Prêteur pérégrin {prœhf peregrinus
223. (An 488.) Une fois l'Italie attachée à Rome, les relations commerciales s'étendirent; alors affluèrent dans la ville une multitude d'étrangers : ils y venaient comme dans leur métropole
fliereer les arts opécapiqii^g et les prpfessiona mercaiitila» (|Me le eitoyofi dédaignait; ils apportaient avec en de nouveaui^ objets, de Qouveau} besoins, de nauveaiiai epntratp, de nouYelle» jsontes^ UtioQs» Cest h cette époque qu'il faut rapporter, sans aneun doute, une magistrature nouvelle , celle du préteur des étrangers {prœtor perêgrinuê). L'époque de sa oréation sa place, sur le témoipage d'un passage de I^ydus, i^ V^n 507 de Rome (1), Il avait la juridiction dans les rapports des étrangers entre eux ou avec les Rpmains (pleruMgue inter peregrina^ juê dioehat/ tnier cives et peregrtno^ juê dicehat). U appliquait h ces Mrangers nsB les règles du droit civil , e'est-à-dire du droit propre aui seuls citoyens, mais celles du droit des gens, o^est*-à^ire dn droit applicable à tous les bommes.
La dignité du préteur urbain était honorifiquement supérieure à celle du préteur des étrangers; ainsi le préteur urbain av^it des licteurs, tandis que Tautre n'en avait pas (2); mais ils pouvaient, au besoin , se suppléer l'un l'autre.
223. (De 490 à 608.) L'Italie soumise, les armes romaines se portèrent au dehors. Quelle était alors la situation des autres cpntréesî En Europe : dans le nord, les Gaules et la Germanie à peu près inconnues ; dans les alentours de l'Italie , nUyf ie 9ax habitants indigènes, la Sioile aux Carthaginois et aux rois de Syracuse, la Sardaigne et les iles de la MéditevraBée pour la plupart aux Carthaginois; la Macédoine aux successeurs d* Alexandre ; la Grèce, dont les villes formaient une espèce de ligae; enfin, d^un autre côté, l'Espagne aux Carthaginois sur le littoral , dans l'intérieur des terres aux indigènes. Kn Afrique :
(i) LvDu^, ihmaffy^i, if § '^•
(2) G'esi pi>stérieoreineiit à la cvéation à^pfHBtar peregritw^ que Pomponhia place celle de quelques autres magistratures, telles que i les tribuos du trésor {trièvni œtmi)^ préposés à la comptabilité sous la surfeillance des questeurs; les triumvirs dee monnaies (triummri man^miu)^ chargés de faire battre les averses pièoes de euivre, d>r ou d'argent (œriê, ar^ÊnH, muri^flatam); les triumvirs capitaux {triunwiri capitales) y qui devaient surveiller les prisons {qui earwnt eustodiam kaiiereni) et qui avaieat peut-être aussi quelque juridiction ertmiodle; enfin les cinq officiers (quktquevipi ) crééË pour remplacer « parleur Kurveillanee pendant la nuit y lea magistrats qui , après le coucher du soleil , ne paraissaient plui en pubUc revêtus du caractère ié letar dignité (Dia*) 1 , S, Ae orig,jur,, 2, §§ 30 et 31 f, Ptemp.).
les Carthaginois , les Numides, les Égyptiens. En Asie : Tempire d'Alexandre, distribué de nouveau en divers royaumes. Sur ce tableaii il est aisé de voir que les Carthaginois , ayant le pouvoir le plus étendu parmi les nations d'alors , touchant à l'Italie par divers points, durent s'offrir les premiers pour rivaux. Le roi de Syracuse implore contre Carthage le secours des Romains; ces derniers saisissent l'occasion, la lutte commence en Sicile. Elle embrasse l'espace de plus d'un siècle, et ne cesse <|u'à la ruine de Carthage. Les années de repos que se laissèrent les deux villes ennemies décomposent cette lutte en trois guerres puniques (1). De nouveaux spectacles apparaissent dans l'histoire des Romains; les noms de flottes , de vaisseaux , de tempêtes , de naufrages , se mêlent au récit de leurs défaites et de leurs victoires. L'issue de
(i) La première guerre punique comprend depuis Tannée 490 jusqu'à 513. Ce fut alors que Régulus conduisit les légions auprès de Carthage, où elles forent détruites par Xanthippe, général emprunté à Lacédémone. La fermeté magnanime du Romain prisonnier, et député vers Rome, sera longtemps citée ponr exemple. La guerre fut terminée, après vingt-quatre ans, par un combat naval où les Carthaginois perdirent plus de cent vaisseaux , et à la suite duquel ils accédèrent aux conditions qu'imposaient les Romains.
Entre la première et la deuxième guerre punique il y eut un intervalle de vingt-trois années, pendant lequel une grande partie de Tlllpie fut soumise, et les Gaulois apparus de nouveau à quelques journées de Rome furent de nouveau taillés en pièces.
La deuxième guerre punique commence en 536 , et se termine en 558. Le passage d'Annihal à travers l'Espagne et la Gaule pour descendre tout à coup sur l'Italie , les funestes échecs éprouvés par les Romains jusqu'à la bataille de Cannes, l'apparition de généraux tels que Scipion le premier Africain, la diversion qu'il opère en se transportant en Afrique : tout cela jette sur ce passage de l'histoire romaine une vivacité et un intérêt toujours croissants. La guerre se termina par la bataille de Zama , où luttait Annibal contre Scipion ; ce dernier fut vainqueur, et Carthage reçut de Rome un traité plus dur encore que celui dont elle avait voulu secouer le joug.
Cinquante et un ans s'écoulèrent entre la deuxième et la troisième gaerre punique ; pendant ce temps s'élevèrent la première et la deuxième guerre macédonique , dans lesquelles furent vaincus : Philippe dans la première , son fils Persée dans la seconde.
La troisième guerre punique s'alluma en 604, et s'éteignit en 608 par la ruine et la destruction de Carthage sous les coups de Scipion , petit-fils du premier Africain , et surnommé le deuxième Africain. La même année se termina aussi la troisième guerre macédonique ; Corinthe fut détruite dans la Grèce, Numance en Espagne , et l'Asie Mineure fut en partie subjuguée.
ÉTABU8SEIIENT DES PROVINCES. 193
chacune des trois guerres puniques leur fut avantageuse : ils ne posent les armes que lorsqu'ils peuvent dicter les conditions. La première guerre leur laissa la Sicile; la seconde, la Sicile, la Sardaigne et FEspagne; la troisième, la Sicile, la Sardaigne, l'Espagne et les possessions de Carthage en Afrique. Dans Tintervalle qui sépare les guerres puniques, tandis que les Carthaginois se reposaient, les Romains avaient repoussé les Gaulois, pris la Gaule cisalpine, soumis riUyrie jusqu'au Danube, paru dans la Grèce. A côté des trois guerres puniques, se présentent comme des épisodes les trois guerres macédoniques , qui finissent par abandonner aux Romains la Macédoine , contre laquelle ils avaient pris les armes , et la Grèce , pour laquelle ils les avaient prises ; en6n, les guerres en Asie contre Antiochus leur donnent l'Asie Mineure, à laquelle touche la Grèce. Toutes ces conquêtes s'achevèrent dans la même année : alors il ne resta plus de libres du joug romain que les contrées les plus éloignées et les moins connues, les Gaules transalpines, la Germanie, l'Egypte, tout le Fond de l'Asie, les Thraces, les Parthes, les Indiens.
224. Dans cet espace de plus d'un siècle, rempli par les guerres que Rome soutient pour étendre sa domination, quelques institutions relatives au droit sont à remarquer : l'établissement des provinces, l'augmentation du nombre des préteurs, la création des proconsuls et des propréteurs, quelques autres magistrats, les consultations publiques des prudents, enfin l'abo* lition des actions de la loi.