Idée da droit penonnel et da droit réel
188. Sur cette définition, autant d'auteurs, presque autant d*idées.
Faisant un moment abstraction des traditions romaines, pour avoir recours au p'ur raisonnement philosophique, voici la notion que nous croyons pouvoir en donner :
Il n*existe de droit que de pei*sonne à personne ; tout droit a donc nécessairement un sujet actif, et un ou plusieurs sujets passifs; lesquels, soit actifs, soit passifs, ne peuvent être que des personnes. Sous ce rapport, tout droit est donc personnel.
Tout droit , outre le sujet actif et le sujet passif, a de plus et nécessairement un objet, lequel, dans sa plus grande généralité, est désigné sous le nom de c^ose. Tout droit a donc une chose pour objet ; et, sous ce rapport, tout droit est réel.
Ainsi, tout droit, sans exception, est à la fois personnel, quant à son sujet tant actif que passif; et réel, quant à son objet.
189. Mais la manière dont peuvent figurer et fonctionner dans le droit, soit les personnes en qualité de sujet actif ou passif, soit les choses en qualité d*ob]et, présente deux nuances bien distinctes.
Tout droit, en définitive, si Ton veut aller au fond des choses, se résume en la faculté pour le sujet actif d*exiger du sujet passif quelque chose : or, la seule chose qu'il soit possible d'exiger immédiatement -d'une personne, c'est qu'elle fasse ou qu'elle s'abstienne de faire, c'est-à-dire une action ou une inaction. C'est à cela véritablement que se réduit tout droit. Cette nécessité, pour le sujet passif, de faire ou de s'abstenir, est ce qu'on nomme dans la langue juridique, une obligation. Tout droit, en définitive et sans exception, si l'on veut aller au fond des choses, consiste donc en des obligations.