Etablissement dés provinces
225. Quelques-uns des pays nouveaux furent attachés au sys-* tème politique de Rome par des traités d'alliance, mais la plupart furent réduits à la qualité de provinces (1) ; de ce nombre sont la Sicile (A. de R. 513), la Sardaigne (A. 526), la Gaule cisalpine, rUlyrie, l'Espagne, l'Afrique carthaginoise (A. 608). Les provinces furent enchaînées sous la domination directe de Rome,
(1) Fbstus , dans son abréviateur Paul, au mot Provinciœ : • Provinciflk appellantur, qaod populus Romanus eas provicit, id est aote vicit. « A cette étjmologie tant soit peu équivoque, Niebuhr ea substitue une autre qui ne Test pas moins. Il fait venir le mot de proventuSf k cause du tribut ou revenu tire des provinces.
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gouvernées par des magistrats romains, suivant la loi, plébiscite ou sénatus-consulte , qui avait réglé leur état (formula pravin" ciœ), Cétait un principe du droit de conquête chez les Romains, que la propriété du sol provincial , même pour la portion dont on laissait la jouissance aux anciens détenteurs, passait au peuple romain. Les détenteurs en étaient donc , non pas des propriétaires, mais seulement des possesseurs ; et pour prix de cette possession qui leur était laissée , comme droit de ce domaine supérieur retenu en principe par TÉtat , le sol était soumis à une redevance ou sorte de tribut annuel (vectigal). Outre cet impôt foncier résultant de la condition du sol provincial , les habitants étaient assujettis à un impôt personnel à répartir entre eux. Ils étaient, non pas des citoyens, mais des sujets, des tributaires,
226. Du reste, il y avait entre les diverses provinces des différences, suivant la loi accordée à chacune d'elles. 11 y en avait aussi, toujours suivant les concessions plus ou moins favorables, entre les villes ou les localités d'une même province. Des colonies, soit romaines, soit latines, y furent fondées; des villes libres y furent reconnues, érigées en municipes, se gouvernant ellesmêmes, avec une participation plus ou moins large, soit pour les habitants , soit pour le territoire , aux droits de cité romaine ; des préfectures, dans lesquelles la justice était administrée par un préfet envoyé de Rome. Il faut se reporter pour ces conditions des cités à ce que nous avons dit ci-dessus, n"" 186 et suiv. Tout sol qui avait reçu le privilège de la propriété quiritaire (domtniuin eœjure Quiritium) échappait par cela même à la condition du sol provincial ; les propriétaires en avaient une véritable propriété et pouvaient en disposer suivant la loi romaine, d'où la conséquence qu'ils n'étaient pas assujettis au vectigal ou redevance annuelle assise sur le sol provincial.
Toute la province était sans doute sous la surveillance générale du gouverneur romain ; mais tandis que les colonies, villes libres ou municipes, s'administraient elles-mêmes, les villes et toutes les localités sujettes étaient sous son autorité.