CÉRÉMONIES DU SACREMENT DE MARIAGE
Le jour du mariage, la jeune fiancée, parée de ses plus beaux habits, et portant sur la tête une couronne de fleurs, symbole de sa pureté, se rend à l'église avec celui qui va bientôt lui être uni par un lien indissoluble. Ils sont accompagnés de leurs parents et de leurs amis. Le prêtre s'avance vers eux et les avertit de se donner la main droite l'un à l'autre en signe de l'union qu'ils vont contracter; puis s'adressant à l'époux, il lui dit, en l'appelant par son nom : JV., vous promettez à JV., ici présente, la foi de mariage, et vous jurez devant Dieu que vous la prenez pour votre femme et légitime épouse? L'époux répond : Oui, Monsieur. Le prêtre dit ensuite à l'épouse : JV., vous promettez à JV., ici présent, la foi de mariage, et vous jurez devant Dieu que vous le prenez pour votre mari et légitime époux ? A quoi elle répond : Oui, Monsieur. Voilà le mot décisif : le serment est prononcé, la mort seule peut le rompre.
Alors le prêtre les bénit en prononçant ces paroles : Et moi, par Vautorité du Dieu tout-puissant et de la sainte Église,, je vous unis en mariage, au nom du Père, et du Fils, ei du Saint-Esprit. Il fait sur eux le signe de la croix, pour leur rappeler que c'est au nom de l'auguste Trinité, et par les mérites de sa passion et de sa mort, que Nôtre-Seigneur a élevé !e mariage à la dignité de sacrement. Après cela, le prêtre avertit l'époux et l'épouse de séparer leurs mains. Ils sont unis devant Dieu, désormais ils n'auront plus qu'un seul cœur et qu'une seule âme; il ne reste plus qu'à donner à l'épouse le signe de son alliance et le gage
(1) Bibliothèque des Pères t. XIX, p. 259.
de son dévouement. Alors on présente au prêtre l'anneau nuptial; il le bénit, le donne à l'époux, qui le met aussitôt à la main gauche de son épouse, au quatrième doigt, appelé doigt annulaire, d'où part, dit-on, un petit nerf qui va jusqu'au cœur (1). L'épouse devra le porter toujours; elle n'est plus à elle, elle s'est donnée à son époux. L'anneau est le signe de la chaîne qu'elle vient de s'imposer et des engagements qu'elle vient de contracter. — A la messe, après le Pater, le prêtre donne aux époux une seconde bénédiction (2). Il conjure le Seigneur de rendre la nouvelle épouse aimable à son i comme Rachel, sage comme Rebecca, fidèle comme Sara; et il demande à Dieu que les deux époux voient les enfants de leurs enfants jusquà la troisième et quatrième génération, et qu'ils arrivent à une heureuse vieillesse. Cette bénédiction ne se donne point quand l'épouse est veuve, ou quand, avant son mariage, son inconduite a été notoire. La veuve l'a déjà reçue, et une personne qui n'a pas su conserver son innocence et son honneur en est absolument indigne. — Après Vite, missa est, le prêtre se tourne vers les époux et leur exprime en ces termes les* vœux sincères que l'Église iorme pour leur bonheur : « Que le Dieu d'Abraham, que le Dieu d'Isaac et que le Dieu de Jacob soit avec vous; qu'il vous comble de ses bénédictions, vous donne de voir vos enfants jusqu'à la troisième et quatrième génération, et vous accorde la vie éternelle, par la grâce de Noire-Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-ih » — Le jour où l'on a reçu la bénédiction nuptiale, il est permis de se livrer à une joie toute sainte; mais ce serait vouloir attirer sur soi les malédictions du ciel, que de se livrer aux excès de l'intempérance et à des divertissements que la religion condamne.
Les cérémonies qui accompagnent la célébration du mariage ne sont pas les mêmes dans tous les diocèses; non-seulement
(1) Annulus in digitum annularem imponitur, quia, ut ait A Gollia?, lib. x, cap. x,rfipertumes't ucruurn qucmdam tenuissimum abeo digito ad cor hominis pergere, ac pervigere. (Corsetti, p. 376.)
(2) Nous avions ajouté, dans les éditions précédente?, qu'après lo Pater on étendait, sur la tête des époux une espèce de voile, symbole de la pudeur conjugale; mais, d'après unr, décision récente de la sacrée congrégation des rites, cette coutume n'est pas légitime. — Dubium. Utrum ritus receptus veli albi explicandi super sponsos, annumerandus sit inter laudabiles cnnsuetndiues aTrid. syn. adprobatus? — Kesp. Ne* gative. (S. R. G., die 7 sept. 1&50. Corresp. de Jiot/œ, n<> du 24 fevr. 1851.)
le saint concile de Trente autorise à les conserver, mais il exprime formellement le vœu qu'il n'y soil pas dérogé (i).