Préteur (prœior
160. (An 387.) Le nom de prœtor, dérivé de prœ ire, en usage dans le Latium pour désigner le premier, le principal magistrat de la cité , paraît avoir été quelquefois employé , même anciennement, chez les Romains, comme qualification honorifique des consuls. C'est ainsi qu'on le rencontre dans les historiens pour les temps qui se réfèrent aux Douze Tables, et à l'occasion des fondions consulaires de la juridiction (3); mais, à Tépoque qui nous occupe, ce mot devient le titre exclusif d'une magistrature spéciale. Le Sénat détacha des attributions des consuls tout ce qui concernait la juridiction, avec les pouvoirs qui en dépendaient, et il en investit un magistrat patricien spécial sous le titre, désormais particulier, de préteur, qualifié de prœtor urhanus, parce que ses fonctions étaient liniitées à la ville de Rome : a Quiurbanus appellatus est, dit Pomponius, quodin urbejus redderet. »
11 n'y eut d'abord qu'un seul préteur ; il était nommé par les centuries et devait être patricien. La préture devint la seconde dignité de la république. Le magistrat qui en était revêtu marchait
(i) FL0Rus,liv. i, §26.
(2) TiTE-LiVE , liv. 6 , § 42 : K Quam tamen per dictatorem conditionibus sedatœ discordiœ sunt, concessumqiie a nobilitate plebi de consule plebeio; a plebe nobiiitati de prœtore udo , qui jus in urbe diceret, ex Patribus creando. »
(3) Voir notamment ci-dessus, page 106, note 2, et page 122, Table XII , fragment 3.
150 HISTOIRE. DEUXIÈME ÉrOQOE. LA RÉPUBLIQUE, § II.
précédé de licteurs ; il était le collègue des consah , quelquefois même les écrivains lui en donnent le titre , en ce sens que pendant Fabsencç des consuls , et tandis que ceux-ci conduisaient les armées, le prétear les suppléait h Rome. Alors c'était lui qui convoquait le Sénat et le présidait, qui assemblait les comices et présentait les projets de loi. Nous verrons sa puissance se développer et fine 9orte de pouvoir législatif s'arrêter sur lui (1).