DÉCISIONS TRÈS-RÉCENTES SUR LES INDULGENCES
Un des membres les plus distingués de la sacrée congrégation des indulgences a répondu officieusement, au commencement de l'année 1853, à divers doutes qui lui avaient été proposés. On a bien voulu nous communiquer ces réponses et nous autoriser à en insérer une extrait dans notre Explication du Catéchisme.
i ° On peut, quatenus habeatur facultas, appliquer au même chapelet les indulgences apostoliques et les indulgences de sainte Brigitte ;
2° On peut appliquer au même crucifix plusieurs indulgences, comme celles du Via crucis, de la bonne mort, etc.;
3° On peut de même appliquer plusieurs indulgences à la croix d'un chapelet;
4° Les indulgences sont attachées aux grains d'un chapelet, de telle sorte qu'on peut les ôter tous de leur chaîne ou cordon, et en mettre un autre, sans qu'ils perdent pour cela leurs indulgences;
5° Le»rosaire vivant ne saurait être regardé comme une confrérie, et il n'a jamais été reconnu et approuvé par la sacréecongrégation des indulgences; c'est simplement une pieuse pratique qui a certainement son mérite devant Dieu ;
6° Lorsqu'un prêtre a reçu du saint-siége la faculté de bénir des croix, médailles, chapelets, et d'y appliquer des indulgences, il peut user de cette faculté sans que l'évêque ait donné son exequatur, à moins que dans la concession ne se irouve cette clause : De licentia ordinarii; dans ce cas, l'évêque pourrait refuser son exequatur, et le prêtre qui aurait obtenu la faculté dont il s'agit ne pourrait alors en faire usage;
7° Le scapulaire de couleur bleue forme une confrérie, constitua confraternitatem ; mais celui qui est de couleur rouge est simplement une pratique pieuse, pium opus ;
8° Lorsque le saint-siége accorde une indulgence plénière à celui qui, pendant un mois, aura récité telle prière ou pratiqué telle bonne œuvre, il faut entendre par là, non pas un mois proprement dit, mais trente jours, duratio kiginta dierum ;
9e Pour gagner les indulgences attachées au scapulaire, il est absolument nécessaire de le porter de manière qu'une partie tombe sur la poitrine et l'autre partie sur les épaules ;
10° Les fidèles qui se confessent une fois par semaine, et dans plusieurs diocèses, en vertu de rescrits obtenus du saintsiëge, ceux qui se confessent tous les quinze jours, peuvent gagner toutes les indulgences qui se rencontrent dans l'intervalle (1). Pour gagner ces indulgences, il n'est pas nécessaire de se confesser avec l'intention de les gagner; le seul fait de la confession suffit : ipsum factum confessionis per se sufficit.
Rome, janvier 1853.
11° Il n'est pas nécessaire, pour gagner les indulgences, que les noms des confrères et consœurs du scapulaire soient inscrits sur un registre; le souverain pontife Grégoire XVI a dispensé de cette condition par l'organe de la propagande;
12° Cependant le prêtre qui a reçu la faculté d'admettre les fidèles dans la confrérie du scapulaire, doit avoir un registre pour y inscrire leurs noms;
i3° Tous les prêtres approuvés par l'ordinaire pour entendre les confessions peuvent commuer, s'ils le jugent à propos, les œuvres prescrites pour jouir du privilège de la Bulle Sabbatine (2).
Rome, 2 janvier 1853.
F. Elisée Giordano, Secrétaire de l'ordre des Carmes chaussés.
Quelques-unes des réponses qu'on vient de lire se rapportent à notre quatrième volume, lequel était terminé quand nous avons eu connaissance des pièces que nous venons d'analyser.
10 février 1853.
(i) Voir p. 387 et 388.
(2) Dans une faculté personnelle pour bénir et imposer le scapulaire, envoyée de Rome à un curé du diocèse du Mans, par le R. P. Jean-Marie, du Sacré-Cœur de Jésus, prieur général des Carmes déchaussés, sous la date du 14 janvier 1853, il est dit, au sujet de la communication des obligations de la Bulle Sabbatine : «Tibi quoque, si jam ab ordinario loci ad sacras fidelium confessiones audiendas sis approbatus, facultatem concedimus commutandi, ob justam causam, obligations peculiares pro privilegio Sabbatino consequendo. »