A LA MORT
Le juste meurt avec tranquillité, parce qu'il espère que la mort, en le retirant de cette vie^ va l'introduire dans une vie meilleure ;
— iî —
et Paltentede la glorieuse récomj^Dse «qui lui est promise le rem- , plk d'une saiale joie. — C'est par Pefifet de celte espérance que sainl Paul, sur le point de terminer sa carrière, écrivait à son disciple Timothée : € Le temps de ma mort s^approche ; f ai livré un € glorieux combat; j'ai achevé ma course; j'ai gardé la foi; il ne « me reste plus qu^à attendre la couronne de justice et d^immorta- « lité. » — C'est par Tcffet de cette espérance que l'illustre saint Martin, évêqae de Tours, apercevant h sa dernière beiire Pennemi du salut, le miten fuite en hii adressant ces paroles : < Que viens- < lu faire ici, monstre sanguinaire? Malheureux ! tu ne trouveras « rien en moi : je vais être reçu dans le sein d'Abraham. » — Cest par l'effet de cette même espérance que saint Hilarion, étant près de descendre dans le tombeau, se rasssurait et s^encourageait, en se disant à lui-mômc « Sortez, ô mon àme ! pourquoi hésitez-vous? « H y a près de soixante et dix ans que vous servez Jésus-Christ, « et vous craignez la mort ! »
LE pI:rc ândkê.
Il y a » dit le cardinal de La Luzerne et avec lui tous les théokK . giens f une vertu que l'on rapporte ordinairement à l'espérancei chrétienne, quoiqu'elle ne soit pas précisément la même ; mais parce qu'elle y a de l'affinité. Cest la conCance en Dieu dans les évâiemeots de la vie. Elle ne compte pas, arec la même assurance que la vertu théologale de l'espérance, sur les biens tempera qu'elle désire, parce qu'Hs ne sont pas promis de même. Mais le diréiien qui «n est animé sait qu'ils sont , comme ies biens spirt» toels, dans ht main de Dieu ; que c^est de lui seul qu'il petit les recevoir et quf 1 d^it les attendre. ^ Voici un tonchant exemple de cmie religieuse confianee en Dieu. Il existe dans te Chili, à Valpa» nnso, tro vénérable religieux recoHel^ le père André, qui a demeuré vlngt-quatre ans au uirheu des sauvages. Toute la ville le respecte comme un saint ; il vH dans «ne grande paoïfneié; H n'a que m qu'on lui donne. « Il y a vhis^ ans , disait-fl on jour, que je ne pense jamais au lendemain ; le bon Dieu sait que je n'ai pas de quoi vivre, il doit donc me nourrir; et s'il ne me donne rien pour ma svbsistaiMe , il me donnera du mokm la ^ttenee 4e souffrir. »
DB LA CnAMTÉ.
= D. Qu'jest'Cê qui la ckarité? — B. I41 cbArilé est une vertu surnaturelle par laquelle oous aimons Dieu pour lui-même par dessus toutes choses, et le prochain comme nous-mêmes, pour Tamour de Dieu.
ExpucATK». — La chanté €St une vertu. Vous savei » mes^ofoBts, ce que ca mol signifie; nous vous Tavons expliqué en pariant de la foi et de Tespéranee. La charité est une vertu surmUurellô : noua ne saurions Ta voir de nousmêmes , mais « elle est répandue dans nos cœurs par le Sak^-Bsprtt (4). » La charité est une vertu surnaturelle par ImqueUe nous aimons Dieu ? c'est-à-dire , par laquelle noua attachons nôtre eœur à Dieu comme à notre souv^ain bien et à notre dernière fin (2) , comme à celui qui pouvant seul nous rendre parfaitement et étemdtement heureux » est et daU être le terme de tous nos désirs. N*est-il pas souve^ raiaement juste, mee enfants, que nous aimions le Seigneur notre Dieu ? N'es^K^e pas lui qui nous a tirés du néant , qui nous a formés? Or , n*est-il pas dans Tordre que Touvri^e atmeaon auteur, quand it a reçu de \vâ la faculté de le connattre et de raîiaar ? N'a-t*iJ pas envoyé son fils unique qu*il engendre de toute éternité , afin que ce fils adorable fût le rédempteur du monde? Cesse-t-il de nous combler chaque jour de ses bienfaits ? Y a-t-il dans notre Tîe tm seul instant qui ne soii marqué par ses laveurs ? Enfin ne veut-il pas nous faire le sort le plus magnifique dans la vî»
(1) Chantas dîfltisa est m cordibos restris , per Spbitimi sanctnm. Rom., T, 5.
{%) Par dernière fin, il faut «entendre le bien qu'on se propose d*ob' teifb> «« antqvel ontona, le lntn««icrfi«lMirappertete«»lf«%ieM particuliers, et dans la possesrfon dvqoelxm fixit cMNisterteut bob bwbMr*
éternelle ? Ne sont-ce pas là de puissants motifs de Taîmer ? — La charité est une vertu surnaturelle par laquelle nous aimons Dieu et k prochain. Pour pratiquer la charité dans toute son étendue, nous avons deux préceptes à rem^ plir : le précepte de Tamour de Dieu et celui de Tamour du prochain. « Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout a votre cœur, de toute votre âme et de tout votre esprit , » ainsi s'exprime Jésus-Christ dans TEvangile ; « c*est là le a plus grand et le premier commandement; et voici le « second qui est semblable à celui*là : vous aimerez votre a prochain comme vous-même (4). » Ces deux préceptes sont tellement unis , qu'on ne peut les séparer. « Ce sont , a dit saint Grégoire , deux anneaux d*une même chatne ; ff ils nous portent à deux actions différentes , l'une envers c Dieu , l'autre envers le prochain , mais c'est une seule « vertu : c'est un double mérite que nous acquérons devant « Dieu , et l'on ne peut obtenir l'un sans l'autre (2). » Il est impossible d'aimer le prochain comme il faut , c'est-à-dire, par rapport à Dieu , sans aimer Dieu lui-même ; l'amour de Dieu ne saurait non plus subsister sans l'amour du pro* chain. « C'est en vain , dit saint Jean , que l'on se flatterait « d'aimer Dieu que l'on ne voit pas , si l'on aime pas son a frère que l'on voit (3). » ^ Par la charité , nous aimons le prochain comme nous-mêmes. Aimer le prochain comme nous-mêmes , c'est lui désirer et lui faire , quand lious le pouvons, tout le bien que nous voudrions raisonnablement,
(1) DiUgei Dominnin Deam tuum ex toto corde tuo, et in tota anima (ba , et in tota mente tua. Hoc est maximum et primum mandatum. Secundum autem simile est buic : Diliges proximum tuum sicut teipsum. Mattii., ixu, $7-1».
(9) Duo iiti amores duo annuli sont, sed catena una ; dus aetiones » sed una Tirtus ; duo opéra, sed una charitas ; duo apud Deum mérita, sed unum sine alio inyenire iropossibile est. (S. Gregorius, apud Mérault» Mnttignemmt de la Ueligim^ tom. m, pag. 114.)
(t) Qui eQim non diligit fratrem suum quem tidet, Deum, ^em noa vidBt, quomodo poteM diligere? L Joan., gv» M.
«D pareille occaûoo , qu*on nous flt à nous-mèm^, et ne jamais lui faire volonlatremeDt et sciemment oe que nous ne voudrions pas que l'on nous fit. — Parce que nous nous aimons nous-mêmes , nous avons fort à cœur qu'il ne nous soit foit aucun tort ni dans notre personne, ni dans notre réputation , ni dans nos biens ; puisque nous devons aimer le prochain comme nous-mêmes, ayons donc grand soin de ne lui faire aucun tort ni dans sa personne, ni dans sa réputation , ni dans ses biens. — L'amour que nous avons pour nousmêm^ fait que nous sommes réjouis du bien et contristes du mai qui nous arrive ; puisqu'il nous est ordonné d'aimer le prochain comme nous.- mêmes, nous devons donc être à son égard dans les mêmes dispositions ; nous devons nous réjouir avec ceux qui sont dans la joie , et pleurer avec ceux qui pleurent.
=D. Qu*est'Ce qu* aimer Dieu par dessus toutes choses ? — R. Cest Paîmer plus que tout ce qui est au monde, et être prêt k mourir plutôt que de roffenser.
ExpLiCATioif. «^ Dieu étant le bien souverain, le bien infini , il doit être mis au-dessus de tout dans nos affections comme dans nos pensées. Nous devons l'aimer plus que foule autre chose, plus que nous-mêmes , et être en coosé*queoce toujours prêts à renoncer à tout ce que nous avons de plus cher au monde, même à notre vie, plutôt que de nous exposer à encdurir sa disgrâce. « Quiconque, dit « Jésu^Christ, aime son père ou sa mère, son fils ou sa fille « plus que moi, n'est pas digne de moi (4). » Donner dans son coeur, à quelque créature que ee soit , la préférence sur Dieo , ce serait tomber dans le désordre le plus énorme qu'il aoit possible de concevoir, ce sériât mettre le néant au-detsus de rêtre par essence; car, devant Dieu» tous les êtres sont comme s'ils n'étaient pas; il les regarde comme un néant ,
(1) Qui amat patremaut mairem plusquam me, non esl me dignus; et qui amat filium aut filiam super me , aon est me digous. Matth., x, 87.
parce <|iie kû «eol e^ cdtd qui ect (4). Noa seuleneat bous devoQS aimer Dieu plus qye tout ee qui est m^ moiMla; nous devons encore être prêts à mourir plulât qae de roffeoser, être cooslammenl dans la disposition que saint Pierre exprimait , lorsqu'il disait à Jéeus-Cbrist : « Je domie^raimavk pour vous (i). n Elre infidàle à Dieu pour sauver sa vie, c*eat perdre soa âme ; perdre la vie pour être fidèle à Dieu , c est sauver son âme (a). C'esl là ce qu'ont parfaitoment ooii4>rb les martyrs qui onl choisi les tourments el la mArt plutôt que d'abandonner le Se^ineur.
= D. Qu'est-ce qu'amer Dieu pour lui'même7 — R. (Tesl Paîmer à causes de ses perfection fùiîûies, qui le rendent souverainement aimable.
Explication. — C'est pour lui-même qpid Dieu doit être aimé , et non point pour la récompense attachée à la pratique de son amour. C'est ainsi que Faimait le saint roi David , lorsque , dans un saint transport , il s*^écrîaft : « Que <c désiré-je dans le ciel, ou qu'aimé-je sur la terre, qne « vous seul (4)? » Comme s'il eût dit : Je n'aspire ni aux biens du ciel ni à ceux de la terre , yd n aspire à autre chose qu'à vous seul. L'aoïottr cfti nait de ia reconoaissaaQe des bienfaits reçus et de l'espérance des biens prooûs «al louable sans doute , il est bon » il est saint; mail aimer Dieu pour lui*méaie, voilà le véritable amour,, l'aïadur parlait Or, mes enfants ^ aimer Dieu pour luUmâme, «^"est l'aimer a cause de ses perfections ininiea^quî le rendent souverainement aimable ; c'est t'aim»* pacce que la force est dans sa main, et que nul napeui résister à sa jU>ate*puissance i p^rœ
(f ) Ego San qfui miD. Bxoci^^ 14.
(2) ÀBimaa mtatm pr» tepoMm. Joml^shi» WL
(3} Qui ênlSi loloent aaimam floam sAl^am facefe» p^iftlet eam; nam qui perdiderit animam suam propter me , salvam faciet illam. Luc, IX, 34.
(4) Qnid entm aiihi ett iaes^t et a te f|ud tolui Mper tarram? DefecitcareiMay«toiriaMMi:Deoi€Ofdliaad.Fiid.,ux, SS.
-que sa science et sa sagesse n'ont point de bornes ; parce qull est fidèle dans tontes ses paroles, juste dans toutes ses voies , safnt dans toutes ses œuvres et tout resplendissant de sainteté [f] ; parce que tout ce qu'il y a de beau, d'aimable , de ravissant dans les créatures, n'est qu'une faib^e kt^e de sa beauté et de ses amabilités infinies. Lçs Séraphins rassemblés autour de son trône n'en peuvent soutenir l'éclat : « Je les ai vus, s'écrie le prophète Isaïe , qtii cou- « vraienl leur visage de leurs ailes , en £aisani retentir cet « hymne : Saint, Saint , Saint (i) , » éblouis par la magnîr .ficence de la gloire qui i environne. Enfin « mes enfants ^ las perfections ^t les amabilités de Dieu sont infinimeni au dessus de toute esipression. a Quel mortel pourra jamus K raconter toutes ses louanges (3j? Qui pourra sonder la profondeur inépuisable des richesses de sa nature? « Lorsque « l'homme , est-il dit au livre de l'Ecclésiastique « se sera < cru à la fin de cette recherche , U trouvera qu'il n'a ùH « que commencer : et lorsqu'il se sera flatté de pouvoir enfin t se reposer, il tombera dans un profond élonnement (4]. » —Que cette impuissance même nous excite a aimer ce souverain être, dont l'excellence est incompréhensible. Pratiquons un amour que tant de perfections nous commandent ; mais pratiquons-le d'une manière digne de celui qui en est l'objet. Aimons Dieu comme il veut et doit être aimé ; de tout notre cœur, de tout noire esprit * de toute notre âme et de toutes nos forces; de toutnûlr&c(BU7\ en lui consacrant toutes les affections de notre cœur ; de tout notre esprit ^ en lui consacrant toutes les pensées de notre esprit; de iîmte notre âme^ en lui consacrant l'usage que nous faisons, de
(1) Sanctiis ia emnibus (qieribos suis. Psai^ cxlix. Magoificii» in sanctitate. Exod., xv.
(2) Yelabant faciem»^. el damabani alter ad aitfiruutet dicebant : Sanctus, Sanctus, Sancius. Isaîe, vi, 2.
(3) Quis auditas Cndet omnes laudes cjus? PsaU, T, S»
(4) Gum consummavarit homo, tune incipiet; et cum quievectty a^ nabitur. Eccl., xvui, 6.
toutes les puissances (4) de notre âme ; de l<mtesno$ forces^ en nous efforçant de raimer chaque jour davantage ; en sorte que toutes nos pensées, toutes nos affections, tous nos désirs, toutes nos actions, aient pour motif et^ur fin Tamour de Dieu et le désir de lui plaire.
= D. Qu'est-ce qu'aimer leproclunn pour fom^tcr de Dieu? — R. C'est aimer le prochain dans les intérêts de son salut et de la gloire de Dieu.
Explication. — Le précepte de Tamour du prochain esl le précepte par excellence de THomme-Dieu , son précepte favori (2); l'abrégé, l'esprit, Tâme de son Evangile, Pessence de sa morale, la marque essentielle , le ciractére distinctif de ses disciples (3). Quiconque donc n'aime pas son prochain, quiconque le hait ou n'a pour lui que de Tindifférence, ne peut manquer de déplaire souveraineùient à Jésus* Christ, puisqu'il viole son précepte par excellence, et celui auquel il attache le plus de prix. — Hais quelle est la fin à laquelle doit se rapporter l'amour du prochain ? Nous devons aimer le prochain par l'amour de Dieu , c'est-à-dire, en vue de plaire à Dieu qui nous l'ordonne, dans les intérêts de son salut et de la gloire de Dieu. 4* Dans les intérêts de son salut: nous ne nous aimons véritablement nous-mêmes qu'autant que aous travaillons à être heureux, et nous ne pouvons travailler efficacemefnt à être heureux cfu'en nous attachant à Dieu, qu'en nous efforçant de mériter ta possession de Dieu ; pour accomplir le commandement d'aimer le prochain comme noqs-mêmes , nous devons donc portier le prochain à aimer Dieu et le conduire autant qu'il est en nous à ce souverain bien. Nous devons l'aimer V dans les
(1) Puissances, facnltés de rame : la mémoire, Fentendement et la volonté.
(S) Hoc est prsceptam meum, ut diUgatis invicem, sicut dilexi vos. Joan., XV, la.
(3) In hoc cognoscent omnes, quia discipuli mei estis, si dilectionem babùëritis ad invicem. Joao., siii, 35.
intérêts de la f^otre deDieu : c est-à-dire, désirer ^nil pratique toutes les vertus, qu'il lui arrive toutes sortes de biens; mais surtout quHI parvienne un jour au bonheur du ciel , afin qulci-bas il aime et glorifie Dieu, et qu'après cette vie il laime et le glorifie pendant toute l'éternité. — Il vous est facile de comprendre , mes enfants, combien sont éloignés de laccomplissement du précepte d'aimer le prochain pour Tamour de Dieu, ceux qui,^ au lieu de le porter vers Dieu^ tendent des pièges à son innocence, et empêchent son salut par des suggestions criminelles et de pernicieux exemples.
<^ D. Devàns-nous aussi aimer nos ennemis pour t* amour de Dieuf » R. Oui, noua devoDs aimer nos ennemis pour Tamour de Dieu, à fexe.mple de Jésus-Christ^ et parce que Dieu nous le commande.
Explication. — Par le prochain il faut entendre tous les '^ hommes, ceux que nous connaissons comme ceux que nous ne connaissons pas, nos compatriotes comme les étrangers ; ainsi nous devons aimer tous les hommes sans exception , même les infidèles , les pécheurs et nos propres ennemis. Ouï , mes enfants , si parmi nos semblables il en est qui se déclarent nos ennemis , nous ne pouvons pas leur rendre inimitié pour ipimitié ; nous devons les aimer à Vexemple de Jésus-Christ\ noire chef et notre modèle. Ce divin Sauveur n'a exclu personi\p de sa charité , non , pas même ses propres bourreaux ; avant d'expirer sur la croix, il a tâché de les excuser deVant son père, il lui a demandé leur grâce : « McÂpère, pardonnez-leur, iisne savent ce qu'ils foni(4').ii — Noiîs devons encore aimer nos ennemis parce qwe Dieu nom le commande : a Aimez vos ennemis, dit le Sauveur du «monde, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour cceux qui vous persécutent et vous calomnient (2). »Ët l'apôtre saint Paul, expliquant ce précepte du divin maitre, écrivait aux Romains : « Si votre ennemi a faim, donnez-
(1) Pater, dimitte iUis; non enim sciant quid facinnt. Luc,xxiii, 34. (i) Diligite inimicos festros, beaefacite bis qui oderunt tos ; et orate pro persequentibus et caloniliantibus tos. Mattb., 44.
tt iuî i mai^^ ; s'il a jsmf , docuies-liri à boire ;. . . ne vous d ki^ez pas vaincre par le mai , mais (ravaillesè vaincre (( le oifil par le bien (i ) .» — Si noos devons aimer nos ennemis, leur faire du bien et prier pour eux , à plus forte raison devons- nous pardonner au prochain les injures qu^ a pa nous laire. « Perdez le souvenir de toutes les Initires que (f vous avez reçues de votre prochain (1), ne rendez à per* « sooue le mal pour le mal , ne vsous vengez poml vousdC mêmes. ..; car il est écrit : C'est à moi que la vengeanoeest 4^ réservée, et c'est moi qui la ferais dit le Seigneur (3).» Ces dernières paroles nous font conoatlre que celui qui chercha à se venger usurpe le droit de Dieu, qui s'est r^rvé la vengeance; aussi le vindicatif sera- t-il rigoureusemeni puni. « Celui qui voudra se venger tombera dans la vengeancedu (( Seigneur, et Dieu lui réservera ses péchés pour jamais, » il s'en souviendra toujours,- et il les punira pendant toute rélemilé(4) — On vous a outragé, on vous a fait tort ; eh bien I gémissez et pleurez, non pas à cause de l'injure que vous avez reçue , mais à cause du coup que celui qui vous Ta faite a porté à son âme. « Pardonnez-lui le mal qu'il <( vous a fait , et vos péchés vous seront remis quand vous « en demanderez le pardon (5)-» Mais a si vous ne pardonnez a pas, Dieu ne vous pardonnera pas non plus vospéchés(6);» SI vous ne pardonnez pas à votre frère du fond du coeur ,
(1) Si esurierit inimiciis t«BS, cibft iliaiii: ■ wàH, p9tvm da iW
njoU Vinci a malo, sed vince in bono maliua. Bmb.« ^u, ^ *••
(2) Omnis iiyurise proximi De memineris. Sap., X, S-
1^3) NulUmalumpPomaloreddentea...n(mYO«netip«08defeDdfinle«... scriptnin est enim : mihi vindicla , eg^o retribuam , aU Dominus. Rom., XII, 17-lS.
(4) Qui vindicari vall, a Domino Inrontet Tindictam, et peccata iSiiis senransservabiLEocli^ xrrin, 1.
(5) Relinque proximo tuo nocenti te : et tune deprecanti tibi peccata soiventur. Ibid.j v, 2.
(6) Si autein nou dimiseriti» hominibus, Mt pi^er wertar diBiittfit vobis peccata vestra. M«tth^ v»i5. * ,
— if —
7MIS D'«9ez qa*i atfeodre les jasles effets de la eoiére dci^^'
Bur(i).
D. Ne peut-on pas alléguer piusieum prétextes pour se dispen" set de fardonner? -^R. Oui, sans doute, H on en allègue un grand nembrs ; mais ils soRt tous égalemeol vains el frivoles.
Explication — Combien de prétextes n*allègQe-t-on pas pour se dispenser de pardonner? Mais H n'esl rien depkis vara ni de plus frivole, comme \\ nous sera facile de !e prouver. ^
4** c Sa faute est trop grande, dit-on, il m'a manquétrop essentiellement. » Sa faute est trop grande! Mais quand vous avez offensé Dieu mortellement, i*injure n*est-etle pas mille fois plus grande? et cependant Dieu vous pardonne.
i* a II faut, ajoute-t-on, tenir son rang et savoir se faire respecter t » 11 faut savoir tenir son rang ! Mais Dieu n'esl«îl pas infiniment plus grand que vous?En quoi fait il consister sa grandeur ? h pardonner et à faine grâce.
3* « Si c'était la première fois . à la bonne heure , mais il m'a tant manqué que je ne ptiis le revoir. » Hélas ! combien de fois avpz-vous manqué à votre Dieu ? des millions de fois, peut-être; cependant, chaque fois que vous vous êtes jetés à ses pieds , il vous a reçus avec bonté et vous a pardonné.
4' « Toute autre chose , dit-on encore , je Toublierais volouliers ; mais cet outrage m*a été si sensible!,., cela est plus fort que moi. .. d Hélâs ! si Dieu en disait autant l s*it vous disait : tous vos autres péchés, je vous les pardonne, Qiais, pour celùi-cî, vous irez en enfer ; où en seriez-vous? Bsl-ce ainsi qu'il agit a votre égard ? H vous pardonne tout, géDérafement et sans réserve.
5* « Je pardonnerais à tout autre ; mais c'est qd hoamie qui me doit tout, que j'avais comblé de bienfaits... » Hélas I que ne devez-vous |^s à Dieu? vous lui devez la vie»
(1) Tradidit eum tortoribus sic et PateF meus coelesiis faciet
Tobis , si non remiseriiis unusi^iisque fratri suo de cordibus vestris. Matth., ivm, 34.
TexisteDce , tout ce que vous avez et tout ce que vous êtes ; cependant, a-t-il jamais refusé de vous pardonner, quand vous vous êtes jetés humblenoent à ses pieds?
6<^ a G*est lui qui ma manqué , ainsi c'est à lui de faire les premières démarches... » Hélas ! qui a manqué à Dieu^ n est ce pas vous ? Cependant, quand vous ne revenez pas» cesl Dieu, tout Dieu qu'il est, qui fait les premières démarches , et qui vous fait inviter à revenir à lui par ses ministres.
V « Eh bien I soit , je lui pardonne , mais je ne le verrai de la vie. .. » Hélas ! si Dieu vous en disait autant ! s il vous disait: je vous pardonne, mais vous n'entrerez jamais dans mon royaume , vous ne jouirez jamais de ma présence ; où en seriez- vous?
$" « Qu'il reste en paix , dit-on enfin , je ne lui veux point de mal...» Mais quand Dieu vous a pardonné, se contente*t-il de ne pas vous faire de mal ? il vous invite , vous reçoit et vpus fait asseoir à sa table ; il vous y sert les mets les plus délicieux ; il veut que les anges et les hommes se réjouissent avec lui de votre retour. Tenez donc la même conduite à regard de celui qui vous a manqué; pardonnez-lui généreusement , totalement et sans réserve ; ne vous contentez pas^de ae point lui vouloir de mat, mais faites-lui tout le bien qui dépend de vous, « afin que vous soyez les enfants « de votre père qui est dans le ciel, qui fait lever son soïeil « sur les bons et sur l^s méchants, et qui fait pleuvoir en « faveur des justes et des injustes... Soyez parfaits comme m votre père céleste est parfait (4}. d
r=:D« En quoi consiste P amour que nous devons porter à nos ennemU ? — R. C'est un amour d'indulgence et de bienfaisance.
ExpucATioN. — Le trait suivant vous fera comprendre , mes enfants, quelle est la nature de Tamour que nous devons avoir pour nos ennemis :
(I) Matth., V, 48.
LeGrand-KandeTaiiarie, KÎDki^Han-Ouian , avait im fils et tiD ami. Son ami était un sage et un philosophe, assez éclairé pour un Tarlare , qu'il avait tiré du seio de la mi* sère et élevé* aux premières dignités de son empire. Son fils était un mauvais sujet, né avec un penchant rapide et eiTréné pour tous les vices. — Le Grand Kan prie son ami de se charger de l'éducation du jeune prince, qu'il aime tendre-ment, malgré ses vices et ses défauts. Le philosophe , sen^ sible et reconnaissant envers son bienfaiteur, accepte la oommissioB, et transporte au fils une partie de l'affection qu'il a pour le père» — Pour rendre ses leçons plus efficaces» il commence par éloigner son élève des sources de dépravation qu'il trouvait à la cour, et il se met à voyager avec lui. Il arrive à Agra, capitale du Mogol, où son mérite lui concilie bientôt l'estime et la bienveillance du monarque indien. Le philosophe , admiré et applaudi , n'eut d'autre ennemi dans la cour du Grand Mogol que le jeune monstre qn'il promenait avec lui , et dont il s'efforçait en vain d'adoucir les mœurs, d'éclairer l'esprit et de rectifier le caractère. Le prinôe tartare le dénigre et le calomnie journellement; il attente plus d'une fois à sa vie, tantôt par le fer, tantôt par le poison. Lephilosophe, plus attentif à veillerasa sûreté , ne cesse point de s'intéresser avec le même zèle^et le même soin au fils de son souverain et de son bienfaiteur» qui trouve enfin le moyen d'assouvir sa rage et de plonger tin poignard dans le sein de son matlre. — Le philosophe, sanglant et frappé à mort , ouvre ses yeux mourantaet voit son malheureux élève qui va être livré à toute la rigueur des lois, et finir son abominable vie dans l'ignominie et dans les supplices, Son âme sensible et généreuse s'émeut : il ne voit dans son assassin que le fils de son souverain , de son ami , de son bienfaiteur ; il recueille ses forces défaillantes pour aller se jeter aux pieds du monarque indien» pour lui demander, par l'amitié dont il Thonore , que son jneurtriersoit renvoyé au monarque tartare, son père etsoa Jitge» 11 l'obtient et il expire, content et satisfait d'avoir été
Mêle et reooQiimssafit josqu^à son dernier sonpîr envers mn bienMleur et son roi. — Le philosophe aimait son eo* nemî, puisqu'il s'spplîqaaît à lui faire du bien ; cet enâenii n'avait rien d'aimable par lui-même, puisque celait un nsoDStre à tout égard. Cet eùnemi, odieiix en lui-mèroe, était cependant cher à oe philosophe, parée que ce philo* sopbe voyait, dans son ennemi , d*intimes rapports avec son souverain et son bienfaiteur qui lavait chargé d*aimer ce monstre. — Tel est, en allégorie, Tamour des ennemis prescrit par TEvangile ; tel fut , en réalité , Pamour de sakil ; Etienne pour tes bourreaux qui le lapidaient. — L'Evangile ne prescrit pas, envers les ennemis, un amour de penofaanl sensibie, de tendresse sympathique ; mais un amour d'i»dukgraceei de bienfaisance». ., amoor qu'il est possible d'ao^ oorder à an ennemi, soit en vue des rapports qu'a cet ennemi avec le créateur, qui est son père et son juge comme le nôtre ; soit en vue du maître adorable qui ooaunande cel amour, et qui adroit, comme notre Dieu, oomme notre père; comme notre bienfaiteur, de régner sur toutes nosafieo* tiens ; soit en vertu des récompenses attachées à cet amour généreux , et qui doivent éternellement nous dédommager au centuple de la petite violence que notis faisons à noa sentiments.
«= D. Quel hommage rendons-nous à Dieu par la charité f — R. Par la chanté, nous nous altadioos à Dieu comme à Tèlre souverainemenl aimahte, el nous reconacHssoni^que rtea^ parait les obgets créés, se doit être armé que par ra|iporià lui.
Explication. — Par la chanté, nous rendons à Dieu fa plus grande gloire que nous puissions loi rendre, puisque, par Texerctce de cette vertu, nous le préférons, à cause de ses infinies perfections , à foutes les créatures, à nos inclina (ions les plus chères , et à notre vie même, et nous nou9 attachons à lui comme è fétre souverainement grand, son- ▼eraînement beau . souverainement bon , sourerahiemenl aimable. Nous reconnaissons en même temps que rîen^ parmi tes objets créés, ne doh être aimé que par rapport è
Dka : c*flBl-à-dîn qm aeiift Mmom nos frares miîqiieineiit en vue de plaire à Dieu^ qui les a créés à son image et qui nous ordonne de les aiiner ; el les autres créatures » parcç que c'est Dieu qui les a faites ce qu elles sont , et que c*e8t de lui qu'émane tout ce que nous y apercevoiia de beau el â*aimable.
s=D. Comment pè€hê't'<m cmiire la tharitê? — R. On pècbè coii^tre ta charité, en aimant les créatures de préfértoce à Diett, el en faisant eu déstraot au procbâin ce que dous ne veodrioiis pas qu'on nous fît ou qu'on nous désirai à nous-mêmes.
ExpLicATioir. -» On pèche contre la charité envers Dieu j lorsqu'on aime quelque chose de préférence à Dieu ; par exemple, si on cherche son bonheur dans les richesses, les dignités, fes plaisirs des sens, au lieu de le chercher uniquement en IMeu ; ou bien si on s*aime soi-même plus que Dieu, si on s^afme de (elle sorte qu'on préfère sa propre satisfaction a raccompîissement de la volante de Dieu. — On pèche contre la charité envers le prochain, en lui faisant ou en lui désirant ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fU on qu*on nous désii^t à nous-mêmes ; par exemple, si on lui ténrôigne du mépris, de la froideur, de Tindifférence ; si on refuse de lui rendre service ; si on ne prend pas sa défense eonlre ceux qui l'attaquent injustement \ si on désire qu'il perde l'estime de ses frères, sa santé, sa fortune, un procès; qu'il ne réussisse pas dans son commerce ; qu'il échoue dans telle entreprise. lî est évident que, dans tous ces cas, el dans mille autres semblables, on n'aime pas le prochain comme soi-Hnême, ainsi que l'ordonne la loi du Seigneur. Toutefois, un fittpérteiir , un roahre pourrait , sans violer le précepte de la dMinté, se moofrrrfrold vis-à-vîs d'un inférieur qui aurait manqué à ses devoir^ d'une manière grave , ne lui répondre que d'une manière sècbe el brève , passer mèoia auprès de loi sans le saluer » pourvu toutefois qu'il se proposât uniquement de le faire rentrer en lui-même et de lui faire sentir ses torts» et que b hatoe, le ressentiment, le
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mépris n'infltiasseDt absoiumeiit en rien sur cette maDière d'agir.
=^'D. Faites un acte de charités — B. Mon Dieu, je vous aime souverainemeol pour Yous-même , et mon prochain comme moimême pour Pamour de vous.
Explication. — D'après loul ce que je viens de vous dire, mes en&nts, vous pénétrez sans doute lesensde toutes les paroles dont se compose celte formule d'acte de charité* J^wi DieUy je vous aime : oui mou cœur est attaché à vous , comme à mon souverain bien et à ma dernière fin ; souverainement : je vous aime plus que tout ce qui est au monde, et je suis prêt à mourir plutôt que de vous offenser ; pour vous-même : je vous aime à cause de vos perfections infinies, qui vous rendent souverainement aimable ; et mon prochain comme moi-même : j'aime aussi le prochain, ô mon Dieu! j'aime tous les hommes , sans excepter ceux qui se soui déclarés mes ennemis; je les aime comme moi-même, et je leur désire et suis disposé à leur faire, quand j'e le pourai, lout le bien que je voudrais qu'ils jne fissent ; pour ïamour de vous : j'aime le prochain , parce ,que vous me l'ordonnez et que je veux vous obéir en tout ; je l'aime dans les intérêts de son salut et de votre gloire ; puissent tous les hommes vous servir ici- bas avec fidélité et parvenir, après cette vie, au bonheur éternel I — Ces paroles, vous les récitez noatin et soir dans vos prières ; n'oubliez jamais qu'il ne suffit pas de les dire de bouche, mais qu'elles doivent partir d'un cœur véritablement embrasé de l'amour de Dieu et du prochain*
=D. Quelle est ta plus parfaite des tmis vertus théologaiesf — R. La plus parfaite des trois vertus théologales est la c^té.
Explication. — La charité est la plus excellente des trois vertus théologales, pour trois raisons : 4* Parce qti'elfe est raccomplissement de toute là loi (4), qui se réduit à ce seul
(1) Plénitude legis est dileetio. Rom., xiii, iO.
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comniBiideiiieiit: « Vous aimerez le Seigneur voire Dieu do ff tout votre cœur , el le prochain comme vous-même pour < Tamour de Dieu. « 2* ^arce qu'elle est Tâme de toutes ie& autres vertus, et que c'est d'elle qu'elles tirent tout leur mérîte. « Quand je distribuerais tout mon bien pour nourrir € les pauvres , dit saint Paul, et que je livrerais mon corps « pour être brûlé, si je n'ai la charité, tout cela ne me sert «de rien (4].» 3"* Parce qu'elle subsistera éternellement dans le ciel, tandis que la foi et l'espérance n'y auront plus lieu. La foi n'aura plus lieu dans le ciel, parce qu'alors nous errons , à découvert et sans voile , ce que nous croyons maintenant sans le voir et sans le comprendre ; l'espérance n'y aura plus lieu non plus , parce qu'alors nous posséderons pleinement et pour toujours le souverain bien que nous désirons et que nous espérons maintenant.
— D. Quand sommes-nous obligés défaire des aUes defoi^ d*es^ pérance et de charité'! — R. Il faut faire ces actes le plus tôt qu'il est possible, après avoir atteint Tàge de raison ; quand il arrive quelque forte tentatiOD ; quand on se reconnaît en danger de mort ; de temps en temps pendant sa vie, et même tous les jours pour plus grande sûreté.
Explication. — 11 faut faire des actes de foi , d'espérance et de charité, 4* Le plus tôt quil est possible, après avoir atteint Vôge de raison : parce que , dès ce moment, il y a obligation de se porter vers Dieu et de se le proposer pour dernière fin. Quel plus bel usage, d'ailleurs, l'homme peut M foire du premier instant de sa raison , qu'en protestant à Dieu qu'il croit a sa parole, qu'il espère en ses promesses et qu'il l'aime de tout son cœur? 2° Quand il arrive quelque forte tentation contre la foi , l'espérance ou la charité : un acte de ces vertus est un acte de résistance ; c'est déclarer qu'on a en horreur le péché dont la pensée se présente à
(1) Et si distrihaero in çibos pauperom ottmes facultatcs inea8,et8i tradidero corpus meum ita ut ardeam, charitatem autem non habuero» qUiU mibi prodest. I. Cor., xm^ 3.
TespHI, et il n*en faut pas ààrwitag&jHmr metlr» le Mmo» etk fuite. 3* Quand m se sent m dofnger de nmri : e*«8t i^ers que lennernî du sarlot redouble ses attaques, et qui! fout lu^ opposer uue fol vive , ooe espérance ferme et un an^nf' amour pour Dieu ; c*esl afors qu'A faut se rappeler ce» paroles de Fapôtre sainl Jean : « C'est par la fol que l'on € remporte la victoire sur le monde (4), » et s*écrier avec le psalmîste: a Comme le cerf soupire après tes eaux, de même « mon coeur soupire vers vous, ônK)nDîefi(î)] » A^Detempi en temps pendant sa vie , et même tons fes jours pour phs grande sûreté : c'est le moyen de ne point être condamné au tribunal de Dieu pour avoir manqué à un devoir aussi m^ portant et aussi essentiel.
D. La récitation du symbole rî^est-etle pas un acte de foi et d^espérance, et celle de Voraison dominicale^ un acte d^espérance et humour de Dieuf — R. Oui.
ExpucATioif . — <c Nous sommes obligés , sans doute , dit Bergier , de faire de temps en temps des actes de foi , d*espérance et de charité ; mais il est bon d*avertir les fidèles que la récitation du symbole est un acte de foi; que, quand ils disent : Je crois à la vie élemelle , c*est un témoignage d'espérance ; qu'en disant à Dieu, dans roraisondominicald: que votre nom soit sanctifié, que votre volo7ilé soit faite ^ ils font un acte d'amour de Dieu. La prière, en général, est un acte de religion > de confiance en Dieu , de soumission à sa providence (3). » — L'auteur du Prêtre sanctifié s'exprime, sur ce sujet , d'une manière non moins formelle : « Pour ce qui regarde les trois actes des vertus théologales , avant déjuger indignes d absolution ceux qui les ignorent , il faut examiner s'ils savent au moins le symbole des apôtres el Toraison dominicale , s'ils savent et comprennent passable-
(1) Et haec est Victoria quae Tincii mondum fides nostra. I. Joan., v, 4. (S) Quemadmodiun desiderat cenriu ad fontes aqitanim, ita desiderat anima mea ad te Deav. Psal., ili, 1.
(S) Dict. de Théologie^ an mot Acte.
AMI Facto dftoMKriUon.EBelfel, k enede est aanirénieitl ODCxceUeot aeled« foidetoiis ks mysl^res que ebacuo est obligé de eroire , aoîl de nécessilé de moyen , aolt de nécessité de précepte. Le pater est une priéi'e qui renCernoe J'e»* pérance ; car deeidtideratt-on dea grâces à celui en qui on a'espèrerait pas ? Ce mot Père montre le fondement et le motif de Tespérance , savoir , la bonlé divine. L*acte de OQOtrUion est un acte de chanté parfaite... Si donc le péniteiil aaU le credù^ le pater et rade de eomtniion , iguolit-U d*aUleursles foroiules des actes, maintenant en usi^e, des vertus théologales , U n*est pas indigne d'absolution. Ces foroftules n'étalent pas usitées il y a un certain nombre d'années; aucun de ceux qui sont nés avant 4720 n'&à a jamais entendu parler. Voud riez-vous donc pour cela coodanmer tous ceux qui ont vécM avant cetie époque, et aussi tous les pasteurs , comme ayant négligé une chose eaieiitielle à iaJusUficalioD et au salut (t ] ? » — Mgr Gous* set, archevêque de Reims, dans sa Justification de la Théo* logie morale de saint Liguori (2), adopte le sentiment qui vient d'être exposé. Ne pouvons-nous pas ajouter que celui qui a bien pu apprendre le credo , le p(Uer et tacte de contrition, pourra facilement, avec un peu de bonne volonté, graver dans sa mémoire les formules des actes de foi , d'espérance et de charité , telles qu'elles sont usitées aujourd'hui , et qu'il y aurait au moins une certaine honte à ne pas s y appliquer au plus tôt.
!►. VE^S0 9ceorrte-t-etle ^uelquef faveurs spirituelles à ceux 9» se montrent fidèlts à faire des actes de foi , (Tespérance et de ekurité? — R. Oui, FEgiise leur acconfe plusieurs indulgences.
ExFUGATioR. *" Afin de porter les fidèles à produire souvem des aeles d# fot » d'espérac^tf et de charité, les souvepontlies Benoit XIII d Benoit XIY ont attaché des
(1) Le Prêtre sanctifié par la juste, charitable et discrète adminiS'- ^itimdMMxrmnemtdepémteneMfiaflilL, (S) Un TOI. in-SS pag. 2ia.
indulgences h la pieuse récitation de ces actes, dontHs D*ont prescrit d*ailleurs aucune formule particulière. Il suffit donc de réciter ceux qui se trouvent dans le catéchisme , pour participer aux indulgences suivantes :
4" indulgence plénière , à perpétuité , et applicable aux âmes du purgatoire , pour les fidèles qui auront fait dévotement , chaque jour , pendant on mois , les actes de foi, d'espérance et de charité, au jour de ce mois où s*étatit confessés et ayant communié , ils prieront pour la paix entre les princes chrétiens, Textirpation des hérésies, et Texaltation de notre mère la sainte Eglise.
2^ Indulgence plénière, à Tarticlede la mort, pour ceux,, qui auront gardé cette sainte pratique tous les jours de leur vie.
3** Indulgence de sept ans et de sept quarantaines , également applicable aux âmes du purgatoire , chaque fois que Ton fait ces actes , soit dans le même jour , soit à différents jours (1).
TRAITS HISTORIQUES
FERVEUR DE l\M0UR QUI EST DU A DIEU.
Le vrai culte de Dieu, c'est l'amour. Dieu ne veut pas seulement que nous obéissions à ses commandements, mais que nous lespraliquioas avec amour; que nous soyons passionnés pour sa loi;..que nous mettions à l'observer le mêuje empressement que nous ' mettions h pratiquer le mal. Voyez les apôtres : ils ont entendu la voix de Jésus-Christ, et^àrinstant, ils ont Ipul abandonné pour le suivre. Yoilh le caractère de Tamour. — Voyez les chrétiens delà primitive Ëglise qui demeuraient à Jérusalem : ils renonçaient à tous leurs biens, et avec eux aux sollicitudes et aux embarras de la vie, pour s'attacher exclusivement k Dieu dans la roéditalion continuelle de sa parole. Voilîi le caractère du divin ammir. — Voyez Madelaine pénitente : à peine une étincelle deoefea divin est tombée dans son àme ; elle n'est plus maltresse de ses transports ;
(1) Manuel des principales dévotions auxquelles sont attachées des indulgences f par M. Tabbé Giraud, pag. 40.
il faut €[u*elle les manifeste publiquement, qu^elle accoure aux pieds da Sauveur, qu^elle les arrose de ses larmes^ y répunde des parfums. Eh ! combien encore les mouvements intérieurs de son âme, qui n'avaient que Dieu pour témoin, étaient plus passionnés que tout ce qu^elle laissait paraître au dehors (1) ! »