et qu'il ne devrait pas même être nommé parmi les chrétiens.
D. Comment l'impureté déshonore-t-elle et profane-t-elle l'âme et le corps .d'un chrétien ?
R. En ce qu'elle souille et avilit l'àme créée à Timage de Dieu , et le corps devenu , d'après l'apôtre saint Paul , par le baptême et par la confirmation , le
temple du Saint-Esprit , et ses membres, par la sainte communion , les membres de Jésus-Christ , ce qui faisait dire à saint Augustin : < Homme charnel , si « tu ne te respectes pas toi-même , respecte au moins « en toi Jésus-Christ. »
3« D. En combien de manières peut-on pécher contre la pureté ?
R. On peut pécher ainsi par pensées , par désirs , par regards , par paroles et par actions.
4® D. Comment tombe-t-on dans ce péché par actions ? R. Quand on fait des actions déshonnêtes , étant seul ou avec d'autres,
D. Ou'appelez-vous actions contre la pureté ? R. J'appelle ainsi les actions qu'on aurait honte de faire devant une personne respectable.
5® D. Comment y tombe- t-on par paroles?
R. Quand on dit, quand on chante, quand on lit, quand on écoute des choses qui ne sont pas décentes.
D. Qu'entendez- vous par les paroles contre la pureté ?
H. J'entends les paroles, les discours , les chansons
déshonnêtes. c Un chrétien fidèle , » disent les Pères
de l'Eglise , « doit s'interdire tout chant où l'amour « profane joue un rôle. »
D. .Qu'y a-t-il à remarquer au sujet des paroles ?
R. Qu'il faut s'abstenir non-seulement de celles qui sont mauvaises , mais de toutes celles qui sont équivoques ; s'interdire, à plus forte raison, les romances et les chansons mauvaises , parce que, en raison du
charme du rythme et da chant , la malice en est plus grande.
6e D. Comment y tombe-t-on par regards ?
R. Quami on arrête sa vue , sans nécessité et avec plaisir, sur des personnes ou sur des choses qu'on ne peut regarder sans danger.
D. Qu'y a-t-il à remarquer au sujet des regards?
R. Que la vue est un de nos sens les plus dangereux : c'est par les yeux que le vice de l'impureté s'insinue dans l'âme ; et nous ne saurions trop veiller sur nos yeux , afin d'éviter les malheurs qui sont arrivés à tant d'autres.
7® D. Coînment y tombe- 1- on par désirs ?
R. Quand on souhaite de se procurer des jouissances défendues , quoiqu'on ne se les procure pas en effet.
D. Qu'appelez- vous désirs contre la pureté?
R. J'appelle ainsi l'intention , la volonté de dire ou de faire des choses déshonnètes.
80 D, Comment y tombe- t-on par pensées?
R. Quand on s'arrête , avec réflexion et avec plaisir , à des choses déshonnètes , au lieu d'y renoncer aussitôt qu^on s'en aperçoit.
D. Qu'entendez-vous par des pensées contre la pureté ?
R. J'entends la représentation de quelque chose de déshonnète.
D. Que faut-il pour qu'une pensée ou un désir soit un péché?
DU CATÉCHfSIIftE DE RODEZ. 235
R. Il faut une pleine advertance et un plein consentement , c'est-à-dire , qu'on s'aperçoive du mauvais désir et de la mauvaise pensée , qu'on s'y arrête volontairement et qu'on s'y complaise.
9« D. Les personnes qui font, qui Usent, qui ffrêtent, qui vendent , qui gardent de mauvais livres , de mauvais tableaux , ou qm sont vêtues immodestement , se rendentelles coupables de ce péché ?
R. Oui , parce que toutes ces personnes donnent occasion a un grand nombre de dérèglements .
D. Qu'entendez-vous par mauvais livres ?
R. J'entends les romans, les comédies , les aventures fabuleuses , qui traitent d'amour profane.
D. A quoi s'exposent ceux qui lisent ces sortes de livres ?
R. A la perte de leur innocence , puisqu'ils y apprennent ce qu'ils ne peuvent savoir sans danger.
D. Que faudrait-il faire si on avait des images , des statues , ou des tableaux indécents?
R. Il faudrait les détruire ; car il n'est permis ni de les donner , ni de les vendre.
D. Qu'entend-on par mises immodestes ?
R. On entend une manière peu décente de se vêtir, qui blesse la délicatesse du regard chrétien.
10e D. Quelles sont les causes les plus ordinaires du péché contre la pureté ? i
R. Ce sont principalement l'oisiveté , les lectures dangereuses , les excès dans le boire ou dans le manger , les
danses et la trop grande familiarité avec les personnes de différent sexe.
D. Qu'est-ce que l'oisiveté?
R. C'est la paresse, la fainéantise. Or, l'Esprit Saint nous enseigne que l'oisiveté est la mère de tous les vices.
D. Comment l'intempérance porte - 1 - elle au vice impur ?
R. « L'impureté, » dit saint Grégoire-le-Grand, « est < essentiellement liée à la gourmandise ; » et le prophète Ezéchiel attribue à l'intempérance le péché de Sodome.
D. Pourquoi les danses sont-elles aussi une occasion de ce même vice ?
R. C'est à cause des rapports entre les personnes de différent sexe qui s'y trouvent, des conversations qui s'y tiennent , des familiarités qu'on s'y permet , et des costumes si peu décents que la mode autorise. Un chrétien , une chrétienne ne doivent pas oublier qu'ils ont renoncé à ces plaisirs , souvent coupables , au baptême.
D. La fréquentation des personnes d'un sexe différent est-elle bien dangereuse ?
R. Oui , car le Saint-Esprit nous enseigne que celui qui aime le danger , périra dans le danger.
11® D. Quels sont les remèdes contre ce péché?
R. La fuite des occasions , la prière , la mortification, la sobriété dans le boire et le manger , la dévotion à la Sainte Vierge et la fréquentation des sacrements.
D. Que disent les Pères de l'Eglise au sujet de ces occasions ?
R. « Fuyez l'occasion, » dit saint Augustin, « si vous « ne voulez pas périr. » « Ne pas pécher dans l'occasion « volontaire , » dit saint Bernardin , « est un plus « grand miracle que de ressusciter un mort. »
D. Pourquoi la prière et la mortification sont-elles un remède contre ce péché ?
R. Parce que Jésus-Christ a dit dans le saint Evangile , en parlant du vice impur : « Ce genre de démon « ne se chasse que par le jeûne et la prière. » « Si le « lin,» dit Yves de Saint- Victor , « ne se blanchit qu'à € force d'être lessivé et frappé , le corps ne devient € chaste qu'à force d'être maltraité et battu. »
D. Pourquoi la sobriété dans le boire et le manger est-elle un remède contre ce péché ?
R. < La gourmandise , » dit saint Jérôme , « est la € mère et la nourrice de la luxure. »
D. Pourquoi la dévotion à la Sainte Vierge est-elle un remède contre l'impureté ?
R. Parce qu'elle est la reine et la protectrice des vierges.
D. En quoi les sacrements sont-ils aussi un remède contre ce vice ?
R. Parce qu'ils sont une source où nous pouvons puiser abondamment les grâces sans lesquelles on ne peut se conserver chaste.
Mes enfants , travaillez sans relâche et par tous les moyens à conserver intacte cette robe virginale , dont les Anges du ciel seraient jaloux , si quelque chose sur la terre pouvait exciter leur envie.
238 EXPLiCATia^
LEÇON ONZIÈME
Du Septième Commandement de Dieu
V^ D, Que nous défend le septième commandement : Le bien d*autrui tu ne prendras ni retiendras injustement ?
R, Il nous défi^nd de prendre ou de retenir injustement le bien d'autrui.
D, Qu'est^îe que prendre le bien d'autriii ?
R. C'est prendre ou retenir un bien auquel on n'a aucun droit, et c'est ce qu'on appelle vol.
D. Combien distingue-t-on de sortes de vols ?
R. Il y a le vol simple , la rapine , le vol sacrilège.
D. Qu'est-ce que le vol simple ?
R. C'est celui qui enlève la chose d'autrui en secret.
D. Qu'est-ce que la rapine ?
R. La rapine consiste à enlever le bien d'autrui,. en présence du maître et malgré son opposition.
D. Qu'est-ce que le vol sacrilège?
R. C'est le vol d'une chose sacrée, ou, d'après plusieurs théologiens , le vol d'une chose profane dans un lieu sacré.
©. Qra 'est-ce. que prendre ou retenir injustement le bien d'autrui ?
R. C'est le prendre ou le retenir en agissant contre
Içs droits d'autrui ; car if n'y a vol que quand le propriétaire d'au objet a raison de ne pa& vouloir quW l'en prive.
D. Qui sont ceux qui prennent injustement le hkfsi d'autrui ?
R. Ce sont les voleurs , les usuriers, les marchanda sans probité, les plaideurs de mauvaise toi , les ouvriers , les domestiques qui ne travaillent pas» comme ils le doivent , ou qui exigent ce qu'ils n'ont pas gagné. •
D. Qu'entendez-vous par usuriers ?
R. On entend lés préteurs qui exigent un intérêt défendu par les lois.
D. Qu'entendez-vous par plaideurs de mauvaise fqi ? R. Ceux qui intentent ou soutiennent un procès „ sachant que leur cause est injuste.
D. Quand est-ce qjju5 le3 ouvriers, les domestiques pèctoat contre, oe. ootaoïandemeint ?
R. Lorsqu'ils ne travaiUenit pas- > ou qu'ils ne font pas l'ouvrage qu'ils- o^ promis de faire ; en pareil cas , ils n'ont, pas droit au salaire ; en le recevant , il& comoiettenl une injustice,
D. Ne pèche-t-on contre, ce commandement qa'en prenant le bien d'autrui ?
R. On pèche aussi en le retenant injustement;.
D. Qui sont ceux qui retiennent injustement le bien, d'autrui?
R. Ce sont ceux : P qui refusent ou négligent sans motifs de payer leurs dettes ; â» ceux qui ne rendent
pas un dép<it confié ; 3^ ceux qui gardent une chose qu'ils savent volée ou trouvée ; 4» ceux qui refusent ou négligent de payer les gages aux domestiques et le salaire aux ouvriers ; 5» ceux qui ne paient pas les legs testamentaires ; 6° ceux qui profitent des erreurs commises dans les comptes.
D. N'y a-t-il pas des cas où on peut retenir le bien d'autrui?
R. On le peut , si on a des raisons graves de le retenir , par exemple , pour se payer d'une dette certaine , n'ayant pas d'autres moyens de se faire payer ; mais on doit prendre des moyens pour ne pas être payé deux fois.
D. Est-ce un péché que de ne pas payer ses dettes?
R. Oui , c'est une injustice quand c'est par sa faute et sa négligence , surtout quand les créanciers en souffrent ou en murmurent.
D. Qu'est-ce qu'un dépôt confié?
R. C'est la garde temporaire d'un objet quelconque..
D. Que faut-il faire quand on a trouvé un objet ?
R. Il faut chercher celui qui en est le propriétaire ; si on ne peut le découvrir, le plus prudent est de consulter son confesseur et de s'en tenir à sa décision.
D. Est-il défendu de voler ?
R. Oui , Jésus-Christ, dans le saint Evangile , met les voleurs au même rang que les adultères et les blasphémateurs, qui n'entreront point dans le royaume des cieux , et l'apôtre saint Paul en exclut les voleurs.
D. N'y a-t-il que la loi divine positive qui défende le vol ?
R. 11 y a aussi la loi naturelle, qui défend de faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fit à nous-mêmes , et aussi la loi civile, qui punit sévèrement le vol.
2^ D. A quoi sont obligés ceux qui ont pris ou qui retiennent injustement le bien et autrui?
R. Ils sont obligés de le restituer, de se confesser et de faire pénitence de leur péché,
D. Pourquoi faut-il restituer ?
R. Parce que , « pour avoir part à la vie, » dit le prophète Ezéchiel , « il faut faire pénitence et rendre « au prochain ce qu'on lui a pris injustement. » « Le c péché ne peut être remis, » dit saint Augustin, « si « l'on ne restitue pas ce qu'on a pris. »
D. Suffit-il de restituer ce qu'on a volé?
R. Non , il faut se confesser encore du péché que l'on a commis en volant , et en faire pénitence.
D. A qui faut-il restituer?
R. A celui qui a été lésé ou à ses héritiers.
D. Que faut-il faire si on n'a pas le moyeu de restituer tout ce qu'on a volé ?
R. 11 faut restituer ce que l'on peut , car on est obligé de remplir la partie de l'obligation qui est possible, et être dans la disposition de remplir au plus tôt la partie de l'obligation qui n'est pas encore possible.
3® D. Est-il au^si défendu, par ce commandement, de causer quelque dommage à son prochain ?
R. Oui , il est défendu de causer aucun dommage à
9on prochain , et si on lui en a causé quelqu'un , on est obligé de le réparer.
D. Comment peut-on causer des dommages au prochain ?
R. Ou peut porter préjudice au prochain dans les contrats , dans les ventes , dans les achats ; en trompant sur la quantité , le poids , la mesure , la qualité, la valeur des objets. On peut aussi porter préjudice au prochain en nuisant à sa santé , à son honneur.
4e D. N'y a-t-il que ceux qui ont pris et qui retiennent injustement le bien d* autrui, ou qui lui ont causé eux-mêmes quelque dommage , qui soient obligés à restituer ou à réparer le dommage ?
R, Touji ceux qui ont coopéré à une injustice sont encore obligés a restituer ou a réparer le dommage causé au procliain , le plus tôt qu'ils le peuvent.
D. Qu'est-ce que coopérer à une injustice?
R. C'est y concourir , y prendre part : par exemple, la commander, la conseiller, receler l'objet volé, etc. (Voir au Catéchisme du Catéchiste, au septième commandement : de la Restitution.)
5® D. Pourquoi devons-nous éviter de faire tort à notre prochain?
R. Parce que Dieu nous le défend , et que nous ne devons pas faire aux autres ce que nous ne voulons pas qu'ils notis fassent.
Mes chers enfants , de même que nous ne voulons pas qu'on nous prenne ce qui nous appartient, de même nous ne aevons pas prendre ce qui appartient aux autres. Si tous le:? hommes étaient bons chrétiens,
il n'y aurait plas de voleurs. Robert , duc de Normanâie, se fit baptiser en 912; ses sujets suivirent son exemple , et Ton n'entendit çlus parler de vol chez les Normands. Le duc avait laissé sa cravate suspendue à une branche d'arbre ; il l'y retrouva trois ans après. Prenez tous la résolution de ne iamais rien voler , non, rien , pas même le plus petit objet.
LEÇON DOUZIÈME
Des Huitième, Neuvième et Dixième Commandements de Dieu
!'« D. Que nous défend le huitième commandement : Faux témoignage ne diras ni mentiras aucunement ?
R. Il nous défend principalement le faux témoignage en justice.
D. Qu'est-ce qu'un faux témoignage ?
R. Un faux témoignage est une déposition contraire à la vérité , faite devant le juge , après avoir prêté serment.
D. Le faux témoignage est-il bien coupable ?
R. Oui , parce que celui qui le fait pèche : 1» contre la vérité , puisque le témoignage est faux , et qu'il fait un parjure; 2° contre la justice , puisqu'il viole le droit du prochain ; 3o contre la charité , qui nous ordonne d'aimer notre prochain comme nous-mêmes ; 4<^ contre la religion , appelant Dieu à témoin d'un mensonge et d'une injustice.
2ÏÏ EXPLICATION
D. A quoi est obligé celui qui a fait un faux témoignage ?
R. Il est obligé à se rétracter et à réparer le dommage que son faux témoignage aurait causé.
D. Qu'est-ce que se rétracter?
R. C'est reconnaître qu'on s'était trompé, qu'on n'avak pas dit la vérité.
2^ D. Que nous défend encore ce commandement?
R. Il nous défend le mensonge , les équivoque , la calomnie , la médisance, la flatlerie et le jugement téméraire.
3e D. Qu est-ce que mentir? ^
R. Mentir , c'est parler autrement qu'on ne pense, avec l'intention de tromper.
D. Ne peut-on pas mentir sans parler?
R. On peut mentir encore par signes , par gestes , par écrit , et même quelquefois en gardant le silence.
D. Serait-ce mentir que de dire une chose fausse , mais qu'on croit vraie ?
R. Non , puisqu'on ne parle pas contre sa pensée ; il y a erreur , mais pas mensonge , et par conséquent, il n'y a pas péché.
D. Serait-ce mentir de dire une chose vraie , mais que l'on croit fausse?
R. Oui , puisque l'on parle contre sa pensée, avec l'intention de tromper.
D. Combien distingue-t-on de sortes de mensonges?
R. On en distingue de trois sortes : le mensonge joyeux, le mensonge officieux et le mensonge pernicieux.
D. Qu'est-ce que le mensonge joyeux ?
R. C'est celui que Ton fait pour s'amuser ou pour amuser les autres , et qui ne porte aucun préjudice au prochain.
D. Qu'est-ce que le mensonge officieux ?
R. C'est celui que l'on fait pour rendre service au prochain ou à soi-même.
D. Qu'est-ce que le mensonge pernicieux?
R. C'est celui qui porte préjudice aux autres.
D. Tout mensonge est-il un péché?
R. Oui , tout mensonge est un péché.
D. Tout mensonge est-il un péché grave?
R. Les mensonges joyeux et officieux ne le sont pas ; mais le mensonge pernicieux est de sa nature . un péché grave contre la justice : « La bouche qui « ment donne la mort à l'éme , » dit l'Esprit Saint.
4® D, N* est-il jamais permis de mentir ?
R. Non , parce que tout mensonge est péché,
5« D. Qu entendez-vous par les équivoques ?
R. Ce sont des paroles qui ont deux sens , et que l'on emploie pour tromper le prochain.
D. Les équivoques sont-elles toujours péché ? >R. Il y a des cas ou elles le sont, et des cas où elles ne le sont pas. (Voir le Catéchisme du Catéchiste, huitième commandement: du Mensonge).
D. Que penser de certaines équivoques que l'usage a introduites / comme celle-ci : Les maîtres n'y sont pas?
R. Qu'elles peuvent être permises , parce que l'emploi qu'on fait habituellement de ces formules indique
assez qu'elles n'ont qu'une qu'une signification vague et toutrà-fait indéterminée.
D. Est-il toujours nécessaire de dire tout ce que l'on pense ?
R. Il faut dire la vérité , lorsque le devoir nous y oblige ; mais il y a une foule de circonstances où, sans employer le mensonge , il faut se montrer réservé et discret.
6e D, Qui sont ceux qui se rendent coupables du péché de calomnie ?
R. Ceux qui imputent un faux crime à leur prochain, ou qui exatfèrent un crime véritable.
D. Qu'est-ce qu'exagérer ?
R. C'est ajouter à une faute , à un défaut , des drconstances mensongères.
D. La calomnie est-elle bien coupable ?
R. Oui , parce qu'elle blesse la vérité , la charité et la justice en attaquant la réputation du prochain , laquelle , d'après la sainte Ecriture , est un trésor préférable aux plus grandes richesses.
D. A quoi est tenu le calomniateur?
R. Il est tenu à rétracter toutes les faussetés qu'il a dites contre le prochain , et à réparer les dommages qu'il a causés.
D. Qui sont ceux qui se rendent coupables du péché de médisance ?
R. Ceux qui découvrent, sans nécessité , les fautes ou les défauts de leur prochain^
D. Que signifie le mot médire ?
R. Il signifie : dire du mal, parler mal de quelqu'un.
D. La médisance est-elle un péché ?
R. Oui , et un péché grave de sa nature , puisque, d'après Tapétre saint Paul , « les médisants ne possè^ « deront point le royaume de Dieu. »
D. Dire une chose tout-à-fait publique , est-ce médire?
R. Non , car alors on ne fait pas connaître le mal , puisqu'il est public ; néanmoins , ce serait manquer à la charité de s'en entretenir avec malignité, par vengeance , par jalousie.
D. Pourquoi dites-vous « sans nécessité ? »
R. Parce qu'il n'y a plus de médisance coupable, quand il est nécessaire ou utile de faire connaître le mal.
D. Dans ce cas , peut-on en donner connaissance à tout le monde ?
R. Non , on ne doit faire cette révélation qu'aux personnes qui ont le devoir d'y porter remède , les supérieurs par exemple.
D. PeutH)n écouter la médisance avec plaisir?
R. Non , il n'est jamais permis d'écouter avec plaisir ce qui peut blesser ou affliger le prochain.
D. N'y a-t-il pas des cas où il est permis d'écouter la médisance ?
R. Il est permis d'écouter la médisance dans l'intérêt de celui qui en est l'objet , ou dans son propre intérêt , ou dans celui d'un tiers.
D. Que faut-il faire, quand on entend médire, pour ne pas se rendre coupable ?
R. Il faut : 1^ imposer silence au médisant , si on a
autorité sur lui ; 2« se retirer , si on le peut , de la compagnie du médisant ; 3o détourner adroitement la conversation ; 4^ montrer, par le silence ou par un air sérieux , qu'on désapprouve la médisance.
D. A quoi est tenu le médisant ?
R. A s'excuser auprès de la personne offensée , si elle a été instruite de la médisance ; à en dire du bien, et à réparer, autant que possible, les dommages qui ont résulté ou qui résulteront de sa médisance.
D. La réparation de la médisance est-elle aussi facile que celle de la calomnie ?
R. Non , parce qu'il est facile de dire qu'on a fait une fausse accusation, tandis que dans la médisance, on ne peut pas détruire la vérité de ce qu'on avait avancé.
8® D. Qui sont cetur qui sont coupables du péché de flatterie ?
R, Ceux qui approuvent par des louanges les mauvaises actions de leur prochain , ou qui exagèrent à dessein ses qualités ou ses bonnes actions.
D. Pourquoi la flatterie est-elle coupable dans ces cas ?
R. Parce qu'elle tend à éveiller, à nourrir et à augmenter la passion désordonnée de l'orgueil , et à entretenir les défauts du prochain. «Malheur à vous,» dit l'Esprit Saint , « qui appelez bien le mal , et mal « le bien 1 »
9® D. Qui sont ceiuc qui font des jugements téméraires ? R. Ceux qui , sur de légères (apparences , jugent mal des actions de leur prochain.
DU CATÉCHISME DE RODEZ. ^h-d
D. Qu'est-ce que juger témérairement ?
R. C'est se former une opinion désavantageuse du prochain , sans un motif suffisant.
D. Que faut-il pour qu'un jugement téméraire soit un péché grave ?
R. Il faut : lo que le mal qu'on pense du prochain soit de nature à blesser gravement sa réputation ; 2o que ce jugement soit délibéré et pleinement consenti ; 3° qu'il soit conçu sans un fondement suffisant.
D. Pourquoi le jugement téméraire est-il défendu ?
R. Parce qu'il est injurieux à Dieu , dont il usurpe la juridiction : à lui seul appartient le droit de nous juger ; au prochain, auquel il enlève notre estime et la charité que nous lui devons.
D. Que penser des jugements et des soupçons qui viennent souvent dans l'esprit et que l'on rejette ?
R. Il faut penser qu'ils ne sont pas coupables, parce qu'ils ne sont pas volontaires.
D. A quoi est obligé celui qui a calomnié ?
R. Il est obligé , comme celui qui a porté un faux témoignage en justice , à se rétracter et à réparer le dommage que sa* calomnie aurait causé.
D. N'y a-t-il pas quelqu'autre péché qui se rattache à ce commandement ?
R. 11 y a les mauvais. rapports et la violation du secret.
D. Qu'est-ce qu'un mauvais rapport ?
R. C'est un récit de ce qu'on a vu ou entendu, et qu'on redit par méchanceté.
D. Un mauvais rapport est-il un péché ?
R. Oui , puisqu'il sème la discorde entre les frères, ce que le SaintrEsprit condamne.
D. Qu'est-ce qu'un secret ?
R. C'est une chose qui doit être tenue cachée.
D Combien distingue-t-on de sortes de secrets ?
R. On distingue : le secret sacramentel , le secret naturel , le secret promis , le secret confié , le secret des lettres.
D. Qu'est-ce que le secret sacramentel ?
R. C'est le secret relatif au sacrement de Pénitence , et qui oblige si gravement un confesseur, qu'il pécherait mortellement s'il révélait le moindre péché d'un pénitent, ou s'il faisait de la confession un usage quelconque , qui fût de nature à la rendre odieuse ; car la violation d'un tel secret , dont grâce à Dieu il ne s'est jamais vu d'exemple , serait un crime sans égal contre la justice et la charité , contre la religion et le bien des âmes.
D. N'y a-tril que le confesseur qui soit obligé au secret sacramentel?
R. Toutes les personnes auxquelles , par leur faute ou par accident , est arrivée la connaissance de ce qui fait la matière de la confession , y sont pareillement obligées , et cela pour des raisons analogues à celles qui imposent au confesseur la loi inviolable du secret.
D. Que faut-il entendre par secret naturel ?
R. Le secret naturel a pour objet une chose qui n'est connue que d'une , de deux ou de trois personsonnes , ou , du moins , d'un si petit nombre , qu'eu ne peut la regarder comme notoire , ni comme devant
très-probablement le devenir , et dont la divulgation serait de nature à nuire au prochain.
D. Que faut-il entendre par secret promis ?
A. Le secret promis a pour objet une chose que l'on savait , et au sujet de laquelle on a pris rengage* ment de se taire. Si , en promettant le secret , ojpl avait eu Fintention positive de s'obliger gravement à le garder , la violation en serait évidemment un péché grave ; elle ne serait qu'un péché véniel dans le cas contraire , à moins que la nature ou les circonstances de la chose ne fissent de cette violation une faute con- -sidérable.
D. Que faut-il entendre par secret confié ?
R. Le secret confié a pour objet une chose cachée et dont on nous fait la confidence , soit à raison de notre état , soit à raison de notre qualité de parent ou d'ami. Toutes choses égales , le secret confié et accepté d'une manière expresse ou tacite impose une obligation plus stricte que le secret naturel et le secret promis , et la violation d'un secret confié est un péché plus grave de sa nature que celle du secret promis ou du secret naturel.
D. Que faut-il penser du secret des lettres?
R. Que celui qui décacheté ou lit une lettre qui ne lui est pas adressée commet un péché grave de sa nature , parce qu'il importe au plus haut point au bien public et au maintien des relations sociales que le secret des lettres soit respecté ; la violation d'un tel secret peut avoir souvent les conséquences les plus funestes.
D. Dans quelles circonstances oblige le secret des lettres ?
R. Ce secret oblige , que la lettre soit cachetée ou décachetée , même lacérée , sauf certains cas où ces mêmes lettres peuvent être lues par certaines personnes. ( Voir le Catéchisme du Catéchiiie, huitième commandement.)
10« D. Que nous défendent les deux derniers commandements ?
R. Ils nous défendent de désirer les plaisirs défendus, et de convoiter injustement les biens du prochain.
D. Le neuvième commandement ne se rapporte-t-il pas au sixième ?
R. Il s'y rapporte en ce sens que Tun et l'autre défendent les fautes contraires à la pureté.
D. En quoi dififèrent-ils ?
R. Us diffèrent en ce que le sixième défend tout péché extérieur de luxure : les regards , les paroles et les actions , tandis que le neuvième défend tout péché intérieur : les pensées et les désirs.
D. Que nous défend le dixième commandement de Dieu : Biens d' autrui ne convoiteras, pour les avoir injustement?
R. Il nous défetid de désirer , de convoiter injustement le bien d'autrui.
D. Qu'est-ce que convoiter injustement le bien d'autrui ?
R. C'est désirer d'en devenir possesseur par des moyens injustes.
' D. Ce n'est donc pas toujours un péché de désirer le bien des autres ?
R. Non : on pèche seulement quand on désire se les procurer par des moyens injustes , ce qui a lieu quand on les désire ou quand on les recherche d'une manière désordonnée.
Mentir , mes enfants , c'est une lâcheté , une bassesse , une indignité. Les personnes qui mentent sont méprisées ; on ne les croit pas, lors même qu'elles disent ia vérité 11 vaut beaucoup mieux être puni que de mentir pour s'excuser. Lorsque saint François-de- Sales n'était encore qu'un enfant , il détestait le mensonge ; et s'il lui arrivait de commettre quelque faute, ce qui était bien rare , jamais il ne mentait pour la cacher ; il aimait mieux être puni que de mentir. Oh I mes enfants , ne mentez jamais.
LEÇON TREIZIÈME
Des Commandements de l'Église
l'« D. Combien y a-t-il de commandements de H Église?
R, Ily a six prindpatiœ commandements de l'Église,
B. 11 y a donc d'autres commandements de l'Eglise, puisque vous dites qu'il y en a six principaux ?
R. Oui , il y a un grand nombre d'autres commandéments de l'Eglise , mais ils sont particuliers à certains lieux ou à certaines classes de personnes, tandis que les six principaux s'adressent à tous les chrétiens.
2e D, Dites les commandements de l'Église,
R, Le$ fêt€9 tu sanctifieras, etc
D. L'Eglise a-t-elle le pouvoir de nous faire des commandements ?
R. Oui , rÉghse a reçu de Jésus-Christ le pouvoir de nous faire des commandements. Le divin Maître dit d'abord à Pierre seul', et ensuite à tous les Apôtres : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié « dans le ciel. »
D. Sommes-nous obligés d'observer les commandements de l'Église ? •
R. Oui , puisque Jésus-Christ nous ordonne d'obéir à l'Eglise comme à lui-même , et qu'il dit dans le saint Evangile : « Celui qui vous écoute m'écoute. » Le
pouvoir qu'il a donné à l'Eglise serait inutile et caduc, si les chrétiens n'étaient pas obligés de s'y soumettre.
D. Qui sont ceux qui ont le droit de faire des com-. mandements dans l'Eglise ?
R. Ce sont les Papes et les Evéques , en vertu de l'autorité que Jésus-Christ leur a conférée pour gou-
verner l'Eglise.
D. Les commandements de l'Eglise obligent-ils de la même manière que les commandements de Dieu ?
R. Oui , parce que c'est à Dieu qu'on désobéit en
désobéissant à l'Eglise, qu'il a revêtue de son autorité.
D. N'y a-t-il pas une différence entre l'obligation
imposée par les commandements de Dieu et l'obliga-
tion imposée par les commandements de l'Eglise ?
R. Il y a cette différence , que l'obligation des commandements de Dieu est immuable , et n'admet pas de dispense proprement dite , tandis que celle des
commdndements de l'Eglise peut être modifiée , changée , supprimée même , selon les besoins des temps , des lieux et des personnes.
D. Pourquoi les commandements de de la loi natu* relie n'admettenl-ils pas de dispense?
R. Parce que ce qu'ils ordonnent est essentiellement bon^ et ce qu'ils défendent essentiellement mauvais , par exemple , respecter ou blasphémei' le saint nom de Dieu.
D. Pourquoi l'Eglise nous a-t-elle fait des commandements?
R. Pour fixer , déterminer, régler l'observation des commandements de Dieu , et faciliter la pratique de l'Evangile.
D. Comment l'Eglise fixe-t-elle , dirige-t-elle par ses commandements dans l'observation des commandements de Dieu?
R. Les deux premiers commandements fixent le culte que uqus devons à Dieu ; le troisième et le quatrième, l'obligation de recevoir les sacrements de Pénitence et d'Eucharistiie ; le cinquième et le sixième prescrivent la mortification nécessaire pour conserver la chasteté et faire pénitence de nos péchés.
D. L'Eglise ne punit^elle pas les violateurs de ses lois ?
R. Elle les punit quelquefois en les retranchant de son sein par l'excommunication, ou en les en menaçant.
D. Qu'est-ce que l'excommunication ?
R. C'est une sentence ou censure ecclésiastique qui prive un fidèle, en punition de son péché, de tous
les biens communs au corps de TËglise. ou de quelques-uns seulement.
3« D. A quoi nous oblige le premier commandement de t Église : Les fêtes tu sanctifieras commandées expressément ?
il. A sanctifier les fêtes commandées par t Église, qui sont , en France : Noël , t Ascension , t Assomption et la Toussaint,
D. Qu'appelez-vous fêtes?
R. Certains jours consacrés au culte divin.
D. Qu'entendez-vous par fêtes commandées?
R. J'entends les fêtes que l'Eglise nous oblige de célébrer sous peine de péché mortel
D. Pourquoi nomme-t-on quatre fêtes d'obligation pour la France ?
R. Parce qu'il y en a un plus grand nombre, qui sont célébrées dans les autres pays catholiques.
D. Comment devons-nous sanctifier ces grands jours de fête?
R. Nous devons nous abstenir d'œuvres serviles, et
assister aux offices de l'Eglise comme le dimanche.
D. Comment s'appellent les fêtes qui ne sont pas d'obligation ?
R. Elles s'appellent fêtes de dévotion , c'est-à-dire, des fêtes que l'Eglise propose à la libre dévotion des fidèles.
Le mot fête veut dire joie. Tous les peuples de la terre ont eu des fêtes dans l'année. L'Église a institué des fêtes pour que nous montrions notre amour et notre reconnaissance envers Jésus-Christ, qui nous
fait tant de grâces , et pour que nous nous réjouissions tous ensemble devant ses autels , en attendant aue nous allions nous réjouir avec les Saints qui sont ans le ciel.
4« D. A quoi nous oblige le second commandement de Œglïse : Les dimanches , messe ouïras , et les fêtes pareillement ?
fi. A assister dévotement à la messe , les dimanches et les fêtes.
D. Que faut-il entendre par le mot « dévotement?» R. Il faut entendre la modestie , Fattention et la
ferveur , qui doivent accompagner nos prières pour
qu'elles soient agréables à Dieu.
5« D. Quelle messe doit-on entendre f
R. Il est convenable d'entendre la messe de paroisse, à moins qu'on n'ait quelque cause juste et légitime pour s'en dispenser.
D. Pourquoi dit-on : « autant que possible entendre t là messe de paroisse?»
R. Parce que cette messe est dite pour les paroissiens ; qu'ils doivent s'estimer heureux de se trouver présents pour en recueillir les précieux fruits ; et que c'est à cette messe que se fait le prône , et qu'on annonce les jours de jeûne et d'abstinence.
D. Que doivent faire ceux qui ne peuvent assister à la messe les jours de dimanches et de fêtes commandées ?
R. Us doivent y suppléer par des prières ou par de bonnes œuvres.
6^ D. Ceux qui assistent à la sainte messe sans aucune attention satisfont-ils au précepte de t Église ?
R. Non : car, pour satisfaire au précepte de t Église, il faut prier et s'occuper de quelques salutaires pensées.
A Ribau , diocèse de Grenoble , un laboureur, quoique éloigné de Téglise d'une heure et demie , y arrivait toujours un des premiers , pour assister à la messe de paroisse et à tous les offices , et pourtant la messe de paroisse se disait de très-grand matin. Dans les dernières années de sa vie , ce bon vieillard était retenu chez lui par des douleurs de jambes , et pendant rhiver il lui était absolument impossible ae se mettre en route ; mais depuis Pâques jusqu'à la Toussaint, il se levait à 1 heure ou à 2 heures après minuit, il s'appuyait sur deux bâtons, et il arrivait à l'église après une marche de 4 heures. Ce digne chrétien mourut à la fin de 1809 , à l'âge de 75. ans.
7^ D. A quoi nous oblige le trohième commandement de l'Eglise : Tous tes péchés confesseras à tout le moins une fois Tan?
R. A nous confesser au moins une fois tan.
D. Qu'est-ce que se confesser?
R. C'est accuser à un prêtre approuvé les péchés qu'on a commis, pour en recevoir l'absolution.
D. Quel est le sens de ces mots : « A tout le moins une fofs l'an ? »
R. Ces mots indiquent que le désir de l'Eglise est qu'on se confesse plus souvent , et qu'une fois par an est le moins que nous puissions le faire pour obéir au précepte : ceux qui ont un véritable désir de se sauver le font plus souvent.
D. A quel âge est-on obligé de se confesser?
R. A rage de raison , quand on a commis quelque péché mortel , et l'âge de raison arrive ordinairement vers la septième année.
D. Pourquoi dites-vous : « ordinairement vers la septième année? >
R. Parce qu'il peut se faire qu'il y ait des intelligences précoces qui distinguent le mal avant l'ége de sept ans, comme aussi il peut se rencontrer des enfants qui n'aient pas, à cet ége , assez de raison pour offenser Dieu.
D. Dans quel temps doit-on se confesser?
R. L'Ëglise ne l'a point déterminé ; mais il est convenable de le faire vers le temps de Pâques, pour se préparer à la communion pascale.
8® D. A qui faut-il faire sa confession annuelle et commandée?
R. On devrait la faire à son propre pasteur, mais tÉglise tolère qu'on la fasse à tout prêtre approuvé.
D. On peut donc , pour satisfaire au précepte de la confession annuelle , se confesser à quel prêtre que ce soit ?
R. Oui , pourvu qu'il soit approuvé pour entendre la confession.
9« D. Qui est le propre pasteur ?
R. Cest VÉvêque, le Curé, ou ceux qui tiennent leur place,
D. Qui tient la place, soit de l'Evêque, soit du Curé ? R. Les vicaires généraux et les vicaires placés dans les paroisses.
Ce sera donc pendant toute votre vie , mes chers enfants , que vous vous confesserez au moins une fois chaque année , comme l'Église vous Tordonne; et j'espère que vous vous confesserez plus souvent , pour vivre plus saintement, pour mieux témoigner à Jésus- Christ votre amour et votre reconnaissance , et pour recevoir avec plus d'abondance les grâces qui vous seront si nécessaires pour être fidèles à Dieu jusqu'à votre dernier soupir.
10^ D. A quoi nous oblige le quatrième commandement (le l'Église : Ton Créateur tu recevras , au moins à Pâques humblement ?
R. A communier , au moins dans le temps pascal , et dans l'église paromiale ou dans celle qui en tient lieu.
D. Que faut-il entendre par temps pascal ?
R. De droit commun , le temps pascal commence le dimanche des Rameaux , et finit le dimanche qui suit la fête de Pâques. Mais Tévèque diocésain ajoute ordinairement deux semaines.
1). A quel âge est-on obligé de communier dans le j temps pascal ?
R. A l'âge de discrétion , c'est-à-dire , à l'âge où la raison, est assez développée pour connaître suffisamment la grandeur de la divine Eucharistie , et les dis^ positions qu'elle exige.
D. A quel âge ar^jfve ordinairement cet état dô âiscrétibn ?
R. Cet état se produit ordinairement vers les dix ans.
D; Polirt^uoi l'Eglise oblige-t-elle les fidèles à cora muriier dâlFiîs leur paroisse?
R. Pour trois raisons : !« Pour resserrer l'unio
DU CAtÉGHlSME DE RODEZ. 261
qui doit régner entre les brebis et le pasteur ; 2o pour procurer Fédification mutuelle ; 3» pour mettre le curé à même de savoir quels sont ceux de ses paroissiens qui ne s'acquittent pas de ce devoir , et de faire en sorte de les*faire rentrer en eux-mêmes.
D. Quelle est Téglise qui tient lieu de Téglise paroissiale?
R. C'est réglise ou la chapelle autorisée par le Pape , par FEvèque ou par Tusage.
D. Les religieux et les religieuses peuvent-ils accomplir le devoir pascal dans leur chapelle ?
R. Oui , ainsi que les personnes attachées à leur service qui vivent dans le monastère.
D. Où les voyageurs , les vagabonds, les étrangers, les pèlerins , peuvent-ils remplir ce devoir?
R. Là où ils se trouvent , s'ils ne peuvent pas se rendre dans leur paroisse.
D. Où peuvent satisfaire au devoir pascal les personnes qui ont plusieurs domiciles ?
R. Elles peuvent communier dans celui où elles passent la plus grande partie de Tannée , ou bien dans celui où elles se trouvent dans le temps fixé pour l'accomplissement de ce devoir. Si l'on habitait le jour dans un endroit et la nuit dans un autre , l'usage a déterminé que le véritable domicile est dans 1^ paroisse où l'on couche.
D. Combien d'obligations sont renfermées dans c^ précepte ?
R. Il y en a trois , et toutes obligent gravement : i^ celle de communier une fois l'an ; 2» celle de corn-
262 EXPUGATIOff
munier dans le temps pascal ; 3° celle de communier dans Téglise paroissiale , ou dans la chapelle qui en tient lieu.
D. Qui peut dispenser de Taccomplissenient du devoir pascal à la paroisse ? '
R. Le Pape , TEvèque, le Curé.
D. Pourquoi TEglise nous oblige-t-elle à communier au moins une fois Tan ?
R. Pour nous faire remplir ce précepte de Jésus- Christ : « Si vous ne mangez la chair du Fils de « THorame , et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez « point la vie en vous. »
11^ D. Est-ce intention de l'Église que les fidèles ' se contentent de se confesser et de communier une fois l'an?
R. Non : elle désire qu'ils s'approchent souvent de ces deux sacrements.
D. Pourquoi dit-elle « au moins ? »
R. Pour nous faire comprendre qu'elle désire que ce soit plus souvent , car nos besoins spirituels le demandent.
D. Peut-on différer la communion pascale ?
R. On le peut pour un motif raisonnable , mais seulement avec la permission du curé ou du confesseur.
D. Celui qui n'a pas rempli le devoir pascal au
temps fixé par l'Eglise, en est-il ensuite dispensé?
R. Non , mais il est obligé de se disposer à le remplir le plus tôt possible ; il lui reste toujours l'obligation de communier dans l'année et dans sa paroisse.
D. Pourquoi l'Eglise a-trelle déterminé le temps pascal pour la communion annuelle ?
R. lo Pour que les fidèles aient le temps du carême pour s'y préparer ; 2o pour qu'ils célèbrent l'anniversaire de l'institution de l'Eucharistie : ce qu'ils ne peuvent mieux faire qu'en communiant.
p. Satisferait-on au devoir pascal si on avait le malheur de faire une communion sacrilège ?
R. Non , assurément , puisqu'une communion sacrilège est un péché exécrable , et celui qui aurait eu le malheur de le commettre serait obligé d'en obtenir le pardon par une bonne confession, et de communier de nouveau dans son église paroissiale.
D. Que faut-il penser de ceux qui n'accomplissent, pas le devoir pascal ?
R. Que ce sont des chrétiens sans honneur , parioe qu'ils manquent à la promesse solennellement donnée à Dieu d'observer ses commandements et ceux de son Eglise ; des chrétiens sans courage , se laissant guider le plus souvent par le respect humain ; des chrétiens sans prudence, s'exposant à la damnation éternelle.
. Au siège de Sébastopol , en 1855 , un colonel français reçut l'ordre d'enlever à l'ennemi une batterie de canons. Aussitôt il s'élança à la tète de son régiment , au milieu des baïonnettes et de la mitraille des Russes , et il enleva la batterie de canons avec autant de tranquillité que s'il n'y avait eu rien à craindre. Son général étonné lui crie au milieu de ses officiers : « Colonel , quelle tranquillité ! d'où peut venir un tel « courage ?» — Mon général , » répond le colonel , « j'avais communié ce matin. » Tous ceux qui l'entendirent restèrent saisis de respect et d'admiration.
LEÇON QUATORZIÈME
Suite des Commandements de l'Église
l'e D. A quoi nous oblige le cinquième commandement de t Église : Quatre-Temps , Vigiles, jeûneras, et le Carême entièrement?
R. A jeûner le Carême , les Quatre-Temps et les Vigiles de fêtes commandées par l'Église.
D. Ce commandement est-il ancien dans l'Église?
R. Il remonte au temps même des Apôtres, qui durent imiter les quarante jours de jeûne du divin Maître.
D. Combien y a-t-il de jours de jeûne dans les Quatre-Temps de Tannée ?
R. Il y en a douze : trois de ces jours de jeûne sont compris dans les jeûnes du Carême.
B. Combien y a-t-il de fêtes avec jeûnes ?
R. Il y en a cinq en France : les veilles de Noël, de Pâques , de la Pentecôte , de l'Assomption et de la Toussaint, et dans quelques localités, de la solennité des Saints Pierre et Paul.
D. Qu'est-ce que jeûner ?
R. C'est s'abstenir de certains aliments et ne faire, par jour , qu'un repas , auquel il est permis d'ajouter une légère collation.
D. De quels aliments est-on obligé de s'abstenir les jours de jeûne ?
R. lo De la chair des animaux qui naissent et vivent hors de Teau ; 2o du sang , de la moelle de ces animaux et de la graisse qui en provient.
D. Est-il permis de manger , les jours de jeûne , la
chair des animaux aquatiques qui vivent dans Teau?
* R. Oui, et même dans quelques diocèses Tusage est
toléré de manger certains animaux amphibies , qui
vivent sur la terre et dans Teau.
D. Quand on est dispensé^ les jours de jeûne, de la loi de Tabstinence , peut-on manger dans un même repas de la viande et du poisson ?
R. Non , à cause de la défense qui en a été faite par le pape Benoît XIV , et qui est obligatoire sous peine de péché grave.
D. Mais ce mélange est-il défendu les jours de simple abstinence ?
R. Non , en sorte qu'une personne qui , pour une bonne raison, est autorisée à faire gras le vendredi , peut manger du poisson et de la viande au même repas.
D. Qui sont ceux qui sont obligés au jeûne?
R. Tous les fidèles qui ont accompli leur vingt-etunièmé année, à moins qu'ils n'en soient exempts pour quelque cause légitime.
D. Quelle différence y a-t-il entre la loi du jeûne et celle de l'abstinence ?
R. C'est que les fidèles qui ont accompli leur septième année , quoique dispensés de la loi du jeûne
jusqu'à leur vingt^t-unième année, sont obligés à Tabstinence les jours de jeûne , à moins qu'une raison suffisante ne les en exempte.
D. A quelle heure peut-on prendre le repas permis les jours de jeûne ?
R. On peut le prendre vers midi , et même à onze heures , quand c'est la coutume.
D. Peut-on anticiper cette heure ?
R. Oui , pour un motif raisonnable et proportionné au plus* ou au moins d'anticipation sur cette heure.
D. Peut-on interrompre le repas les jours de jeûne ?
R. Oui , pourvu qu'il y ait une union morale entre les diverses fractions du repas ; ainsi l'interruption d'un quart d'heure , même sans raison , ne serait pas un péché.
D. £n quoi consiste la collation permise les jours de jeûne ?
R. A ne prendre qu'une réfection légère et composée d'aliments permis.
D. Qu'est-il permis de prendre à la collation?
R. On doit se régler, pour tout ce qui concerne la quantité et la qualité des aliments de la collation, à l'usage des chrétiens timorés.
D. Si l'on faisait un repas entier à la collation, y auraitril jeûne?
R. Non , puisque l'essence du jeûne consiste à ne faire qu'un repas dans le jour.
D. Quelle est la quantité de nourriture permise certainement à la collation?
R. Ici on doit tenir compte des lieux, des com-
plexioQs , des âges , des devoirs d*état , du nombre des jeûnes consécutifs , etc. Hais,. en supposant qu'on soit même dans de bonnes conditions , on peut prendre huit onces ou 200 grammes de nourriture , lors même , dit saint Alphonse, que Tappétit serait entièrement i^tisfait,
D. Qu'est-il permis de manger à la collation?
R. Cela dépend de la coutume des lieux autorisée par TEvèque diocésain. (Voir le Catéchisme du Coté-
chiste , cinquième commandement de TEglise).
D. Estril permis de boire hors des repas les jours de jeûne ?
R. Oui , la boisson , d'après saint Thomas , n'est pas interdite ; mais on doit plus que jamais , les jours de jeûne , s'appliquer à garder les règles de la tempérance.
D. Quelles sont les personnes qui ne sont pas tenues au jeûne ?
R. Toutes celles qui ont un empêchement légitime : les malades , les convalescents , celles qui sont faibles de santé. (Voir le Catéchisme du Catéchiste).
D. L'âge est-il une dispense du jeûne?
R. Quoiqu'on doive tenir compte des tempéraments , on peut dire avec le cardinal Gousset , que les septuagénaires n'y sont pas obligés. Saint Alphonse excuse même de cette obligation les sexagénaires.
D. Les enfants sont-ils soumis à la loi de l'Eglise touchant les aliments défendus aux jours de jeûne ?
R. Oui , mais seulement quand ils sont parvenus à l'âge de raison.
D. Qui peut dispenser du jeûne ?
R. Les Evèques et ceux qu'ils délèguent à cet effet.
2« D. Pourquoi l'Église nous oblige-t-elle de jeûner ?
R. Cest pour nous engager à mortifier notre corps et à satisfaire à Dieu par la pénitence.
D. A quoi sert la mortification de nos corps?
R. A nous préserver du péché , à nous en purifier, à nous le faire expier ; et nos âmes ainsi préparées peuvent se présenter avec une plus grande confiance au banquet eucharistique.
D Pourquoi les jeûnes des Quatre-Temps sont^ils établis ?
R. 1^ Pour consacrer par la pénitence chacune des quatre saisons de Tannée ; 2^ pour demander à Dieu la conservation des biens de la terre ; 3^ pour appeler les grâces de Dieu sur les ordinations qui ont lieu à ces époques.
D. D*où vient le nom des Quatre-Temps ?
R. Des quatre époques où l'Eglise nous oblige de jeûner le mercredi , le vendredi et le samedi d'une même semaine.
D. Que signifie le nom de Vigile?
R. Il signifie veille ; autrefois on passait en prières la nuit qui précédait les fêtes solennelles , comme on le fait encore la veille de Noël.
D. Quelles sont, en France, les fêtes à la veille desquelles on est obligé de jeûner ?
R. Ce sont : la Noël, la Pentecôte , la solennité des Saints Pierre et Paul , dans certaines localités , l'Assomption de la Sainte Vierge et la Toussaint.
D. Dans quel but l'Eglise a-t-elle établi le jeûne des veilles de ces fêtes ?
R. Pour nous disposer à les célébrer plus saintement.
3® D. Que doivent faire ceux qui ne peuvent pas jeûner?
R. lu doivent réparer , selon leur pouvoir , le défaut du jeûne , par la prière , l* aumône ou d'autres bonnes œuvres.
D. Pourquoi doivent-ils remplacer la loi du jeûne qu'ils ne peuvent pas observer ?
R. Parce qu'étant pécheurs , ils sont assujettis à la
loi générale de la pénitence , écrite dans l'Evangile,
et indépendante du commandement de l'Eglise.
D. Que faut-il faire pour rendre les jeûnes agréables à Dieu et profitables à soi-même ?
R. Il faut y joindre la fuite du péché , la mortification des sens , l'aumône et la prière.
Autrefois , on ne faisait, les jours de jeûne , qu'un seul repas après le coucher du soleil , et plusieurs jeûnaient au pain et à l'eau. La coutume de rester à jeun jusqu'au soir pendant le Carême , durait encore au douzième siècle, et saint Bernard, qui vivait alors, assure que les rois , les princes , le clergé , le peuple , tous sans distinction ne mangeaient en Carême que vers la fin du jour.
4e D. Que nous défend le sixième commandement de l'Église : Vendredi chair ne mangeras , ni le samedi mèmement ?
R. li nous défend de manger de 'la viande le vendredi et le samedi de chaque semaine.
D. N*y a-t-il que la manducation de la viande qui soit défendue ?
R. Sont également prohibés le sang et les sucs provenant de la chair des animaux.
D. Dans certains diocèses n'est-il pas permis de faire gras le samedi ?
R. Gela est permis en vertu d'une dispense du Souverain Pontife. Mais il est à remarquer qu'on ne peut pas user de cette permission un samedi où tombe un jeûne d'obligation.
50 D. Pourquoi l'Église nous oblige-t-elle à tabstinence ces jours-là?
R, Cest pour honorer la mort et la sépulture deNotre- Seigneur Jésus-Christ , et nous préparer par la mortification à sanctifier le dimanche.
D. Quels sont ceux qui sont dispensés de la loi de l'abstinence ?
R. Ce sont tous ceux qui ont une raison légitime. On peut quelquefois être dispensé du jeûne et non de l'abstinence.
6« D, Les commandements de ^Église obligent-ils sous peine de péché ?
R. Oui : car Jésus-Christ a dit que celui qui n'obéit pas à l'Eglise doit être regardé comme un Païen et un Publicain.
D. Que répondre à un protestant qui objecterait les paroles de Jésus-Christ : « Ce n'est pas ce qui en- « tre dans la bouche de l'homme qui le souille ?»
R. Que c'est la désobéissance à TEglise qui souille rame , et non la manducation de la viande qu'elle prohibe. Ce ne fut pas le fruit qui souilla l'àme de nos premiers parents , mais leur désobéissance.
Une enfant de 14 ans se laissait maltraiter par ses parents , parce qu'elle ne voulait pas les imiter en mangeant comme eux de la viande les jours défendus. Une fois elle dit à sa mère : « Ma chère mère , je demande à Dieu qu'il vous fasse comprendre le, péché que vous commettez en désobéissant ainsi à l'Eglise. Je vous en conjure, allez vous confesser , et vous verrez. »La mère, vaincue par cette prière et par l'exemple de sa fille , alla se confesser, ainsi que le père.