DU SEBMENT DES SOCIÉTÉS SECRÈTES
Les sociétés secrètes doot il s'agit ici sont les illumnés d'Allemagne, les radicaux d^Âogleterre, les communeros d'Espagne, etc, etc. Comune on ne peut pas imaginer de fléau plus à craindre pour la religion et pour PElat que de pareilles sociétés, et que ce qui en fait la force ce sont leurs serments et leurs secrets pleins de malice et de fureur^ il n'est pas étonnant que TEglise les ait condamnées et frappées d'aoathèroe. Voici quelques passages d'une
(1) Ratio est quia non potest sine peccato contrahere cum infami, ex c^ju matrÛBooto lequitiir iamiliœ dôdeciu. {Ca$u8 conscientiœ^ de manr dûto Benedieti XIV frcpoiiti et résolutif i toL in*ia. Àugwta Vindelicorum, 1771, pag. 1«.)
(S) Catus eonicientiœ^ etc., pag. 43.
Mte qoe pab^, à œ sojet, le 15 nwra 4tt5» It pipt Léoi XII ?»^ c Après avoir pris Tavis île «os wéeéraMcs Irèm l60 irardisaoi « de k saiote EgUse fonitae, de ootre propce «oufemeol, de sotie « seience eerUrne ei après de mûres réflexions, nous défendons c pour toujours» et sous ks peines infligées dans lés bulles de nos f prédécesseurs,.... toutes tes associations secrètes, tant celles qui « sont formées maintenant que ceMes qui pourraient se former i a l'avenir... C'est pourquoi nous ordonnons à tous et à chaque « chrétien^ quelque soit leur état, leur rsiOg, ou feur professioB,... c de ne jamais se perrneltfe , sous quelque piélexte que ce soi c d*eolTf r dans tes «usdites mctélés, et cefai sous peine dTcseofl»c œunicatbn dans laquelle oeoi qui auront costrevettu k cette « défense tomberont par k fakciéme, sans qu'ils puisseiU iamais « en être relevés que par nous ou nos successeurs, si ce n'est en « danger de mort.«.. Nous condamnons «uriout et nous déclarons c nul le serment impie el coupable par lequel ceux qui entrent dans f ces associations s'engagent à ne révéler à personne ce qui regarde c ces sectes et & frapper de mort les memlires de ces associstîons c qui feraient des révélations h des mipénenrs eedésiastiqu» on « laïques. fTést-ce^as, en effet» un crime que de TQgaréer conmie c un Hen obfigaloire, en sermeat, e*e6t-è-dire uo aete qoi doit m c faire en toute justice, et où <%pendant m s'engage k coregneUit c un assassinat et à mépriser l'autorité de ceux qui, étant chargés
< du pouvoir ecclésiastique ou civil, doivent connaître tout ce qui c est important pour ht retlgron et la société et ce qui peut porter
< atteinte à leur tranquiHilé? N'est-il pas indigne de prendre Dieu « k témoin de semblables attentats? Les Pères du concile deLatran « ont dit avec beaucoup de sagesse qtt^ ne faut pas considérer
< comme serment , mais plutôt comme paijure, tout ce qui a été c promis au détriment de l'Eglise et centre les règles de sa tradi- € lion (i). » — Le souverain Pontife Pie IX, dans seti encyclique du 9 novembre 4846, après avoir parlé des monstrueuses erreon et des artiices par lesquels les enfants de ce «èete fctft unegaent si acharnée k fa religion catliolique,^ ladmne autoHtéde PE^iee, à ses lois, et s'efforcent de fouler aux pieds les droits de Sa puissance loit eodéstad^qve, soit civile, eonënue eo œs termes : « Tel « est te but de ces sectes sociétés, fniicB'étt seia des Aénèlifes» « pour la TU^ de 1a religion et des £l«ls, Boeles d^à pKinieias fH»
(i) Cionc. Lateran.
« eoBifanmées par tes PoiHtfes romakis nos prAdéeenettre dsliy c leurs lettres aposH)lk|ties (i), lesffwiles, par k f>lémliMte de notre « poîssaoee apOKStolkiiie, nous confirmons, f oulanl qifdtes soient < obser?ées arec grand soin. «
no ssnmaT nss GAnMiiAai on mAncs-iiAçon.
c Les carbonari sont divisés en petites réunions appelées ctfrc/(;s ou ventes. Us ont des ventes particulières , des ventes centrales , de hautes ventes, el une vente suprême confondue, dans une mystérieuse profondeur, avec une espèce de comité diclalorial coostilué en izouyernemenl provisoire. Les ventes des carbonari se composent chacune d'un nombre qui nVxcède pas vingt membres oa bons cousins. EUes ont chacune un président, un censeur et un député. Les députés de vingt ventes particunères composent une vente centrale, et chaque vente centrale a elle-même un député qui communique avec la haute vente , laquelle a également un émissaire accrédité près de la vente suprême, ou, selon l'expression vulgaire, près du comité-directeur. — Tout carbonaro^ porte Parlicle 55 des statuts, doit garder le secret de V existence de la charbonnerte, de ses signes y de son règlement et de son but. L'article 60 , titre v^ est ainsi conçu : Le parjure^ toutes les fois qu*xl aura pour effet de révéler le secret de la ckarbonnerie, sera puni de mort. Le récipiendaire jure de ne pas chercher à connnaiire les membres des autres cercles et de ne pas révéler, sous peine de mort, les secrets qui lui seraient confiés. Lorsqu'un membre a manqué à ce dernier point de son serment^ il est jugé par ses bons cousins, et Pun deux est désigné pour le frapper. Afin d'accomplir cette mission sanguinaire , ou d'exécuter tout autre forfait commandé par la vente supérieure, des poignards sont remis gratuitement aux carbonari. Pour épaissir encore mieux l'ombre qui les couvre, les carbonari n'écrivent rien ; ils se transmettent tout verbalement , soit entre eux, soit de province h province , par l'entremise d'une foule de bons cousins qui, sous le titre apparent de com m ir- voyageurs, se transportent aux frais de la société sur tous les points où les appel-
(t) C^mtnt XH , Contt In emtf¥mti.--9€fM^ XIT, Gom^ Proviens. — Pie VIll, Gonst. Ecclesiam a Jesu Christo.— Léon XII, Const. Quo graviom.
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leal les ordres du comilé-directeur. O» agents Tagabondi!, ces courtiers de la révolte, ont, pour se faire recoooaitre des cbf fs ée fentes près desquels ils sont envoyés , une moitié de carte iMzarrement découpée, et qui s'adapte à Tautre moitié envoyée par le comité-directeur aux meneurs de la province. — Les carbonari obI, en outre, des mois d^ordre, des mots de passe, des mots sacrés. 11$ ont des saluts qui consistent à relever et à incliner Pavant-bras droit , le coude appuyé sur la hanche ; ils ont des attouchements mystérieux, soit en indiquant le cœur avec Tindex comme signe interrogateur, soit en se prenant à la main de manière à former certaine iellre. Les mots speranza et /ecfe, jetés comme par hazard dans un entretien ; le mot de carila articulé par syllabes séparées que se partagent les interlocuteurs en les proférant alternativement, sont aussi le préambule usité de toute ouverture entre les bons cousins. — Les obligations et le but des carbonari sont premièrement : d'obéir sans examen aux ordres souverains intimés par la vente suprême dont ils doivent s'abstenir de scruter le sanctuaire impénétrable, et, secondement, de tout entreprendre pour conserver la liberté à main-armée, c'est-à-dire pour renverser le gouvernement... Ils versent 5 francs lors de leur admission, et 1 franc par mois... Telle est la foi et l'hommage du ban et de farrière-ban des vassaux révolutionnaires; telles sont les redevances, les corvées, les dîmes, les prestations stipulées dans cette nouvelle féodalité, plus humiliante, plus odieuse mille fois que celle contre laquelle on ne cesse de déclamer... Là, du moins, on ne se servait point de poignards; là, on ne s'engageait point par «rborrîbles serments à verser le sang d'un frère (i) ! » — On ne s«iurail douter que les carbonari , francs- maçons, et tous les membres des sociétés secrètes ne fassent un grand péché , en jurant de garder des secrets qu'ils ne connaissent pas, qui peuvent compromettre leur conscience en matière grave, et les exposer à la mort éternelle. Ce n'est donc pas sans raison que les souverains pontifes ool condamné la franc-maçonnerie et défendu sévèrement d^entrer dans ces coupables associations. — Ce qui vient d'être dit du carltonarisme s'applique aussi, du moins en partie, comme nous l'expliquerons bientôt, au compagnonnage, qu'un auteur appelle avec raisoft \ik franc-maçonnerie du peuple. Il se passe, dans la réception des compagnom, des choses évidemment entachées de superstitioa ei
(1) Plaidoyer de Jf. Marchangyt dans t'aflàire de la Rochelle.
de sacrilège, ahni que ratlestent plusieurs éeriTaios d%MS de M | eo y prèle un serment tout à fait illicite, etc.