‹ Explication historique des Instituts de l'empereur Justinien (volume 3)Chapitre 149 sur 286 · SUPPRESSION DES FORMULES DE DROIT · texte numérisé non relu

SUPPRESSION DES FORMULES DE DROIT

toutes ces formules juridiques et consacrées dont Tempereur Constance prononce (an 1095 de R. — 342 de J. C.) Tabolitlon radicale dans tous les actes , les considérant comme des pîéges de syllabes tendus aux parties, a Juris formulée, aucupatione syllabarum imidiantes , cûnctorwn actibus radidtus ampur tentur (1) d ; tels sont les termes de la constitution. — On ne connaît pas bien Tétendue du changement qu'il opéra ainsi ; car déjà avant lui cette suppression avait été commencée. Ainsi déjà une constitution de Constantin II, an 339 de J. C, avait abrogé toute nécessité de formule sacramentelle dans les institutions d'héritiers» dans les legs et généralement dans les dispositions de dernière volonté (2). Le rescrit de Constance généralisa l'abrogation dans toute son étendue. Il s'applique, par ses termes, à toutes les formules du droit , dans tous les actes (juris formidœ, euncto^ mm actibus). Ce n'est pas que, dans beaucoup de cas encore, des paroles ne doivent être prononcées fin inscrites solennellement , comme, par exemple, pour le contrat verbis, mais ces paroles n'ont plus rien en elles-mêmes de sacramentel dans leurs termes ; de quelques expressions que les parties se soient servies pour rendre leur pensée, peu importe : c'est à cette pensée qu'on devra s'attacher pour régler la validité de l'acte et ses effets.

494!. Ce fut aussi Constance qui, ordonnant de fermer les temples du paganisme, punit de mort et de confiscation ceux qui célébreraient encore les sacrifices païens (3). Les hérétiques, les apostats, les juifs, les gentils, formaient alors des classes réprouvées, frappées d'incapacité et souvent de peines cruelles. D appartenait à la religion chrétienne d'être persécutée : ceux qui la rendireift persécutrice la méconnurent et se déshonorèrent. Mais qu'attendre d'un siècle où Constantin le Grand avait condamné à être brûlés les aruspices, les pontifes qui prédisent ravenîr, les magiciens qui, par leurs maléfices, jettent sur les hommes les calamités, la fureur et la mort? Qu'attendre de

(1) GoD., 2, 58, DeformuUs et impetrationilms actionum suèlatis. 1. Cette constitution est indiquée comme étant de Constantin , mais la date de Tannée (342) et l'indication du consulat démontrent qu'elle appartient à Constance.

(2) CoD., 6, 23, De testamentis, 15 const. Constantin IL — 6, 37, De legatisy 21 const. Constantin II.

(3) GoD., If il* De paganiSg et sacrifie, ^ 1 const. Const., an 342^

Constance, qui, quelques années plus tard , renouvela toutes les lois de son père contre ces criminels chimériques , qu'il nomme les ennemis communs (cammunis saluiis hostes)1 Parmi ces coupables étaient classés les mathématiciens ; mais on entendait par là ceux qui, à Taide des mathématiques, cherchaient à lire dans les astres et à fixer Favenir : non ceux qui étudiaient simpI^ ment la géométrie ; car Dioctétien et Maximien proclament cette science comme utile dans l'État (1).

A. de R. A. df /. G.

(1103 — 350.) Constance et Magnenge (Canstantius et

Magnentim M.). Gallus, César.

(1106 — 353.) Constance seul, Auguste. Gallus, César. (1108 — 355.) Constance seul, Auguste. Julien, César.

Ce fut à cette époque à peu près (an 360 de J. C.) que Constance établit à Constantinople un préfet de la ville comme il y en avait un à Rome. *

A. de R. A. de /. G.

(1114 — 361.) Julien (./ti/ianti^ A.).

4f95. Julien est un de ces grands hommes qui s'élèvent an milieu de l'histoire pour rompre la monotonie de ses narrations, soit que, simple César, il gouverne et repousse les Barbares de la Germanie, ou que, devenu Auguste, il apporte sur le trône la justice, la simplicité, honore les consuls, les magistrats, et balaye le palais de la foule de valets salariés qui Tencombraient; soit que, déposant un momeiit le sceptre et Tépée, il prenne la plume et transmette à la postérité ou des satires ingénieuses contre la mollesse et la corruption de ses sujets, ou des idées grandes de philosophie; soit que, pour venger l'honneur de l'empire, il s'enfonce audacieusement avec son armée dans des pays inconnus, et, brûlant ses vaisseaux pour ne laisser aux soldats d'autre ressource que la victoire , il aille chercher Sapor, ce terrible ennemi des Romains, jusque dans le cœur de ses Etats; soit que, trompé par un transfuge, promené longtemps dans les plaines désertes, il ramène son armée découragée, ranimant ses soldats affaiblis, leur distribuant ses provisions, supportant sans se plaindre et la

(i) GoD., 9, 18, De maleficns et mathematicis , 2 const. Dioclet. et Maxini'

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