Le christianisme devient la religion impériale
467. Nous avons présenté le christianisme s* étendant rapidement de snjets en sujets, de provinces en provinces ; les efforts rigoureux des empereurs n'avaient fait que redoubler son élan. Constantin changea de système. Soit par modération, soit p&r politique, soit par conviction : César dans les Gaules, il avait défendu les chrétiens contre les persécutions; vainqueur de Maxence et de TOccident, il leur avait accordé des faveurs; maître de tout Tempire, il proclama leur religion. Ce fut ainsi que sa protection pour eux s'accrut avec sa fortune. Quoiqu'il n'eût pas encore reçu le baptême, Constantin professa le christianisme: la plupart des grands, la plupart des sujets suivirent son exemple. Alors s'écroula tout le droit sacré de l'ancienne Rome, toute cette partie du droit politique qui s'y rattachait, et le peu qui dans le droit civil s'y liait encore. Alors disparurent de la coar les pontifes, les flamines, les vestales, remplacés par les prêtres, les évèques. Alors cette division des sujets, en chrétiens et en païens, ne s'effaça point ; mais, les rôles changeant, les chrétiens se trouvèrent sous la protection des lois et du gouvernement, tandis que les païens, déchus de leur rang, furent frappés de plusieurs peines et de plusieurs incapacités. A ces païens on joignit encore les hérétiques ; car déjà, au berceau de l'Eglise chrétienne, s'élevaient sur les croyances religieuses des discussions opiniâtres, causes perpétuelles de troubles et de discordes (1).
468. Dès ce moment l'influence du christianisme sur le droit, qui n'avait été jusqu'à ce jour qu'une influence indirecte, opérant par la propagation des idées, à l'insu même de ceux qui la subissaient, cette influence devient plus marquée. Elle agit avec aatorite. Quoiqu'elle n'amène pas une révolution dans les institutions publiques, ni surtout dans la législation privée, quoiqu'elle les accepte au point où elle les trouve, cependant, en beaucoop d'objets et notamment pour tous ceux qui se rattachent au culte,
(i) Ce fut pour apaiser cet troubles qu'eut lieu à Nicée, en 325, la première assemblée générale connue sous le nom de Concile : il s*y réunit trois cent dixhuit évêques, un grand nombre de prêtres; Tempereur y assista lui-même. Ob y condamna comme une hérésie les opinions d'Arins; mais on ne les éteigoit pas , et longtemps encore elles étaient destinées à diviser l'empire*
POKDATION D*UNB NOUVELLE CAPiTALB. 373
elle modifie seDsiblement les premières; et quant au droit privé, elle y jette un esprit et des tendances toutes nouvelles.