MOEURS ET COUTUMES
219. Parmi les premières coutumes de Rome, celles qui se liaient le plus intimement au droit sont maintenant presque toutes transformées en lois. Il est cependant d'autres usages qui méritent de fixer notre attention , parce qu'ils servent à peindre l'époque actuelle. Les généraux se dévouent pour la république, afin de dévouer avec eux les légions et les auxiliaires ennemis (1). Les dictateurs quittent l'épée pour la charrue et le commandement de leur armée pour la culture de leur champ. Les consuls reçoivent les envoyés des peuples ennemis assis à une table rustique^ couverte de vases d'argile. Des lois somptuaires et, mieux que tout cela , l'opinion publique, flétrissent le luxe : et quel luxe? un consulaire est noté par le censeur parce qu'il possède en vaisselle
(1) TiTE-LiVE, liv. 8, §9 : « Deorum ope opus est. Agedum, pontifex publicus Populi Romani , prœi verba , quibus me pro legionibus devoveam ; * et sons la direction du grand pontife il prononce la formule consacrée , dont les termes nous sont transmis par Tite-Live.
SOUMISSION TOTALE DE l'ITALIE. 189
d'argent le poids de dix livres ; la pourpre parait à peine sur la robe des magistrats ; mais cette robe, la prétexte (1)» ne peut être portée par les simples citoyens , et la robe des citoyens , la toge, ne peut être portée ni parles esclaves ni par les étrangers. L'hospitalité s'exerce dans toute sa simplicité. Partout enfin se voieni encore la force et la pauvreté. Mais ce que nous avons dit pour le droit civil, nous pouvons le dire aussi pour les mœurs : nous sonames sur la limite , elles vont commencer à s'évanouir progressivement. Déjà les richesses de Tarente et de l'Italie préparent ce changement; d'un autre côté, la décadencedu patriciat, l'élévation des plébéiens, effacent quelques coutumes anciennes; la clientèle s'affaiblit et s'éteint , les liens qu'elle produisait perdent de leur énergie et de leur utilité ; une infinité de plébéiens se suffisent à eux-mêmes : nouveaux venus , ils ne sont plus attachés nécessairement , comme dans l'origine de Rome , à un patron ; les grands prendront bientôt pour leurs clients, à défaut de citoyens, des villes alliées et des provinces entières.
§ m. A PARTIR DE LA SOUMISSION TOTALE DE L'ITALIE