‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 13 sur 114 · ILES DEUX ARABES · texte numérisé non relu

ILES DEUX ARABES

Jérusalem était, dans l'origine, un ch«imp labouré.; deux frères postaient la partie où depuis fut bâti le temple. L'un de ces frères étajt marié et avait plusieurs enfants ; Tautre vivait seul ; ils cultivaient en commun le champ qu'ils avaient hérité de leur mère. Le temps de la moisson venu, les deux frères lièrent leurs gerbes, et en firent deux tas égaux qu'ils laissèrent sur le champ. Pendant la Duitf celui des deux frères qui n'était pas marié eut une bonne pensée ; il se dit à lui-même : Mon frère a des enfants et une femme à nourrir, il n^'est pas juste que ma part soit aussi forte que la sienne ; allons, prenons dans mon tas quelques gerbes que j'ajouterai secrètement aux siennes ; il ne s'en apercevra pas et ne pourra ainsi les refuser. Et il fit comme il avait pensé. La même nuit, Tautre A-ère sjb réveilla, et dit à sa femme : Mon frère est jeune, il TÎt sans compagne, il n*a personne pour l'assister dans son travail et pour le consoler dans ses fatigues, il n'est pas juste que nous prenions du champ autant de gerbes que lui ; levons-nous, allons et portons secrètement à son tas un certain nombre de gerbes. Il oe s'en apercevra pas demain, et ne pourra ainsi les refuser. Et ils firent comme ils avaient pensé. Le lendemain, chacun des frères se rendit au diamp, et fût bien surpris de voir que les deux tas étaient toujours pareils ; ni l'un ni l'autre ne pouvaient intérieurement se rendre compte de ce prodige ; ils firent de même pendant plusieurs nuits de suite; mais comme chacun portait au tas de son frère le même nombre de gerbes, ies tas demeuraient toujours égaux, jusqu'à ce qu'une nuit, tous deux s'étant mis en route pour approfondir la cause de ce miracle, ils se rencontrèrent portant chacun les gerbes quMIs se destinaient mutuellement. Or, le lieu oà une si bonne pensée était venue à la fois et si persévéramment à deux hommes, devait être une place agréable à Dieu ; et les hommes la bénirent et la choisirent pour être une maison de Dieu (2).

(1) S. Joan. Ghrysost., hom. vi, in Matth. (S) Lamartine, Voyage en Orient.

Pendant ri)i?er de 1826, la rifière du Tarn s'étaat débordée submergea les deux prioctpam faubourgs de Moniaoban, et loa malheureux qui les habitaient se trouvèrent exposés aux plus grands dangers. A la première non velle de eet accident. Monseigneur de Cheverus, alors évêque de Montaubao, court sur les lieux, ùât préparer des barques pour aller au secours et enlever de leurs maisons ceux qui étaient, sur le poiol d'y périr. Bien tôt tous sont hors de danger et déposés eu lieu sûr v mais que vont-ib» devenir ? La plupart sont pauvres, sans asile comme sans pain. & Eh bien! mes amis, leur dit Monseigneur, le palais épiscopal esta vous ; venez-y U>us,îe partagerai avec vous jusqu'à mon dernier morceau de pain. » Ce fut en effet ce qui eut lieu ; le palais épiscopal fut tranfiformé eo hôpital ; plus de trois cents pauvres y furent reçus et répartis dans les différentes salies. Pendant tout le temps que dura TinondatioD) le bon évêque garda tous cesmalheureux^etea prit soin avec une tendresse de mère» Il les visitait plusieurs fois chaque îour, les nourrissait de son mieux, les servait quelquefois lui-même, el, quand les eaux s'élaot abaissées, la rivière étant rentrée ()ans son lit, ils purent retourner k leurs habitations^ il ouvrit une souscription en leur faveur ; il se mit en lôte et invita les riches à Ut bonne œuvre. Cet appel fut entendu ; une sonrune considérable fut déposée entre ses mains : il la répartit entre les victimes de rinondatioa suivant la mesure de leurs besoins, et tous les malheurs furent réparés» et tous les pauvres s'ea retournèrent cooiblant de bénédictions leur charitable évêque, ne sachant coouneat dire leur recoo- Baiflsaneeet leur amour (1). ^

CO^IBOTTE AMIIIABLB B^UH JIUHB ClIlâ.

Il y a environ douze ans, un jeune ecclésiastique , curé d'une paroisse située sur les rives eu Lot, aux environs de Villeneuved'Agea, donna à son pays Texemple d'un éclatant dévouement. C'était la fêle patropale de ^endroit : toute ^ population des environs s^y était pendue pour la célébrer. D'abondantes pluies avaient fait grossir les eaux du Lot, qui bouillonnaient dans leur lit comme

(i) Vie de Mgr de Cheverus,

K. Totit à omi^i, peoèmt que PoaclMuitftil P«ffiee (ks véj^nft, OA fm^ffêd éeft eria snistres : un toaui ieperd! de^ hommes se aoreat !!!... Le curé, sans perdre ub instant^ se précipite vers là porte de Téglise^ se dépouille (Je ses oroemerits sacerdotaux el de sa soutane, et, sans consufter fe danger, il se livre à la merci des flots pour sauver îes malheureuses victimes que Ton voyait encore à fa surface ! r! futte péniblement, mais ses efforts sont cooroimés; de soecès, el il ramène les imufragés Pm> après riQtrp, aux aeehimstioiis ées nombrevs spectateurs <le cette terpt* Mt scèoev Celte noble aetwo tennioée, le digne et ▼crlneiix ecdé* âMli^^ s^ va tEraBqtttUemeol repre»dre l'office i»lerronptt. G* bel aele de dévoueoeot ne devieura pas sana récompense : il ké valut une médaille dWde la part du gouvernement (i).

liBÇOM VI.

UB GOaHUNDEMElITS PB METJ.

-B. Quelle est la meilleure preuve que nous puissions donner à Dieu de notre amour f — R. Cest d'accomplir ses eommaode-

menls et ceux de son Eglise.

ExrucATioN. — Ce n^est poiat, mes enfants, par de simples paroles, mais par des effets, que Tamour doit être montré (2). C'est par les œuvres que Dieu veut qu'on lui prouve ramourqu*oi^a pour lui : a Quand on croit au bienf aimé et qu'on lui obéit, c'est alors qu'on raime, » dit saint leao Chrysostôme. — Telle est la régie de Tain^ur, tracée par Jésus-Cbrist lui-même : <r Si vous m'aimez, gardez mes < commandements ; celui qui garde mes commandements, « c'est celui-là qui m'aime (3). « Et encore : c Si quelqu'un

(i) le Prêtre et le médecin^ par le P. Debreyne, ^ vol. in-8», pag. 133.

(S) Non diligaïuf veibo » nefoe Uagoa , aai opan et larilate. L loaa^ m, IS.

(i) Si diligiliinK, MHidaU mea aenrale. Q«i Wral Maaéila nMa, a ttrvat ea, iUe est qui diligit me. Jean., xiy, 15, 21.

(( m'aime, il gardem ma parole (4) ; si vom gardez mea «commandements, vous demeurerez daiïs mon amoar, « comme J*ai moi-même gardé les commandements de mon « père, et je demeure dans son amour (2). « — Ainsi, mes enfants, c*est par une attention exacte à accomplir toutes les volontés du Seigneur et à ne rien faire qui puisjselui déplaire, que nous lui prouverons que nous Taimons ; et quiconque ne garde pas les commandements de Dieu et ceux de son Eglise, ne peut se flatter d*aimer Dieu ; de même qu'ua enfant ne pent pas dire qu*il aime son père, quand, a^ lieu de lui obéir, il se montre, envers lui, indocile et rebelle.

— D. Qu'entendez-vous par les Commandements de Dieu ? — R. J'entends par les commandements de Dieu, la loi que Dieu donna à Moïse sur le meut Sinaï.

Explication. — Le nom de loi vient ou de ligare, qui signifie lier, parce que c'est un lien qui attache et qui oblige à quelque chose ; ou de eligere, qui signifie choisir, parce que la loi montre ce qu'il faut choisir, c est-à-dire, quelles sont les actions qu'il faut faire et celles dont on doit s'abstenir.

Dès le commencement du monde, comme nous l'avons dit plusieurs fois, Dieu s'est révélé à nos premiers parents et leur a imposé des lois qu'Adam et Eve ont transmises à leurs enfants. Celte révélation primitive se trouvant presque anéantie par l'effet des passions. Dieu daigna manifester de nouveau aux hommes ses volontés. Trois mois après la sortie des Israélites d'Egypte, ils vinrent au désert de Sinaï. Du haut de la montagne, le Seigneur dit à Moïse : « Allez trouver le peuple, et ordonnez -lui de ^e ptirifier « aujourd'hui et demain ; cardans trois jours je descendrai a sur la montagne de Sinaï. Vous mettrez des limites au pied

(i) Si qtds diligit me, serraonem meum senrabit. Joan., iiv, 28.

(2) Si prœcepta mea senraveritis , noanebitis in dilectione inea, tkut et ego Patris mei pnecepta servaTi, et maaeo in cjus dilectione* Joan., zv, 10.

c de celte meotagae ai qiiiooiique les franchira sera paoî de € mort (4). a Le troisiéiBe jour étani arrivé, on commença ê entendre des tonnerres et à voir briller des éclairs. Une Doée tràs épaisse couvrit le sommet du mont Sinaï; le bruit effrayant de la trompette retentit de toutes parts, et le peuple fut. rempli de terreur. Le Seigneur appela Moïse et proclama sa loi d'une voix puissante et formidable » en présence de tout le peuple qui se tenait au pied de la montagne. Cela arriva environ 2500 ans après la création du monde.

=D. Combien y a-tM de commandements de Dieu ? — R. Il y a dix commandements de Dieu qu^on appelle le Décalogue, ou les dix paroles.

ExpucATioK. — La loi de Dieu est renfermée en dix commandements qu'on appelle le Décalogue. Décalogue vient de deux mots grecs qui signifient : les dix paroles ou les dix préceptes. (Aéxa, dix, et Xd^oç, parole).

Le peuple avait tellement été saisi de crainte et d'effroi, en entendant le son delà trompette et le bruit du tonnerre, et en voyant la montagne toute couverte de fumée, qu'il dit à Moïse : a Parlez -nous vous-même, et nous vous écoute- « rons; mais que le Seigneur ne nous parle point, de peur « que nous ne mourions. » Moïse répondit au peuple : ce Ne «craignez point ; car Dieu est venu pour vous éprouver, et c pour imprimer sa crainte dans vous, afin que vous ne è'péchiez point (9) ; » c'est-à-dire , Dieu vous a donné sa loi avec cet appareil terrible, afin de vous inspirer une terreur salutaire, et de vous porter h Tobserver avec plus de fidélité.

Moïse s'approcha ensuite de l'obscurité où Dieu était, et reçut la loi que Dieu avait écrite, de son propre doigt, sur

(ï) Exod., XIX.

(t)/6tV<.,xx, 19-10.

deux tables de pierre. Hais le peiqile, Toyasi tpie Mo$se diflérsit longtemps è descendre de la roonlagiie (il y avait qoarantejours qu'il y était monté), s'assembla autour d*Aa« ron ; el lui dit : « Paites-noos des dieux qui narcbent de^ « vant nous ; car notas ne savons ce qui est arrivé à Moïse. » Aaron leur répondit : « Otez les pendants d*oroiUes de V09 « fils et fie vos filles, et apportes-lesHnoi. » Les ayant reçus, il en fit un veau d*or (*).

Alors le peuple dit : « Voilà tes dieux. 6 TsraSH qui t*oni « tiré de TEgypte. » Aaron éleva ensuite un autel devant le veau d*or, et le lendemain le peuple offrit des sacrifices sur cet autel. Tous burent et noangèrent autour de cette idole ; puis, s'étant levés, ils jouèrent et dansèrent en soft honneur (2).

Cependant Moï$e ignorait ce qui se passait; mais le Seigneur lui dît : a Descends vers le peuple que tu as tiré de « l'Egypte, car il a péché (3). » Moïse descendît de la montagne portant les deux tables de la loi. Lorsqu'on approchant du camp, il vit le veau d*or et les danses, saisi d'indignation, il brisa ces tables au pied de la montagne, et,' prenant l'idole, il la mit dans le feu, la réduisit en poudre» et en répandit les cendres dans l'eau dont le peuple bu-< vaft (I). Il fit ensuite mettre à mort les plus coupables, el 9 en périt plusieurs milliers (5).

Moïse retourna sur la montagne pour obtenir le pardon du crime que le peuple avait commis ; et Dieu écrivit de nouveau sa loi sur deux tables de pierre que Motse avait préparées par Son ordre (6).

(1) £xod., nxn, i, S»

(2) Ibid^ XXXII» 4, 6.

(8) I&id,, XXXII, 7.

(4) !bid,, xxxn, 19-20.

(5) Ibid.j xxxii, 28.

(6) /6tc?., XXXIV.

»D. fi0fâÉn te tmnmtmâemeÊis ée hien^ iei» §dU km âmmmà lfoi<6 «tir l€ mmd Smai (i)» — R. Je «ii& io SHgMW loa IXi^ qui t'ai tiré de la tei:re <fEgypte, de la laai&oa de servitude*

L Tu n^aoras point de dieux étrangers devant moi ; tu ne feras aucODe ima^ taillée, nf aucune figure de ce qui eû eu haut an etel> of de ce qui e^i en bas sur la terre ou dans les e«ux ; toi M les adorerst pevot et ae les serviras point.

S. Tu ne prendras pecot eo nàn le nom du Setgnear ton Bîeti.

UI. Soaviens-ioî desasdifler le jour du Sabbal.

IV. Honore Iad père et ta mère, afin que tu vives loaglttops sur

la terre que te donnera le Seigneur tan Dieu.

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