LA MÈRE PIEUSE ET SES DEUX FILS
Une pauvre veuve, privée de l'usage de ses membres, épronrait depuis longtemps un vif regret de ne pouvoir assister à Toffice divin, devoir dont elle s'occupait ponctuellement autrefois, elqoif plus que jamais était un besoin pour son àme pieuse. — Chaque dimanche, elle répétait tristement à ses deux fils. « Que je serais heureuse d'entendre la sainte messe ! mais je ne puis me reodre au village , h cause de mes infirmités et de la longueur du cbemio. » En disant ces mots , la pauvre mère versait des larmes et soupirait profondément ; puis elle portait à sa bouche la croix de son chapelet, qu'elle récitait avec recueillement et avec la plus grande résignation. — Ses deux fils, qui partageaient sa piété, trouvèreotle moyen de satisfaire son pieux désir. — En effet, ayant ajusté deiR forts bâtons au fauteuil de leur mère, ils la transportèrent à Péglise, au milieu de la foule attendrie, et qui semait des fleurs sur leor passage. — Le vénérable pasteur/ instruit de ce beau dévouement monta en chaire, et prit pour texte ces paroles duDeutéroDome: « Honorez votre père et votre mère, selon que le Seigneur votre « Dieu vous l'a ordonné. > Son discours fut plein â*onctioo, et produisit un touchant effet sur l'auditoire, surtout quand il compara les fleurs jetées sur le passage de cette intéressante famille, aux bénédictions que Dieu devait bientôt répandre sur elle. (i).