‹ Explication historique, dogmatique, morale, liturgique et canonique du catéchismeChapitre 67 sur 139 · HT · texte numérisé non relu

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nord, premier albé deTiron, que des pirates, se voyant battus d'une furieuse tempête, se confessèrent, s'imposèrent des pénitences et se donnèrent l'absolution les uns les autres (i). De telles confessions, faites de bonne foi et en toute simplicité, pouvaient être utiles, en tant qu'elles étaient l'expression du désir de se confesser à un prêtre, si la chose eût été possible; mais elles n'étaient pas plus sacramentelles que les confessions faites par lettres, dont nous avons parlé. Le pouvoir de remettre les péchés n'a été donné qu'aux prêtres, et il est nécessaire de se présenter devant eux et de comparaître à leur tribunal pour que les péchés soient remis. Ils sont les médecins des âmes, et il est nécessaire, il est indisdispensable qu'ils voient la plaie pour y appliquer le remède.

D. Le confesseur est-il seul lié par le secret de la confession ? — R. Tous ceux qui, par le moyen de la confession sacramentelle, acquièrent la connaissance d'une chose qui tombe sous le sceau, sont liés, aussi bien que le confesseur, par le secret do la confession.

Explication. — La confession est sacramentelle lorsqu'elle est faite par le pénitent, dans l'intention de se confesser et de se déclarer coupable à celui qu'il regarde comme exerçant la fonction de confesseur, au nom et par la vertu de Notre- Seigneur Jésus-Christ. Or, dès que la confession est sacramentelle, l'obligation du secret lie tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ont connaissance, par le moyen de cette confession, d'une chose qui tombe sous le sceau. — Elle lie, en conséquence : 1° non-seulement le confesseur vrai, mais encore le laïque qui, se faisant passer pour prêtre aurait entendu une confession; 2° l'interprète qui sert d'in-

(1) Tempestatis persévérante saevitia, timoris vohementia exacritati, peccata sua, quae turpiter générant, turpius in audientia cunctorum confilendo propalare incipiunt, sacerdotale sibi officium usurpantes, dam pœnitentias alternatim dant et aecipiunt. (Vie de Bernard, abbé de 27ron. par Geoffroy Le Gros, chap. xvi, cité par Thicrs dans le tome ni de son Twité dès stq)erstitionsi p. 263.)

termédiaire entre le confesseur et le pénitent; 3° ceux qui, volontairement ou contre leur gré, ont entendu ce que disait le pénitent dans sa confession; 4° ceux que le pénitent consulte relativement à la confession, pour savoir s'il doit dérober telle chose à son confesseur, ou comment il doit s'expliquer; 5° ceux qui aident le pénitent dans l'examen qu'il fait pour se confesser; 6° ceux qui lisent le papier sur lequel le pénitent a écrit ses péchés. Si Ton vient à trouver un papier de ce genre, on doit en cesser la lecture dès qu'on s'aperçoit de ce dont il s'agit, et le mettre aussitôt au feu. Tous les théologiens enseignent qu'on pécherait grièvement en le lisant, quand même on l'aurait trouvé par hasard.— Ce que nous venons de dire est fondé sur ce que toutes les personnes dont il s'agit n'ont acquis leurs connaissances que par la confession, d'une manière immédiate ou médiate.

D. Le pénitent est-il tenu aussi -au secret de la confession ? — R. Non ; mais il ne doit point, sans motif légitime, parler de ce qui s'est passé dans le tribunal de la pénitence entre lui et son confesseur.

Explication. — Le secret de la confession n'a été établi qu'en faveur du pénitent; celui-ci, par conséquent, n'y est pas rigoureusement obligé. Il est, toutefois, bien difficile de parler de ses confessions et de son confesseur sans qu'il en résulte quelque préjudice pour la religion. De pareilles indiscrétions donnent lieu à mille plaisanteries, à mille suppositions pleines de malignité et d'injustice. Les personnes qui fréquentent le tribunal de la pénitence ne sauraient par conséquent être trop réservées ni trop discrètes. Il est certain que celles qui ont la déplorable manie de parler sans cesse de ce qu'elles ont dit en confession, des questions qui leur ont été faites, des avis qui leur ont été donnés, des pénitences qui leur ont été imposées, etc., deviennent, par l'intempérance de leur langue, la source et l'occasion d'une infinité de péchés dont Dieu leur demandera tôt ou tard un compte terrible.

TRAIT HISTORIQUE

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