DES PROMESSES DB BAPTÊME
— D. A quoi nous sommes-nous engagés en recevant le baptême?
— R. En recevant le baptême, nous nous sommes engagés à croire et à pratiquer la doctrine de Jésus-Christ.
Explication. — Lorsqu'on nous présenta à l'église , le
prêtre nous adressa la parole, et nous dit: « Que demandezvous? » et nous répondîmes, par la bouche de nos parrains et marraines, que nous demandions la foi, la vie éternelle (1). Le prêtre reprit aussitôt : « Si vous voulez la vie éternelle, gardez ces commandements: Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, et de toute votre âme, et de tout votre esprit, et le prochain comme vous-même. » Ainsi, par le baptême, nous nous sommes engagés à croire la doctrine de Jésus-Christ, et non-seulement à la croire, mais encore à la pratiquer, c'est-à-dire à faire tout ce que Jésus- Christ nous commande, et à éviter tout ce qu'il nous défend,
— D. A quoi avons-nous renoncé ? — R. Nous avons renoncé à Satan, à ses pompes et à ses œuvres.
Explication. — Le prêtre, avant de verser sur le caté- :humène Feau vivifiante du baptême, lui adresse. de nou-
(1) Quid petis ab Ecclesia Dei? Fidem. — Fides quid %ibi praestal* Yitaut œlemum. (Mit. rom.)
velles questions : «Renoncez-vous à Satan? — J'y renonce,» répond le catéchumène, ou par lui-même, s'il a l'âge de raison, ou par l'organe de ses parrain et marraine. « Renoncezvous à ses œuvres? — J'y renonce. — Renoncez-vous à ses pompes? — J'y renonce. 3 — Cet usage de renoncer à Satan, avant d'être admis à la grâce de la régénération, a toujours eu lieu dans l'Église. Tertullien, saint Cyrille de Jérusalem et plusieurs autres Pères, parlentdece renoncement et rappellent aux fidèles les obligations qu'il leur impose. Saint Jérôme nous apprend que, pour renoncer à Satan, le catéchumène se tournait du côté de l'occident, qui est le côté de la nuit et des ténèbres, et qu'ensuite il se tournait du côté de l'orient pour adorer ainsi Jésus-Christ, lumière du monde et soleil de justice; ou bien encore, ce qui revient à peu près au même, cette cérémonie signifiait que celui qui a le bonheur de recevoir le baptême doit mépriser le démon, le père des ténèbres, et se tourner vers la vraie lumière, qui est Jésus-Christ, ainsi qu'il le déclare lui-même : « Je suis la lumière du monde (1). »
D. Qu'est-ce que renoncer à Satan ? — R. C'est déclarer solennellement qu'on ne veut avoir rien de commun avec cet ennemi du salut des hommes.
Explication. — Par le baptême, nous renonçons à Satan, c'est-à-dire au démon, l'ennemi de notre salut; nous déclarons solennellement que nous ne voulons l'écouter en rien, ni avoir rien de commun avec lui, et que nous abandonnons à jamais son parti pour suivre celui de Jésus-Christ et marcher constamment dans la voie de sainteté et de justice que cet Homme-Dieu nous a tracée.
= D. Qu'entendez-^vous par les pompes de Satan? — R. J'entends, par les pompes de Satan, les maximes et vanités du monde.
(1) Hoec abrenuntiatio olim fiebat verso baptizato ad occidentcm, qui postea, finita abrenuntiationc, vertebatur ad orientem, ad significandum quod baptizatus, spreto diabolo pâtre tenebrarum, doboat converti ad veram lucem, quae est Ciiristus, prout de se ipso testatur. (Bissi, t. I, p. 92.) — Ego sum lux mundi. (Joan., vin, 12.)
Explication. — Les maximes du monde sont certaines règles, certains principes d'après lesquels on se conduit dans le monde, et qui sont entièrement opposés aux règles de conduite qui nous sont tracées dans l'Évangile et aux lois que nous a imposées Jésus-Christ, notre adorable chef. « II faut se divertir pendant qu'on est jeune; heureux ceux qui nagent au sein des plaisirs; heureux ceux qui sont riches; c'est une folie que de se gêner et de se contraindre ; c'est, une lâcheté que de ne pas se venger d'une injure, etc. » Voilà, mes enfants, quelques-unes des maximes du monde. Nous y avons renoncé par le baptême pour suivre des maximes tout à fait opposées, celles de l'Évangile, qui nous dit : « Heureux ceux qui pleurent; heureux les pauvres; malce heur à vous, riches, parce que vous avez votre consolation « sur la terre; faites pénitence; châtiez votre corps et réa duisez-ie en servitude; aimez vos ennemis ; faites du bien « à ceux qui vous haïssent; bénissez ceux qui vous mau- « dissent, et priez pour ceux qui vous calomnient. »
Les vanités du monde sont tout ce qui, dans le monde, flatte et éblouit les yeux, comme les modes, les beaux ajustements, les riches parures, les équipages magnifiques, les spectacles, les bals, etc. Nous avons renoncé à toutes ces choses en devenant chrétiens, nous leur avons dit anathème;nous ne devons, par conséquent, en faire aucun cas, et plaindre ceux qui les recherchent et s'y attachent. Il est impossible qu'ils y trouvent le bonheur. « Vanité des vanités, a dit Sabot mon, et tout est vanité sur la terre, hors aimer Dieu et « ne servir que lui seul (1). » — Il est toutefois des hommes qui, par leur position sociale, doivent avoir de plus beaux ajustements, de plus riches parures que, ceux qui se trouvent clans une position inférieure; il en est qui, à raison du haut rang qu'ils occupent dans le monde, ne peuvent se dispenser d'avoir des équipages plus ou moins magnifiques, plus ou moins brillants; il n'y a en cela rien que
(1) Vanitas vanitatum, dixit Ecclesiastes : vanitas vanitatum ; etomnia ranitas. {Eccl., I, 2.)
la V6u# ion condamne. Mais ce n'est point dans toutes ces choses qu'ils doivent faire consister leur félicité; et, pour être fidèles aux engagements de leur baptême, ils ne doivent recourir qu'avec peine à ce luxe, à ces frivolités ; ils doivent •es. considérer uniquement comme un moyen de faire honorer et respecter la dignité dont ils sont revêtus, les titres qu'ils portent, et ne jamais oublier que, tenant tout de Dieu, ils doivent le glorifier en tout. Avoir d'autres sentiments, no serait-ce pas aveuglement et folie? Un habit brodé ajoutet-il quelque chose au mérite?
= D. Qu'entendez-vous par ses œuvres? — R. J'entends toutes sortes de péchés.
Explication. — On entend par œuvres du démon, toutes les pensées, toutes les paroles, toutes les actions, toutes les omissions qui peuvent déplaire au Seigneur et qui sont défendues par ses commandements ou par ceux de son Église. On appelle les péchés les œuvres du démon, parce que c'est le démon qui a été le premier pécheur; parce qu'il s'est, le premier, révolté contre Dieu, et que c'est lui qui, tous les jours et à chaque instant, nous porte au péché et nous excite à enfreindre et cà fouler aux pieds les lois de l'Évangile.
Puisque, par le baptême, nous avons renoncé à tout péché, nons ne pouvons donc en commettre aucun sans violer par là même les engagements que nous avons contractés.
t= D. Est-ce nry>ÂS-m,êmes qui avons contracté ces engagements ? — R. On les a pris en notre nom, et nous devons y tenir comme si nous les avions pris nous-mêmes.
Explication, — Ne pas tenir aux engagements qu'on a pris pour nous au moment de notre baptême, refuser de les ratifier, c'est comme si nous disions: Je ne veux pas aller au ciel, c'est l'enfer que je choisis pour mon partage; puisque nous ne pouvons obtenir l'un et éviter l'autre que par notre fidélité à ces mêmes engagements. — Voici comment s'exprime sur ce sujet le saint concile de Trente: «Si « quelqu'un dit que les enfants baptisés, devenus adultes, ni- 4.
a doivent être consultés pour ratifier les engagements que s leur? parrains et marraines ont pris en leur nom, à leur « baptême, et que, s'il s'y refusent, ils doivent être laissés a à leur liberté, sans encourir d'autre peine ecclésiastique k que d'être exclus, jusqu'à résipiscence, de la participation a à l'eucharistie et aux autres sacrements, qu'il soit anaa thème (i). »
La raison de cette décision est facile à comprendre. En effet, posez la participation, l'association à la vie divine, par le baptême, divines consortes naturœ (2), l'homme ne peut que raisonnablement et légitimement repousser cet insigne bienfait, sans mépriser le bienfaiteur, ni sans être par cela même le plus grand ennemi de son propre bonheur. C'est le suicide élevé à la plus haute, à la plus épouvantable puissance..., et Dieu a dit : « Vous ne tuerez pas: Non occides (3). »
= D. Pourquoi âonne-t-on un parrain et une marraine à la personne qu'on baptise ? — R. On donne un parrain et une marraine à la personne qu'on baptise, pour qu'ils prennent, en son nom, les engagements du baptême et l'aident à s'en acquitter dans la suite.
Explication. — L'usage des parrains et marraines paraît venir des apôtres et être aussi ancien que l'Église. Saint Denis s'exprime, à ce sujet, d'une manière bien positive: « Nos divins maîtres, dit-il (c'est ainsi qu'il appelle les apôtres), ont jugé à propos qu'il y eût des personnes pour présenter les enfants au baptême ; elles servent de pères spirituels à ceux qu'elles tiennent sur les fonts du salut, et de
(1) Si quis dixerit parvulos baptizatos, cran adoleverint, interrogandos esspj an ratum habere velint, quod patrini eorum nomiDe, dum baptizarentur, polliciti sunt; et ubi se nolle responderint, suo esse arbitrio relinquendos, née alia intérim pœna ad christianam vitam cogendos, nisi ut ab eucharistiae aliorumque sacraœentorum perceptione arceantnr, donec resipiscant, anathema Bit. Conc. ïrid., sess. vu, caru 14, Ds baptismo.)
(2) 11 Petr., i,4.
3) Anthropoïde *, p. 678.
guides pour les diriger pendant leur vie (1).» Leur fonction, qui n'a lieu que lorsqu'on administre le baptême d'une manière solennelle, est de présenter à l'église ceux qui doivent le recevoir, de les tenir sur les fonts sacrés, de répondre pour eux et de leur servir de caution. Ils sont en quelque sorte leurs parents spirituels, puisqu'ils contribuent à leur régénération. Aussi contractent-ils une espèce d'alliance avec eux et avec leurs père et mère, qui fait que le parrain ne peut, sans dispense, épouser sa filleule ni la mère de sa filleule; et que la marraine ne peut pareillement épouser son filleul ni le père de son filleul (2). Lors même que le baptême n'est pas solennel, celui qui l'administre, quel que soit son sexe ou sa qualité, contracte la même affinité avec la personne baptisée, son père et sa mère (3). Toute autre personne que le parrain et la marraine qui mettrait la main sur l'enfant tandis qu'on le baptise, ne contracterait point cette alliance spirituelle, non plus que ceux qui tiendraient un enfant sur les fonts du baptême, en vertu d'une procuration des véritables parrains et marraines (4). Il faut dire dire la même chose de ceux qui tiennent un enfant à qui l'on ne fait que suppléer les cérémonies du baptême, ou qui, par ignorance, auraient pris la qualité de parrains et marraines, dans un baptême donné hors de l'église, sans solennité (5). Il en est de même aussi de ceux qui sont ministres, parrains ou marraines, dans le baptême donné scus conditions: « Comme on ne peut assurer que ce baptême soit un véritable sacrement, nous jugeons, dit le cardinal de LaLu-
<A) D. Chardon, Histoire des sacrements, t. i.
(2) Reiîï'cnstucl, t. iv, p. 101.
(o) Ex baptismo privatim, et in necessitate collato, sive per clericum, sive per laicum^ sive per virum, sive per fœminam, vcra oritur cognatio spiritualis, ac impedimentuni dirirnens, inter baptizantem ex una, et baptizatum, baptizatique patrem et matrem, ex altéra parte. (Reiffunstuel, t. iv. p. 102.)
(4) Per procuratorem tenens infantcm contraint cognationcm spiritualem, non autem procurator; quia quod quis facit per alium perinde est ac si faciat per seipsum. (Reg.juris, apud ReifTenstuel, t. jv, p. 103.)
(5) Reillenstuel, ibid., p. 102, n<> 17.
zerne, qu'ils ne contractent pas cette affinité spi rituelle qui ies empêche d'épouser l'enfant, son père ou sa Bière (1). »
Pour que l'affinité dont nous venons de parler ne soit pas contractée par un grand nombre de personnes, le saint concile de Trente a ordonné que l'enfant présenté au baptême ne serait tenu que par une seule personne, soit parrain, si marraine, ou tout au plus par un parrain et une marraine ensemble (2).
D. Est-ce remplir une fonction bien importante, que de servir de parrain et de marraine à un enfant? — R. Oui, c'est une fonction extrêmement importante aux yeux de la religion.
Explication. — D'après ce qui vient d'être dit, il est facile de comprendre que c'est remplir une importante fonction, que de servir de parrain et de marraine, puisque c'est contracter l'obligation de faire un jour connaître, à l'enfant que Ton aura tenu sur les fonts baptismaux, toute l'étendue des engagements qu'on aura pris en son nom, et de veiller à ce qu'il les observe fidèlement (3).
Les parains et marraines doivent aimer leurs filleuls comme leurs enfants spirituels, contribuer de tout leur pouvoir à leur procurer une éducation chrétienne, prier pour eux et demander au Seigneur qu'ils ne profanent jamais le saint et noble caractère du chrétien; et si leurs parents viennent à leur manquer, leur en tenir lieu, et pourvoir, autant que possible, à leurs besoins temporels.
D. Les obligations desparrains et marraines sont-elles les mêmes aujourd'hui qu'autrefois? — R. Oui, les obligations des parrains sont les mêmes aujourd'hui qu'autrefois.
Explication. — «Les obligations des parrains, dit le Catéchisme du concile de Trente, sont aujourd'hui si négli
(11 Rituel de Langres, in-4°, p. 36. — Reiffenstuel, t. iv, p. 10 n«> 18.
(2) Conc. Trid.jsess. xxiv, cm. 11.
(3) Obligatio patrini est curare ut filius ipsius spiritualis in doctrina et vita eitholica instruaturet educetur, nisialiunde a pavemibus id fiât. (Can. Votante, apud ReiflenstneL, t jv p, 103.)
gées parmi les chrétiens, qu'il ne reste plus de cette charge que le nom, et qu'on ne paraît pas même se douter de tout ce qu'elle renferme de saint et de sacré. En général, les parrains doivent penser qu'ils ont contracté l'obligation de regarder perpétuellement leurs enfants spirituels comme confiés à leurs soins, de les former à une vie chrétienne, et de faire tous leurs efforts pour les engager à remplir fidèlement, pendant toute leur vie, ce qu'ils ont promis solennellement pour eux au baptême. Écoutons là-dessus saint Denis, qui fait dire aux parrains : Je promets d'exhorter et d' engager soigneusement cet enfant, lorsqu'il sera en âge de comprendre la religion, à renoncer à tout ce qui est contraire au bien, à professer et à remplir exactement les promesses qu'il fait maintenant à Dieu, Le langage de saint Augustin est le même: Je vous avertis, avant toutes choses, hommes et femmes qui avez tenu des enfants sur les fonts du baptême, de vous souvenir que vous avez répondu pour eux devant Dieu, quand vous les avez reçus des fonts sacrés. Et, en effet, il est très-juste que celui qui s'est chargé d'un emploi ne se lasse jamais de s'en acquitter exactement; et que celui*qui a promis d'être le maître et le guide d'un autre, ne l'abandonne point dès qu'il l'a pris sous sa protection, tant qu'il sait qu'il a besoin de son secours et de ses conseils. Mais que doivent enseigner les parrains à leurs filleuls? Saint Augustin le dit en peu de mots: Ils doivent les avertir de garder la chasteté, d'aimer la justice, de conserver la charité, et surtout leur apprendre de bonne heure le symbole, l'oraison dominicale, le décalogue et les premiers principes de la religion chrétienne. — Pourquoi ces devoirs ne seraient-ils pas les mêmes aujourd'hui qu'autrefois? Ne découlent-ils pas de la nature de l'engagemen qu'on a pris, et n'est-ce pas surtout dans un siècle d'insubordination comme le nôtre que les parrains et marraines doivent instruire, exhorter, reprendre ceux qu'ils ont tenus sur les fonts sacrés, à une époque où tant de parents nonseulement négligent d'avoir soin de leurs enfants, mais leur donnent chaque jour des leçons d'imoiété et de libertinage?
= D. Quelle? personnes âoit-on choisir pour parrains et marraines? — R. Il est à désirer, dans l'intérêt spirituel des enfants, qu'on ne choisisse pour parrains et marraines que des personnes qui connaissent et pratiquent les vertus chrétiennes.
Explication. — Comment un parrain et une marraine qui ne pratiqueraient ni ne connaîtraient les vertus chrétiennes, pourraient-ils en inspirer le goût aux enfants qu'ils auraient tenus sur les fonts sacrés? Quels bons conseils, quels exemples salutaires seraient-ils en état de leur donner? Les parents doivent donc choisir, avec beaucoup de soin, les parrains et marraines de leurs enfants, et ne confier ces fonctions si graves et si respectables qu'à des personnes bien instruites des vérités de la religion, et d'une conduite régulière et vraiment chrétienne.
L'Église défend d'admettre pour parrains et marraines : 1° les infidèles (i), les hérétiques, les schismatiques, les excommuniés notoires et les interdits. 2° Les apostats non réconciliés. 3° Les pécheurs publics et scandaleux. 4° Les personnes qui sont dans des engagements réprouvés par la religion, par exemple celles qui ne sont mariées que civilement (2). 5° Celles qui, par impiété, ne vont jamais à l'érijse. — Quant aux comédiens, quoique leur état soit bien dangereux et donne lieu à bien des péchés, ils ne sont cependant ni excommuniés ni infâmes. On pourrait donc, d'après la discipline générale de l'Église, les admettre pour parrains et marraines. Nous disons : d'après la discipline générale, car il y a des règlements, particuliers à certains diocèses, qui le défendent. — Plusieurs conciles interdisent aux clercs qni sont dans les ordres sacrés de tenir un enfant
(1) Requiritur, ut patrinus in baptismate, sit ipse baptizatus. (Reiffenstuel, t. iv, p. 103, n° 28.)
[2 Non sont admittendi... neque haeretiei, neque publici criminosi, neque infâmes. [Catech. rom.> De bapiismo.) — Ad hoc munus (patrinij non sont admittendi infidèles, aut haeretiei, aut publiée excommunicati, aut interdicti, aut infâmes, nec praeterea qui sana mente non snnt, nec qui civiliter contraxerunt et matrimonium coram Ecclesia contrahere nolunt. {Décréta coae. pnmnriœ Remensis, an. 1849, p. 62.)
sur les fonts du baptême (1). Le concile de la province de Reims, tenu à Soissons en 1849, a rendu, sur le même sujet, un décret ainsi conçu : « On ne doit point admettre « pour parrains et marraines les religieux ni les religieuses. g Cette défense s'étend aux curés, vicaires et chapelains, « dans le lieu de leur résidence, à moins qu'il ne s'agisse « de tenir sur les fonts sacrés l'enfant de leur frère ou de « leur sœur (2). »
Si le parrain et la marraine ont, l'un l'âge de puberté (douze ans pour les filles et quatorze ans pour les garçons), et l'autre, l'âge de raison, il est permis de les admettre (3) ; on les admet également si l'un et l'autre on fait leur première communion. Mais un enfant qui n'a pas encore l'âge déraison ne peut servir de parrain; il est également défendu d'admettre pour parrain et marraine deux enfants qui n'ont fait ni l'un ni l'autre leur première communion. Voilà, du moins, ce qui se pratique dans plusieurs diocèses.
s= D. Pourquoi donne-t-on à la personne qu'on baptise un ou plusieurs noms de saints ou de saintes ? — R. Pour qu'ils soient en même temps ses modèles et ses protecteurs.
Explication. — Si nous voulons parvenir au bonheur du ciel, nous devons marcher sur les traces des saints, de ceux en particulier dont nous avons reçu les noms au baptême; ce sont là les modèles qui no*ip> sojat offerts et que nous devons nous efforcer d'imiter.
(1) Clericis, qui sacris ordinibus sunt initiati, infantem de sacro baptisnii fonte suscipere vetitum sit. (Synod. diœcesis Mediolan., t. I, décret. 17.)
(2) Prœterea ad hoc (munus patrinorumj etiam admitti non debent monachi, vol sanctimoniales ; quin etiam prohibemus ne parochus aut vicarius aut capellanus in loco suae residentiœ ulliira baptizandum suscipiat , nisi fratris aut sororis infantem. {Décréta provinciœ liemensis,
(3) Si, au baptême d'un garçon, le parrain a quatorze ans, on pourra recevoir pour marraine une fille de sept ou huit ans; si c'est une fille qu'on baptise, on pourra recevoir pour parrain un garçon de sept ou huit ans, pourvu que la marraine en ait douze. (Mgr de Pressy, Rituel de Boulogne.)
Les saints dont nous portons les noms ne nous ont pa? seulement été donnés pour nous servir de : i3dètes, ils sont encore nos protecteurs. Ils nous portent, n'en doutons pas} un vif intérêt; ils ne cessent de parler en notre faveur et de plaider notre cause auprès de Celui qu'ils ont le bonheur de contempler face à face. C'est pour cela qu'on les appelle nos saints patrons, ce qui veut dire la même chose que protecteurs, avocats. — On ne doit donner aux enfants que des noms de saints et de saintes reconnus par l'Église catholique, que les baptisés puissent se proposer pour modèles et avoir dans le ciel pour intercesseurs auprès de Dieu. Un prêtre ne pourrait souffrir, sans manquer essentiellement à son devoir, qu'on imposât aux enfants des noms de baptême profanes ou fabuleux., non "plus que ceux qui, concouraDt avec le nom propre, ou entre eux, auraient une signification ridicule et contraire à la bienséance. Si un nom sem blable avait été donné à un enfant, on devrait, à l'époque de la confirmation, y substituer celui d'un saint. Ce fut ainsi que l'illustre cardinal de Terme, administrant un jour le sacrement de la confirmation, changea le nom d'une jeune fille qui s'appelait Vénus, en celui de Madeleine (1).
— La coutume de donner aux enfants, quand on les baptise, un ou plusieurs noms de saints, afin que leur protection leur tienne lieu de sauvegarde, est très-ancienne, surtout dans plusieurs Églises d'Occident. C'était autrefois une pratique, à Milan, que l'archevêque baptisât, la veille de T.:ques, trois enfants, au premier desquels il donnait le
- uni de Pierre, au second le nom de Paul, et au troisième ■ iui de Jean (2).
D. Les parents ont-Us quelques devoirs particuliers à remplir envers leur enfant nouveau-né? — R. L'Église leur recommande, d'une manière touîe spéciale, de ne point le faire coucher avec eux, ni avec sa nourrice, avant qu'il ait atteint l'âge d'un an.
Explication. — Cela est fondé sur le danger qu'il y a
(i) Corsetti, p. 322. — Baruffaltii, in Rit. rom. Comment. (2) Histoire des sacrements, par D. Chardon.
d'étouffer un petit enfant, si on le met coucher avec soi dans le même lit, et il est arrivé bien des malheurs de ce genre. Le quatrième concile provincial de Milan fait cette défense sous peine d'excommunication. Dans plusieurs diocèses, e'est un cas réservé ; et, d'après le pape Lu ce lîï, les parents qui ont ainsi étouffé leurs enfants doivent être condamnés à une pénitence de trois années, la première au pain et à l'eau. Que si, pour des motifs graves, fondés surtout sur une extrême indigence, une mère faisait coucher son enfant avec elle avant qu'il fut parvenu à l'âge d'un an, elle devrait, au moyen d'une séparation quelconque, rendre tout danger impossible (1).
D. Que doit faire une femme chrétienne qui a mis un enfant au monde, dès qu'elle est en état de sortir de sa maison ? — R. La religion lui conseille, sans cependant lui en faire un précepterde se rendre à l'église pour remercier Dieu et recevoir la bénédiction du prêtre.
Explication. — Nous avons parlé ailleurs de la loi de la purification, qui existait chez les Juifs. Cette loi étant abrogée, les femmes chrétiennes ne contractent aucune impureté ni* aucune souillure en mettant un enfant au monde. Rien ne les empêche, par conséquent, aussitôt qu'elles le peuvent, d'entrer dans l'église et de participer aux choses saintes. Cependant, c'est un pieux usage qu'elles aillent, à leur première sortie, recevoir dans le lieu saint la bénédiction du prêtre, et témoigner à Dieu leur reconnaissance. Elles ont obtenu deux laveurs signalées : le Seigneur les a délivrées du danger qui menaçait leur vie et leur a donné un enfant qui, par le baptême, a été purifié de la tache originelle et a acquis des droits incontestables à l'héritage céleste. Si elles se montraient ingrates envers leur bienfaiteur, ne s'exposeraient-elles pas à en être abandon nées? Et n'est-ce point à une pareille ingratitude qu'il faut attribuer la mort prématurée de tant d'enfants? Leurs mères, sans religion
(1) Corsetti, p. 324, — Baruflaldi, De baptismo.