DES VERTUS THÉOLOGALES
D. Sujffii'Uf pour être sauvé y de croire tes vérités que C Eglise nmuenseignef — R. Noo, il faut eDCore pratiquer les vertus chrélienoes, et observer fidèleiaent les commaDdemeots de Dieu ei^de l'Eglise.
Explication. — Pour être sauvé , pour aller au ciel , il ne suffit pas, mes eufants, de croire les vérités que TEgiise nous enseigne , et qui sont renfermées en abrégé dans le symbole des apôtres ; il faut encore mener une vie sainte, c est-à-dire pratiquer les vertus chrétiennes, et garder fidèlement les commandements de Dieu et de TEglise. Ce n*est qu'à celui qui observe la loi , que la vie éternelle est promise : «K Détournez- vous du mal et faites le bien, » dit le pFophéte-roi (i) a et vous aiu^ez une demeure éternelle. »
(1) Déclina a malo, et fac bonum; et inhabita in secolum seculi. PsaL XXXVI, 27.
->^y Si vous voirez entrer dans la vie, dit Jésus-Christ, « gardent Jm cmiamodMm^U (^)«»
D. Les vérités de la religion et les préceptes de la religion doivent donc rester étroitement tmlsf *- R. Otti, telle a été évidemment rinteotioo de Jésus-Christ.
ExpLicATioif . — Ea parcovrant rEvan^le, n»us y voyons qu*à côlé des vérités révélées par Jisus-Chri&l, sa trouvent toujours les maximes de conduite; et, lorsque ce divin Sauveur chargea ses apôtres d aller annom^r sa religion dans tout Tunivers, il ne leur dit pas seulement : « Allez, instruisez ce toutes les nations ; » il ajouta *• « Apprenez-leur à observer « toutes les choses que je vous ai prescrites (2). » Pourquoi doDc séparerions-nous des choses qui, dans l'intention de Dieu , doivent rester étroitement unies , tes vérités de la religion et les préceptes de la religion? Nous croyons les vérités de la foi, parce que c*est Dieu qui nous les propose; mais n est*ce pa.s Dieu qui noits prescrit les œuvres de la foi ? Celui qui nous a dit : «Vous aimerez le Seigneur votre « Dieu de tout votre cœur, de toute votre flme et de toutes « van forces ; vous sanctifierez le jour qui lui est consacré ; « vous honorerez votre père et votre mère ; vous nadéro- € berez point ; vous ne commettras aucune injustice ; » n*est pas autre, sans doute, que Celui à qui nous devons de connaître Texcellence de la nature divine, Tœuvre de sa toutepuissance dans la création et la conservation du monde, les desseins de sa miséricorde dans Tincarnation de son Verbe. Nous croyous des mystères que nous ne comprenons pas, parce qu'il nous parait tout à fait juste et raisonnable de croire à la parole de bien ; mais est-il moins juste , est*il moins raisonnable d*obéir aux commandements de Dieu? Dieu est-il moins saint, quand il commande ou qu'il défend, qu'il n'est vrai quand il enseigne? Son autorité est-elle
(1 ) Si vis ad vitam ingredi, sérva mandata. Matth., xix, 17. (2) Ite, docete omnes gontes». docentes eos senrare omnia qaœcumque mandavi vobis. Matth., xxxvui, 19-20,
axHodre quand il <Mi de faire aœ loboae ou de m pas la faire , que quand il dit de croire ? Noos croyons, parce qu'il est écrit : « Celui qui ne croira pas sera condamné (4) ; » maie il est écrit aussi «que l*baiBine ne recueillera que ce qull f aura semé (2); que chacun sena jugé seloo sea œuvres (3); » et il n'est écrit nulle part que la foi toute seule suf&se poiMr le salut ; le contraire même est écrit daos les termes les plue elairs et les plus formds ; « La foi sans les «auvre^^ » dil I apôtre saint Jacques » «est une foi morle (4). a
D. Qm^eshce que la vertu en générai ? ^ Oa enteadliar vertu ttoe boaoe habitude de Time, qui lui doooe nmi seulMuent rioelinalioû au bieD, mais eocore la ibciliié de le produire.
EiPLtcATHMc. -*- Le mot vertu veut dire laroe. Dana Ibomme, la vertu est la force de l'âme ; il faut de ia foroe et du courage pour foire ie bien , a cause des passions qui BOUS tyrannisent et qui nous entratneot eontinueMecneiil au mal. Voilà pourquoi Jésus-Christ oous dit : « Le reyaume f des deux sou^e violence, et c est par la force 4|u*en peut c en faire la conquête (o). » La vertu est une bonne hùbitwk de rame; c*est^à-dire, quelque chose dlotérieur et d'inhéreal à Tâme , une modification ou qualité de Tàme qui y réside d'une manière fixe et permanente* ^^ La vertu esi une bonne habitude qui, non seulement incline l'Ame à bien agir, mais qui lui en donne la £stcilité ; et cette inclination devient plus vive, celte facilité plus grande, à proportion de la répétition des actes conformes à la nature de cette bonne habitude. De même que Tusage de jouer desinstru^ menls , de parler une langue, d'écrire, de calculer, elc, donnent de 1 aisance et de la facilité pour ces divers actes, de même l'usage de la vertu incline et dispose de plus en plus au bien et en facilite la pratique.
(1) Qui autem non crediderH, condemnabitar. Marc, xn, IS
(2) Quae enim seminayerit homo, hœc et metet. Gai., vi, 8.
(3) Reddet unicntque secundum opéra ejus. Maith., xvi, 27.
(4) Fides sine openbus mortsa est. Epist. cath« B. Jac., ii, 96.
(5] Regaumcoelonm wipatitor,etviolenti rap(UfitiUud.MaAtli^xi,il»
D. Combien y aH^il de soHes de vertus ? — R. il y adeux ser* les de veriusy les vertus MtareUes et les fertus chrélieones oa sarnatureUes,
Explication. — Les vertus naturelles sont celles qui 9'acquiéretit par les seules forces de la nature et qui dis- {posent aux actions conformes à la droite raison. Un homme sans religion peut avoir des vertus naturelles ; un incrédule, un impie peut être doux , patient , compatissant ; il peut observer à Tégard du prochain les r^Ies de la justice ; mais ^^es vertus n'étant point appuyées sur les lûotifo(t) que propose la religion et n'étant point animées de la foi qui peut seule les rendre méritoires , elles ne peuvent mériter tout au plus que des récompenses temporelles. Saint Au^slin démontre, dans plusieurs de ses ouvrages, Timperfection des vertus enseignées et pratiquées par les phi* lofiopbes ; il fait voir que la plupart étaient infectées par rorgqeii et la vaine gloire, qu'aucune ne se rapportait à Dieu , et ne pouvait , par cmiséquent , mériter une récompense éternelle.
Les vertus chrétiennes ou surnaturelles sont celles que Dieu , par sa grâce» produit et forme en nous , et qui ont pour appui et pour base les grands motifs de la religion , les perfectioiM infinies de Dieu , le désir de lui plaire , de mériter une récompense étemelle , de participer aux mé* ritesd'un Dieu sauveur, etc. (2).
D. Combien y a-t-il de sortes de vertus chrétiennes ou surnaturelles? — R. Il y en a de deux sortes, les vertus morales et les vertus théologales.
ExpLicATion . — Les vertus morales sont celles qui tendent directement à régler les mœurs, c'est-à-dire les actions libres des hommes.
Il y a un grand nombre de vertus morales : les princi-
(1) Motif, raison qui détermine une personne à agir.
(2) Tout ce que nous venons de dire sommairement se trouve développé dans la leçon de la grâce, à la fin de ce volume.
pales s*appeIleDt vertus cardinales. Il y a quatre vertus cardinales : la prudence , la force , la justice et la tempé^ rance. La prudence est une veHu qui nous fait connattreel choisir les moyens propres pour aller à Dieu et procurer s» gloire. La force est une vertu qui nous fait surmonter tous les obstacles qui s'opposent à Taccomplissement de notre devoir , et souffrir tout plutôt que d offenser Dieu ou de s'exposer volontairement è Toffenser. La justice est une vertu qui nous fait rendre à chacun ce qui lui appartient et nous empêche de faire au prochain le moindre tort. La tempérance est une vertu qui nous fait user avec modération et avec sagesse des biens temporels. Ces quatre vertus s'appellent cardinales, du mot latin oardo, qui signifie gond , parce que toutes les autres vertus morales roulent et reposent sur elles comme sur une base solide , de même qu'une porte repose et route sur les gonds qui la soutien*nent. A la prudence se rapportent \a prévoyance de l'avenir, la ctrcof»5pec/ton sur toutes les circonstances présentes, la précaution contre les obstacles à la vertu, ladt/t^enc^ou la sage promptitude à exécuter ce que commande la prudenceii A la justice se rapportent la religion , la piété , Vobéissance^ la reconnaissance, la franchise, V affabilité^ Vhumilûéf Yhomiéteté, etc. A la.force se rapportent la magnanifnitéy Ui longanimité, la patience, la fermeté, V ardeur davisle bien^ la constance f la persévérance; enfin, à la tempérance se rapportent la mortification , la chasteté , la douceur , la démence , Yaustérité , la modestie , etc.
Quelle que soit rexcellence des vertus morales , eHes le cèdent aux vertus théologales dont nous allons parler.
D. Combien y a-t-it de vertus théologales ou divines? — R. Il y a trois vertus théologales ou divines , qui soot la foi , Tespérance et la charité.
Explication. — Théologal vient du mot grec ôeoXoyixdçle^ quel signifie : qui a Dieu pour objet, qui se rapporte à Dieu* II y a trois vertus théologales ou divines, savoir : la foi, Tea^
ftomce et la charité. Ces iroh ve^im sont tellement néce»i saires , que quiconque ne les possède pas et n'en produit pas des actes, fiepeatparveniraueiel.-^4*Pour parvenir an oiel , il faut avoir la foi : « Celui , dit lésus^brist , qui « croira et sera baptisé , sera sauvé ; mais celui qui ne m eroira pas sera condamné (l). Celui qui ne croit pas est « déjà jugé (2). » — « Sans la foi , dit Tapôire saint Paul , c il est impossible de plaire à Dieu (3). » — 2* Pour par* ▼eoir au ciel , il faut avoir l'espérance. « Espérez dans le « Seigneur ; » est-il dit au livre des psaumes (4). a Espé- # rez toujours en voire Dieu ; » ce sont les paroles du pro» phète Osée (6). -** « C'est nous , » dit le grand apôtre , a qui « sommes la maison de Jésus*Christ , pouvu que nous con* « servions jusqu'à la fin une ferme confiance et une attente « pleine de joie des biens que nous espérons (6] . d — 3"* Pour parvenir au ciel^ il faut avoir la charité. « Vous aimerez «le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute € votre âme , de tontes vos forces et de tout votre esprit... € Yeus aimeres le pi»cbain comme vous-même ; » ainsi s'exprime Jésos^ïhrist dans TEvangile (7). — « Si quel* « qu'on , dît saint Paul, n*aime point notre Seigneur Jésus- € Christ, qu'il âoii anathème (8) ; » c*est^à*dire, retranché de la société des fidèles.
D. Pourquoi les appelle-t-on théologales ou divines? — R. Parce qu^ellefi oot Dieu pour objet prîoeipal et immédiat.
Explication. — L'objet d'une vertu est ce sur quoi
(i) Qai cradiderit et Iwptiiatiis f uerit «Ivat «rit; cpii vero noa oeadiderit, condemnabititr. M^irc, xvi, 16.
(2) Qui non crédit, jam judicatus est. Joan., m, 18.
(3) Sina fide impoiûbile est plaeere Deo. Heb., n» 6* {♦) Sperate in Domino. Psal., iv, 6.
(5) Spera in Deo tuo semper. Osée, xii, 7.
(6) Si fiduciam et gloriam spei usque ad finem firmam retineamus. 9al^., UH a«
(7) M«U,» xiu, 37, 99.
(8) Si qui« non amat Dominum nostrum Jesum Cbristum, sit aaa* fbema. 1. Cor., tvi, St.
s'exerce celle vertu ; ainsi , Tobjet de Iq foi est ce que nous croyons; Tobjet de Tespérance est ce que nous espérons ; Tobjet de la charité est ce que nous aimons, etc. — Les vertus morales ont pour objet les actions que Dieu commande , les moyens de lui plaire et d'arriver un jour au bonheur de le posséder. L'objet de la religion, par exemple, en tant que vertu , ce sont tous les actes soit intérieurs , soit extérieurs, qui tendent à honorer Dieu. Mais lobjet des vertus théologales, c'est Dieu lui-même ; il en est lobjet principal et immédiat , c'esWà-dire qu'elles se rapportent à Dieu avant toat , et qu'elles s'y rapportent directe* ment et sans intermédiaire. Toutes les fois que Ion fait un acte de ces vertus , c'est Dieu lui-même que l'on considère, que l'on a en vue; c'est de Dieu d'abord et avant tout qu'il s'agit.
D. Ptmrguoi dites'-wmi que ces vertus imt Dieu pour objet pnn* dpal et immédiai ?«— R, C'est que par la foi bous croyons ea Dieu» par l'espérance nous espéroi» de k posséder, et parla ebaritî > TaimoQS.
Explication. — Par la foi , nous croyons non pas à un homme ou à un ange, mais è Dieu et à sa parole, parce qu'il est la vérité même » incapable de se tromper ou de nous induire en erreur ; ainsi , vous le voyez , mes enfents , Dieu est l'objet direct et immédiat de notre fol. Par Pespérance , nous espérons de posséder non pas des biens frivoles , des richesses périssables , mais Dieu lui-même , et nous nous confions h ses promesses, parce qu'il est fidèle à les remplir ; ainsi Dieu est l'objet direct et immédiat de notre espérance. Par la charité , nous aimons le prochain sans douta , mais Dieu avant tout et de préférence à tout ; ainsi Dieu est l'objet direct et imnïédiat de notre charité*
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