‹ Explication historique des Instituts de l'empereur Justinien (volume 3)Chapitre 127 sur 286 · PROPAGATION DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

PROPAGATION DU CHRISTIANISME

ane religion qui donnait des prêtres indépendants du choix des auforifés civiles, qui se séparait entièrement de la puissance publique, et qui disait : a Mon empire n'est pas de ce monde, mais d'un antre n , alors le droit public se trouva attaqué dans une de ses bases fondamentales. Les chefs du gouvernement durent songer à le défendre ou à le changer totalement : ce fut le premier parti qu'ils prirent. Quelque absurde que fût le polythéisme, rhomme ne revient pas si facilement de ses erreurs, surtout lorsqu'à ces erreurs est attaché le gouvernement d'un grand empire. Comme empereurs et comme souverains pontifes , les princes voulurent arrêter une religion qui menaçait le droit de l'Etat, et, pour accomplir leurs desseins, ils employèrent le moyen le plus vicieux, celui de la force et des cruautés, que du reste leur caractère féroce inspirait à la plupart d'entre eux. Les persécutions de Néron, de Domitien, de Verns et de Gallns, ne firent que des martyrs : les chrétiens se multiplièrent au milieu des souffrances; la religion se répandit plus brillante et plus vénérée, et bientôt ces vastes provinces, sur toute leur face, virent les habitants divisés en deux classes distinctes : les chrétiens et les païens. Une guerre , une peste , un fléau quelconque frappaient-ils l'empire, les païens ne manquaient pas de l'attribner aux innovations funestes des chrétiens, et ceux-ci de le rejeter sur l'aveuglement et sur l'obstination des païens.

424. Les jurisconsultes, hommes de la loi régnante et des institutions, furent dans la lutte contre le christianisme naissant les auxiliaires des chefs du gouvernement, et souvent leurs ministres comme dépositaires des pouvoirs publics. Leur philosophie, venue de la Grèce, naturalisée à Rome, et cultivée par eux comme la mère de toutes les sciences, avait progressivement substitué au droit civil quiritaire, droit matérialiste, exclusivement propre aux seuls citoyens, un droit plus rationnel et plus large, ouvert à tous les hommes; mais ils l'avaient fait à l'aide de procédés ingénieux , en proclamant le droit civil , et prenant sa place, quand ils ne paraissaient que se mettre à côté. Le christianisme fut pour eux un ennemi de l'État et des institutions , à repousser; peut-être un rival de leur science philosophique , qu'avec sa simplicité il venait détruire radicalentent. Toutefois, il est permis de conjecturer que leur morale allait, même à leur

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insn, s* éclairer aux Inmières nouvelles de cet ennemi; que r influence des doctrines évangéliques pénétrait indirectement leur propre philosophie; et que, même lorsqu'il était proscrit et persécuté, le christianisme agissait sur les progrès de la jurisprudence et de la législation dans une voie plus large et plus douce pour l'humanité.

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