‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 62 sur 114 · DES SPECTACLES · texte numérisé non relu

DES SPECTACLES

D. Quelle est la neuvième cause du péché contraire à la pureté? — R. Les spectacles.

Explication. — Il en est des spectacles comme des danses; ils ne sont point mauvais de leur nature. Aussi joue- t-on des tragédies et des comédies dans les maisons d'éducation 4nême les plus religieuses ; et il ne viendra dans l'esprit (fo personne qu'il y ait en cela le moindre péché. Pourquoi? parce qu'il n'y a absolument rien, ni dans les pièces que l'on représente, ni dans les costumes, qui soit de nature à faire sur les spectateurs une mauvaise impression. Mais telles ne ^6onl point, pour l'ordinaire, celles que jouent les comédiens; et, généralement parlant, les spectacles sont dangereux à cause de ce qui s'y trouve d'irréligfeux et d'indécent. En effet, la morale qu'on y débite est entièrement opposée i «elle de Jésus -Christ ; le vice y est représenté presque toujours sous des couleurs séduisantes ; quelquefois même il est loué ouvertement, tandis que la vertu est rendue suspecte, ridicule ou odieuse ; on n'y donne que des leçons de plaisir et de volupté ; on n'y entend que des maximes de galanterie ; on n'y voit que des intrigues d'amour... Est'il possible, au milieu de semblables plaisirs, d'être longtemps sage et vertueux? « C'est au spectacle, dit saint Jérôme, « que s'accomplit Toracle du prophète Jérémie : la mort

^ntreparlu fouettas de notre âme, » c'est-i-dire par le» yeux et les oreilles (i). Aussi l'Eglise a-t-elle toujoiir» exhorté ses enfaots à s*absteDir du spectacle, et ne oégli*ge-t-elle rien pour les eo détourner.

D. L'habitude du spectacle fCélaigne-t-eUe pas des devoirs tfk thrétien^ — R. Oui, Thabitude du spectacle éloigne des devoirs du chrélien.

Explication. — En efTet, un chrétien doit aimer la prière et le recueillement; or, rbabitudé du spectacle rend la prière et le recueillement impossibles. Il doit aimer à nourrir son esprit de vérités utiles et saintes, et les spectacles ne donnent que le goût des fictions et des fables. Il doit faire pénitence, et les spectacles Tentratuent au contraire vers les plaisirs des sens. Il doit aimer et craindre Dieu, et les spectacles lui ôtent lamour et la crainte de Dieu ; il n*a plus pour son créateur et son sauveur qu'une indifférence coupable, et il se met peu en peine de fouler aux pieds lescom* mandements les plus positifs et les plus essentiels. Il doil respecter les choses saintes et les personnes consacrées à Dieu, et il ne tarde pas à les haïr et à les mépriser, en les voyant livrées sur le théâtre à la haine et au mépris (2}.

D. Les comédiens ne sont-ils pas excommuniés^ — R. Non» mais leur profession n^en est ni moios honteuse, ni moins dangereuse.

Explication. — Plusieurs conciles particuliers, et entre autres celui d*Arles, de Tan 34 i, ont excommunié les comédiens; mais il y a quelques observations à faire à ce sujet. D*abord, selon plusieurs auteurs, il ne s'agit point ici d'une excommunication à encourir par le seul fait, ipso facto, mais seulement d'une menace d'excommunicatioa ; en second lieu, il n*est pas certain que le décret du concile, qui était dirigé contre ceux qui prenaient part aux specta-

(î) Asceadit nors per (bnestras nostrts. S. Hyeron. (i) Nouveau Caiéekisme de Puris^ pag. 1$8.

des des païens, soîl applicable aox acteurs de notre temps ; enfin, il ne paratt pas qu*il existe aucane loi générale dé l'Eglise qui proscrive la profusion de comédien sous petne d'excommunication. « Qtianl aux comédiens et ant n^enrs,» disent les Pères du concile de la province de Beims, 1e«u à SoissoDS en 4 849 a nous ne les mettons pasau nombre des. « infâmes, ni des excommuniés. Cependant si, cosHne cela a arrive presque toujours, ils abusent de leur profession au a point de jouer des pièces impies ou obscènes, de manière « qu*on ne puisse s*empècber de les regarder comme des pé- « cheurs publics on doil leur refuser la communion eueharis- « tique. Quoique les comédiens ne soient ni infâmes ni excom- « munies, il ne faut pas en conclure qull soit permis aux. « fidèles de fréqueulei' indislinctemeot les spectacles ; car si « quelques uns sont honnêtes et innocents, il en est d^autres « qui sont mauvais, parce qu'ils sont contraires aux mœurs « et à la piété chrétienne, et pour Tordinaire ils présentent « tous un danger plus ou moins grand [4]. » Le même concile exhorte ensuite les confesseurs à mettre tout en oeuvre pour détourner leurs pénitents de ta fréquentation des spectacles» et il leur enjoint de les interdire absolument à tous ceux pour, qui ils seraient une occasion prochaine de péché moi tel (3J.

D. Pi*y a-t-il pas du moins un spectact^^ Vopéra^ qui ne présente absolument aucun danger? — R. S'il y avail une exception à faire, ce ne serait pas en faveur de ce spectacle.

(1) Q«MiA oamftdos H actores teenicot, e^ nén recesKraus iater iafomes nec inler excooMMinicatee. Venuotamoi fi,«t ^eniaifae ce»» tin^t prof^ione sua adeo abutantur, ut vidgo re^tentur p«ecatorcs publici, impia nempe vel obscena ludentes, tanc amoTeodi sunt a cornmnnione eucbaristtca. — Quod autent non siiit înMnies, nec exccnnmuttcati, «s li«c mm ôêactaèatiirlicilaniesMfiAefibwspcctictilanidifcriaiiiatim ftyqtteBtard : ai taâm ^fméum nmt boatiCa, «Im âufti mata, quateuo^ pietati christiauae aut noribus contraria; aliaTero pierumque magis minnsve periculosa. (Décréta conc. ProTinciœ Remensis, pag- 71.)

(2) Ab spectacuits JinequantiidiB « pcoàt pnklaiya a«§geri( (eoBlésaarii) debortentar fidèles, ^oorvio pidM MrkaefttBithkit ptlilttr;^ imo

Samxjptwm. -— Ito Taveu des gens du monde qui veolest être sincères, t'opéra (4 ) est de tous les spectacles le plus^ dangereux. — Mais on n'y entend que de la musique et du chant... — Oui ; mais les paroles sont-elles toujours chastes? la parure des actrices est-elle toujours décente (2)? En supposant que cela soit, ce que nous sommes loin d'admettre, en est-n de même des ballets, des danstfs figurées qui s'exécutent sur le théâtre pendant les entractes? Est -il rien de plus dangereux et de plus propre à allumer dans le cœur le feu de la volupté? Direz- vous que vous fermerez les yeux pendant les ballets, ou que vous v6us placerez de manière à ne pas les voir? Âh ! qu1t est h craindre qu'il ne TOUS arrive ce qui arriva autrefois à Âlipius, ami de saint Augustin. Depuis longtemps il avait renoncé au spectacle. 3es arai^ îuî proposèrent un jour d'y aller avec eux ; il résista à leur invitation et à leurs pressantes sollicitations. Ils Ty enIraÎTîèrent de force : « J'y assisterai, leur dit-il, mais sans y être, et sans y rien voir. » Il ferma coAStammeot les yeux pendj^nt le spectacle. « Plût à Dieu, dîl sailli Âugiistîn, qu'il eût encgra bouché ses oreilles! » fin effet, ayant entendu «n gradM en, il se laissa vaincre par la curiosité, et ouvrit les yeux pour voir ce que c'était, s*imaginant qu'il pourrait toujours les refermer ; mais il devint la victime de celle funeste curiosité. Bavi» trans* porté, il ne larda pas à mêler ses applaudissements h ceux des autres ^éclateurs, et sortit épris plus que jamais de

ofinnes ludos théâtrales interdicere debent his pro quibus re perspecta , in se suisque circumstantus, inesset ils spectaculis occasio proxima mor- Mter peccand!. (Décréta, etc.) - ^

(1) Opéim, tÊj^ éo peémà drnnatifM {drame, ftièce 4e ^éktrt Beinéseattoi «te uimti soit comkiiie, Mit tragique) c« OMuique et cbanté sur le théâtre, avec des accompagnements, des danses et des cbang^iients de décorations.

(2) « L*Opéra de Ptrif , a^ii «n philosophe éaéertAtv ilède, ert assez m wiiliiihle an séiaœr et tMHympe, etsesëéMses «o«t aussi pem chastes mqm les éi9tms4u piyitiac> m {Le varquis 4*Arge*B; Philosophie du bon sens y tom. Il, pag. 21.)

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