‹ Explication historique des Instituts de l'empereur JustinienChapitre 16 sur 206 · INSTITUTS, EN GENERAL. ] I · texte numérisé non relu

INSTITUTS, EN GENERAL. ] I

parmi les monuments du droit (1). Depuis, le nombre des commentaires sur les Instituts a été tellement en augmentant, que plusieurs chameaux ne suffiraient pas à les porter, comme le disait plaisamment Eunapius en parlant des écrits des jurisconsultes romains; aussi, en 1701, avait-on publié un ouvrage sous ce titre : De la déplorable multitude des commentaires sur les Instituts.

Pour mon compte, je suis venu ajouter quelques nouveaux volumes à la charge du chameau ; si l'on me demande raison de cet acte, comme d'une inconséquence, je répondrai que, par suite de l'établissement de notre législation nationale, et aussi des nouvelles découvertes de textes, l'enseignement du droit romain m'a paru devoir subir en France une transformation complète. Nous ne devons plus l'étudier scolastiquement, mais historiquement. Il est entré pour nous dans le domaine de la science historique.

Les Instituts en général, comme ouvrages élémentaires, présentant une division plus méthodique, une exposition plus simple, des explications courtes et nettes sur l'ensemble du droit, sont bons à former la base de cette étude. Mais étudier les Instituts de Justinien isolés et comme loi (seule chose qu'on ait faite dans les innombrables commentaires antérieurs à notre époque), ce serait pour nous un contre-sens et une peine misérable.

Les Instituts de Justinien ne peuvent plus être séparés des Instituts de Gaius : dans ceux-ci nous trouvons la nationalité f V actualité du temps de Marc-Aurèle ; dans les autres, la nationalité, Y actualité du temps de Justinien; puis, en remplissant les intervalles qui les ont précédés ou qui les séparent, par les débris des monuments législatifs parvenus jusqu'à nous, il nous devient possible de reconstituer, dans ses divers âges, la vieille société romaine.

L'intelligence véritable de l'histoire, de la littérature, et de la législation de ce peuple qui se nomma le peuple-roi, est au fond de ces études. Et pour nous, jurisconsultes, il y a aussi, en continuant la succession historique, quelque chose de plus important à dévoiler : la génération de notre droit civil actuel.

(1) Publié avec une traduction latine en regard, notamment par Fabrot. Paris, 1638, in-4°; par Reitz, La Haye, 1751, 2 tomes in-4°. J'en recommande la lecture. M. Frégier a donné, en 1847, une traduction française de la paraphrase de Théophile, précédée d'une Introduction, où il résume les opinions émises sur ce jurisconsulte, et d'une Dissertation, où il établit l'identité de l'auteur de la paraphrase et du rédacteur des Instituts.

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