‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 49 sur 114 · DU QUATEIÀMB COMMANDEMENT DE DIEU · texte numérisé non relu

DU QUATEIÀMB COMMANDEMENT DE DIEU

-s=D. Quel est le quatrième commandement de Dieu? — R. Tes père el mère honoreras, afin que tu vives longuement. s=D. QtC est-ce que Dieu nous ordonne par ce commandement? — H. Par ce commandement. Dieu ordonne aux enfants d*aimer leur père et leur mère, de les respecter, de leur obéir, et de les assister dans leurs besoins.

Explication. — Par ce commandement, quatre principaux devoirs vous sont imposés, mes enfants, à l'égard de vos pères et mères : vous devez les aimer , les respecter, leur obéir et les assister dans leurs besoins.

4*^ Vous devez les aimer. La religion vous ordonne d'aimer tous les hommes, et même vos ennemis, à plus forte raison ceux à qui vous tenez de si près, et à qui vous avez de si grandes obligations. C'est à vos pères el mères que vous êtes redevables, après Dieu, de tout ce que vous êtes; ils ont été les instruments par lesquels Dieu vous a dooné la vie ; ils ont souffert pour vous mille peines, mille fatigues ;

ils vous ont prodigué , dans votre première enfance, les soins les plus tendres, et, depuis, ils n'ont cessé de sMntéres» ser à votre bien-être et de travailler à vous rendre heureux. Ne pas les aimer, ne pas vous porter avec affection à ce qui leur est agréable, ne pas leur souhaiter et leur faire tout le bien qui dépend de vous, ne serait-ce pas vous rendre coupables de la plus noire ingratitude ? Les animaux les plus ▼ils ne vous forceraient-ils pas, par rattachement qu'ils portent à leur mère, de rougir de votre insensibilité , et ne seraient-ils pas en droit de vous reprocher de n'avoir ni sentînaent, ni cœur ? Oui, mes enfants, il faudrait que vous fussiez sans cœur, pour ne pas aimer ceux qui vous aiment tant, pour ne pas les payer d'un juste retour.

2" Vous devez respecter vos pères et mères , avoir pour eux beaucoup de déférence et d'égards , non seulement extérieurement , mais au fond du cœur. « Le respect que Dieu veut que vous ayez h leur égard est un respect à la fois timide et tendre, qui craigne d'afQiger et s'efforce de plaire, qui éclate dans les paroles, qui se produise dans les actioDS, qui se manifeste, dans les occasions, même par la patience à tout souffrir de leur part (4). Ce respect vous impose l'obligation de ne rien faire qui y soit contraire ; de ne vous permettre quoi que ce soit qui puisse blesser leur honneur ; s'ils ont des défauts, de vous en taire ou même de les cacher autant que vous pouvez. Outre le devoir de ne pas leur manquer , vous avez encore celui de ne pas souf<^ frir qu'on leur manque ; de défendre avec courage leur honneur attaqué ; de repousser fortement la calomnie » d'imposer silence à la médisance (2). » — Que d'enfants tiennent , hélas I une conduite tout à fait opposée à ces principes? Combien qui n'ont que du mépris pour leurs parents; qui se'ïnoquent d'eux et les tournent en ridicule ;

(1) In opère et sermone, et omni patientia, honora patrem tuum Eccl., III, 9.

(9) Le card. de la Luzerne.

qui leur parlen!, qui leur répoedefti avec arrogasce H dureté ; qui ne cessent de murmurer centime eox 4 qui se penuettent envers eux ies éD}ures Jes phi» grossîà^es ; ^ leur soubaîteel du mal ; qui en vienaeni même josqu a les ma^iraHer de la maaîéi^ k plus atroce I De lels «afanU sont des monstres digses de la colère et de l'iodigiialion de 0îeu «t des bomroes,

y Vous devez obéir i vos pères et «kèreft, bm sans délai, de bon cœur et sans mnirnuire, tout ce qu'ils veus oocninaiK dent. Ils Irenneol éci-èes la place de Dieu à votre ^ard; c est Dieu lut-mème qui vous paille et qui vous coounaïkk en leur personoe; leur désobéir, ce serait désobéir a Dâeu. « Enfants , dit saint Pfwl , tibéîssez en tout à vos p«*eiiis, « cn*edaest0gréableau Seigneur (4). » Il nese cooèen/lepas de vms le prescrire, il vous en adomié Texemple: IZvae- Qîie BOUS apprend que^sousi^faaifihle loti de Nazareib, Jésus ebéissait a Mark ^ à Joseph \2\. — Oepeedant , si vas parents vous commandait quelque obosequi fût ooetraiw a la raiscHi ou à te justice, «bx ocBeMnanderaeets de Dieu oa aux «ommanden^Dts de TEgliae; s*ii8 vous ordonnaient, par exemple, de voler, de jurer, de :meiitir, de ne pas aller à confesse, de »e pas entendre la nœsse le dimandie^ da manger de la viande be vendredi mm le samedi , vous ne pofirriez pas obéir , parce que, dn»^ cas, Vobéîsaaiioa serait criminelle Mais il ne vous sm^ît pas permis peur cela de sortir des ibomes du respect; yfm» devriez leer lémoîgner que «est è regret i^ par h soile crainte de déplaire i Dieu , è qui il tant obéir plaldt 4|u*âUK bowmes, q«ie vous se vous conformez pas à iaor i^oiaslé, et redoubla de soumissIoB daas tooi le reale : tout eoveis les parants , loelt jusqu'il h désobéêsance , doit «è^e ivspeetueux .

A* Vous degrés assister vas pères et oiéees dans lem

(1) FMK, ebe^te pftreatttw per oanik, hac aniai flficitma ert io P(k mino. Coloss., m, 20.

(2) Et erat subditus illis. Luc, ii» 51.

fawoiDfi. Cmi »D devoir que tous imposent de eonoert It aalore, la raison et la religion; dc^voir iodispensabie, auquel vans ne sauriez vous «(Emstraire sans manquer essentielle* meoi à laiDour ei au respect qui leur est dû ; <levoîr foiea doux è remplir, car n'«st-<ee pas uœ bien douce saiittfaclii» de devenir pour vos parfois ce qu'ils furent pour vous , ei de leur rendre ce que v^us en avez reçu ? — Vous devez assister vos pères et mères dans leurs besoins : sont- ils tombés dans la pauvreté? rappelez vous qu'ils ont nourri votre enfance, et jouissez du bonheur de réparer envers 6ux les torts de la fortune; et si vous êtes pauvres vous-mêmes, partagez avec eux le morceau de pain que vous gagnez à la soeur de votre front. Les infirmités sont-elles venues les assiéger? redoublez peureux de soins et d'atteotions, vous rappelant avec quelle tendresse ils soignaient les maladies de votre jeune âge; assidus auprès de leur lit de douleur, adoucissez leurs maux en leur portant tous les soulagements qui sont en votre pouvoir. Sont-ils dans le chagrin ei rafOiction, rendez leurs larmes moins amères, en y unissait les vôtres; que ce soit votre main qui les essuie. Sontis dervenus Vieux et infirmes? sou venez- vous qu'ils ont été tes soutiens de votre enfance, et devenez à votre tour leur appui ; aîdez-Ies dans ce quMls peuvent encore ; suppléezks pour ce qui leur est devenu impossible. Enfin , si Tâge yient à afTaiblir les facultés de leur âme et à éteindj*e la hnsière de leur esprit, reportez- vous au temps où votre raison n'étant pas encore formée , la leur y suppléait et Voilait surlous voslïesoîns avec une tendresse paternelle; que votre tendresse filiale s'occupe des leurs avec la même aalliniiade. ¥<06 <6ervioe8 leur seront alors plus strictement ém^ fiaisqu'lls 4eur ^seront devenus plus nécessaires ; vous n'aurez plus la joie de tes voir répondre à vos soins, mais iSDttS JMi^ezide û^aiislîictîan intérieure de les avoir rendus. -^ ¥fliis devez assister vas fèKB 0 mènes, dqb aeulemai^ dans leurs besoins temporels, mais aussi dans leurs besoins spcUuels; lesexboriar, avec toute la frudanoe fMias&le,

— Mt —

à revenir h Dieu , s'ils avaient le malheur d'en être éteignes ; ne rien n^liger pour leur procurer à la mort les secours de la religion et leur faire recevoir les sacrements; et lorsqu'ils ont quitté la (erre, conserver pour leur mémoire un respect constant, ne point les oublier devant le Seigneur, prier et faire prier pour le repos de leur âme , et exécuter au plus tôt leurs dernières volontés.

=D. Que signifient ces paroles: afin de vivre longuement?^ R. Elles signifient que Dieu comble de bénédictions Tenfant qui honore son père et sa mère.

Explication. — Dieu, dans l'ancienne loi, promettait une longue vie aux enfants soumis et respectueux envers leurs parents. Par cette longue vie, il faut entendre les bénédictions abondantes que le Seigneur répandait sur eux : ainsi le jeune Tobie fut comblé de prospérité, parce qu'il avait été la joie de son père et de sa mère. Dans la loi nouvelle, une longue vie est aussi promise aux enfants qui honorent leurs parents, une grande récompense leur est réservée : c'est la bénédiction divine , source de toutes les grâces du salut ; c'est la vie éternelle et bienheureuse ; ce sont , bien souvent aussi, les avantages temporels. Il est bien rare, en effet , que celui qui s'acquitte avec fidélité des devoirs de la piété filiale, ne soit pas heureux sur la terre. Dieu bénit ses entreprises, il est environné de l'estime publique, il est chéri de ses proches, et il a le bonheur de voir reoattre dans ses enfants les vertus dont il leur a donné l'exemple. <( Celui , dit le sage , qui honore son père, trouvera sa joie « dans ses enfants (4). »

^ D. Quelle est au contraire, la punition de V enfant qui outrage son père et sa rnèrc^ ou refuse de les assister t — R. Il est maudit de Dieu, et les hommes Pont en horreur.

Explication. — Un enfant qui outrage son père et sa mère commet un crime que Dieu , qui est la justice même,

(1) Qui honorât patrem samn, jucundabitnr in fiUis. Ecd., m, tf. '

ne saurait laisser impuni. Dans rancienne loi, ce crime était puni de mort. « Si un père, dit le Seigneur aux Israélites, a a un fils rebelle et insolent, qui ne se rende point au com- « mandement de son père ni de sa mère , et qui ayant été « repris, refuse avec mépris de leur obéir, ils le prendront a et le mèneront aux anciens de la ville et à la porte où se « rendent les jugements, et ils leur diront : Voici notre fils « qui est un rebelle et un insolent ; il refuse d'écouter nos «remontrances, il passe sa vie dans la dissolution et la c débauche. Alors le peuple le lapidera, et il sera puni de « mort , afin que vous ôliez le mal du milieu de vous , et ce que tout Israël , en apprenant cet exemple , soit saisi de « crainte (4). y> — Tel est le châtiment qu*on infligeait autrefois à l'enfant qui avait outragé son père ou sa mère ; si de DOS jours les lois ne sont point aussi sévères , le crime est toujours le même devant le Seigneur, et tôt ou tard sa colère éclatera. L*enfant insolent et rebelle envers ceux qui lui ont donné le jour est maudit de Dieu : Dieu Tabandonne et lui retire ses bénédictions et ses grâces; et s*il ne se convertit pas, s'il ne fait pas pénitence, Tenfer sera infailli* blement son partage. De plus, mes enfants, les hommes l'ont en horreur; il est h leurs yeux un objet d exécration ; ils le regardent comme un être vil et méprisable , comme un monstre! II...

= D. i4 quoi nous oblige encore le quatrième commandement ? — R. Il nous oblige eocore h aimer el à respecter dos maîtres, dos supérieurs spirituels et temporels, et à leur obéir dans tout ce qui D*est pas contrairek ce que Dieu nous commaDde.

(1) Si genuerit homo iilium contamacem et proterrum, qui non audiat patris aut matris imperium, et coercitus obedire contempserit; appréhendent eum, et ducent ad seniores civitatis iUius, et ad portam judicii, dicentque ad Ulos : filius noster iste protervus et contumax est, monita nostra andire contemnit , commessationibus Tacat , et luxuriœ atque conviviis : lapidibus eum obruet populus, et morietur, ut auferatis malum de medio vestrij et uniTersus Israël audiens pertime8cat.Deut.,xxi, 19-23.

Explication. — Lequairiàifie cominaariemifit ^ vom ordonne, mes eofaoi&i d'aimer et de respecler vas pères el mères, et de leur obéir dans tout eei}iN n'est pas oontrâirs il la loi de Dieu, vous impose la siéme obUgalîon, À'^àrégmi 4e wi maîlng. On entend par mattres eeiix qui entdei disciples ou des serviteurs ; or^ mes en&ots , vous deva aux maîtres dont vous êtes les disciples, et de i|tti veoi recevez des leçons, ramour» ie respect^ la deeililé et la reconnaissance. Si vous ètas employés au service de quel» qu'un, vous devez mettrez pratique, à son éganl^ ce que dit saint Paul : « Serviteurs^ obéiiseBeii tout à t#s maitm a œlon la chair; ne les servant pas aeulemefti ^and ils ooi a l'<Bil sur vous, comme si vous ne peoaiez qu*è plaire aax u hommes, mais avec simplicité de ccBiir et craii^ede Dieo* m Faites de bon cœur toui ce que vous ferez, comme le iai- «t sant pour ie Seigneur, et «on pour les hommes ; aacbaat m que c'est du Seigneur que vous rtœvsz l'hérilase du ciel a pour récompense; c'est le Seigneur Jésus-Ofarist que vous « devez servir (t) » dans la personne de vos maîtres. 2' i V égard de vos supérieurs ^rituels ^ qui sont le souverain Pontife, les évoques et les prêtres, et spécialemeal l'évèque xlu diooèse et Je curé de la paroisse. N'avoir pour eux ni respect, ni obéissance, <oe serait «a manquer pour Jésus-Christ lui-même, dont ils sont les ministres et les représenlants, et qui a dit en termes formels, en parlant aux apôtres, et, dans leur personne, a tous leurs successeurs légitimes dans Texercice du saint ministère : « Celui qd « vous méprise, me méprise, et celui qui me méprise, mé* « prise celui qui m'a envoyé (2). » — 3* A l'égard de vos supé-

(i) Servi, obcdite per onmia domims carnalibiis, non ad ocolnm aar» vientes, quasi hominibus plaçantes, sedin sû^plicitale cordis^ ttmenfaBf Deum. Quodcum^pie facitis, ex animo cfferamini, sicnt Domino, et non hominibus : scientes quod a Domino acqpietis getribationem haeredi» tatis. Domino Jesn Gbnsto servite* Goloia., ai, 3^%h,

(,%) Qui vos spernit, meapernit^ qui.atttaBijnespernit,speiaiit &m qai m'isii me« Luc, x, 16.

rimrs temporel^ fi'esl«à-dire à ceux qui gouvernent TEUt, ei aux u^^slrats qui rendent la juslice et n^înliennent le bon ordre, a Quelouie âme, dk salai iPanl, soi! soumise dux « puissances (J)» car il n*y a point de puissance qui ne vienne • de Dieu, et celles qui son(, c'est Dieu qui I^s a établies; c quiconque l^r résiste^ résiste à Tordre de Dieu. »

Le souverain ^oUfe Grégoire XVi, dans sa lettre ency* clique à loiis les iiatrtarcbes, primats, «rcbevéqaes et évoques, «i4ate4u 46 août 4^2« après avoir rapporté Jes paro^ de V^^j^àkte qoe sous veaons de citer, 4ilûane comme exemplede la souœiseioo due à \a putssanoe ^périeure, la conduiledespnefiiiers chrétiens, qui, pendant trois siècles de perBéoatiiOfi ne ^ réAvollérent jamais, «i ainÀèreni aMHx fiDoodr que de i^ister par la violence : <c Les sol^ « dats chrétiens, dit s^nt Augustin, servaient un empe- « reur infidUe; jnmss^U était ^fuesUcm de la cause de Jésus- « Cb'tsI, Us m i^eomaaissaierU que £Blui qui est dans les « deux. Ms ddstinguaieut le maiirs étemel du maître tem^ « porel, et cependant ils étaient soumis pour k maitre étert ndrou matia^ ie$npor^ C'esi ce qu*.avait devant Jes yeux « l'invkicible martjir llaurice^ chef 4le La légion ihébaix^, c lorsque, oamsie le rapporte saiint Buolier, il répondit ii ■ Teaipereiir.: Nmis sommes vos sMats; mais x^ependantser- « viiewrs de Keu, nous i*a»Mm(msMbreme$d,., Et maintenant « mâme, le danger où nous sommes de, perdre la vie ne nous « pousse pas à /a révolte; sious ^aoonsdesiarmes^ et nous ns « résistons pas^ parce que nous aimons mieux mourir que de « tuer. Cette fidélité des anciens chrétiens envers les prin- « ces brille avec bien plus d'éclat , si Ton remarque avec « Tertullien, qu^alors les chrétiens ne manquaient ni par le « non^re , ni par la force, s'ils avaierâ voulu se montrer « ennemis déclarés, ^ocb ne sommes que d*hier, disait-il,

(1) Omnis anima potestatibus sablimioribos subdita dt; non est enim pottîtaê ski a^«o; '^ue aatem «unt, a Deo i)rdHiatae suut; UaQue, qui resistit potestati, Dei ordinationi resistit. Rom., xiii, i-i.

« et nous remplissons tout, vos villes, vos lies, vos forts, <c vos assemblées, vos camps, vos tribus, vos décuries, le (( palais, le sénat, le forum. Combien n'aurions-nouspas été « disposés et prompts à faire la guerre, même avec des force ces inégales, nous qui nous laissons égorger si volontiers, « si notre religion ne nous obligeait plutôt à mourir qu'à « donner la mort ?... — Ces beaux exemples de soumission «inviolable aux princes, lesquels étaient une suite né* <c cessaire des saints préceptes de la religion chrétieDoe, « condamment la détestable insolence et la méchanceté de « ceux qui, tout enflammés de l'ardeur immodérée d une « liberté audacieuse , s'appliquent de toutes leurs forces à if ébranler et renverser tous les droits des puissances, lan- <K dis qu'au fond ils n'apporlent aux peuples que la servi* « tude sous le masque de la liberté (I). »

D'où il faut conclure qu'il n'existe point de droit d'insur rection. Telle est, mes enfants, d'après ce que nous venons de dire, le principe chrétien ; telle, par conséquent, doit être la règle des catholiques.

Vous êtes obligés d'obéir à vos maîtres et à vos supérieurs, mais seulement en tant qu'ils n'exigent rien qui soit contraire à la loi du Seigneur ; et c'est un devoir de lôur désobéir,du moment qu'ils commandent quelque chose d'injuste, et que vous ne pourriez vous conformera leur volontésans violer un commandement de Dieu ou de l'Eglise : // /out obéir à Dieu plutôt quaux hommes.

= D. i4 quoi sont tenus les pères et mères envers leurs enjants?-^ Les pères et mères doivent aimer leurs enfants, les nourrir, les instruire , les corriger et leur donner le bon exemple.

Explication. —Les pères et mères doivent : U Aimer leurs enfants : il suffit pour cela qu'ils aient un cœur ; ne pas aimer ses enfants, ce serait se montrer plus dur et plus insensible que les brutes, qui aiment et chérissent leurs pe-

(1) Encyclique de N, S. Père le Pape Grégoire XF/, en date dt 15 août 1883.

liU. V Les nourrir : refuser à ses enfants la nourriture dont ils ont besoin, ce serait un ac^te de cruauté et de barbarie dont heureusement on voit peu d'exemples. 3* Les instruire ou les faire instruire des vérités saintes, et ne rien négliger pour graver profondément dans leur cœur les préceptes de la religion-. Il n'y a que la religion qui nous fasse véritablement connaître d'où nous venons, ce que nous sommes et quelle est notre fin ; elle seule nous apprend que l'homme est fait pour des biens infinis; elle seule nous monlre la route qu'il faut suivre pour les acquérir. Pouvez-vous donc, pères et mères , ne pas en instruire vos enfants , si réellement ils vous sont chers ? Serait-ce les aimer , que de les laitôcr privés de cette connaissance qui seule peut les conduire au bonheur infini pour lequel ils ont été créés, et sans laquelle ils ne peuvent qu'être souverainement malheureux? Instruisez donc vos enfans , et donnez-leur une éducation coBvenableet surtout chrétienne ; votre propre bonheur en dépend : a Gomme un enfant imprudent et déréglé , dit le Saint-Esprit, est un des plus grands sujets de tristesse pour sa mère, de même un enfant sage et bien né fait la joie la fins sensible de son père (4). » 4' Les corriger : « N'épargnez pas, dit le sage, la correction h Tenfant ; vous le frapperez de la verge et vous délivrerez son âme de l'enfer (2); car la réprimande et la punition donnent la sagesse (3). » L'enfant abandonné à sa volonté devient la confusion de sa mère (i),)» parce quHI ne tarde pas à contracter des habitudes vicieuses qui attirent sur lui le mépris et l'opprobre. Réprimander doucement vos enfants, leur infliger une punition légère, au premier moment où vous découvrirez en eux un

(1) Filius sapiens lœtificat patrem; filius vero stultus mcestitia est matris suœ. Prov., x, 1.

(S) Noli sttbtrahere a puero disciplinam...; tu virga percuties eiiiii,et animam ejos de inferno liberabis» Prov., xxiii, 13-14.

(S) Vîrga atque correptio tribuit sapientiam. Prov., xxix, 15.

(4) Puer qui dimittitur voluntati snse , confundit matrem suam. Prot., XXIX, 15.

— iBê,—

défaut , voilà . pères et mères , 1:6 que vous devez feire , el cela suffira presque toujours pour remédier au mal. Maisâ vous le laissez croître, il deviendra comme uœ seconde sature, que tous vos efforts ue pourront plus détruire. Voui vous désolerez, el avec raison , des vices que vos enfants ne tarderont pas à porter dans la société , et c*est à votre fatale indulgence qu'ils le devront , tandis qu'ils auraiesl toujours été bons et vertueux, si vous aviez eu soin de les reprendre el de les corriger la première fois qu'ils ont £shI le mal ; combattre le vice à sa naissance , c'est TétoufTef et 1 anéantir. ^"^ Leur donner le bon exemple : rexpérieooe prouve que c'est de toutes les lecmis la plus efficace ; quevoe enfants vous voient observer les commandements de Dieaet de TEgiise, ils les observeront ; qu'il vous voient fréquenter les sacrements , ils les fréquenteront ; qu'ils vous voient assister le dimanche à la sainte messe, ils y assisteront; qu'ils vous voient prier Dieu soir et matin^ ils le prieront ; qu'ils vous voient pratiquer la douceur, la patience, lacluirite, ils seront doux, patients, cbaritables. Mais si vous kl scandalisez, si vous leur donnez l'eisemple de l'oubli de Diei et du mépris de ses lois, ils ne tarderont pas à mardMT sur vos traces : ils deviendront bientôt ce que vous èles, et vous vous perdrez tous enseml)le.

^ D. il quoi sont tenus ies maUres et maîtresses envers leurs serviteurs ? — R. Les maîtres et laaîtresses doJTent traiter leors serviteurs avec bonté, payer exactement lenrs gages, et veiller à ee qu'ils servent Dieu fidèlement, et sirient bien instruits des vérilés cbrétienoes dont la connaissance est nécessaire au salut.

Explication. — Les devoirs des maitres et oiattresseseDr vers leurs domestiques se réduisent à quatre principaux. ~ Le premier est de les traiter avec bonté ; si Ion doit être bon, affable avec tout le monde, n'avoir des manières baa^ taines et méprîsaates pour qui que m soit , fût-ce le plus pauvre des hommes, à phis forte raison doit -on traiter ses domestiques avec celte bienvéitlance qui adoucit ce que leur état a de pénible et d'humiliant. Hais il faut se gardsr

de trop se familiariser avec eux. C*est le conseil que donnait saint Louis à son fils : « Parles peu è ^os serviteurs , lui disait-il, et ne vous rendez pas trop familier avec eux, afin qu'ils vous craignent et vousain)entcomroe]eurma)tre(4).)> — Le second devoir des maîtres envers leurs domestiques est de payer exactement leurs gages, a Lorsque quelqu'un aura travaîUé pour vous, disait Tobîe à son fils, payez- lui aussitôt ee qui kii.«9t dû (S). • Le sage compare au crime de l*fao«niekie i*ia|ustîoe de cettx<|ui ne paieiii pas les ga^es de leurs «ervileors : « Cehri qui prive le serviteur de sa récompense, est frère de celui qui verse le sang (3). » — Le troisième devoir des maîtres envers leurs domestiques est de veiller à ce qu'ils servent Dieu fidèlement ; ils doivent , par conséquent, avoir soin de les envoyer aux offices, les exhorter à s'approcher des sacrements, et faire en sorte 4|u*ils ne fréquentent aacune comp^^ie dangereuse. ' — La quairtèflM devoir desmaitres envers leurs domestiqi*es est da veiUer à ce qu'ils soîe&t bien îostraits des vériAés dunétieiiDesdoiit la cotmamatice est nécessaire au salut; its doi- TODl, par conséquent, avtm* soin de les envoyer anx instructions et au catéchisme, leur mettre entre les mains quelque bon Fivre, leur faire quelque lecture édifiante, et ne jamais oublier ces paroles de saint Paul : « Si quelqu'un n'a pas « soin des siens, et surtout de ceux de sa maison, il a re* « noocé la foi, et il est pire qu'un infidèle (I). »

(1) Vie de saint Louis^ par M. dâ Villeneuve.

(2) Qaic«m<|oe tibi aliquid operatus fuerit, «tatim ei mercedAm refrtitne. Tob^ iv, 15.

{3) Qai effundit sanguinem, et qui fraudem làdt merceDario, fratres sont. Eccli., xixiy, 27.

(4) Si qois autem suorum, et maxime domesticorum, curam non habety fidemi n^^vit, et est infideli deterior. I. Tim., y, 8.

TRAITS HISTORIQUES

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