DES SACREMENTS EN GÉNÉRAL
Jf'n6 C6?Ue ^Chri¥ est ™rt Pour tous les hommes, s'ensuit-il que tous les hommes seront sauvés ? — R. Non.
Explication. - Jésus-Christ étant mort pour tous les hommes, il semblerait que tous les hommes dussent être sauvés. Cependant il n'en est point ainsi. Ceux-là seulement sont sauvés et vont au ciel, qui ont profité sur la terre de la mort de Jésus-Christ, qui ont été justifiés et réconciliés avec Dieu par la grâce sanctifiante. Ce divin Sauveur nous a acquis l'héritage céleste par sa mort et par l'effusion de son sang, mais à condition que nous nous en rendrons m. t
dignes par nos bonnes œuvres. Or, il est impossible de faire, la grâce, des œuvres bonnes et méritoires ; il est â
pour nous de la plus haute importance de connaître quels Les moyens qu'il a plu à Jésus-Christ d'instituer pour
nous la procurer. Ces moyens sont, comme nous l'avons
déjà dit, les sacrements et la prière.
D. r/où vient le nom de sacrement ? — R. Ce nom vient de saint ou sacre'.
EXHICATION. — Sacrement, sacramentum, vient de sacer, sacré ou saint. De toutes les acceptions que donnent à ce mot les auteurs sacrés, ecclésiastiques ou profanes, il n'en est aucune oui irait quelque rapport avec la religion. Il se prend, chez les auteurs profanes : 1° pour une somme d'argent que Les plaideurs déposaient dans les lieux sacrés pour être donnée à celui qui gagnait son procès (I). 2° Pour le serment en général, et particulièrement pour celui que les soldats prêtaient entre les mains de leurs capitaines (2). 3" Pour une chose cachée, soit sainte, soit profane, et pour le si-ne de cette chose (3). 4° Dans l'Écriture et les auteurs ecclésiastiques, le nom de sacrement se prend pour une chose sainte et sacrée et considérée en elle-même, ou pour un signe sacré qui signifie et qui donne une sorte de sainteté (4) ; c'est en ce dernier sens que nous prenons ici le mot de sacrement.
m Vov sacramentum pro pignore pecuniario sumitur, quod lisantes oinlocosaci^ dcponereot, ca condition?, ut, qui vinceret judicio,
.i ind'2 resumeret; victus v,ro suam apud pontificsm re.in-
aueret œrario sacro cesswam. Enimvero toc pecunia inloco sur itâ kgnutri bon* fidei eonstituebatur, qna uterque Utem alferi mten- ,:, eratcme proinde sigmiifl reîigiosum. iVarro, lib. iv, De Ungua 'r, apud Statiier : Tract, de sacrameniis, p. 8.) [3 Juramentum militum sese miittiae adstringeutium sacramentum aïfcëîîatûr. JEniinVero etiam bec reisàcrœ, id est, sincerœ fidei ac propositi fide!itatis,sigimm adhibe-bainr. [T. Livius, lib. m, apud Statuer, Tract, de sacrarn.. p. 8.)
14) Sacramentum hoc magnum est, ego autem dico in Christo et in
un
D. Les sacrements sont-Us nécessaires ? — R. Oui, les sacrements sont nécessaires.
Explication — Dieu aurait pu sauver les hommes par îe infinité de moyens qu'il connaît et qu'il tient renfermés dans les trésors de sa sagesse; il aurait pu, par conséquent, les sauver sans instituer pour cela des sacrements. Mais, si Ton fait attention aux douces lois de la Providence, on doit dire que les sacrements sont nécessaires, d'une néjjfté de convenance; ou bien, ce qui est la même chose, îoit dire qu'il était convenable que Dieu établit des sarneats, et cela pour plusieurs raisons dont la principale ire de la nature même et de la condition de l'homme, qui ne s'élève aux choses spirituelles que par le moyen des choses visibles et corporelles.
D. Y a-t-il eu des sacrements dans fêtât d'innocence ? — R. Non .
■ Explication. — Il n'y a point eu de sacrements dans l'état d'jnnocence. 1° Il n'en est parlé ni dans l'Écriture ni dans la tradition. 2° Dans cet état, les sacrements n'étaient nécessaires ni pour recevoir la grâce sanctifiante, puisque Dieu la donna immédiatement par lui-même à nos premiers parents, ni pour la conserver ou pour l'augmenter, l'homme innocent et exempt de tentations pouvant la conserver et l'augmenter sans le secours des choses sensibles, et en se tournant vers Dieu comme les bons anges ; ni pour la recouvrer, puisque, aussitôt que l'homme fut pécheur, il ûl cesser l'état d'innocence. —Cependant, si l'on prend le nom de sacrement dans le sens le plus étendu, l'on peut dire, avec saint Augustin, qu'il y eut, dans l'état d'innocence, un sacrement : l'abstinence du fruit défendu, laquelle était le signe de la soumission que la créature devait à son Créateur, signe institué par Dieu lui-même, puisque l'abstinence dont
Kcclcsia. (Ephcs., v, 32.) - Sacramcntum sr-picm stcllarum, quas ** disti m dextera mca. (Apoc, F, «M ~ Et manifeste ma»num est pieîatis sacramentum, quod manifestatum est in carne. (I Km., m, 16.)
il s'agit n'avait point, de sa nature, la signification qu'elle avait dans la réalité (1).
D. Y eut-il des sacrements sous la loi de nature? — R. Oui, i1 y eut des sacrements dans l'état de la loi de nature.
Explication. — Comme nous l'avons déjà dit, on appelle état de la loi de nature tout le temps qui s'est écoulé der le péché d'Adam jusqu'à la loi donnée aux Juifs par le ministère de Moïse. L* foi ne nous apprend rien par rapport a l'exigence des sacrements sous cette loi ; mais on regarde comme probable qu'il y en avait, tant pour la rémission du péché originel que pour celle des péchés actuels ; autrement, Dieu aurait laissé les hommes sans moyens de se sauver, ce qui ne parait conforme ni à sa bonté ni à la douceur de .a Providence. Mais quelle était la nature et le nombre de ces sacrements? c'est ce qu'on ignore. Ils consistaient, selon un crrand nombre de théologiens, dans certains signes extérieurs accompa-nés de prières par lesquelles on professait la foi que l'on avait au futur Messie. « Personne, dit saint « Augustin, n'a été, n'est, ni ne sera délivré de la masse « de perdition, que par la grâce du Rédempteur. Mais, ayant « Abraham, les justes ouleurs enfants recevaient-ils quelque « cacrement corporel et sensible ? l'Écriture garde le silence « sur ce point. Cependant, ajoute-t-il, tout porte à croire « au'avant la circoncision, les serviteurs de Dieu qui avaient « foi dans le Médiateur promis sont venus, par quelque sa- « crement divinement institué, au secours de leurs eniants, a quoique les livres saints nous laissent ignorer en quoi « consistait ce sacrement (2). »
»1 Nec <ine mystères rerum spiritualium corporaliter praesentatis yoluit Deu. homin.m in paradiso vivere. Erat ei ergo in ^ca*;™ alimentum, in illo antem sacramentum. (S. Aug., lib. vu, De Gen., apud Stattkr. De saeramentiss p- 10») , ... ,„„ 0,lf
( ) Nemo prorsos a perdition* massa liberatus est aut lib ratur aut liberabitur, nisi aratia Redemptoris. Et ante Abraham quidem utrum aïquo corporaliet visibili sacramcnto justi, vel eorum paryuh signarentur, Scripturanon exprimit. (S. Aug., De peccato ong.,c*£ xxix) -Videocredendumest, ante circumcisionem famulos Dei, quan-
D. Y a-t-il eu des sacrements sous la loi mosaïque? — R. Oui, il y en a eu plusieurs.
Explication. — On peut réduire à trois espèces les sacrements de la loi mosaïque : 1° ceux qui mettaient les hommes en état d'honorer Dieu, comme la consécration des prêtres et la circoncision ; 2° ceux qui consistaient dans l'usage des choses appartenant au culte de Dieu, comme la manducation de l'agneau pascal et celle des pains de proposition; 3° ceux qui levaient les obstacles à l'exercice du culte divin : telles étaient les expiations et les purifications. — Ces divers sacrements, institués par Dieu lui-même, avaient la vertu de produire, dans ceux qui les recevaient, la sainteté exté* rieure et légale ; ils produisaient même, selon un grana nombre de théologiens, la sainteté intérieure, mais d'une manière purement passive : c'est-à-dire que Dieu, à la présence du sacrement, accordait quelque degré de grâce et de sainteté à ceux qui le recevaient, ou qu'il augmentait leur foi, leur charité, leur contrition (1).
D. Comment définit-on les sacrements de la loi évangélique? — R. Les sacrements de la loi évangélique sont des signes sensibles institués par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour nous sanctifier.
Explication. — C'est Nutre-Seigneur Jésus-Christ qui a institué les sacrements, dont il a confié l'administration à son Église; c'est lui qui, en qualité d'Homme-Dieu et de médiateur entre Dieu et les hommes, a attaché à certains signes sensibles la vertu de produire la grâce parles mérites de sa mort. Il les a institués pour nous sanctifier; il en a fait, dans son Église, des fontaines publiques où nous devons puiser avec joie cette eau salutaire qui rejaillit jusque dans la vie éternelle. Sa passion et sa mort sont comme
doquidem eis incrat Mediatoris in carne venturi fides, nullo sacramento ejusopitulatos fuisse parvulis suis, quamvis quid illud esset... Scriptura sacra latere nos voluit. (S. Aug., lib. v, contra Julianum, cap. v, apud statuer, p. 12.) (1) Dict. des sciences ccclésiast., art. Sacrements, t. xxi, p. 339.
un vaste réservoir rempli des eaux de la grâce, c'est-à-dire des moyens nécessaires au salut, et les sacrements sont les canaux par lesquels cette grâce coule dans les âmes. Ainsi Ton peut dire qu'il n'y a rien de plus grand dans l'Église que les sacrements, et qu'ils contiennent ce qu'il y a de plus excellent dans la religion. Il n'y a rien aussi de plus nécessaire, puisque c'est par eux que nous sont appliquée les mérites de Jésus-Christ, sans lesquels il n'y a point de salut à espérer. — Il est de foi que Jésus-Christ est l'auteur de tous les sacrements de la loi évangélique, et que par conséquent il les a institués tous au moins immédiatement, c'est-à-dire qu'il a au moins déterminé le genre de la matière et de la forme de chaque sacrement ; ou, en d'autres termes, qu'il a ordonné, au moins en général, à ses apôtres, de se servir de signes et de paroles propres à exprimer l'effet des sacrements. Il est encore de foi que Jésus-Christ a institué immédiatement quelques sacrements de la nouvelle loi, et qu'il en a déterminé en particulier la matière et la forme : tels sont le baptême et l'eucharistie. Mais il n'est pas également de foi que Jésus-Christ ait institué immédiatement les autres sacrements, en déterminant en particulier la matière et la forme de chacun. Plusieurs théologiens le nient ; le sentiment de ceux qui soutiennent le contraire nous paraît plus conforme à la décision du concile de Trente, qui déclare que l'Église ne peut rien dans la substance des sacrements (1).
= D. Combien y a-t-i\ tk sacrements ? — II. Il y a sept sacrements,, qui sont : le baptême, la confirmation, l'eucharistie, la pénitence, l'extrême-onction, Tordre et le mariage.
Explication. — D'après les témoignages positifs de l'Écriture, l'autorité de la tradition et de la décision des conciles, l'Église catholique reconnaît sept sacrements. Mais pourquoi n'en comptons-nous que sept, ni plus ni moins? «En voici,
(1) Conc. Trid., sess. xxi, cap. il.
dit. îe Catéchisme du concile de Trente, une raison assez plausible, tirée des rapports entre la vie naturelle et ia vie spirituelle : sept choses sont nécessaires à l'homme pour vivre, pour conserver sa vie et pour l'employer utilement, tant pour lui-même que pour la société. Il faut qu'il naisse ; qu'il croisse, qu'il se nourrisse; qu'il emploie des remèdes pour se guérir, s'il tombe dans quelque maladie; qu'il répare ses forces quand elles ont été affaiblies ; qu'il y ait des magistrats investis de l'autorité nécessaire pour procurer le bien public, en gouvernant tout le monde, et enfin qu'il se ; perpétue lui-même et perpétue le genre humain par la gé- ' nération légitime des enfants. Toutes ces choses peuvent s'appliquer bien facilement à la vie spirituelle, qui consiste dans l'union de nos âmes avec Dieu, et nous font comprendre en même temps la raison du nombre des sacrements. Le baptême, qui est le premier et comme la porte des autres, nous fait naître en Jésus-Christ. La confirmation augmente en nous la vie de la grâce et nous fortifie par sa vertu. L'eucharistie est une nourriture toute céleste qui soutient notre âme. La pénitence rend la santé à nos âmes, quand elles ont été blessées par le péché. L'extrême-onction efface les restes de nos péchés et renouvelle les forces de l'âme. L'ordre perpétue dans l'Église le ministère des sacrements, en donnant à ceux qui le reçoivent le pouvoir de les administrer et d'exercer toutes les autres fonctions du culte. Enfin , le mariage a été institué pour sanctifier l'union de l'homme avec la femme, nécessaire à la conservation du genre humain (1).
D. L'Église grecque est-elle d'accord avec l'Église romaine sur le nombre des sacrements ? — R. Oui, l'Église grecque est d'accord avec l'Église romaine sur le nombre des sacrements.
Explication. — Le P. Morin, dans son Traité de la pénitence et dans celui de l'ordre, a démontré, jusqu'à l'évi-
(1) Catéchisme du concile de Trente, traduction de Mgr Doney évêque de Montauban, tome i, p, 185. '
dence, que, dans l'Église orientale comme dans l'Église occidentale, on avait toujours admis sept sacrements.
Siméon, archevêque de Thessalonique, qui floiissait au commencement du xve siècle, dit en termes formels, dans son Traité des sept sacrements : a 11 y a sept dons du Saint-» Esprit, comme dit Isaïe, et sept sacrements de l'Église qui sont opérés par le Saint-Esprit; ce sont : le baptême, le chrême, la communion, l'ordre, le mariage, la pénitence et l'huile sainte (1). » Il entre ensuite dans quelques détails sur chacun d'eux, et leur attribue les mêmes effets que nous.
Au xvie siècle, les protestants osèrent avancer que les Grecs et les autres sectes de chrétiens orientaux n'admettaient, comme eux, que quelques sacrements, et non pas sept (2). Le cardinal de Guise adressa à ce sujet, aux Grecs schismatiques, douze questions, dont voici la dernière : « Combien y a-t-il de sacrements, et quels sont-ils? » La réponse fut celle-ci : « Il y a sept sacrements, qui sont : le baptême, l'onction, la communion, l'imposition des mains, le mariage, la pénitence et l'huile sainte (3). »
En 1704, l'auteur des Voyages liturgiques adressa plusieurs questions sur la liturgie de l'Église d'Orient à M. Philippe Guailan, prêtre syrien; parmi ces questions se trouve ' celle-ci : « Combien les Orientaux croient-ils de sacrements ? — R. Tant les schismatiques que les catholiques, ils en admettent sept (4). »
(1) Septem sunt dona Spiritus Sancti, ut Isaias dicit, et septem sacramenta Ecclesiœ, quorum opTatio fit per Spirituni Sanctum; Laec autem sunt; baptismus, chrisma, communio, ordo, ruatrimonium, pœnitentia, et sacrum oleum. (Symeonis The?salonic. archiep. testimonium ex opère ipsius De septem Ecclesiœ sacramentis, apud Em. Schelstrate, Acia oriental i s Ecclesiœ, contra Lutheri hœresim, 1 vol. in-f°, p. 125.
(2) Nous avons dit dans le tome I que les protestants étaient loin de s'accorder entre eux sur le nombre des sacrements : les uns en admetten seulement deux, d'autres en admettent trois, etc.
(3) Quaestio xn. Quot et quaenam sunt sacramenta ? Respomio. sunt omnino septem, nimirtim baptismus, unctio, communio, matrimonium, manuum impositio, conjugium, pœnitentia et oleum sacrum. (Acta oriental is Ecclesiœ, p. 130.)
(4) Voyages liturgiques de F ronce A par de Moléon, p. 458.
Les Grecs schismatiques modernes professent absolument la même doctrine. Voici, en effet, ce que nous lisons dans Y Abrégé de théologie composé par l'archimandrite (1) Hyacinthe Karpinski, à l'usage des élèves en théologie de FÉglise orientale : « Notre Église admet sept sacrements : lo baptême, le chrême ou la confirmation, Feucharistie, la pénitence, le sacerdoce, le mariage et l'extrême-onction (2). »
L'archimandrite Sylvestre, auteur d'un autre Abrégé dethéologie à Fusage des séminaires des Deux-Russies, s'exprime dans des termes tout à fait identiques : « Les sacrements de la loi nouvelle sont au nombre de sept : le baptême, le chrême ou la confirmation, l'eucharistie, ou la sainte cène, la pénitence, l'ordre ou le sacerdoce, le mariage et Fextrême-onction (3). »
Vous avez sans doute remarqué, d'après ce que nous venons de dire, que les Grecs donnent à quelques sacrements un nom différent de celui que nous leur donnons, mais qui a la même signification. Ainsi, ils appellent la confirmation le chrême ou Y onction; l'eucharistie, la communion ou la sainte cène ; l'ordre, Yimposition des mains ou le sacerdoce. Ils appellent aussi le baptême le bain sacré ou la régé-
(1) Archimandrite, supérieur d'un monastère, vient de deux mots grecs : d'àpx"«, primauté, et de uâv^pa, troupeau.
(2) Nostra Ecclesia in Novo Testamento septem numerat sacramenta • baptismum, chrisma seu confirmationem, cucharistiam, pœnitentiam, sacerdotium, matrimonium, et extremam unctionem. (Compendium orthodoxœ theologicœ doctrines , ab archimandrita Hyacintho Karpinski concinnatum, Lipsise, 1786.)
(3) Sacramenta Novi Testament! sunt septem : baptismus, unguentum chrismatis, sive confirmatio, cucharistia sive S. cœna, pœnitentia, ordo sive sacerdotium, matrimonium et extrema unctio. (Compendium theoloyiee classicum, opéra et studio archimandrite Sylvestris, edit. secunda, Mosquae (Moscou), typis sanctissimae synodi 1805, t. II, p. 474.) — On trouve dans le même ouvrage quatre vers latins sur les sacrements; ils nous ont paru expliquer exactement la doctrine catholique sur cette matière, et nous croyons devoir les reproduire ici :
Fous générât, stabilit sacra confirmatio, nutrit Curi-ti sancta caro, confessio crimina curât; Unctio dat vitam, populum sacer ordo gubernat ; Congiigiun» Eccksiae et Christo- nova pignora gignit.