‹ Explication historique des Instituts de l'empereur Justinien (volume 3)Chapitre 126 sur 286 · Propagation du christianisme · texte numérisé non relu

Propagation du christianisme

1 422. Dès le règne de Tibère, les apôtres » parcourant les provinces de Tempire , avaient répanda autour d'eux la religion nouvelle qu'ils annonçaient aux peuples. Cette morale pure, cette idée grande de la Divinité , frappaient les esprits et couvraient de honte ou de ridicule les principes et les dieux du paganisme. Comme foi , le polythéisme , déjà abandonné par la philosophie et par les hautes classes de la société romaine , s'en allait de jour en jour. Il n'existait plus que comme institution, comme culte extérieur, dans les habitudes et les pratiques de la vie publique et de la vie privée. La croyance des apôtres, qui venait apporter la plus grande révolution sociale, non par la force, mais par l'esprit, par le sentiment, appelait à elle les petits comme les grands, les faibles comme les forts, les pauvres comme les riches. Le nombre des personnes qui s'y ralliaient augmenta rapidement ; les églises où elles se réunissaient se multiplièrent; tout contribuait chez les particuliers, dans Tordre privé , à propager la religion chrétienne. En était-il de même dans le gouvernement?

423 . On n'a pas assez considéré ce point sous le rapport des lois politiques. Jusqu'ici nous avons fait voir le droit sacré de Rome fortement attaché au droit public , et formant une partie intime de ce droit. Les pontifes étaient des magistrats du peuple nommés dans les élections comme les autres magistrats, faisant intervenir leurs fonctions dans les affaires majeures de l'État; la première puissance du droit public , l'empereur, était aussi la première puissance du droit sacré, le souverain pontife. L'unité de lois religieuses n'était pas moins essentielle au gouvernement que l'unité de lois politiques, puisque ces lois se confondaient les unes avec les autres. Cette unité avait toujours été produite précisément par la pluralité des dieux. Une province nouveUement ajoutée à Rome avait-elle de nouvelles divinités, on les recevait, on leur élevait des temples, on leur donnait des prêtres, et le système religieux n'était pas troublé un seul moment : les dieux du paganisme étaient accommodants. Mais lorsque parut une religion qui, révélant l'existence d'un seul Dieu infini, ne pouvait être reçue sans anéantir toutes les institutions actuelles;

Page 1