‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 61 sur 114 · DES DANSES ET DBS BALS · texte numérisé non relu

DES DANSES ET DBS BALS

D. Quelle est ta huiHème cau$e du péché oofUmtre à ta pureté ? — R. Les danses et les bals.

Explication. — On entend par dante un mouvement du corps qui se fait en cadence, à pas mesurés, et ordinairement au son des instruments ou de la voix.

Le bal est une assemblée , une réunion où Ton danse. Ainsi ces deux mots : danses et bob, ont à peu près la même

(1) Gotetier, tom. I, pag. SIS.

(S) Bibliothèffue choiuie ée» Père$^ Um. I» {Wg. 4M.

(S) S« Epbfea; mUiothèpte choisie des P^ret, tom. VIU, fêg. UU

signMcallaQ, et ee que nousaUons dire des <kMM doUs'ea» teiKfa^ égaiMneot de» Mb.

La danse entre personnes du même sexe, lorsque, du reaie, H oe se fMMe rien, ni daHs les manières, ni dans ies dnoours, <|iil mM CMtIraire è te modestie et à la déeenee, est wie elMaaadiaQllimeitt indifféreote, et par eonséquenl un divttriisfiemesl latii à fait innocteni.

La danse, entre personnes de difTérent sexe, n a rien, non plus, de criminel en elle-même ; ouais, à raison des àrconstance» qm Vàoeompoigmni ordnmirement , elle est extrêmement dangereuse^ et doit être regardée comme ua divertîsseflàent peu compatible avec lesprit du çhristia* Bîsme. Ces ctreonstances sont Ja vanité qui y règne, la trop grande familiarité qui s'y établit souvent, la dissipation qui en est la suite , et surtout la mise peu décente de la plupart des danseuses.

U y a de»danses qu'il fautabsolumeiil s'interdire, et auxquelles on ne saurait prendre part, ne fût-ce qu'une seule fois, sans se roidre coupable de pédié mortel : telles sont hmlsê, kgalep^ la polka, lecancan... Ces danses sont mauvaises de leiir nature par l'attitude qu'on y prend ; elles doivent être bannies de toute société honnête, et on conçoit à peine qu'une femme puisse s'y livrer, sans renoncer à la iDodestie qui convient à son sexe.

Il peufr aussi se mêler, aux autres espèces de ganses, un ooslume, des gestes, des paroles capables de porter et <lexeiter CeNrtement à la volupté. Elles deviennent, dès lors^ iiBeoocaaîon prochaine de péché^ et, par conséquent, il y a obligation de s'en abstenir.

Ceci s'applique particulièrement aux danses pubUqms. Oo appelle dapses publiques, celles où tout le monde est ^is sansdtstinclion ; par exemple : dans les classes lofé- Heures, 1^ danses qui se font daps iqs cabarets, dans les guinguettes ou autres lieux semblables^ et,, dans las classes^ svipà'ieures, les bals soit mas(^ soit parés, où Ton se rend ^^mmk la eomédiOi en payait sa place* Qo se livre, dans

— fit —

toui«s CBS éanses. h we ^eemt «ft^énée, et tons^oetit qp ne sont pas disposés à y renoncer aooiiiidigQMd'abiDlHi* lion.

Les danses qtrf ont Keudaii6^les.fé«m«»f «bKqoes^ap^ pelées vulgairement as$mMées, ne mai g9àtmmom.à»h gereuses, snrtout lorsqo'etfes se foMpeoâMi 1» unbL'io^ modestie qui y règne et tont ce qui s*y pasn^ditt enétoi^Mr quiconque est encore pénétré de te eraieteëe Bécm, et jaloax de conserver soo honneor et sa réfutation. N'esWce pas, en effet, eonipromeCtre «m Itonnenr tp» éeeelrcNiver en contaet avec des gens terés el des liOBimaa penk» ie débauche? Or, n'est-ce pas là ce ^oe FofttmieaBCfe presque toujours aufx danses d^asmmbiêe»? H y a sans doute dn exceptfotts, mais eHee sont bien rares.

Qnànt aux danses qui ont Ken dans les soeiéiée pertiei»lieras, ou dans des réunions de famHte, îH est ëars de doale qu*H yen a de très iJWnwinfHrpwreeqn'it B*y e q«e tropde sociétés Keeneieuses et de fenritles eu iè ré||ne bien pende

réserve. Mais, en8up{riï8Qntqn*i1ne'e*yp^^^^ ''*^^><^^'^ deleux, elle» ne sont pas^ abeolnnienl oopdafluiebics , et il y I des motKsqurpeuventexeuserde ton! péehé «wp^'aeaet qui y prend part. On pecH reganier ceiavne not^ dé e0 genre, TobKgalion de céder aox ordres: des parents, des maris ; celle de déférer à leors désire biei» prononcés ; la néces»llè d'entretenir de»rel4lieDS defonnH», deeociélé; fa crainto fondée de nnnqiieriinéteblîsseaieni, si oo s'accepte pas une invitation , etc. Mai», partoni el tonjeurs, ei ne doit se présenler qu'^evec ime mise décenle, èlre sévère sur le genre de conversation qee Ton se permet^ et étie extrêmement réservé dans la lenne.

Même avec les motifs dont noos venons de parler» une personne doit, aotaàt qne possible,, s'abstenir de le danse, 9i, VQ se IbibVesse et l'eitpérlenee qu'elle en é Mte, elle y trouva on occasion preebaine de péefaé mortel.

G*est sortont en carême q«r'on doit sloferdire la dans»; elle présente nn eonirasie si ^oqiiaBl avec 9a pénitence

dof^ rSiHatt M%r émèm le mène tesifo, mk é«vafar à Bes tftftttte l Oo «Bèustraîi iowtefeis im foaettcmiiaire pubiîc €|Bi» en oàrén^ ae Itoi^eraîl obUgè, par«i pasiHoi^ par •smipie 4 foMaaiia dtf pisa^e d* un prima ^ ào idoBDer une llte doÉI la dansa imit paHie. On supfnse qu'il ne Miif^«aB (tiapaniBr. sans incoavéïiieiils, «l cpi'U TciUe, sMmA qi»ponaihlo, à aa que iookÊB passa dana rQrdm(4).

D. Les Pères de Ç Eglise et tes maîtres de la vie spirituelle ont-ils condamne tes (ùinses^ — R. Oui, el ils les onl signalées omme étatït prefsqoe toujours une occasfon prochaine de péché inortef.

Explication. — Saint Ambroîse, après avoir raconté Thisloîre de la mort du saint précurseur, laquelle fut le prix d'une danse [2), continue en ces termes : « Que les mères qui aiment <t la chasteté et la pudeur donnent à leurs filles des leçons ce de religion, et non des leçons de danse (3). » — « Qu*apa prend-on dans le^ danses? demande saint Cyprien; qu*y a voit-on?... On y était entré pure; on les quitte criminelle. « Vous avez beau rester vierge de corps et d'mtention : la « pureté de vos yeux, de vos oreilles, de votre langage n*a « pas été sans atteinte. Vous n'arrêtez sur personne d'impu- « diques regards : non { mais vous en êtes l'objet. Vous ne <c souillez point vos yeux par de criminels désirs; toujours m ètes-VQus coupable de ceux que vou$ enflammez (4). i» — « Que diraî-je de ces danses animées, de ces symphonies « molles et séduisantes? N*est-ce pas Satan lui-même qui « vient en personne prendre sa part de ces divertissements « et danser à ces accords ?d Ainsi s'exprime saint Jérôme (5). «-^ m Laa daoëea et lea bals, dit satnt François de Sales, sont

(1) Voir le résultat des conférences d* Angers de Tannée 1832.

{«) Marc, n, il.

(») Apué eoitton, toou IX, pog. aS7.

(4) Ibid., tom. IV, pag. 80.

(5) His tcipudiis diabolm salt^ S. H;eroa. ayud GiiiUoo» tom. £K, pag. 886.

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€ des chows MifMCMtes de leur iiafcire; néais leur usage, a tel qa'îl est maiffileincil étabK , esl si détermioé ao mai « par toutes ses ciroofistafioes , quHIs portent de graiMb 9 dangers pour l'âme. Je voos perle doue des bals, oomiBe € les méd^sms parlent des champignons : les melHeors, « disent-ils, ne valent rien, et je vous disqoe les meiileun « bals ne sont guère bons. S*ll faut manger des ohampi- « gnons, prenez garde qu'ils soient bien apprècés, et roan- « gez-en fort peu : car, pour bien apprêtés qu'ils soient, « leur malignité devient uu poison dans la quantité. Si, par « quelque occasion dont vous ne puissiez absolument vous « dégager, il faut aller au bal , prenez garde que la daose « y soit réglée en toutes ses circonstances, pour la bonne a intention , pouf la modestie , pour la dignité et la bien- € séance , et dansez le ^oins que vous pourrez , de peur « que votre cœur ne s*y affectionne (I). » — « Ces ridicules < divertissements, dit le même saint, sont ordinairement «dangereux; ils dissipent Tesprit de dévotion, ils affai- « blissent les forces de la volonté, ils refroidissent la sainte « charité, et Ils réveillent en Tâme mille sortes de mauvaises <f disposltious ; c*est pourquoi l'on ne doit jamais se les « permettre , dans la nécessité même, qu*avec de grandes « précautions. » Il veut, de plus, qu'après avoir dansé, on ail recours à quelques considérations saintes et fortes, et il conseille principalement celle-ci : « En même temps que « vous étiez au bal, plusieurs âmes brûlaient dans l'enfer, a pour des péchés commis à la danse, ou par une mauvaise « suite de la danse (3). »

D. Les mondains qui veulent éire de bonne foi ^exfnrimenl'ilSf

au sujet des danses , d*une manière différente que les Pères de r Eglise et les maîtres de ta vie spirituelle^^ — H. Non.

Explication. — Vers l'an 4 620, l'évéque d'Autun voulant donner à sou peuple une instruction contre les danses,

(1) Introduction à la vie dévote, W partie, cbap. xxxm. {%) Ibid.

consulta on homme qui avait connu les plaisirs, le comte de Bussy-Rabutin , si célèbre par son esprit et ses écrits ; voici la réponse qu'il en reçut : « J*ai toujours cru les bah c dangereux ; ce n*a pas été seulement ma raison qui me « Fa fait croire, c'a été encore mon expérience; et, quoique < le témoignage des Pères de TËglise soit bien fort, je tiens « que , sur ce chapitre, celui d'un courtisan doit être du « plus grand poids. Je sais bien qu'il y a des gens qui couc rent moins de hasard en ces lieux-là que d'autres ; ce- « pendant les tempéraments les plus froids s'y échauffent. « Ce ne sont d'ordinaire que des jeunes gens qui composent « ces sortes d'assemblées, lesquels ont assez de peine à ré- « sister aux tentations dans la solitude, à plus forte raison « dans ces liéux-là. Ainsi je tiens qu'il ne faut point aller « au bal quand on est chrétien (4). »

Une jeune dame, qui vivait éloignée du monde, et qui, étant demoiselle, n'était jamais allée au bal, n'ayant pu se dispenser d'assister au mariage du frère de son mari, écrivit le lendemain ce qui suit h une de ses amies : « La réunion « était nombreuse, les toilettes extrêmement brillantes; j'ai « eu le plaisir d'être une des plus simples de la compagnie... ff C'est là que j'ai vu valser pour la première fois ; il m'a « suffi de cette danse pour comprendre combien les bals « sont dangereux , et m'affermir plus que jamais dans la « résolution de les fuir. »

D. Les assemblées nocturnes^ vulgairement appelées veillées, présentent-elles les mêmes dangers que les bals ? — R. Oui, et il est bien difficile de les fréquenter sans offenser Dieu.

Explication. — H peut, sans doute, y avoir des veillées très innocentes ; de ce genre sont celles qui ne se composent que de personnes graves et réservées, et dans lesquelles il ne se passe rien qui soit contraire à la modestie chrétienne. Mais, presque toujours, il y a, dans ces sortes de réunions, une grande dissipation. On ne se fait aucun scrupule de tenir

(!) Uf.rc de Bussy-Rabutin à Tévêque d*Autun.

4iBe foule d« jNTopos équivoques; viaonoal «osoile les chanaoos plus ou moins obscéoes; puis les rondes aocompa^p^ées -àid miUe légèretés bien propres à amollir le oœur et à Tsa* &mmer. Ordioairemeut aussi ou se permet, dans les veil- .lées, oe qu'op a coutume d'appeler des jeux de modelé; les péaitefices qu'il faut faire pour relîcer les ^o^^coosistent, jx>ur la plupari,.daas oertaioes familiarités plus ou moins grandes ; de sor4e que, généralement parlant, il y a 4u danger à aller aux veillées.On no saurait dirç «ombiea de personnes, auparavant vertueuses et sages, y ont trouvé leur perle par les discours obscènes qu'elles y ont entendus, et Jes mauvaises connaissances qu'elles y ont faites. 11 ^st immense le nombre de ceux qui ont perdu l'innocence, pour ■avoir pris part à ces jeux de société qualifiés innocents.

Enfin, et ceci s'applique également aux veillées et aux danses, la plupart des jeunes gens de nos jours sontnialheureusement sans religion et sans mdsurs; quelle délicatesse, jdès lors, et quelle retenue peut^on^teedjre de leur part ? El, quand bien même il ne se passerait rien de déplacé extérieurement, qui pourrait dire toutes les mauvaises pensée^ auxquelles ils s'abandonnent, tous les désirs criminels qu'ils jioprrissent au fond de leur cœur, et dont une vierge cbréiieone, qui se trouve dans des réunicN^s, pour l'ordinaire si mai composées, devient la cause et l'occasic^?

Quant aux ménétriers ( joueursde violon ) §ui font danser aux assemblées, il est certain qu'ils sont grandement coupables et indignes d'absolution, parce qu'ils fournissent a un grand nombre de personnes l'occasion d'offenser Di^. lis doivent, par conséquent, renoncer à leur ignoble métier.

D. Ne peut-on pas regarder comme exagéré ce qui vient (Cêtre dit du danger des danses et des veillées ? — R. Non ; plus d'une fois le même danger a été reconau et signalé par les magistrats eux-mêmes , qui n'ont pu s'empêcher, dans Pinlérét des tiennes mœurs, de prendre des mesures de police à cet (^gard.

Explication. -^ En voie! deux exemples entre un grand nombre d'autres que nous pourrions ciuîr .— Le 5 avril 4 $11 ,

— su —

Jèf réCeUde l'Aisi» écrivit à iooft les nMiirés de son déparle» meB( la lettre suWmi^z « lene puîairop x'ous recommander, « fQesftieurs, une esaote surveHlaoce ei ie mainUee d*»De € bonne peUce à Tiéf^rd dea Ueux où, pendant Tiuver, des

V pMsoanes des deux sexes se réuaîsseoi , sok pour h M dovtffi^ sail pour travûller en comnaun , socis la dénomi^ « nation de veillées. ïm éié insinûl que des scènes scanda-»

Y ièuses se sooi seu veut passées dans ces séries de réunions, « Vous Uerea donc déployer^ en pareîUe circonstance) louli «>la sévérité des lois,.. Faites connaître aux pères et mères « <}fi*ils sont, en{>areil cas, responsables de leurs enfantSt « ci surtout soyez inexorables oonire ceux des cabaretiera K qui ^loBiieraienl a. boire après les beures fixées par lea f ffègleedents de police (4). « — Le 46 lévrier 4 8iit, un naaire du département du Loiret pubUa larrèté qui suit : « ¥u ries « aeeidents graves occasionnés par la manière dont on danse « depuis quelque temps, à partir de ce jour il sera exprès* « sémeut défeôdu ^ éarmr û f^ep, sous peine d anoende « de 6 à 4'S francs, payable par les musiciens qui auront « fait danser ladite daAse, ou par lecbef de letablissemmit « qui fiej'aura pas empêchée (i). »

D. TCestce pas an moins une exaltation de prétendre, avec certains moralistes, que les danses portent uux septpéthés mW' iek; ^mey se livrer à àe pareils diverti^êemerOs , c'est onbUerlm (jrûeedes sacrements et ies mtrtmcnts emt^fnimesifui nous samc^ tifient, et effaœr^n soi ies sept dms du Saini-Esprii ? — B Tfift cela ne convient qo6 trop h un grand oombre de bals el de danses, <]uoiqu^i) puisse y en avoir et qu'il y en ait en effel qui^ont peu dangereux ei même tout à fait innocents.

ËxpucATioK. — 4 ** Les dansas et les baJs portent aux sept péchés mortels. Â lorgueil , par le désir de paraître et de i'emportar sur les autres en beauté, eu adresse... A Tava-

(1) Manuale compendium doctrinœ moralis de virtatibus j auctore Lequcux, dissert, m, pa|^ ia7.

(2) Journal des Débats^ n© du 20 avril 1842.

rice, par les privations que Ton s'impose : on met tout en toilette, et, pour se procurer une brUlante parure, on laissera manquer du nécessaire un vieux père, une mère infirme; on refusera un centime à un pauvre, et, chez la modiste, on ne reculera pasdevant une dépense de deux a trois cents francs! A la luxure, par toutes les mauvaises pensées ^uxquellesoe «abandonne, tous les mauvais désirs que Ion nourritau fond de son cœur... Â Tenvie, par là tristesse de se voir surpassé par d*aulres en jeunesse , en beaux habits... Â la gourmandise, par les grands repas qui terminent ces sortes d'assemblées et qui sont si opposés à la tempérance chrétienne. A la colère, par les querelles, les jalousies, les ini* mîtiés, qui souvent y prennent naissance. A la paresse, par le dégoût qu'on y conçoit de la dévotion , et Vimpossibilité morale où Ion se met d en pratiquer les exercices (4).

f" Ceux qui fréquentent les danses et les bals ne semblent-ils pas mettre leur gloire à y oublier la grâce des sa<n*ements et les sacrements eux-mêmes qui nous sanctifient? Le baptême, par la profession publique des ponipes de satan ; la confirmation, par la désertion de la milice chrétienne; Teucharislie, par la profanation du corps qui lui sert de sanctuaire ; la pénitence , par les plaisirs sensuels auxquels on se livre; Textrême-onction , par les taches qu'on y contracte; Tordre, par le mépris qu'on y fait des lois de l'Eglise ; le mariage , par les adultères qu'on y médite , et que souvent on y complote (i) ? Ces dérèglements, il faut le dire, ne se rencontrent pas tous à la fois , ni toujours, ni dans un égal degré dans toutes les assemblées mondaines ; mais il en est bien peu qui ne présentent au moins quelque danger, par ce qu'il en est bien peu qui soient exemptes de tout scandale.

3* C'est dans les danses et les l)als c^e sont effacés et que Ton perd les sept dons du Saint-Esprit. — Le premier, qui

(1) Catéchisme de Bourges, tom. I, pag. 89S. («) Ibid.j pag. 893.

68i le don de sagesse , nous détache du monde et nous fait goûter et aimer les choses de Dieu ; or, l'effet ordinaire de« danses est d attacher au monde et de faire goûter ses vaniié» et ses maximes. — Le second, qui est le don d'intelligence^ nous aide à connaître les vérités de la religion et à nous eu pénétrer ; or, Teffet ordinaire des danses, par les affections mauvaises qu'elles réveillent, est de faire perdre de vue les vérités de la religion qui condamne et réprouve ces mêmes affections. — Le troisième, qui est le don de conseil , nous fait connaître et choisir ce qui contribue davantage à la gloire de Dieu et à notre salut; or, Teffet ordinaire des danses est de rendre les mondains pour le moins indifférents à la gloire de Dieu, et de leur faire négliger le soin de leur âme. — Le quatrième , qui est le don de force , nous donne le courage de surmonter les obstacles qui s'opposent à notre sanctification ; or, Teffet ordinaire des danses est de rendre faibles ceux qui les fréquentent ; ne pensant presque plus à Dieu, et leur amour pour lui étant extrêmement refroidi, ils ne peuvent résister à la moindre épreuve et le moindre choc « suffit pour les briser. — Le cinquième, qui est le don de science, nous fait voir le chemin quil faut suivre et les dangers qu'il faut éviter pour parvenir au salut ; or, Teffet ordinaire des danses, par Tagitation qui y' règne et l'étourdissement qu'elles causent, est d'aveugler ceux qui les fréquentent, en sorte qu'ils donnent tête baissée dans les pièges <iue le démon leur tend. — Le sixième, qui est le don de piété, nous fait embrasser avec plaisir tout ce qui tient au service de Dieu ; or, l'effet ordinaire des danses est de faire d'abord tomber dans la tiédeur, et, bientôt après, dans la négligence des devoirs les plus essentiels du christianisme. Quel goût, par exemple, peut avoir une danseuse pour la prière , la communion ^ l'ornement des autels , etc. ? — Le septième, qui est le don de crainte du Seigneur, nous pénètre d'an grand respect pour Dieu, et nous fait craindre sur^ tout de lui déplaire ; or, l'effet ordinaire des danses est de bannir de l'esprit de ceux qui les fréquentent la pensée de

Diea et la craînt» de ses jugements, en sorte que MenMI m» ne rougit plus de riee. — Les danses et les bals effeicenfe donc dans les mondaÎDS et leur font perdre les sept dons dut Sarot-Esprît.

D. Le magnétisme hutnain vient-il à Cappui de ce qui vient {têtre dit sur le danger des danses et des assemblées du monde en général? — R. Oiii, el d'une manière bien remarquable.

ËxpucATioN. — Rien n'est plus propre que les danses et les assemblées du monde, surtout lorsqu'elles ont Heu pen^ dant la nuil^ à mettre ^i mouvement le fluide nerveux (t). Les bougies, les lampes, Tair échauffé, les parfums émanés des substances odoriférantes dont on se sert en pareilles circonstances, les chants, la musique, les mouvements que Ton se donne , les liqueurs, ele. : ce sont là autant d excitateurs du fluide dont nous parlons ; il s'en dégage en aboadance de tous les individus réunis ; il s'en forme autour de chacun comme une atmosphère qui rayonne dans tous les sens^ et qui agit sur Touie» la vue, l'odorat, le goût. « Dans celte espèce d'Ivresse, les imaginations s'exaltent, lesVœurs se prennent, les jeunes personnes surtout, comme plus nerveuses, courent les plus grands dangers, pour le calme de l'esprit et la tranquilité du cœur, il n'est pas rare alors » qu'assises auprès d'une mère qui a cru que sa présence serait une sauvegarde, elles tombent tout à coup dans une tristesse profonde, ou un silence morne de tous les sens extérieurs, pendant qu'une agitation pénible, inconnue, dont elles ne se rei^dcnt pas compte, préoccupe toute leur âme» La mère ioiprudenle n'a rien vu, rien senti ; elle croit tou* jours son eafant auprès d'elle , mais elle n'a plus que le corps ; l âme est ailleurs. El, pour peu que des imprudences

(i) Noas ^i^ODs-d^à 4it fua FexisteMtfe ée c% 8Btd« était aiée par quelques savants ; quand bien même ils auraient raison, il n*ea serait pas moins vrai de dire que ce qui se passe dïins les danses et les assem-, blées du monde est bien propre à enflammer Timagination et à irritier

SMont ooDMiisês ^ oq soopçoana assez ks maUieorr cpûr poorrool arriver (4). »

]y. La danse n'a-t-ette pas ftmé un grand rôle chez pbtsieurs sectes de fanatiques et d^hérétiques^ — R. Oui ; Thistoire ecdésâutUyoe nous Pappi^nd.

Explication. — Nous dirons quelques mois des hélîciles, des danseurs et des trembleurs. — Les hélicites éialeul des fanatiques du vi* siècle, qui menaient une vie solitaire, et qui, selon plusieurs auteurs, n*élaient autres que des moines tombés dans le relâchement. Ils faisaient principalement consister le service de Dieu à chanter des cantiques et à danser en rond. Ils se proposaient, disaient- ils, d*imiter ]>avid qui dansa devant Tarche d'alliance. Leur nom vient du mot grec (rrpécpeiv, dont la signification est : s^agiter, iow* fier. — Les danseurs étaient une secte de fanatiques qui avait pris naissance, en 1273, à Aii-Ia-Chapelle. Ces fanatiques, tant hommes que femmes, se mettaient tout à coup à danser, en se tenant les uns et les autres par la main ; ils &*dgîtaient au point de perdre connaissance, et tombaient par terre, sans donner presque aucun signe de vie. Ils prétendaient être favorisés de visions merveilleuses pendant cette agitation extraordinaire. — Les irembleurs sont une secte de quakers (shakers, irembleurs) ^ aux Etats-Unis. Anne Lee, née en Angleterre vers Tan 4750, est considérée comme la mère de leur religion. Ils rejettent le mystère de la sainte Trinité, la divinité de Jésus-Christ et les autres articles de foi. Leur culte consiste principalement en danses religeuses. Les hommes se rangent sur une ligne, el les femmes, placées vis-à-vis, en forment une seconde; un homme bat la mesure, en frappant ses mains Tune contre l'autre. Lo mouvement est d'abord modéré; mais bientôt il devient vif et animé; alors ils sautent aussi haut qu'il leur est possible ; cet excercice ne finit que lorsque ceux et celles qui y pren-

(1) Revue d^Anthropologie Catholique , numéro du 15 juin 184T, artide de rabbé Maupied.

nent part sont épuisés, de fatigue et baignés de soeur. G*M dans ce moment qu'ils sont pleins de l*esprit. Dans le fort de l'action leurs vêtements disparaissent... — Ce n'est donc pas de nos jours seulement que la danse est une souroe d'impureté. Mais, il faut le reconnaitre, il est exirèmemeot rare, en France, que l'on porte l'impudeur au même point que les sectes dont nous venons de parler, et sur les infamies desquelles nous ne pouvons nous expliquer d'unemanière plus explicite.

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