‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 47 sur 114 · DES IMPRÉCATIONS · texte numérisé non relu

DES IMPRÉCATIONS

-D. QiCesi'Ce que les imprécations ? — R. Les imprécations sont des paroles de haine ou de colère par lesquelles on souhaite, à soimême ou au prochain, la mort, la damnation, ou quelque autre malheur.

Explication. — L*imprécatioQ est un discours par lequeF, dans un mouvement de colère ou de haine , on souhaite quelque malheur à soi-même ou aux autres ; par exemple » quand on dit : Que je meure ; que le diable me confonck: îw'tJ me brûle ; qu*il f emporte ; que le tormere t'écrase... — On a aussi recours aux imprécations , afin de faire croire plus facilement ce qu on avance, comme quand on dit : Si ^ fi est pca vrai, je veux être pendu ; que je meure à Tmis* ^ même , si je vous trompe ; quil n*y ait jamais de para'- ^pour mot, si je ne dis pas la vérité. -— L'imprécation ^ le contraire de la bénédiction : bénir quelqu'un, c'esl lui souhaiter du bien, c'est demander que le ciel lui soit T^oe; faire une imprécation contra quelqu'un, c'est te otaudire , c'est le vouer au malheur.

— «tî —

=D. Les imprécations sont-elles un péché ? — R. Oui, les imprécations sont un péclié, et même un grand pécbé, quand od souhaiie sérieusement à soi ou à autrui un mal grave.

Explication. — Les imprécations sont un pécbé et uo très grand pécbé ; 4" Parce qu'elles sont évidemment opposées à la cbarité. M*est-ce pas être eoDemi de soi-même, cruel envers soi-même, que de se soubaiter la mori , la damnation ou quelque autre malbeur ? N'est-ce pas manquer de la manière la plus essentielle à 1 amour qae nous devons au prochain , que de faire contre lui des soubaits Duisibles et d'appeler sur sa tête les maux les plus horribles et les plus affreux ? 2° Parce qu'elles outragent, de la manière la plus sanglante, le cœur de Dieu , le cœur du meilleur et du plus tendre des pères , en invoquant sa toutepuissance contre des créatures qu'il chérit. — Ce qui vient d'être dit ne s'applique point aux imprécations faites d'une manière non sérieuse , par jeu , par plaisanterie ; mais il est toujours à craindre qu'il ne s'y glisse quelque faute, à cause des expressions plus ou moins inconvenantes dont on poar« raît se servir. Lemieux est de s'abstenir avec soin de toute espèce d'imprécation.

=D. Que faut-il penser des malédictions des pères et des mères contre leurs enfants ? — R. Les malédictions faites sérieusement sont UD grand péché de la part des parents ; mais les enfants doivent craindre beaucoup de se les attirer.

Explication. — Les malédictions que les pères et ks mères font oontre leurs enfants sont encore plus criminelles que les autres, à cause du scandale qui lesacooaapagiie.Ne sont-elles pas, d'ailleurs, directement opposées à ramoor et à la tendresse que les parents doivent avoir pour ceux à qui ils ont donné le jour ? C'est, sans doute, une obligation pour eux de les reprendre et de les corriger , mais il faot qu'ils le fassent avec calme et avec douceur, et jamais avec emportement et avec colère. — Les enfants doivent, de leur côté, faire en sorte de ne jamafe donner à leurs pères el

mères Toccasion de les maudire , de faire contre eux des imprécations ; car quoique les parents, en faisant ces imprécations, se rendent coupables, Dieu les exauce quelquefois dans sa colère : témoin ces eofents dont parle saint Augustin, lesquels ayant été maudits par leur mère, qu'ils avaient outragée , furent a Tinstant même saisis d*un tremblement horrible de tous leurs membres, et condamnés à parcourir la terre , errants et vagabonds , pendant plusieurs années.

TRAIT HISTORIQUE

LES EKFANTS MàUDITS PAR LBUR MÈRE.

Une dame de Césarée, en Cappadoce, d'un rang distingué^ ayant été outrage et iosattée par ses eofants, ne put souffrir cette injure. BùTê d'elle-mêine et transportée de coière, elle les oondutsit aux fonts baptismaux, et là leur donna publiquemeal sa malédiction. CeUe mère irritée fut exaucée, pour son malheur et pour celui de sesenfaols. Deux d'entre eux, Paul et Pallade^ furent ausiitôt saisis d'un tremblement général de tous leurs membres. La bonté et Phorreur de leur état portèrent ces enfants maudits à quitter leur patrie, el ils furent un spectacle de terreur dans les différentes régions de Pempire romain, qu'ils parcoururent. Paul et Pallade Tinrent heureusement à Hippone. Tous les habitants de celte ville torent effrayés en voyant le tremblement convulsif qui les agitait sans iotemiption. Mais saint Augustin était alors évêquede celte ▼ille, et de grands miracles s'opéraient par Tintercession de saint Etienne, dont on avait reçu depuis peu les reliques. Le saint les exhorta à gémir sur leurs péchés el à demander à Dieu leur guérison, par l'intercession de saint Etienne ; ils le firent, et ils furent guéris* Le peuple qui était dansTEglise fut témoin de ce miracle; transporté de joie, il fil retentir TEglise de ses acclamations. C'est saint Augustin qui rapporte ce fait dans son ouvrage de la Cité de Dieu (i).

(i) LîTre xxiii, chap. S.

liEçonr XT.

DU TROISIÈME COlfMANDEUENT DB DIEU»

=D. Quel est le troisième commandement de Dieu? — R. Le dtoiaDches tu garderas en servant Dieu dévoteoient. =p. Qu'est-ce que Dieu nous ordonne par ce commandement? — Par le troisième coœmandeinenl , Dieu ordonnait, dans Taocienne loi, de sanctifier le samedi, qu^on appelait le sabbat; et idaos la nouvelle, il ordonne de sanctifier le dimanche.

Explication. — Dans rancienne loi , il était ordonné de .codifier, c est-à-dire de consacrer spécialement au service du Seigneur, le septièaie jour de la semaine , le samedi, qu'on cf pelait sabbat. Ce mot sabbat signifie repos. La mort était te châtiment de ceux qui ne l'observaient pas : « Ob- « servez mon sabbat, dit le Seigneur au livre de TExode; a celui qui l'aura violé sera puni de mort. Si quelqu'un A travaille ce jour-là, il périra du milieu de son peuple(4).» Un Juif ayant été surpris dans le désert, ramassant du bois le jour du sabbat, on l'amena à Moïse, qui le fit mettre eo prison, ne sachant ce qu'il devait en faire. Alors le Seigneur dit à Moïse : « Que cet homme soit puni de mort, et que tout « le peuple le lapide hors du camp. » Ils le traînèrent donc "liors de la ville et le lapidèrent ; et il mourut selon que le rSeigneur l'avait commandé. — Dans la nouvelle loi, ce n'est plus le septième jour de la semaine qu'il nous est ordonné de sanctifier, mais le premier, qu'on appelle Dimamhe.CA mot Dimanche vient de detix mots latins qui signifient le jour du Seigneur, Dies dominica.

= D. Pourquoi sanctifiait-on le samedi dans rancienne loil " R. Parce que le samedi est le jour auquel Dieu se reposa, api^ avoir créé toutes choses en six jours.

(1) Exod., XXXI, 14,

BxPLiGATON. — La oréatioD a commencé le premier jour de la semaine, que nous appelons le dimanche, ou le jour du Seigneur ; elle a fini le vendredi, el Dieu s*est reposé le samedi, c'est-à-dire qu*ila cessé de créer, dans le sens que nous l*avons expliqué en parlant de la création. Le samedi est donc le jour du repos de Dieu, et c est pour cela que, dans Tancienne loi , il avait commandé aux hommes de le sanctifier : a Souvenez-vous de sanctifier le jour du sabbat. Vous « travaillerez pendant six jours et vous ferez tout ce que « vous aurez à faire j mais le septième jour est le repos du c Seigneur votre Dieu ; vous ne ferez en ce jour aucun ou- « vrage , ni vous , ni votre fils, ni votre serviteur, ni votre « servante , ni vos bêtes de charge , ni Tétranger qui sera ff dans Tenceinte de vos maisons (4) »

=D. Pourquoi sanctifie^t-^n le dimanche dans la nouvelle loi? — Parce que c^est le jour auquel Jésus-Christ, après les travaux de sa vie mortelle, est entré, par sa résurrectioo, dans son repos éternel.

Explication. — Ce fut le premier jour de la semaine, le lendemain du sabbat, que Jésus*Ghrist sortit vivant du tombeau et eatra dans son repos étemel, après nous avoir dé-^ livrés par ses travaux et ses souffrances. Ce fut aussi le premier jour de la semaine que le Saint-Esprit descendit sur les apôtres, et que commença la prédication de l'Evangile el rétablissement de TEglise. C est pour conserver la mémoire du jour où ces grands mystères se sont opérés, que les apôtres jugèrent à propos de transporter au dimanche le repos quis'observait^ parmi les Juifs, le jour du sabbat. •» Saint Barnabe, disciple des apôtres et associé à saint Paul dans la prédication de TEvangile , dit dans son Epître catholique i « Nous célébrons le dimanche avec joie , en mémoire de la t résurrection de notre Sauveur, parce que c'est ce jour-là « qu'il est ressuscité (2). a Saint Justin dit que les chrétiens

(1) Exod., XX, io.

(3) Diem dominiciun in lœtitift asimus, in qoo Jésus retorrexii a

s'assemblaienl le même jour, parce que cétaU le jour de la création du monde el de la résurrection de Jésus-Christ: « Nous avons ootitume de nous rassembler le jour du soleil « (e est ainsi que les païens nommaient le dimanebe), parce € quec'est le jour auquel Dieu commença de créer le moode, « et qtie c*esl ce même jour que Jésus-Cbnsl notre Sauveur « est ressuscité (i). » — Oo voit la même chose dans saîoi Irénée, Tertullien, Origène, etc.

=D. Que faut-il faire pour bien sanctifier te dima^nchc? — R. Il faut, sous peine de péché mortel, entendre la sainte messe, h moins qu'on n'en soil légitimemcnl empêdié.

Explication. — Dès Torigine du christianisme, au milieu même des persécutions, les fidèles avaient bien soin d'assister à la messe le jour consacré au Seigneur. Saint Justin , qui vivait dans le second siècle, parle de cet usage , non pas comme d'une chose nouvelle, mais comme d'une pratique universellement el anciennement établie. En effet, nous voyons dans les Actes des apôtres que les fidèles se réunissaient le dimanche au lieu où se faisait ta fraction du pain; c'est ainsi qu'on nommait les saints mystères, poor cacher aux infidèles ce qu'ils ne méritaient pas de connattre. Depuis ces premiers siècles jusqu^à nos jours, FEglise n'a cessé de renouveler, dans ses conciles, le précepte d'enteudre la messe le dimanche. Ainsi , pour bien sanctifier te dimanche, il faut entendre la sainte messe ; il te faut, sous peine dépêché mortel, c'est-à-dire que quiconque y manque, même une seule fois, commet un péché mortel, à moins qu'il ne soit légitimement empêché. Ces dernières paroles indiquent , mes enfants , qu'il y a des causes qui dispensent d'assister à la Siiinte messe. Ces causes sont : l'impossibilité physique ou morale, la charité, le devoir et la coutume. !• Les personnnes que V impossibilité physique dispense

/ mortuis. ( S. Barnabe ; Epist. cath. au tom. I des Pères apostoliques de Ck>telier.) (i) S. Justiai opcra, Mon. i6M, pag. 98.

d'assister à la setnte messe , soQi celles qui ne le peuveol afaeoHiiiieat ; tels que les prisonniers (1 ) et tous eeux qui sont déteoug de force, ceux qui voyagent sur mer, les maladesv etc. 2"* Les personnes que VimpossièilUé moraU dispense d'assister à la messe, sont celles qui ne Je peuvent sans une grande difficulté, ou sans s'exposer è quelque dommage grave ; tels sont les convalescents, à qui une sortie pourrait notablement nuire ; telles sont toutes les personnes à qui Téloignement, le mauvais temps, la difficulté du che* min causeraient une peine considérable à raison de leur faiblesse ou de leurs infirmités. 3<> Les personnes que la charité dispense d'assister à la messe sont celles qui sont obligées de rendre quelque service au prochain pendant qu'elle se célèbre , comme de garder une personne dangereusement malade, d'empêcher un voleur de faire un tort considérable , etc. 4' Les personnes que le devoir dispense d'assister à la messe, sont celles qui , à l'heure même de la messe, ont quelque devoir essentiel à remplir, lequel est incompatible avec l'assistance au saint sacrifice ; tels sont les soldats qui sont en faction pendant la messe ; une nourrice; une mère qui ne peut, sans danger, laisser un enfant seul, ni le porter à l'église , où ses cris importuns troubleraieût le prêtre et les assistants. ^^ Enfin il y a des personnes qtiela coutume, c'est-à-dire un usage raisonnable et suffi* samment approuvé, dispense d'assister à la messe. Dans quelques endroits» par exemple, on excuse une veuve, pendant le premier mois qui suit la mort de son épouse.; une mère, pendant les cinq ou six premières semaines qui suivent le jour où elles ont mis un enfant au monde. Mais ^ déjà ces personnes sortaient de leurs maisons, soit pour aller faire quelque visite, soit pour tout autre motif, elles se rendraient coupables , eo n'assistant pas à la messe (3).

(1) Ced ne ptitt s'entendre, es général, que des prisonniers qui sont •mecret; ctr aigourd'hm , dans presque toutes les prisons, il y a un tmnônier qui célèbre la sainte messe.

(i) Excusât consnetudo : Sic. t. g. qnitmsdaai in locis usa receptum

On excuse encore , en vertu de la coutume , les personnes qui ne vont point à la messe tel et tel dimanche, parce qu'on doit publier leurs bans de mariage ; pourvu toutefois qu'il leur soit impossible ou très difficile d'y assister dans une autre église (4).

D. Les sourds et les aveugles sont-ils obligés d^ assister à la messe le dimanche ? — R. Ceux qui sont en même temps sourds et aveugles D*y sonl nullement obligés, mais ceux qui sont seulement sourds ou aveuglés sool tenus d^observer le précepte.

Explication.— 4** Ceux qui sont tout à la fois sourds et aveugles ne sont nullement tenus d'assister à la messe, parce que, dans ce cas, leur présence serait purement physique et matérielle. Mais ceux qui sont seulement sourds ou seulementaveugles doivent remplir le précepte; parce que les aveugles aussi bien que les sourds peuvent être moralement présents au saint sacrifice, les premiers en entendant le prêtre, les seconds en le voyant, et par conséquent ils peuvent les unset les autres y assister avec piétéet dévotion. II en est de même des sourds-muets (2). — Nous dirons, mes enfantS; en expliquant le second commandement de l'Eglise, à quelle partie de la messe il faut assister pour satisfaire au précepte.

= D. Quelle messe faut-il entendre î — R. 11 faut entendre, autant que possible, la messe de paroisse.

Explication. — Les fidèles doivent se rendre dans leur paroisse, les dimaacheset fêtes d'obligation, pour y assister

^t,ut excusentur viduse tempore luctus, quod raensem non excédât, ex S. Garolo, conc. med. 1, et puerperœ post aliquod temporis spatium', non tamen ultra hebdomadas ses ; iUœ tamen persons quae donio jam exeunt nequeunt ob hos casus excusari , ut patet. ( Scaviniy tom. I, pag. 183.)

(1) Bxcusantur a sacro audiendo puelhe quœ ab ecclesia exeunt tempore quo fiunt proclamationes pro earura matrimoniis, si magnam ob id Terecundiam pati debeant. (Scavini, Ibid.)

(%) Scavinij Theol. moral. univerMytom. I, pag. 177.

i la messe de paroisse. Mais que signifie ce mot ? Mes enfeots, toute messe qui se célèbre dans Téglise de la paroisse à laquelle oo appartient, n*es( pas pour cela messe de (laroisse ; il faut entendre par la la messe principale , la graod'messe qui se dit pour les paroissiens» et où Ton fait les annonces et les instructions. Dans les paroisses où il y a deux Ou plusieurs prêtres, la première messe, pendant laquelle on fait aussi une instruction, est regardée comme messe de paroisse, quoiqu'elle ne soit pas dite pour les paroissiens.

Dansrinlention de TEglise, c*es( la messe de paroisse qu'il faut entendre. Son plus grand désir est que les fidèles se montrent assidus à y assister, à moins qu*ils n'en soient empêchés par des raisons légitimes ; et ce n'est qu'avec une peine extrême qu'elle voit tant de chrétiens se contenter d'une messe basse le dimanche.

Mais pourquoi l'Eglise attache-t-elle tant d'importance à ce qu'on assiste à la messe paroissiale plutôt qu'à une autre? En voici les raisons: 4* La messe de paroisse se dit à l'intention des paroissiens , le saint sacrifice est offert spécialement peureux ; il est donc de leur intérêt d'y assister. Il est bien juste d'ailleurs que lorsque le pasteur prie pour eux , ils prient aussi avec lui. S"" C'est a la messe de paroisse qu'on entend la voix de Dieu dans les instructions du pasteur, instructions appropriées aux besoins des paroissiens, instructions auxquelles on voudrait en vain suppléer par d'autres, fussent-elles plus éloquentes. L'éloquence la plus sublime,ne change point les cœurs ; il n'y a que la grâce qui puisse les amollir et les persuader ; et cette grâce , c'est surtout au ministère et à la voix du pasteur qu'elle est attachée. 3® C'est à la messe de paroisse que l'on bit connaître les avertissements de l'Eglise ; que l'on publie les mandements et les ordonnances de Tévêque ; qu'on annonce les fêtes, les jeûnes, les abstinences. Ne point assister à la messe de paroisse, c'est s'exposer évidemment à ignorer toutes ces choses^ et cette ignorance, qui ne saurait excuser devant Dieu , puisqu'elle est volontaire, peut donner lieu à

— tu —

bien des péchés. Tels sont les oioCifs poor lesqueb l'BgUse exhorte ses enfants à assister à la messe dans leur paroisse, et, autant que possible, è la messe paroissiole, appelée aosâ la messe du prône. Nous disons que TEglise exhorte ; car; selon une opinion que l'on peut regarder comme eertaioe, il n'y a pas de loi ecclésiastique qui obUge d'entendre la messe paroissiale, a On ne saurait, dit Benott XIV, excuser « de trop de sévérité un synode diocésain qui imposerai a aux séculiers Tobligation d'assister à la messe et d en^ « tendre la parole sainte, tous les dimanches et fêtes, dans «r réglise paroissiale (4). » — c Personne n*est tenu d'en* <K tendre la messe dans son église paroissiale les jours de a fête et de dimanche ; s'il existait qudque bi à e^ ^ard, a elle serait abrogée par la pratique générale des fidèles^ et a par un usage qui a prévalu partout ; » ain^ s'exprime le savant Btlluart (2). — Saint Alphonse de Liguori présente le sentiment d'après lequel (m n'est pas obligé, sous peh» de péché mortel , d'entendre la messe paroissiale, comme étant généralement reçu parmi les théologiens, li établit même qu'un évêque ne peut forcer, par aucune peine ecclé* siastique, d'entendre la messe de paroisse (3) — La sacrée (Congrégation du Concile, plusieurs fois consultée sur le point dont il s'agit, a toujours répondu qu^il ne fallait pas obliger les fidèles, mats seulement les exhortera entendre la messe et à assister à l'instruoticm dans l'Eglise paroissiale {é).*-La

(1) Non potest a nimia severitate ezcosari cynodaUs con^tntio , adigens seculares ad missani, Deiqa& Tertmm audiefidum in ecclesia parochiali, omaibus dominicis, alUsque festis diebus. (Benedic, XIV, De Synod. diœcesan.^ tom. III. pag. 158.)

(2) Nnllus teoetur ex prsecepto missam diebus dominicis et festis aodire in ecclesia parochiali ; constat et praxi generali fidelimn et uso ubtque recepto; ita ut si eituret idi^od jiia contrarium, per banc coasuetudinem generalem censeretur abrogatum. (BilUiart^ Trac^de relig*^ dissert. V, art. 6.)

(3) Theol, moralis S. Alphonsi de Ligorio ; lib. iv, tract. 3, n. 81S-319.

(4) Inter Midenses constitutiones, quînta seculares omnes adigebat ad audiesdam miasan parocbialem, deminicisi aliiaque sc^nmioribiis

même question a été agitée dans le concile de la province de Reims, tenn à So4s8ons en 4 819, et elle a été résolue dans le même sens (t ] ; les actes et décrets de ce concile ont été approuvés par le Saint-Siège (2).

Nous ajouterons avec Mgr. rarcbevéqoe de Reims, qu'on ne pourrait excuser, même d'une faute grave, ceux qui, par mépris pour l'autorité de leur pasteur, et sans autre motif que de se soustraire à sa juridiction, n'assisteraient jamais, ou presque jamais, aux offices de la paroisse. Mais il n'en serait pas de même de ceux qui, à raison de la distance des ficux , ne peuvent que difficilement fréquenter régfise à laqueHe ils appartiennent ; ce qui arrive aux habitants des hameaux éloignés de l'église paroissiale. Leur

festis diebus, atqoe inibi Dei Yerbum auscultandom, fideique rudimenta addiflcenda. Sexto prohibebat regnlaribas, ne monitionibns atque bortatioAiibos pkbem a parœbiali ad suas evecarent ecclesias, nt predictis didbos, mhsm «acrifido » at coocieBi in illit intéressent — EJusinodi constituliones discussœ fuernni in concilii congregatione, alque conclusum quintam et sextam ita mitigandas, ut per eas monerentur quidem, non aotem cogereHtnr fidèles, mïtmt et coneiom in parochtafi ecclesia adesse. (Beaemc. XIY, De S^md. diœc.^ Umk. III.)

(i) Mbsa parocàialif specialiter pro parocMaras celdbratnr; ibi Terbum diYinum et monita saUitis distribnuntur, denuntiantur abstinenti» et jejunia, oratur pro vivorum et defunctorum necessitatibus ; ibi in nnum coadunata cbristianomm familia , communi omnium Patri per mamis eacerdotis sanetotraa offsrtur bosfia. Ex Ms inteUigent fidèles qttanto pretie ab ipsis baberi ddt>eat œissa parocfaialis. Itaque a parochis et confessariis bortandi sunt, ut, quantum fieri potest, ad.suam parochiam diebus dominicis et festis accédant — Attendant autem animarum rectores jam nunc non teneri fidèles, vi prsecepti Ecclesiœ, missaiB parocbhdem tudire. Ad istod enfin prfleceptnm implendum, cujuslibet miss» anditionem anffieere dedacanmt. -^ Deaiqne fidèles ad officia vespertina et ad pia opéra obeunda cobertentur. (Décréta cône» provinciœ Remensis^anno 1849 celebrati, pag. 53.)

(2) On a fait de grandes difficultés à Rome contre le catécbisme du vénérable de la Salie, dont Mgr de Reims poursuit la béatification, pré* citément ptree qa*il s'exprime comme nos catécbismes français sur le précepte de la messe paroissiale. Nous tenons ce fait de Mgr Gousset lui-même.

coDScieoceest eo sûreté, quoiqu'ils D'assistent pas aux ofËces de leur paroisse, s'ils sont d'ailleurs exacts à eotendre la messe daos une église plus rapprochée , où ils reçoiveai les mêmes inslructious et les mêmes avis que dans leur propre église (4).

Ainsi, mes enfaiHs, quoiqu'il n'y ait pas, aujourd'hui du moins, de loi ecclésiastique qui oblige d'entendre la messe de paroisse, on doit faire tout son possible pour y assister. Or, comme il est impossible , dit le rituel de Belley (2), à toutes les personnes de la même maison , d'assister à la fois à la messe de paroisse, les chefs de famille doivent y envoyer alternativement leurs enfants et leurs domesti* ques, de manière que tous puissent participer, autant qu'il est possible, aux avantages précieux qui sont attachés à cette messe.

=D. IS'y a-t'Upas encore autre chose à faire pour bien sanctifier le dimanche ? — R. Pour bien sanctifier le dimaDche, il faut, en outre, autant qu'on le peut, assister aux instructions, aux vêpres, et à la bénédiction du saint-sacrement si elle a lieu.

Explication. — Pour sanctifier parfaitement le dimanche, il ne suffit pas, mes enfants, d'entendre la sainte messe, et, autant qu'il est possible, la messe paroissiale ; elle ne dure ordinairement , avec les cérémonies qui l'accompagnent, qu'une heure et demie, deux heures tout au plus : et le dimanche tout entier est le jour du Seigneur, le jour qu'il s'est spécialement réservé et que nous devons consacrer à son service. Il faut, en outre, si l'on veut entrer tout à fait dans l'esprit de l'Eglise, V assister aux instructions; c'est une conséquence nécessaire de l'obligation imposée aux pasteurs d'annoncer aux fidèles les vérités saintes. N'est-ce pas , d'ailleurs, parce qu'on néglige d'assister aa sermon , au prône , au catéchisme , qu'il y a tant d'igno-

(i) Mgr Gousset; Justification de la Théologie morale de S. Alphonse de Ligorioj pag. 265.

W Rituel de Belley, tom. I, pag. 95.

rance dans un grand nombre de chrétiens, et qu'il y en a une multitude qui ne connaissent pas même les vérités dont la connaissance est absolument nécessaire au salut ? Est-il rare de rencontrer cette ignorance honteuse même parmi les personnes qui composent ce qu'on appelle le beau monde, la haute société'^ S'agit-il de modes, de parures, de romans, de pièces de théâtre, on en parle très pertinemment. Mais vient- on à parler des dogmes et de la morale du christianisme, on déraisonne ; on avance une foule de choses fausses et absurdes. Pourquoi ? parce qu'on a oublié depuis longtemps ce qu'onavaitappris au catéchisme, et qu'on n'assiste presque jamais aux instructions des pasteurs.

Pour sanctifier parfaitement le dimanche, il faut, 2** assis* ter aux vêpres. 11 est bien vrai que l'assistance aux vêpres n'est pas, comme l'assistance à la sainte messe, d'une obligation rigoureuse ; mais cela n'en est pas moins dans l'esprit de l'Bglise, et les fidèles, qui tiennent à bien sanctifier le jour du Seigneur, se font un devoir de n'y jamais manquer. Ils connaissent tout le prix, toute l'efficacité de la prière publique, et ils craindraient de se priver, par leur négligence ou leur peu de ferveur, des grâces abondantes que ne manquent jamais d'obtenir ceux qui se réunissent pour prier au nom de Jésus-Christ.

Pour sanctifier parfaitement le dimanche, il faut, 3*" assister à la bénédiction du saint- sacrement, si elle a lieu. Les bénédictions de l'Eglise sont des prières qu'elle fait au nom de Jésus-Christ, soit sur les fidèles, pour attirer sur eux les grâces du ciel, soit sur certaines choses, pour les tirer de l'ordre profane et les consacrer au culte divin, etc. La bénédiction par excellence, celle à laquelle on doit attacher le plus d'importance, c'est celle du saint-sacrement, qu'on appelle aussi salut. Elle ne peut avoir lieu qu'aux jours marqués par l'Eglise ou par l'évêque. Le prêtre, pour la donner, forme sur les fidèles le signe de la croix , avec le ciboire ou l'ostensoir, contenant la divine Eucharistie. On peut, dans ce moment, obtenir des grâces bien précieuses ;

et c*est se montrer pea zélé pour son avanoeroent spi« rituel , que de ne pas assister à cette cérémonie ; c'est dédaigner en quelque sorte les bénédictions que Jésus- Christ se plaH à répandre sur ceux qui l'invoquent a^ec. confiance et avec amour. — L*encens que le prêtre jette sur le feu renfermé dans l'encensoir, est fimage de la foi et de la ferveur dont doivent être animés le dei^ et les fidèles, pour être dignes d'une bénédiction qui vient immédiatement de Jésus-Christ lui-même, qui découle de son coeur et de ses adorables mains. — Nous parlerons plus au long de l'encens dans le quatrième volume.

D. Quelle est la tneilleure manière d'assister aux vêpres ? — E. La meilleure maaière d^assister aux vêpres, c'esl de suivre l'Eglise dans les psaumes qu'elle chante et dans les prières quVUe récite.

Explication. — Ainsi il ne convient pas, quand on sait lire, de réciter son chapelet ou de faire une lecture, quoir que excellente en soi, pendant l'office du soir. Nest-cepas, en quelque sorte, être étranger dans la maison de prières, que de s'en permettre qui soient différentes de celies que l'Eglise met à la bouche de ses enfants? Ceci s'applique à tous les offices de l'Eglise en général.

= D. Que faut-il éviter pour sanctifier le dimanche? — R. Il faut s^absteoir des œuvres serviles.

Explication» — Assister à la sainte messe, aux instructions» aux vêpres et à la bénédiction du saint<sâcrement: voilà mes enfants, ce qu'il faut faire pour bien sanctifier le diman* che. Mais cela ne suffit pas ; il y a aussi .des choses à éviter. Nous devons nous interdire en ce jour toute œuvre servile, afin que rien ne nous détourne du service de Dieu.

= D. Qu'entendez-vous par œuvres serviles ? — R. Pentends, par œuvres servîtes, les ouvrages de corps que font ordinairement les Serviieurs, les gens de métier, pour gagner leur vie : conraie labourer, moissonner, coudre, etc.

ExPLicATfON. — On diMÎDgcie trois sortes d'œuvres : les œuvres libérales, tes cetivres servUes et les 08uvt*es communes.

Les œuvres libérales »)Dt celles où l'esprit a plus de part que le corps, et qui, par conséquent, sont plus ordinaire-* ment laites par des hrâunes libres et indépendants ; C4>œme dessiner, enseigner, etc.

Les œuvres serviles sont celles où le corps a le plus de part que l'esprit, et qui sont plus ordinairement faites par des ouvriers et gens de travail ; comme bêcher, coudre, etc.

Les œuvres commîmes sont celles qui s'exercent également et par Tesprit et par le corps, et qui se font indiffé*remment par toutes sortes de personnes, sans dépendre d'aucune profession ; comme se promener, jouer, aller à la chasse, à la pêche, etc.

Les œuvres libérales sont permises le dimanche. Ainsi, après avoir assisté aux offices, on peut, sans pécher, lire, écrire, préparer ou donner une leçon qui regarde les scien-» ces ou les beaux-arts, c'est-à-dire les arts où l'esprit a la principale part ; faire un discours, dessiner, copier, faire un portrait, soit è Thuile, soit au pastel, etc. ; tracer ou cal-» qoer un plan, faire quelque expérience de physique ou de <^imie, composer ou exécuter de la musique, demander ou donner une consultation...., quand bien même on devrait recevoir quelque profit de ces OBUvres, parce que cela n'en (Rangerait pas la nature.

Mais les œuvres serviles sont défendues le dimanche, et on ne peut y vaquer, pendant un temps considérable, pendant plus de deux heures, soit de suite, soit à plusieurs re^ prises, selon le sentiment le plus général des docteurs (4), sans pécher moiiellement. Ainsi on ne peut, sans se rendre coupable, quand bien même on assisterait à tous les offi-ces, coudre le dimanche, filer, repasser du Unge, faire des

transports, labourer, bêcher, semer, faucher, tailler les

W Voit, î7i«)/o|y. morû/f*, tom.î, if»eiS.; • - '

— Î36 — arbres, la vigne, etc. ; planter des haies, arracher du bois, tirer des pierres des carrières, moissonner, vendanger ( à moins que la vendange n'eût été fixée au dimanche par Fautorité compétente : ce qui, du reste, ne saurait regarder que ceux qui possèdent des clos de vignes en commun ) , sculpter, imprimer, peindre un mur, une boiserie, etc. ; exercer le métier de charron, de charpentier, maçon, jardinier, serrurier, maréchal, tailleur, etc. ; a^^eotr, couler ou laver la lessive, etc.; lors même qu*on ne travaillerait pas pour gagner de l'argent. Pour qu'une œuvre soit servile, il n'est pas nécessaire d'en retirer du profit ; il suffit que, d'après sa nature, le corps y ait plus de part que l'esprit, elque, dans l'usage ordinaire, elle soit faite par les serviteurs et gens de métier pour gagner leur vie.

D'après ce principe, il n'est pas permis, le dimanche, de broder, de tricoter, de faire de la tapisserie, des fleurs artificielles, du filet (ouVrage à mailles] des scapulaires, des chapelets , pour éviter l'ennui; et on se rendrait également coupable, quand bien même on ne travaillerait que dans l'intention de donner son travail, soit à une église, soit à une communauté, ou de distribuer aux pauvres le profit qu'on eu retirerait; parce qu'une pareille intention, quelque louable qu'elle soit en elle-même, ne saurait changer la nature des œuvres dont nous venons de faire rénumération.

Quant aux œuvres communes, voici ce qu enseignent généralement les théologiens. Il est permis, le dimanche, de se promener et même de voyager (quand on a quelque bonne raison pour le faire), soit à pied, soit à cheval, en voiture ou en bateau ; pourvu, toutefois, qu'on ait soin d'assister an saint sacrifice, puisqu'on ne peut y manquer sans se rendre coupable de péché mortel, à moins qu'on n'en soit dispensé par une des causes que nous avons exposées précédemment. La pèche et la chasse sont tolérées le dimanche, c'est-àdire que l'Eglise, sans les approuver absolument, ne les condamne pas non plus d'une manière positive, lorsqu'on s'y livre uniquement pour se récréer, et qu'on n'y passe

pas an temps trop coosklérable, Hais l'une et Taulre sont regardées comme œuvres serviles, quand elles se font avec un grand apparat et un grand travail (4 ) ; parce qu'alors elles jettent dans une disssipation incompatible avec la sanctification du jour du Seigneur. Ce que nous venons de dire de la chasse et de la pêche sapplique également au jeu, lorsqu'il n'est qu'un délassement et qu'il ne dure pas un temps trop considérable.

D. li^y a-UH pas certaines osuvres serviles, que l'on peut se permettre le dimanche^ en vertu de la coutume ? — R. Oui, il y en a plusieurs.

Explication. — Par exemple, on peut, le dimanche, en vertu de la coutume, et sans commettre aucun péché, apprêter les aliments, faire quelque ouvrage de pâtisserie, balayer une maison, faire les lits, laver la vaisselle, soigner les animaux, les troupeaux, tuer une volaille (2). Les bou* cher peuvent aussi tuer des bestiaux le dimanche ; quand il y a quelque nécessité ; ce qui arrive ordinairement dans les grandes villes. Ils peuvent également tuer, ce jour*là, dans les bourgs et dans les villages, en été, ou lorsqu'il y a plusieurs jours de fêles consécutifs (3).

Quoique les foires et les marchés de fruits, de légumes, de beurre, de lait et autres denrées soient des oeuvres ser* viles, cependant TEglise les tolère, les dimanches et fêtes, è cause de la coutume et d'une certaine nécessité (4). il en est de même de l'étalage que les petits merciers font de leurs marchandises, les mêmes jours, dans les villes et dans les campagnes. On use de la même tolérance à l'égard des marchands de draps et autres étoffes, des 'épiciers, bouchers ,

(i) Cum magno apparatu et labore, (Mgr Boulier, Tract, de Deçà-logo,)

(1) Non autem boTem, ovem, Titulom; nisi aliqua urgeat nécessitas. Idem,

(S) S. Lignori, lib. m, n« St08.

(4) Voit, Tkeolog» mondis, tom. I, n« 617.

débitants de (abdc, etc. D'après ud asage, bien déplorable sans doute, maïs atijoard*huî généralemeot suivi, il leur est permis de vendre le dimanche, parce qu'ils peuvent sùp* poser que, parmi tes personnes qui viennent chez eux, il y en a qui ont des raisons suffisantes pour acheter ce jour-là. S'ils refusaient de vendre, on irait chez d'autres qui ne feraient pas la même difficulté, et il pourrait en r^ulter pour eux un tort considérable.

Ce que nous venons de dire de ceux qui ont des raisons suffisantes pour acheter le dimanche, regarde surtout les gens de la campagne, qui, se trouvant éloignés de la ville ou du bourg, ne pourraient y aller sur la semaine sans perdre ()eaucoup de temps. Mais les vendeurs doivent laisser leurs boutiques ou magasins fermés, ou du moins ne les ouvrir qu'en partie, afin de Caire voir qu'ils savent distinguer le jour du Seigneur des jours ordinaires. Nous devons ajouter qu'il a une foule de personnes qui pourraient se dispenser de vendre le dimanche, sans crainte, en aucune manière, de perdre leurs pratiques.; qu'il en est aussi beaucoup qui achètent le dimanche sans nécessité, et qui, par conséquent, ne sont pas tout à fait innocentes devant Dieu.

Enfin, on tolère, le dimanche, les ventes et marchés qui se font de particulier à participer, et même certaines ventes publiques, comme d'un bois, d'une terre, d'une maison; parce que si elles avaient lieu un autre jour, la concurrence serait moms grande, et par là même les intérêts du vendeur se trouveraient compromis.

Maintenant que vous savez, mes enfants, ce qui est défendu le dimanche, priiez la ferme résolution de vous en tenir toujours strictement à la loi.

B. Ne peut-on pas alléguer plusieurs rsùsens pour se justifier de travailler le dimanche? — R. Oui, mais ces raisons ne sont rien moi os que solides.

Explication. — Quels sont, en effet, les prélextes que Ton met en avant? les voici. Si je ne travaillais pas le di-

manche^ je perdrais mes pratiques ; si je œ veDdais pas, d'autres vendraient, et auraient tout le profit. Cette assertion est loin d'être exacte. En effet, jetez les yeux autour de vous, et voyez si ce ne sont pas, au contraire, les personnes vraiment pieuses et fidèles observatrices de la loi du dimanche, qui ont le plus de pratiques, et qui sont plus pressées d'ouvrage... Pourquoi ? parce que Dieu ne manque jamais de protéger et de bénir ceux qui Taiment, et qui ne craignent rien tant que de lui déplaire. — Il existait au Mans, il y a quelques années, une épicière appelée Madeleine Boumé ; pleine de religion et de piété, elle ne vendait jamais le dimanche, et sa boutique était exactement fermée ce jour-Ia. Bh bien ! elle avait gagné la confiance d'un très grand nombre de personnes ; on allait chez elle des quartiers les plus éloignés , et les impies eux-mêmes avaient soin d'y envoyer leurs domestiques le samedi, sachant bien qu'il ne serait plus temps le dimanche. Quoique vendant à an prix très modéré, Madeleine Boumé faisait un gain assez considérable pour prendre part à plusieurs bonnes œuvres, et ses héritiers ont encore trouvé quelque chose à sa mort. — Mais, ajoute-t-on , il vaut mieux travailler que de mé^ dire.... Soit; mais ne faites ni l'un ni l'autre, puisque l'uii etPautre sont un mal. 11 vaut mieux se casser un bras que de perdre la vie ; s'ensuit-il que vous deviez vous mettre peu en peine de vous casser un bras? Non, sans doute; mais vous devez faire tout ce qui dépend de vous pour conserver et votre vie et l'intégrité de vos membres.

Sa TEglise nous interdit les œuvres serviles le dimanche, c'est parce qu'elles sont incompatibles avec le service de Dieu ; à plus forte raison nous devons nous abstenir du péché, car c'est de toutes les œuvres la plus serviie, puisqu'elle nous rend ^es esclaves du démon.

Cependant , la circonstance du dimanche ne fait pas contracter au péché une malice particulière. Le péché commis ce jour-là est, à la vérité, opposé à la fin du précepte qui nous ordonne de sanctifier le dimanche, mais il

n*est pas opposé au précepte lui-même, et, par conséquent, il n'est pas nécessaire de déclarer cette circonstance en confession (4).

D. Est-il permis de se livrer, le dimanche à quelque divertissement honnête ? — R. Oui, sans aucun doute.

ExpucATioN. — Le dimanche n'est pas seulement un jour de prière, c'est aussi un jour de repos et de délassement. Ainsi on peut , après s'être livré aux exercices de piété et de religion, se permettre, comme nous l'avons dit, quelque jeu , quelque divertissement honnête et modéré, aller à la promenade, faire des visites, etc. Hais il est aisé de comprendre combien sont opposés à la sanctification du dimanche les divertissements trop prolongés, les danses, les spectacles, les promenades et les assemblées nocturnes, la fréquentation des cabarets, des tavernes^ des guinguettes, de ces lieux d'intempérance, de jurement et de blasphème^ qui sont le rendez- vous de tout ce qu'il y a dans une paroisse, dans une ville, de libertins et de filles éhootées, et dans lesquels doit rougir d'entrer quiconque conserve encore quelque sentiment de délicatesse et de pudeur. -* « Quels affreux ravages ne cause-t-elle pas dans la société chrétienne, celte malheureuse fréquentation des cabarets? désertion des sacrements, abandon de la prière, éloignen)ent des divins offices , oubli des vérités du salut. Faut-il s'en étonner ? Tandis que le ministre de Dieu immole dans le saint temple l'hostie sans tache de propitiation, il est un autre autel où une jeunesse insensée porte ses vœux, il est un autre Dieu auquel elle court sacrifier, et il est d'autres mystères qu'elle a hâte de célébrer, mystères de honte et d'ignominie, renouvelés des saturnales du paganisme ; autel souillé, c'est la table de l'intempérance et de la débauche, divinité immonde qui ne se peut apaiser que par les grossières libations de l'ivresse; oserai-je la nommer après

(1) Finis prœcepti non caditsubprœcepto. (Jus Canon.)

satnl Paal, qai a dit de ces êtres dégradés qu'ils font leur dieu de leur ventre^ Tandis que lear pasteur fait descendre da haut de la chaire sacrée les enseignements de la sagesse, il est une autre chaire dont ils vont interroger et recueillir les oracles, chaire de pestilence, école de libertinage et d'impiété! Là, le blasphème au lieu de la prière; là, les chants dissolus à la place des saints cantiques. Là, circulent avec les coupes les propos licencieux, et les viandes auraient moins de saveur, et les vins perdraient de leur arôme, s*ils n'étaient relevés et assaisonnés de bouffonneries obscènes, de facéties impies, de médisances et de calomnies sacrilèges. Or, comment voulez'^ous que tout principe et tout sentiment de foi et de crainte de Dieu ne soient pas étouffés jusqu'en leur dernier germe, dans ces conventicules de licence , où les choses saintes sont sans cesse toarnées en dérision , les pratiques du culte conspuées, le ministère ecclésiastique baffoué, au grand applaudissement et au milieu dps trépignements de joie d*une foule en délire?... Chaque jour les colonnes de nos feuilles judiciaires enregistrent une longue série d'expropriations forcées, de ventes par autorité de justice. Nous voudrions savoir si le très grand nombre de ces tristes désastres n'est pas le résultat d'une inconduite qui a pris naissance au cabaret? On parle avec effroi des progrès du paupérisme. Vous pourriez vous informer, en remontant à (a source du mai, si ces troupes d'enfants nus, groupés autour de leur pauvre mère, que nous voyons parcourir, en tendant la main, nos voies publiques, ne sont pas pour la plupart les innocentes victimes des intempérances du cabaret? On se plaint de tous côtés d'un débordement de mœurs tel qu'on n'en a pas vu de pareil depuis les siècles païens. Nous ne prétendons pas qu'on ne puisse lui assigner d'autres causes ; mais si l'on nous demande de déclarer, la main sur la conscieDce, celle qui nous paraît la plus influente, nous n'hésiterons pas à nommer le cabaret. On remarque que la puissance pateri^lleperd tous les jours de la considération et de son au-

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