LA JEUNE FILLE MORTE DE 8A DIVINITE
Il y eut, dans ces jours de déplorable mémoire, des pères abominables, des aiaris en démence, qui obligeaient leurs filles et leurs
(1) Biographie des Croyants célèbres, art. Bellart, 1. 1. (1) Nettement; Hist. du Journal dés Débats^ tom. i, pag. SB.
îmam à «ceeiiler les houeim divins. Soaveot oo foyait ces jevnés ieiimies, coadamoées à la dÎTiaité, traverser la viUe le frost triste et les larmes aux yeox, et tomber en défaillance sur le seuil des églises où elles allaient prier naguères, et où on les envoyai! régner. IJoe d'elles, pure comme les aoges, et comme eux pieuse €tbelle> se mit au lit en revenant d^iine de ces ovations, et ne se releva plus (i) ; elle mourut de sa divinité. I^ lendemain les fossoyeurs vinrent frapper à cette maison, pour apprendre à un père impie que sa fille n*étatt qu'une mortelle ; la veille elle était rentrée ëéesse, le lendemain elle sortit morte (2).
DB l'sSPJÈRANGE.
~D. Qv^ est-ce que V espérance ^ — R. L'espérance est une vertu sarnaturelle par laquelle nous attendons, avec une ferme confiance^ la possession de Dieu et les grâces nécessaires pour y arriver.
ExpLfGATioR.—^pérer une chose, c*est la désirer et avoir en même temps l'idée de pouvoir l'obteDir. L'espérance se divise en espérance humaine et en espérance chrétienne. L'espérance humaine , qui est toujours accompagnée d'Incertitude , consiste à attendre , avec une confiance plus ou moins grande, quelque bien , quelque avantage temporel ; par exemple , un héritage , une récompense. L'espérance chrétienne est une vertu surnaturelle par laquelle noue attendons , avec une ferme confiance , la possession de Dieu et les grâces nécessaires pour y arriver. L'espérance est tme vertu : c'est-à-dire une bonne habitude de notre âme ^ Qoe disposition , une facilité à faire des actes agréables à Dieu ; une vertu surnaturelle : c'est-à-dire une vertu que nous ne pouvons nous donner par nos propres forces ; c*est
(1) C'était la mie dMn relieur de la me du Petit-Pont, à Pari»; die était à peine ègéc de seize ans.
(%) Nettement ; Hist, du Journal des Débats^ tom. 1, pag. 40.
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Dieiiqai, per sa grâee, la répMidiliida hmAmm; saîni Faut eppelld ie Seigneur : h Diea île rctpéraim (4). « (Test par Jésus-Chrlsl , dit le même apdtre , cpie noes « avons confiance en Dîeii (2). » Par Tespérance nous affendons avec une ferme confiance, c*esl-à-dîre avec une assurance parfaite , sans aucune crainte d'être trompés dans iK)tre attente ; la possession de Dieu : un royaume éternel ^ uoe couronne incorruptible, un fleuve de paix, un tort^eat de volupté, la vue de Dieu smis v^ûle , s«»s nuage« face à face et tel qu'il est , la jouissance de Dieu même pendant les siècles des st«ol#5 ; tel est Tobjel «k è'gspéranof. Mm comme nous ne saurions parvenir , par nos propres forces, à la possession de Dieu , iv^us attendons sans douter , sans hésiter, étant bien assurés que nous les obtiendrons, les moyens nécessaires pour y arriver : c'est-à-dire les grâces que Dieu nous a promises en vue de Jésus<Christ qui nous les a méritées.
= D. Sur quoi est fondée cette ferme confiance f — B. Celte ferme confiance est fondée sur les promesses de Diea ei sur les niérkes 4e Jéstts-Cbrist.
Explication. — Le fondement , la base , le nrioUf de notre espérance, c'est 1 • la promesse que Dieu a dmgné fwus faire : ît a promis d*être lui même la récompense de ceux qui hii seraient fidèles (3) ; il a promîs de naus accorder tous le» secours qui nous seraient r>écessmres afin de parvenir à ia vie éternelle et d'obtenir la couronne de vie; demandez, a-l-ll dit, et vous recevrez; quiconque éemande reçoit (4). Celte promesse, il Ta confirmée par serment ; if a juré par celui par qui les hommes jurent ; il a juré par lui-même, «t il n'est pas un homme pour dire et ne pas faire , maïs il est
(1) Deus autem spei repleat vosDeus omni gaudîo et pace. Rom., xv, 15.
(3) Fiduciam autem talem habcmus per Christum. II. Cor., m, 4. (8) Ego protedor (mis sun, et mêeo» toA magna iiimis. Geo., iV| i .
(4) Petite et dabitor vobis ; qusrite et iBYenielU... omnis enim <pâ fietit aodpit. HaAtb^ ?ii„ 7, 8«
«- Si -»
b DiM fmtiAt Méletl^. r ^ tqut donne à noire e8péi*aAoe «OiEMKOvel appifi 9 une «ouvelle solidité, ce sont les mérités d$J^ÊÊ$^knsL €e divin SâUTeur a pieînement sattsfati pour nous à la justice de son père, et, par ses humiliations et ses souffrances, il nous a mérité toutes les grâces et tous les secours dont nous avons besoin pour gagner le ciel. Tout ce que nous demanderons en son nom , nous sommes sûrs de rdblenir ; vofïlà pourcpioi notre confiance doit être ferme et inébranlable ; voilà pourquoi nous devons avoir Tassurafice pai^faite que Dieu ne nous refusera rien de ce qui peut oontribuer à noire étemel bonheur. « Celui , dft saint Paul, t tjui n'a point épai^é son propre fils, mais qui Ta livré « à la mort pour nous tous , que ne nous donnera-t-il point « après nous Tavoir donné (5) ? »
= D. Quel hommage rendons-nous à Dieu par V espérance ? — H. Par PespéraDce, nous reconnaissons que Dieu est souverainement fidèle à ses protnesses , ei que lui seul peut nous rendre heureux.
Explication. — Par lespérance, nous reconnaissons qu it n'en est point de Dieu comme des hommes qui sont sujets à Vinconstance et au changement, et qui se trouvent souvent dans Timpuissance d'exécuter ce qu'ils ont promis ; qu'étant infiniment parfait^ il ne peut mentir , et quMI est, par conséquent, souverainement fidèle à ses promesses. Nous reconnaissons en même temps que toutes les créatures ne sauraient combler le vide tmmense de ndtre cœur ; que Dieu seul peut nous rendre véritablement heureux , et nous lui disons avec saint Augustin : a Vous nous avez faits pouf • vous, Seigneur, et notre cœur est dans le trouble et l'agit tation jusqu*à ce qu*îl repose en vous. » C'est ainsi, meâ
\ï) Per memetipsum furavi, âicitDominns. — ûen., xxii, 16.— GostodirH Jnramentnm quod juravft patribuft Véstrb... Ipse e^t t)eQs fortii « llâelis. Beat., Tii, S, 9.
ti) Qni elima proprio filia «no «on per^ftit, «éd prd tiobis omnibo» tndidU illnm^ qnoiBodo noft etiam tu» iUo omnia nobis donatUf Bom., viu» Ai.
enfants, que nous honorons Dieu par l'espéraùce ; tel est rhommage que nous lui rendons en attendant, arec une ferme confiance , de sa bonté infinie , la vie étemelle et les moyens nécessaires pour y arriver.
= D. Comment pèche-t-on contre l'espérance ? — R. On pèche contre Tempérance par présomption ou par désespoir.
Explication. — L'espérance est un devoir imposé par le Seigneur : « Espérez toujours en votre Dieu, » dit le prophète Isaïe. Elle est en même temps un bonheur , car il est écrit : a Celui qui espère dans le Seigneur est heureux. % L'espérance soutient les justes et les console ; et les pécheurs qui la pratiquent, selon l'esprit de TEvangile, y trouvent une ressource puissante pour sortir de l'état déplorable où le péché les a réduits. Mais, hélas I qu'il est grand le nombre de ceux qui ne profitent point d'une ressource aussi pré-> cieuse I Les uns en abusent en espérant trop, les autres y renoncent en n'espérant pas assez. Le péché que commettent ceux qui espèrent trop s'appelle 'jpr^omij^on ; le péché que commettent ceux qui n'espèrent pas assez s'appelle désespoir.
= D.' Comment pèche-t'en par présomption? — R. On pèche par présomptioD , en comptanl trop sur la bonté de Dieu ou sur ses propres forces.
Explication. — La présomption est une vaine et témé* raire attente des biens que Dieu a promis , quoiqu'on ne fasse rien ppur les obtenir. — On pèche par présomption , 4° en comptarU trop sur la bonté de Dieu : en persévérant dans l'iniquité, sous prétexte que Dieu est bon. « Le Sei* gneur ne m'a pas créé pour me perdre ; je me convertirai à la mort ; la miséricorde de Dieu est grande ; il aura pitié du grand nombre de mes péchés. » Est- il rare d'entendre tenir un pareil langage? Eh bieni mes enfants, tous ceux qui pensent et parlent de la sorte , pèchent oontre l'espé» rance par excès ; ce sont des présomptueux qui marchent à grands pas dans le chemin qui conduit à l'enfer, ils di*
sent : ff Le Seigneur ne m*a pas créé pour me perdrel » mais le Seigneur les a-t-il créés pour Toffenser ? et , en les tirant du néant, s'est-il engagé à laisser impunis les outrages qu'ils feraient à celui- qui leur a donné l'être et la vie? Ils disent : « Je me convertirai à la mort ; » mais si leur dernière maladie les prive de l'usage de leurs facultés ; si la mort vient les frapper subitement , et sans leur laisser le temps de se reconnaître, que deviendront leurs beaux projets de conversion? Ils disent encore : c La miséricorde de Dieu est grande, il aura pitié de la mnltitode de mes péchés I » Mais peuvent-ils ignorer que ce même Dieu leur a défendu de tenir ce présomptueux langage? peuvent-ils ignorer qu'il a prononcé cet oracle : « Ne dites point : la mi- « séricorde de Dieu est grande, il aura pitié de la multitude c de mes péchés; car son indignation est prompte, aussi bien « que sa miséricorde, et il regarde les pécheurs dans sa co- « 1ère (4). » Peuvent-ils ignorer qu'il a fait cette terrible menace aux pécheurs qui diffèrent de jour en jour leur con« « vemion : « Parce que je vous ai appelés, et que vous n'avez « point voulu m'écouter, je rirai aussi et je vous insulterai, c lorsque la mort fondra sur vous comme une tempête... « Alors ils m'invoqueront, et je ne les exaucerai point; ils me a chercheront, et ils ne me trouveront point, parce qu'ils c n'ont point choisi de vivre dans la crainte du Seigneur (2). » — On pèche par présomption , 2* en comptant trop sur ses propres forces : en s'exposant au danger d'offenser Dieu « parce qu'on s'imagine qu'on sera assez fort pour résister à la tentation. Telle est la conduite de tant de chrétiens qui fréquentent les bals et les spectacles, qui lisent des ouvra-
(1) Ne dicas : misericordia Domini magna est, multitudinis peccatorum meomm miserebitur. Misericordia enim et ira ab illo cito proximant, et in peccatores respicit ira Hlios. Eccl., v. S, 7.
(i) Despexistis omne consilium meum, et increpationes nieas neglexistis. Ego quoque in interitu Testro ridebo, et sobsannabo..., cum irraerit repentina calamitas, et interitus quasi tempestas ingruerit. Prov., I, tS, Î7.
ges cmire la loi et cootre les modiirs, qiû prétest Toreilleà des |>ropos liceacîeux , ei qui osent dire : Tout oela De me fait pas la moindre iaipressiou , je suis sûr de moi ; bieo œrtaiDemeQt il ne m*arr4vm*a aucun aocid^it. Comme si l*bomme était autre chose que faiblesse et misère , «omrne s*il n'était pas écrit : a Quiconque anse le dai^er , périra « dans le daoger (i) I d Hélas 1 mes enfonls* combien d'infortunés, comptant ainsi sur eux-mêmes, tombent tous les jours dans les plus déplorables excès I Téméraire présomption, qui pourrait dire les désordres et bs crimes que tu ne cesses d'en&nter à chaque instant ?
— B. Comment pèche-t'On par désespoir? — R. On pèdie par désespoir , en désespérant du pardon de ses péchés, ou eo se méfiant de la Providence.
Explication. — Le désespoir consiste à ne plus espérer les biens que Dieu a promis, parce qu'on se persuade qu'il est impossible de les obtenir. — On pèche par désespoir, 4" e» désespérant du pardon de ses péchés. Il n^'àrrive que trop souvent de rencontrer des hommes qui, s^étant souillés d'une multitude de crimes, refusent opiniâtrement de chercher dans la pénitence le remède à leurs maux, parce qu'ils s'imaginent qu'il leur est impossible de rentrer en grâce avec Dieu ; et on les entend dire, comme autrefois Caïn, après qu1l eut trempé ses mains dans le sang de son frère : Mon iniquité est trop grande pour que fen obtienne le pardon (2). C'est là, mes enfants, outrager la bonté de Dieu, celle de toutes ses perfections qu'il aime le plus à manifester aux hommes, et à laquelle il veut que nous rendions hommage par une confiance sans bornes. En effet, n'a-t-îl pas dit : a Je jure par moi-même que je ne veux pas la mort K de Timpîe, mais je veux que Timpîe se convertisse et qu'il « vive. En quelque jour querimpieseconvertissef sonim-
(i) Qui amat periculum, in iUo peribit. EccL, ui, S8.
(1) Major est iniquitas mea, quam ut Teniam merear. Gen^ ly, IB.
fpSélè ne loi nxûn point (i)t » N*a-44l |iasdil eaoore: ff Lavei^vwR, purMez-vous.^. e«i»eedelalre teinaA, appno- «■fzè ftiiTO lelMBB...; après «ela, vensE... q^and vos ff pécbés an'jfeiil eomme l^éa»*i<nite teiote deux fois, il» « deviendront bter^» «ornine la nage ; et qiMnd ils semeiii ff roBges eMmne le vermillon , Hs deriendroiit oomme la ff bîne hi plus blaMÉe (f ) t * — U est vrai qu'il a déelnré qu'il se moquerait à la mort ée ceux qui «BrakiH méprisé ses ÎDspiratioas pendant leur irîe ; qo'ik Tin voqueraient ea vain, qu'il ne {««caocerait pas. Mais Diea> ne se moque à bniort qnetletMiix ^s'opiniâlrent dans leur rébellion ; U w refose â*€%auoer que ceux qui l'invoquent avec un mau* vais eoeor ; mais i le owrtiDèma il de méprise pas un coeur pénétré en r^fai de tas laoles, un tsœor brisé de douleur et buonlîé ikivit liri. **- Féobeurs, qui que vous soyez, ne perdez donc jamab faspéniiice. Quelque grande qne sdl votre méobarieaté, rite est sosoepitble d'être mesurée ; la démence et la niisérioerde de dieu ve peuvmt l'être ; elles neeonwfssefil point de limites ; elles remportent done sur vôtres mécbaticeté. « Représentea-vons , dit samt Jean « Ghrysoslôme , une étineeHe quii tomba dans la mer ; « pourra-t-elle y subsister? pourra-l-on l'y apercevoir?
< Eh bien] ce qu'une étincelle est par rapport h la mer,
< voire mécb«9Hoelé Test par rapp(H*t à la clémence et à la « miséricorde de Dieu ; et ce a'est pas encore ass^ dire; t car la mer, quelque étendue qu'elle soit, a des bornes ; «mais la clémence et la miséricorde de Dieu n'en ont « point (3). 1^ — On pèche par désespoir, 2* en se méfiant <fe la Providence : en craignant de manquer des choses nécessaires à la vie, en s'inquiélant pour l'avenir par rapport
(t) Impiettsiapii nm mêÊébii m, ia qmàmmqm dto cfimwrsm faeril ab impietate sua. Ezech., xxxiii, 12.
(3) Si foerint peccata vestra ut coccinum, quasi nix dealbabuntur; et à fùerint ruj»ra quasi Termiculus, velul lana alba eruut. Isaîe, i, 48.
(3) s. Joau. Ghrys. De pœnit. Hom.^ m.
au boire et au manger, au vètemeot, etc. Celte métonce est un outrage feit à la bonté de Dieu ; celui qui nourrit les oiseaux du ciel et donne aux Us des champs leur riche parure, abandonnera-t-il Thomme qui est bien plus cher à son cœur (t ) ? — Ce serait toutefois tenter Dieu que d'espérer obtenir, sans rien^aire, ce qui regarde les besoins temporels. Notre confiance, pour être légitime» doit être accompagnée de travail et d'activité: aûfe-tot, dit le proverbe, et le ciel t* aidera ; mais le ciel n'aide pomtles hommes lâches, indolents et paresseux. — On pàche encore par désespoir, quand on s*îroagine qu'on n*aura jamais la toree de surmonter ses mauvaises habitudes; par exemple , l'habitude de jurer, de blasphémer, de se livrer à des actions honteuses. On peut tout avec la grâce, et la grâce n'est jamais refusée à ceux qui la demandent ; demandez, et vom recwre^rf^ Saint Augustin, dans le livre admirable de ses ConfessicnSf prouve, par son exemple, que celui qui gémit sous le poids de l'habitude la plus invétérée ne doit pas s'abandonner au désespoir. « Il en coûte, dit-il, de résister à la nature cor- « rompue ; mais ce combat se change enfin en une heureuse a liberté, et en une joie inexprimable. »
«D. Faîtes un acte dt espérance? — R. Mon Dieu, j'ai une ferme confiaDce, fondée sur vos promesses et sur les mérites de Jésos- Cbrisl, qu'en usant bien de vos grâces en cette vie, je vous pos» sèderai étérDellement dans Faiitre.
Explication. — Cet acte exprime d'abord le motif de notre confiance , qui est fondée sur les promesses de Dieu et les mérites de Jésus-Christ ; il exprime ensuite l'objet de notre espérance , qui est la possession de Dieu pendant toute l'éternité. Voilà le bonheur qui nous attend et sur lequel nous pouvons compter , si , en cette vie , nous usons bien des grâces que Dieu nous accorde ; si nous y coopé-
(1) Respicite volatilia cœli, quoniam non seront, neque metunt,neque congrcgant in horrea : et pater vestcr cœlestis pascit illa. Nonne tos magU pluris estis Ulis ? Matth., ti, 46.
roDS avec fidélité ; si, enfin, avec le secours de ces grâces , nous faisons ce qne Dieu nous commande et évitons ce qu'il cous défend.
TRAITS HISTORIQUES