‹ Explication historique des Instituts de l'empereur Justinien (volume 3)Chapitre 33 sur 286 · I«'. JUSQU'AUX LOIS DES DOUZE TABLES · texte numérisé non relu

I«'. JUSQU'AUX LOIS DES DOUZE TABLES

93. Plusieurs puissances distinctes, à moins d'une harmonique fusion, ne peuvent dans un même Etat exister ensemble sans être rivales, c'est-à-dire ennemies Tune de Tautre. Sont-elles trois? deux se réunissent pour détruire la troisième. Ne sont-elles que deux? les dissensions n'en sont que plus vives. Rome nous en offre un exemple. Des trois corps politiques que nous avons comptés dans le gouvernement* il ne reste que les patriciens et les plébéiens. Ils se sont unis pour renverser les rois, et maintenant va commencer entre eux cette lutte continue dans laquelle, les patriciens se trouvant en possession de tous les honneurs, de tous les privilèges, de toutes les dignités, les plébéiens arracheront successivement leur part dans les honneurs, dans les privilèges, dans les dignités : lutte qui commence à Taffrancbissement des deux ordres hors de l'autorité royale, et qui se terminera par leur asservissement sous le despotisme impérial.

(An 245.) On pourrait croire au premier abord que le gouvernement n'a subi dans cette secousse qu'un changement bien léger. Point d'innovation apparente dans les comices, dans le Sénat, dans l'administration ; l'autorité royale est seulement remise à deux consuls élus comme les rois par le peuple, et dont le pouvoir ne doit durer qu'une année. Mais la position des chefs, l'esprit des citoyens, sont totalement changés, et delà dépendent tous les événements qui suivront. A en croire ce que rapporte Tite-Live, Servius lui-même aurait eu le projet d'abdiquer la royauté pour établir cette forme de gouvernement consulaire, et ce serait d'après les mémoires qu'il en aurait laissés que h

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