‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 3 sur 114 · PRUDENCE DE SAINT MARTIN · texte numérisé non relu

PRUDENCE DE SAINT MARTIN

Auprès du monastère de Marmouliers , fondé par saint Martin, aux environs de la ville de Tours, étaient une chapelle et un autel qu'on avait érigés sur le tombeau d'un prétendu martyr. La dévotion attirait un grand concours de peuple en ce lieu. Mais saint Martin ne voulut point y aller prier qu'il n^eût constaté la vérité <les reliques qu'on y vénérait, et, dans cette circonstance, comme dans mille autres, il donna Teiemple d'une prudence consommée, il commença par s'informer, auprès des anciens de son clergé, du nom de ce prétendu martyr : tout ce qu'on put lui dire ne servit qu'à augmenter ses doutes. Un jour, enfin, il se rendit sur le tom* beau, accompagné de quelques uns de ses religieux, et pria Dieu de lui faire connaître qui avait été enterré en cet endroit. Alors il aperçut à sa gauche un spectre hideux auquel il commanda de parler. Le spectre obéit, dit son nom, et le saint évêque sut, à n'en pouvoir douter, que c'était un voleur supplicié pour ses crimes, que le'peuple honorait comme martyr. Il fut le seul qui vit le spectre; les autres entendirent seulement sa voix. 11 fît aussitôt d^olùr l'autel, et par là mil fin à la superstition dans laquelle le peuple se trouvait engagé par une vieille erreur (1).

FORCE d'aME de MADAME DE CHANTAL.

Le temps d'établir la jeune Frémiot était venu. Ses vertus, plus encore que son nom, la font rechercher. Un jeune homme, d'une naissance illustre, jouissant d'une grande fortune, se présente. Tout parle en sa faveur : il occupe dans le monde un poste distingué ; sa réputation est intacte ; il possède toutes les qualités aimables; tout, en un mot, le rend digne de fixer le cœur de celle à laquelle il désire s'unir. Les deux familles sont bientôt d'accord, et tout se prépare pour une union prochaine. Mais la jeune Frémiet iipprend que celui qui recherche sa main est calviniste; c'en est assez : le seul nom d'hérétique fait évanouir à ses yeux toutes les belles qualités qu'elle avait reconnues en lui; et, rétractant hautement la parole qu'elle avait donnée, elle proteste qu'un ennemi de

(1) Sulpice-Sévère ; Vie de saint Martin.

l^lise, quel qu'il soil, ne iera jamais son époux. En Tain 05 loi fiût espérer que^ matlresse du cœur de celui qui veut s^uoir à elle, elle pourra le couverlir. Elle ne cesse de répéter que jamais un diadple de Calvin ne verra sa destinée unie àla sienne, et qu'elle sacrL fierait mille fortunes, plutôt que d'exposer sa foi. — Plus tare, elle épousa le baron de Chantai, et mourut en odeur de stio* Ielé,eni74i(i).

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