‹ Explication historique des Instituts de l'empereur Justinien (volume 3)Chapitre 139 sur 286 · Fondation d'nne nouvelle capitale · texte numérisé non relu

Fondation d'nne nouvelle capitale

469. Rome, perdant chaque jour ce caractère de force et de grandeur que lui donnaient jadis les hommes et les institutions , avait cessé d'être la première ville de Tempire. Les princes Tavaient délaissée, et fixant leur résidence loin de ses murs, ils avaient saccessivement augmenté la distance qui les séparait de cette capitale déchue. Dioclétien avait porté sa cour à Milan, tandis que son collègue faisait briller la sienne à Nicomédie. Constantin montra encore plus d'éloignement pour Rome; il n'y fit que quelques apparitions d'un moment. Enfin , resté sans rival , il voulut que sa capitale fût le centre de ses vastes États : Tltalie n'était qu'une eitrémité ; l'Orient se présentait plus brillant ; il offrait Byzance placée sur le Bosphore , communiquant avec deux mers, s'ouvrant sar toutes les provinces. Constantin choisit cette ville, la fit rapidement agrandir, où pour mieux dire élever, lui donna le nom de Constantinople et y transporta le siège de l'empire. Abandonnant ritalie déshéritée, les grands, les dignitaires, les courtisans suivirent l'empereur au sein de la nouvelle capitale. Tout le luxe, toute la mollesse, toute la servilité de l'Orient parurent bientôt : le foule des valets de cour fut augmentée et remplit le palais ; les eunuques se montrent au milieu d'eux ; le grec devient la langue générale; les idées grandes, les souvenirs glorieux du passé n'avaient point suivi la cour sur le Bosphore ; ils étaient restés aux bords du Tibre, au fond de l'Italie, où, pour contraster avec ces souvenirs, Rome n'oflraif plu» qu'un sénat impuissant, exilé dans des murs presque déserts. Et cependant telle est la force de riiabitude ot d'une longue domination, qu6 les noms de Rome et d'Italie rcbi^'^.rent dans les lois comme entourés d'une faveur spéciale ; que leofs habitants conservèrent les droits particuliers qu'ils avaient jadis ; q;»e les immeubles situés dans ces lieux furent longtemps encore distincts des immeubles des autres provinces et rangés dans cette classe de biens nommés res mancipii; que les empereurs enfin, pour élever Constantinople, se bornèrent à lui accorder les privilèges de Rome.

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