JOACHIM ET L'IMPÉRATRICE CONSTANCE
Joachim, abbé de Flora, en Calabre, mort en 1202, regardé comme un saint et un prophète, était consulté de toutes parts. Une affaire importante le conduisait en Sicile, à une abbaye de Gîteaux voisine de Palerme, où résidait alors l'impératrice Constance, femme de Henri VI, dit le Cruel. Comme une autre reine de Saba, elle désira entendre ce nouveau Salomon. et s'empressa de l'inviter à venir la voir. C'était un vendredi saint : il se rendit avec répugnance à cette demande, et ne céda qu'aux instances les plus vives. En abordant l'impératrice, il l'apostropha en ces termes : « Qu'y a-t-il donc, Madame, de si pressé, pour interrompre la solennité de ce jour, et tirer de son cloître un solitaire qui doit être absorbé dans la méditation des souffrances de Jésus-Christ?» L'impératrice, charmée de sa conversation, veut dès ce moment se mettre sous sa conduite et lui faire une confession de. toute sa vie. Elle l'introduit dans sa chapelle; là
(l) I. An archipresbyter., vel canonicus in génère sacramenta pœpir teptia, eucharistie, aliaque administraturus, tapi in ecclesia collegiata quam extra, induere sibi possit choralia insignia, desuper imposita stoïa? et, quatenus négative, an superpelliceo et stola tantum in sacramentel rum et sacramentalium omnium perfunctione u,ti teneatur ? — Itesp. Négative, et serveur decretum alias editum.
\\. An forsan uni archipresbytero propter personam quam gerit parochi, liceat rochetto, mozetta, et stola induto, sacramenta in parœcia sua administrare ? — Ilesp. Négative.
HI. An uti valeat ca veste in associatione funeris sive in, sua, sive in aliéna parœcia?— Hesp. Négative. (S. R. C, die 23 mart. 1846, apud Gardellini, t. VIII, p. 448, 449.)
{2} Histoire de S, Louis, par le marquis de Villeneuve,
était un trône magnifique élevé de plusieurs marches pour la princesse, et à côté, plus bas, un tabouret pour le confesseur ; L'orgueil avait établi cet usage, et la faiblesse l'avait souffert. Joachim, affligé de cette circonstance, lui dit : « Madame, pensez-vous que vous comparaissez ici en criminelle? Descendez de ce trône, et faites votre confession dans une posture plus humble, sinon je me retire. » Constance, qui avait un grand fond de piété et qui n'avait fait que suivre, sans trop de réflexion, un usage indécent qu'elle avait trouvé établi, s'agenouilla sur le pavé et se confessa avec de grands sentiments de pénitence (i).
Z.EÇON XXI.