‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 40 sur 114 · TERRIBLE PUNITION D*UN PARJURE · texte numérisé non relu

TERRIBLE PUNITION D*UN PARJURE

Il existe en Angleterre un monument qui éternise le souvenir d*UB parjure puni subitement, et d^ine manière terrible. Une femme avait acheté des légumes; vo^'ant qu^elle ne payait pas, on lai demanda ta modique somme dont il s'agissait : c Que Dieu me

(i) Levit., XIX, 12»

ûfOÊt la mort, «UtneUe, si je n^ai p^is payé ; > et tout à coup elle l«iDbe sass BMUvemenl el .sans vie. Les magistraU arrivent; on trouve dans la maixi de cetie oialbeureuse femme la somme d'argent qu^elle avait juré avoir donnée. Le gouvernement fît élever uo monument dans le lieu même, et ce fut pour fa po^érité une grande leçon contre le parjure (i).

PiUUGRAPHË TROISTëME.

BU JUr%EHEI«T CONTRC LA JUSTICE.

«D. Qu^ est-ce que jurer contre lu justice ? — R. C'est s'engager,, paraeraent, à iaixe une chose mauvaise ou injuste.

ExFLicATiow. — AÎB^ , mcs enfants , 5*enga@er par serment à tirer Tengeamce d'ime injure, à inciter oa à mattraiter le prochain, à oommtfttre nne action tionteuse, etc^ c'est jurer contre la justice et commettre un péché énonae. En effet, si la simple promesse ^*one obose mairvaise ou ÎDJune est défendue, cooafoien la faoté s'est-elle pas plus grave, st à celte promesse on ajoute ie serment, si on interpose la garantie de Bimi ? iPnendre Dieu è témoœ <{iie Tcm fera une chose mauvaise en ii^te , (^ Ton comnaettra, par conséquent, un péché , n'est-ce pas outrager audacieosement celui qui e^ la sanUeté par essence , et qnt déteste souverainement ! raiqutté ?

^D. F a-t U tfmjours obligation de tenir aux promesses qu*on a faites par serment î — R. Oui, si la chose promise est bonne ; si, au contraire, elle était mauvaise, on ferait un nouveau péché en tenant sa promesse.

Exfi.icjiLTioii. — Lb promesse est un acte par lequel une pmonne transporie à une autre, pour l'avenir, un droit >Qr qoelqa'aDe de ses actions on sur nme chose qui lui <PP«rti»U CeM doue qui violerait sa pnomesse, enlèverait

ft) Hérault; Enseignement de la Religion, tom. V,i>ag^ 4*'.

à la personne k qui il Ta faite un bien qui lui était deveiui propre, et se rendrait , par conséquent, coupable d*inju8tice. D*après ce principe, qui est fondé sur la droite raison, il est évident qu*il y a toujours obligation de tenir ce qu*on a promis, si la chose promise est bonne ; et si, à la promesse qu'on a faite, on a ajouté le serment , Toblîgation de Texéculer est plus stricte encore, parce qu*on ne saurait y manquer sans manquer à Dieu que Ton a pris pour garaol et pour caution. — Je dis, mes enfants, si la chose promise est bonne : car si elle est mauvaise , la promesse qu*oD a faite est nulle ; le serment, qui ne peut exister qu*avec l'engage* ment, puisqu'il en est la confirmation et le sceau, est également nul, quoiqu'on ait grièvement péché en le faisant; et si on tenait à sa promesse , on commettrait un nouveau péché. Ce qui est mauvais de sa nature ne peut jamais être permis; et, dans aucun cas, le serment ne saurait être un lien d'iniquité.

Nous lisons dans l'Evangile (4) qu'Hérode Antipas , fils d'Hérode, tétrarque de la Galilée , promit avec serment , à -une fille légère et impudique, appelée Salomé, pour prix de quelques pas faits avec grâce devant lui, de lui accorder tout ce qu'elle demanderait ; elle demanda et obtint la tête de Jean-Baptiste , et la porta à Hérodiade^ sa mère , qui se fit un jeu barbare de lui percer la langue à coups d'aiguille. Le serment d'Hérode fut un crime, et il en commit un second en exécutant sa promesse.

Un jeune homme, appartenant à une famille riche et occupant dans le monde un rang distingué, épris d'amour pour une fille de basse extraction et de mœurs dissolues, lui a promis avec serment de l'épouser ; cette promesse ei ce serment sont également nuls, parce que ce jeune homme n'a pu promettre validement ce qui était de nature à affliger profondément sa famille et à la déshonorer , Thonneor d'une famille étant une propriété dont aucun de ses mem-

(1) Màtth., XIT, 7-11.

t^resQ^a le droit de disposer (4). -— Lucie , à la suile d*uiie violente querelle avec Berthe, sa voisine, fait sermeol de ne jamais lui parler et de ne jamais mettre les pieds dans sa maison. Quelque temps après elle accepte une invitation qui lui est faite par Berthe, et elle le peut sans se rendre cou* pable de parjure, parce que son serment, ayant manqué de justice, a été nui (2).

Une promesse faite même avec serment n*oblige point non plus, si la chose, quoique bonne en soi, est devenue impossible ou très difficile, à raison du changement des cir* constances. Par exemple, vous avez promis de donner ou de prêter dans un an une somme d*argent à une personne ; il vous survient un malheur que vous n'avez pu prévoir, qui vous met dans le besoin ; vous êtes dispensé , dans ce cas, d'exécuter votre promesse. — La personne à qui vous aviez promis le mariage devient infirme ; elle perd ses biens ou sa réputation ; vous êtes par là dégagé de votre serment. Votre fils, que vous aviez juré de punir à cause de son inconduite, se corrige de lui-même, il devient sage et docile; vous n'êtes plus lié par votre serment.

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