‹ Explication Historique, Dogmatique, Morale, Liturgique et Canonique du Catechisme avec la reponse aux principales objections tirées des sciences contre la religionChapitre 90 sur 114 · DE LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

DE LA CONSCIENCE

B. Qt^^t'Ce que la con$cience7 — R. La eaosciaaoe «si un jtigemeot pratiqjie, qui dicte ce qu^il faui faire 4iu éviter dauBia circoDstance parliculièfe où l'on se trouve.

BxPLiGÂTioN. — La loi divim, oomme ooos Pavoi» dU précédemmoit^ est iê règle suprême de nés actions. Maia, outre cette règle qu on appelle extérieure et élmgnée^ il en est Qoe autre qu'on appelle ù^érieure eiprotàame : c'est la conscience, qui applique la loi et les principes de la loi aux cas particuliers qui se présentent, et prononce sur la bonté ou la malice de tel acte, sor sa UcUéoa son illicite.

Pour se former de la conscience une idée nette et précise, il faut, dit le cardinal de la Luzerne (4), la considérer comme une faculté de notre ftme , particulière et distincte de toutes les autres. Son objet est de nous faire porter des jugements pratiques sur ce que, dans les circonstances où nous nous trouvons, nous devons observer ou éviter, sur ce qui nous est actuellement et sur tel point permis, ordonné ou interdit. La conscience n'est ai l'inielligence, ni la volonté ; mais elle participe de toutes les deux. Elle a de commun avec l'intelligence qn elle forme oomme elle des jugements moraux ; elle en diffère en ce que les jugements de rinteHîgence sont généraux et portent sur l'universalité dé nos devoirs, au lieu que ceux de la conscience sont rela* tifs aux devoirs spéciaux de l'occurrence présente. C'est rinlellecl, c'est l'entendement, et non la conscience, qui m'enseigne que je ne dois point nuire à autrui ; c'est la eobscience, et non Tinteilect, qui me dicte que je doism'abs* tenir de telle action, par laquelle je me rendrais coupable en

(1) Considérations sur divers points de morale^ tom. I.

faisant tel tort an prochaki. La coDScience est, eoimne la volonté, UDe faculté pratique : eHe a de même pour objet ractîon particulière à faire actueltement ; mais elle cornmande Taction, et la volonté Texécute. Elle dicte è la volonté ce qu'elle doit faire, mais elle ne Ty contraint pas ; et, sans l'astreindre par la nécessité, elle lui impose Tobli* gation. Ainsi, placée entre Hntelligence et la volonté, la conscience suit Tune et précède l'autre. Elle reçoit de l*in* telligence les préceptes généraux, qu'elle particularise, qu'elle adapte è l'occurrence , et qu'elle transmet avec empire à la volonté.

D. T a-l'il quelque rapport entre la conscience et les tribunaux humains^ — R. Oui, la cooscieoce est, dans Tordre de la religioo et des mœurs, ce que sont, dans Tordre politique, les tribuoaax que le législateur place entre hrî et son peuple.

ExpucATioif. — « Comme les tribunaux , soit civils , soit criminels, la conscience applique aux cas particuliers les préceptes généraux de la loi. Gomme eux, elle interprète les dispositions de la loi, et en fixe le sens. Comme eux, elle procure l'exécution de la loi. Comme eux, elle punit TinfitK^tion de la loi. Tout ce que nous voyoo» dans les tribunaux humains, nous le retrouvons dans eelm' de la eon* science. Il n'y a qu'une différence , c'esi que la conscience exerce seule et par elle-même toutes les fonctions qui, dans le tribunal civil, sont distribuées entre plusieurs exé* cuteurs ou agents. Elle est tout à la Uns l'accusateur, le témoin, le juge et le bourreau. — Accusateur universel, la conscience poursuit tous les péchés, de quelque genre qu'ils soient : elle les poursuit partout, et jusque dans la pensée ; elle les poursuit dans tous les hommes. Le juste qui a eu la faiblesse de se laisser entraîner dans quelque faute est, dit TEsprit-Saiiit, son premier accusateur (4). Le pécheur, au plus fort de ses désordres, emporte avee kiî le reproche7 sa propre corruption l'accuse , et ses vices s*ëlèyent

(1] Justus prior est accosator gui. ProT. xyiii, 17.

contre lui (4). Llnfidéle, qui n'a pas le bonheur de connaître notre sainte loi, trouve dans sa conscience une loi d*après laquelle ses pensées s'accusent et se défendent les unes les autres (2). — Témoin véridique, exact , rigoureux, la con science présente sans cesse son redoutable témoignage. Qu'importe d'avoir su cacher à tous les yeux son crime, si on en est convaincu par sa propre déposition ? C'est la conscience deCaïn qui lui remet à tout moment sous les yeux son fratricide et qui le force d'avouer qu'il est indigne de pardon (3). — Juge éclairé et sévère, aucun délit ne peut se dérober a sa vigilance, aucun coupable se soustraire à ses arrêts. -^ Bourreau impitoyable, la conscience place dans le cœur du coupable qu'elle a condamné le remords qui troublera toute sa vie, qui empoisonnera tous ses plaisirs, et dont il ne pourra se défaire qu'en se délivrant de son péché. S'il meurt avant de s'en être délivré, le ver rongeur attaché à son cœur ne mourra pas même avec lui [4] ; il le suivra jusque dans l'autre vie; et, après avoir été son tourment dans le temps, il sera son supplice dans toute l'éternité (5). »

D. Est-il quelquefois permis d'agir contre sa conscience J — A. Non, il o*esl jamais permis d'agir coaU-e sa coascience.

Explication. — La conscience étant, d'après la définition que nous en avons donnée, un jugement intérieur et pratique qui nous dicte ce qu'il faut faire ou éviter dans la circonstanciB particulière où nous nous trouvons, il s'ensuit que nous péchons contre Dieu, quand nous enfreignons ce que nous dicte la conscience. Nous péchons lors même que notre conscience est dans l'erreur ; nous péchons lors même que

(1) Arguet te maliUa tua; et aversio tua increpabit te. (Jer., ii, 19.)

(2) Tcstimooium ipsis reddente conscienUa ; et inter se inTicem cogi« Cationibus ac4:asantibu8, aut etiam defeadentibus. (Rom. ii, 16.)

(3) Miyor est inîquitas mea ut veniam merear. (Geo., ly, 18.)

(4) Vermis eorum non moritur. (Marc, ix, 46.)

(5) Le C. de la Luzerne.

Faction que dous faisons n'est pas criroiuelle, si notre conscience nous la présente comme telle. Nous péchons jusque dans le bien que nous faisons, s'il est condamné par notre conscience. Pourquoi ? parce qu*on veut fornoellement le péché, quand oA veut ce que Ton juge être un péché ; parce que celui-là commet le mal, qui fait volontairement ce qu'il croit être mal ; parce qu'enfin c'est réellement offenser Dieu, que de vouloir l'offenser ; or, telle est la disposition de tout homme qui agit contre le dictamen, contre le sentiment intérieur de sa conscience. Cette doctrine, enseignée par la simple raison, est confirmée par ces paroles de saint Paul : « Tout ce qui n*est pas selon le témoignage de « la conscience, est péché (4). >

D. Celui qui fait une action qu'il croit mauvaise, et qui, dans lêfondy ne Pest pas^ pèche-t-il toujours mortellement^ — R. Cela dépeod du péché qu'il croit commettre^ en agissant contre le témoignage de sa conscience.

Explication. — Celui qui, en agissant contre le témoignage de sa conscience, croit pécher mortellement, quoique, dans le fond, l'action qu'il fait ne soit nullement criminelle, pèche mortellement , parce qu'il a réellement la volonté d'offenser Dieu mortellement. S'il croit ne faire qu'une faute vénielle, en se permettant une action que sa conscience lui présente comme mauvaise, quoiqu'elle ne le soit pas, il pèche vénicllement, parce que sa volonté ne va pas nu-delà. S'il croit faire une chose mauvaise, sans réfléchir s'il y a péché mortel ou simplement péché véniel, et qu'il soit habi^ tuelleroent dans la disposition d'éviter tout ce qui pourrait offenser Dieu mortellement, il ne pèche que véniellement, parce qu'on ne peut pas dire que , dans ce cas, il y ail en lui affection pour le péché mortel. Il n'en serait pas de même, selon un grand nonàbre de théologiens (2], s'il s'agis* gissait d*un de ces hommes qui, selon l'expression des

(1) Omne aatem quod non est ex fide, peccatnm est. (Rom., xiT, 98.) (S) De Castro Palao, Axor, etc., cités par Voit.

divines Ecritures, avalent iniquité comme Teaa ot ne cessent d'accumuler crimes sur crimes, abomraations sur abominations : parce qu'il est évident qu'un borooie de ce caractère a de l'affection pour le pédié mortel, qu'il eal dans la disposition de le commettre, et qu'il ne s'abstien* drail pas de l'aclion qu'il croit mauvaise , quand même il penserait, au moment où ii la commet, qu'il va ofTenaer Dieu mortellement (4).

D. De ce qu'il rCest jamais permis d'agir contre sa conscience, s^ensuil'il que tout ce qui est conforme à la conscience est légitime^ — R. Non, îl n'y a point à cet égard de réciprocilé.

Explication. — La conscience ne doit être regardée comme règle de conduite, que lorsqu'on est moralement certain qu'elle est vraie, c'est-à-dire, lorsqu'elle a été prudemment formée: si, au contraire, elle est fausse, elle ne saurait être la règle de nos actions. Ce qui procède d'un principe corrompu ne peut pas être sain. Ce que produit une conscience viciée ne peut pas être meilleur que cette conscience même. La conscience, lors même qu'elle esl erronée, nous accuse, si nous agissons contre elle ; mais, quand elle est erronée , elle ne nous disculpe pas, à moins qu'il n'y ait en nous bonne foi pleine et entière ; oe qui n*a pas toujours lieu.

D, Ily a donc plusieurs espèces de consciences^ — R. Oui, la conscience se divise, non seulement en conscience droite ou Traie et en conscience erron/^e on fausse, maïs encore en conscience certaine et en conscience douteuse , en conscience scrupnfease et en conscience relâchée, en conscience prot)able et en eonscieace improbable.

Explication. — La conduite que l'on doit tenir, dans les différentes circonstances où l'en se trouve, varie selon que la conscience est vraie ou fausse, certaine ou douteuse, probable ou improbable, ainsi que nous allons Texpliquer.

(1) Voit, De ConscimtkLy tam. I, pag. t9»

Noos dirons aussi oe qu'il faut penser de ta ooesotaice scrupuleuse elde la oonsci^ice relâchée.

D. Qu^ est-ce que la conscience droite ou vraie^ — R. La conscîeDce droite ou traie est celle dont le jugement est conforme à la vérité.

Explication. — La conscience droite est celle dont le jugement est conforme h la loi ; elle est droite par exemple, si elle nous dicte qu'il faut éviter le blasphème et pardonner une injure reçue, parce que la loi défend le blasphème et ordonne de pardonner les injures. On iappelle aussi condcience vraie, parce que son jugement, par làmème quilest conforme à la loi, est conforme à la vérité , et qu'elle dicte qu'une chose est bonne, parce qu'elle Test en effet, ou qu'une chose n*est pas bonne, parce que, dans la réalité ^ elle ne l'est pas. — Si elle dicte qu'une chose est deprécepte, on l'appelle conscience qui commande (4). Si elle dicte qu'une chose est défendue, on Tappelle conscience qui défend (2). Si elle dicte qu'une chose est simplement de conseil, on la nomme conscience qui conseille (3). Si elle dicte qu'une chose n'est ni défendue ni commandée , mais permise, on la nomnoe conscience qui permet (4].

On est toujours obligé d'agir selon la conscience drwto qui commande ou qui défend La raison est qu'on est toujours obligé de faire ce qui est commandé, et de s'abstenir de ce qui est défendu par la loi ; or, agir selon la conscience droite qui commande ou qui défend , n'est autre chose que faire ce qui est commandé et s'abstenir de ce qui est défendu par la loi ; donc on est to'jjours obligé d'agir selon la conscience droite qui commande ou qui défend. Mais on n'est pas obligé d'agir selon la conscience droite qui conseille ; autrement les conseils deviendraient des préceptes.

(i) PrœcipîeBs.

(2) Prohibens.

(8) Gonsulens.

(4) Permittens.

Les moyens qu'il faut prendre pour avoir une conscience droite et vraie sont de bien écouter les secrètes inspirations de la grâce ; de s'appliquer à l'étude de la religion ; de consulter, lorsqu'on éprouve quelque doute, ceux qui sont les dépositaires de la loi, et de suivre avec docilité les avis de son directeur.

D. Qu*est-ce que la conscience erronée ou fausse"^ — R. La conscience erronée ou fausse est celle qoi dicte qu'une chose «st bonne lorsqu'elle est mauvaise, ou qu'une chose est mauvaise, lorsqu'elle est bonne.

Explication. — La conscience, par exemple, serait erro* née, si elle présentait comme licite le mensonge, lorsqu'il a pour but de sauver la vie au prochain, ou si elle prescrivait de faire un moindre mal pour en éviter un plus grand ; parce qua, ce qui est mal en soi, ne peut jamais être permis {<).

Il y a deux sortes de conscience erronée : l'une qui l'est invinciblement, l'autre qui Test vincibleraent. 11 est bien difficile de marquer, avec une exacte précision, la ligne qui les sépare. Toutefois, on doit en général regarder comme invincible l'erreur dont on n'a pu moralement s'affranchir, sur laquelle on n'a pas été à portée de. concevoir le moindre doute, le moindre soupçon. Par exemple, une erreur universellement répandue est invincible pour celui qui n'a pas assez de lumières pour voir par lui-même la vérité. Mais si on a des connaissances et des talents suffisants pour pénétrer jusqu'à la vérité, à travers les nuages qui Tenvironnent, alors, l'erreur est vincible. 11 en est de même lorsque celui qui agit, ayant quelque doute, quelque soupçon sur la bonté ou la malice de l'acte qu'il fait, ou sûr l'obligation où il est d'en examiner la nature, ne prend cependant aucun moyen pour savoir à quoi s'en tenir.

Selon tous les théologiens , l'erreur dont on ne peut pas se retirer absout du péché, et on peut, on doit même obéir

(I) Non sont facienda maU, ut eTcniant bona.

à la conscience invinciblement erronnée; eneffet,agir contre elle, ce serait vouloir et faire le péché, puisque se serait faire volontairement ce que Ton croit invinciblement être péché. Mais ils enseignent en même temps que Terreur dont on est à même de sortir n*est pas une excuse, et que Ton est stri6lement obligé de déposer la conscience qui n*est erronée que vinciblement et de s*en former une droite, soit en examinant la chose plus mûrement, soit en consultant, etc.

D. Qu'est-ce que la conscience certaine ? — R. La conscience certaine est celle qui esl appuyée sur des motif:; assez forts pour ne laisser aucun doute sur là bonté ou la malice d^un acte.

Explication. — Les motifs sur lesquels est appuyée la ronscience certaine peuvent être plus ou moins nombreux^ et de nature h faire sur Tesprit plus ou moins d'impression; mais, du moment qu'ils sont tels qu*on ne peut avoir aucun doute sur ce qu'il faut faire ou ne pas faire, le devoir est dès lors rigoureux, et il faut s'empresser de le remplir.

D. Qtt^ est-ce que la conscience douteuse'^ — La conscience douteuse est celle qui demeure en suspens entre deux ou plusieurs seoiiments contraires, sans pouvoir se déterminer à Tuo plutôt qu'à Tautre, parce qu^elle se trouve balancée par des raisons pour et contre, et d'une force égale ou à peu près égale*

ExPLiGATioff. — La conscience peut éprouver des doutes de divers genres ; doutes sur le droit : on n'est pas assuré de l'existence de la loi, du sens précis de la loi ; doutes sur le fait : on ne voit pas clairement si l'action dont il s'agit est comprise dans le précepte ou dans la prohibition de la loi. Quelle que soit la nature du doute, il faut, mes enfants, vous pénétrer de ces deux principes qui sont enseignés par l'Esprit-Saint lui-même : « Dans toutes tes actions , suis la « bonne foi de ton âme, parce que là est l'observation des « commandements [4]; fais précéder toutes tes œuvres par « la parole de vérité, et toutes tes actions par un conseil

(i) In omni opère tuo crede ex fide animœ tus; hoc est enim conservatk) mandatorum. (Eccl., xxxii, 27.)

« 8oUde (4). » Bonne foi et prudence» voilà les deax lumières qui vous éclaireront dans les ténèbres du doute, qui presque toujours dissiperont vos erreurs, qui au moins les rendront innocentes. — 11 faut ensuite observer les règles suivantes: 4^ Dans le doute s'il existe une loi qui prescrive ou défende telle ou telle action, on peut, suivant les principes d*un grand nombre de théologiens, se dispenser de prendre le parti le plus sûr, en s*écartanl de l'opinion qui est en faveur de lexistence de la loi ; parce que, disent-ils. Ton peut former prudemment sa conscience par la considération que le législateur, que Dieu lui-même ne rend ses lois obligatoires que par la manifestation claire et certaine de ses volontés ^ et qu'une loi douleusç n'a pas plus d'effet que si elle n'existait pas (2). 2« Tant que le doute sur (a légitimité d'une action subsiste, vous ne devez pas vous la permettre, et vous péchez si vous osez la faire dans cet état d'incertitude*. Vous voulez la chose, qu'elle soft ou qu'elle ne soit pas mauvaise. Non seulement Toffeose de Dieu ne vous arrête pas, mais vous vous y exposez volonfaîrement, mars vous j consentez formellement. C'est on hasard si vous n'êtes pas coupable par le fait ; vous Têtes toujours par l'intention. Il est donc indispensable, avant de vous permettre une action, d'avoir l'assurance, au moins morale, qu'elle n'est pas criminelle. 3o \\ faut employer à dissiper le doute qui vouis agite, tous les moyens qu'indique la prudence chrétienne. Consuttez*vous vous-mêmes; pesez attentivement et avec impartialité les raisons pouret contre. Faites taire vos inclinations, déposez vos préjugés , Imposez silence à vos passions : ces dangereux conseillers voo^ induiraient infailliblement au mal. Adressez-vous surtout au père des lumières; conjurez -le de faire descendre en

{%) Ante onmiB opéra tua, verbum Tertx prflecedat ta, et ante onuiem actum contiUum stabile. (Eccl., xxxvii, 20.)

{% Lex dubia, lex nuUa. -> Y. Mgr Gousset; Justification de la théologie morale de S. Uguori, pag M.

— asi —

vous UB rayon de œlkf dont il est la source, de tous foire pari de «e don parfoit dont il est lauleur (4). G*est pooF 1 ordinaire par rintermédiaire de ses ministres qoe Dîey répond aux questions que nous lui adressons, qu'il nous maDifeste ses vobntés. Allez donc aux prêtres du Sei» gneur ; interrogez-les, et ils vous diront ce que vous devez foire (S). — ' Mais il peut 'se faire que vous n*ayez pas le temps de coosuber, que vous ayez à peine ceèui de réflé*éÀt; et cependant, soit l'action , soit lomission, vous préseote des inc(mvénients; vous craignez, quelque parti que vous preniez, d'offenser Dieu. Dans ce cas , humiliez- vous devant Dieu de votre ignoranee ; implorez avec ardeur son assistance^ et prenez ensuite le parti qui vous semblera le moins mauvais. Vous serez exempt de pécfaé , ayant fait oe que la bonne foi vous inspirait, oe que vous suggérait la prudence. L'erreur dans laquelle vous tomberez peut-être ne vous sera pas imputée, parce que la circonstance urgente l'aura rendue pour vous invincible. — Outre le principe , qu'une loi douteiêsen oblige pas, les théologiens qui l'admet*tent, et qu'on appelie prfÀabilisies, ont plusieurs autres principes, d'après lesquels on peut se déterminer dans le doute. Le premier» c'est que, dans le doute, on doit préférer la condition de celui qui possède (3j. D'après ce principe, « si quelqu'un, dit saint Llguori , possédant un bien de « bonae foi, doute de l'existence d'une dette, il. n'est pa3 ^ obligé de la payer. Mais si , au contraire» il est sur que « cette dette ait été contractée , et qu'il doute seulement si « elle a été payée, alors il est obligé de la payer. De même, « dans le doute, si on doit observer ou non quelque pré- « cepte , il faut voir si c'est le précepte ou la liberté qui « possède. Par exemple, si un jeune homme doute qu'il ail

(t) Onme datuni optinrain, et omne donom perfectnm, desursum est descendens a pâtre Inminnra. (Jac., i, 17.)

(2) Yeniesque ad sacerdotes...; qaœresque ab eis ; qui indicabunt tibi Judidi Teritateai. pest., xvii, 9.)

(2) In dubio, melior est conditio possidentis.

« vingt-un ans accomplis, il n'est point obligé au jeûne; parce < que, n'étant pas sûr d'avoir contracté l'obligation du préci cepte, la liberté est en possession. Si, au contraire, un « vieillard doute s il a accompli ou non l'âge d'après lequel « on est dispensé de la loi du jeûne , alors il est obligjè aa « jeûne, parce que le précepte du jeûne est en possession (4]« a De même , si quelqu'un doute, le jeudi, que minuit soit « sonné, après avoir fait son possible pour le savoir, s'il « reste dans le doute, il peut manger de la viande, parce « qu'alors la liberté possède; mais, c'est le contraire, si « le doute lui vient le samedi, parce que, dans le dernier a cas , c'est la loi qui possède. Un autre principe . c'est « qu*un fait ne se présume point , il doit être prouvé [î], € de manière que, dans le doute, personne ne doit croire « qu'il a encouru la peine, s'il n'est pas sûr d'avoir oom- « mis la faute à laquelle la peine est infligée (3). » Ces principes sont admis par un grand nombre de tbéoloipeDS, et, en particulier, par saint Alphonse de Liguori; or H existe un décret de la Congrégation des Rites , en date du 28 mai 4 803 , décret qui a été confirmé par le pape Pie VU, lequel porte que dans les divers ou vri^ de ce saint, on n'a rien découvert qui fût digne de censure (4).

D. Quel péché commet celui qui, doutant si une action est bonne ou mauvaise, fait cependant cette action , sans avoir fnis aucun moyen pour dissiper son doute ? — R. Gela dépefid de k oalure et de l'objet du doute qu'il peut avoir.

EiLPLiGATioN. — Lorsque, dans le doute , si une action est bonne ou mauvaise, vous faites cependant cette actioD, fe pécfaé que vous commettez est plus ou moins grave, selon la nature et lobjet de votre doute. Doutez -vous qu'en agis-

(1) s. Liguori, Theol, moral., I. m, Tract, yx, cap. m, n« 10S6L — ScQvini, Théo/, moralis universa, tom. I, pag. 50, BruxeUiis, 1847.

(2) Factiim non priesumitur, uisi probetur. A^ juris.

(3) S. Liguori; Le confesseur des gens decampagne^. cbap« i. art. i.

(4) Nihil censura digpimi.

sant de telle manière, vous allez commettre un vol ? c'est un vol que vous commettez. Doutez -vous que telle action soit péché mortel ? en la faisant, vous péchez mortellement, parce que votre volonté se porte vers le péché mortel (4)» Doutez- vous seulement qu'elle soit lin péché véniel ? en la faisant, vous ne péchez que véniellement , parce que votre volonté ne se porte que vers le péché véniel. Doutez- vous qu elle soit un péché mortel ou véniel ? vous péchez mortellement, selon un grand nombre de théologiens (2), parce que, disent-ils, en agissant dans le doute, vous êtes censé vouloir commettre le péché, quel qu*il puisse être. Nous pensons que cela dépend surtout des dispositions où Ton est • habituellement, ainsi que nous l*0vons dit ci-dessus, en parlant du péché plus ou moins grave que commettent ceux qui agissent contre le dictamen de la conscience.

D.. Qu'est-^e que la conscience scrupuleuse *i — R. ta cofiseienee scrupuleuse esl celle qui, par une vaine appréhensioD qu'on ap* pelle scrupule, regarde comme défendu ce qui réellement ne l'est pas.

BxPLiGATiQ^. -^ Le mot scrupule, pris dans sa signifiea* tion propre et primitive, signifie : 4» une petite pierre qui, étant dans le soulier d*un homme qui marche, lui cause de la douleur et lui ôte la facilité de bien marcher ; i** un poids de deux oboles ; lobole était la plus petite des monnaies hébraïques. — Pris dans un sens spirituel et métaphorique , le mot scrupule signifie une peine , une inquiétude de conscience, une vaine appréhension qui fait regarder comme une faute ce qui n*en est pas une , ou comme une faute très grande ce qui n'en est qu*une légère. « Le scrupule, dit saint Antonin, est un doute qui est accompagné

(1) Qui aliquid committit vel omittit in quo dubitat esse peccatum mortale, discriiiiini se-committit ; quicumque autem committit le dis« •rimini peccati mortatis, mortalité^ peccat. (S. Thomas, apud card. Gousset, Justification delà théoL de S. Alphonse de Liguori, pag. 49.)

(3) Les théologiens de Salamanqne, Sylvias, etc.

de crainte sans fondemeot, et qui, venant de quelques conjectures faibles et incertaines, afflige Tesprit et lui fait appréhender le péché où il n*y en a pas (4). » — « La con* science scrupuleuse, dit un autre docteur, est celle qui doute sans cause raisonnable (2)« » — On appelle scrupuleux, dit Bonacina (3)» celui qui doute sur des fondeipents, des îodi* ces ou des motifs légers.

Les causes des scrupules itont ou intérieures ou extérieures. Les causes intérieures sont : une complexion £ai« ble, mélancolique, et par conséquent sujette à la crainte; Tamourpropre et rattachement à son propre sens ; le défaut de Jugement et de science pour distinguer ce qui est péché de ce qui ne Test pa^, ou le péché mortel du véniel; une certaine sublililé d'esprit à trouver des raison&de douter et une grande faiblesse à les résoudre. Les causek extérieures sont : la lecture des livres qui ne sont point proportionnés à la capacité des lecteurs ; la ruse et la tçptation du démon qui veut par là troubler lés âmes timorée^, leur faire abao* donner le chemin du saîut et les jeter, s*ll le peut, dans le désespoir ; la conduite de Dieu sur certaines âmes choisies qu'il veut humilier, exercer, purifier, conduire enfin à la perfection par les peines d'esprit. '

Celui qui est sujet aux scrupules ne doit point agir contre sa conscience, mais il doit mépriser ses scrupules et agir contre , en acquiesçant aux lumières et en s*en rapportant aux avis de son directeur. Une obéissance aveugle h un confesseur éclairé, voilà le remède le plus sûr et le plus efficace contre les scrupules, cootré cette maladie spirituelle qui fait tant souffrir ceux qui en sont affligés (4)./

(i) Scrnpulus est TaciUatio cum formidine, ex i&liqaibas coiûectuiis debilibus et incertis. (S. Antonin., i, par. tit. 8, cap. 6.)

(2) Barbay, Theel. compendiu^

(3) Ulura dici scrupulosum, qui diibilat ex le^ribiis fandameDtigy w&bl indiciis et motivis. (Bonacina, De dULjpmf. et nntmetioa peeeaQ

(4) On peut consulter sur, ce sv^ei trois bons <Miimge8 : 1» Le dirte^ teur des consciences scrupuleuses ^ jfai U^ P, r',i^omtfftft CSiUottat 1 "leL

;' 1). QtCeât'Ce que la conscience relâchée^ — R. La eonseienot relâchée est celle, qui, saos un juste moliC croit permis ce qui oe Test pas, ou regarde comme légères des fautes qui sont graves.

Explication. — C'est parce qu'ils ODt la conscience relâchée, que tant déjeunes gens ne se font presque aucun scrupule de leurs liaisons, quelque dangereuses qu'elles soient, et qu'ils ne sentent pas la nécessité de renoncer à ces socié* lés perverses, à ces. conversations liceBcieuses. source et principe de tant d'iniquités. C'est parce qu'elle a la conscience relâchée, queia femme mondaine, tout occupée du soin de plaire et dç séduire, ne se reproche en aucune manière l'indécence de ses ajustements, la familiarité de ses entretiens, la liberté de ses discours, le scandale de ses complaisances. Cest parce qu'ils ont la conscience relâchée, quêtant de chrétiens , bravant les analhèmes de l'Ei^lise; se permettent de lire des ouvrages contre la religion, et perdent ainsi le peu de foi qui leur restait encore. C'est parce qu'il a la conscience relâchée, que le marchand, en plus d'une circonstance, franchit les. bornes de la probité et de la justice, soit en vendant sa marchandise à un prix excessif, soit en ne faisant pas connaître les défauts qu'elle a, etc. ; il est évident que, dans tous ces cas et dans mille autres semblables, il y a un péché plus ou moins grave; en prenant la conscience relâchée pour règle de conduite , on viole ouvertement la loi de Dieu ; et on la viole, parca qu'on demeure sourd à celte voix qui parlé au fond du cœur, et qui dit d'agir autrement,

D. Qu'est-ce que la conscience probable 7 t- B. La cpnsdeqce probable est celle qui^ appuyée sur de bo^s motifs, juge prudemment q.u'une action est bonne.

Explication. — Si celte sorte de conscience est fondée sur des motifs intrinsèques, c'est-à-dire sur des raisons tirées de ta nature même de la chose, on dit qu'elle est pro-

in-12. — 20 Traité des scrupules y par Tabbé Duguet, 1 toi. in-18. — 30 Placide à Maclovie sur les scrupules^ par dom Jamin, l vol. in-iS.

bable intrinsèquement. Si elle est fondée sur des motift extrinsèques, tels que le témoignage et l*opinion des auteurs, on rappelle probable extrinsèquement.

R. QtC est-ce que la conscience improbable ? — R. La conscienee improbable est celle qui, sans aucun motif suffisant pour attirer l'assentimeot d*un homme prudent, juge cepeadaot que telle ao tion est bonne.

Explication. — Il n'est jamais permis d'agir selon la conscience improbable ; ce serait s exposer évidemment au danger d offenser Dieu. Quant à la conscience probable, voici les règles que donnent les théologiens* 4* il est permis de suivre une opinion intrinsèquement ou extrinsèquement probable, lorsque , après un mûr examen, il ne s'en présente point d'autre plus probable. La raison est qu*on a pour lors une certitude morale de la bonté de son «action, ce qui suffît pour être exempt de péché (4 ). V II n*est point permis de suivre une opinion moins probable, dans le concours d'une opinion plus probable. En effet, TEcriture nous dit d'aimer Dieu et d'observer ses commandements de tout noire cœur (2) ; de ne pas nous exposer au danger (3) ; de fuir jusqu'à l'apparence du mal (1) ; de marcher par la voie étroite qui conduit à la vie (5). Or, celui i|ui suit xine opinion moins probable dans le concours d'une autre opinion plus probable, n'aime pas Dieu et il n'observe pas ses commandements de tout son cœur, puisqu'il fait librement ce qull croit plus probablement devoir l'oflenser ; il s'expose visiblement au danger de pécher ; il marche dans la voie large qui flatte la cupidité ; il agit donc directement contre ce que l'Ecriture prescrit. Il n'est donc point permis de suivre une opinion moins probable, dans le concours d'une autre phis

(1) CerUtndo qu« requîritar in materia morali, «en est certitudo evi* deiitiae,8ed probo^ilis eoigecturœ. (S. Antonin., part. I, tit. m, cap. iO.) (î) Deut., VI. — Luc, X.

(B) Eccl., m, 27.

(4) I. Thess., V, M.

(5) Matth., vu, 18-14.

probable, c'est-à-dire qui a en sa faveur des motifs plwi forts, plus nombreux, plus solides et plus capables» par conséquent , d'attirer l'assentiment d'un homme prudent* 3^ Lorsque deux opinions sont également probables, et que t^une favorise la loi , l'autre la liberté , on est obligé, selon un grand nombre de théologiens , de suivre, dans tous les cas, celle qui favorise la loi, et qui est la plus sûre. Nous disons : selon un grand nombre de théologiens , et non pas selon tous les théologiens ; car, d'après saint Liguori (et plusieurs autres auteurs], quand deux opinions contradictoires sont également ou à peu près également certaines, oo peut suivre l'opinion la moins sûre. La raison qu'il en donne est que, dans le doute, on n'est pas tenu de prendre le parti le plus sûr, soit parce qu'une loi douteuse n'étant fondée qtie sur une opinion, n'est pas suffisament promulguée pour être obligatoire , soit parce que l'homme demeure en* possession de sa liberté, dont l'exercice ne peut être gêné que par une loi claire et certaine (4). Ce sentiment peut être suivi dans la pratique, puisque le Saint-Siège a déclaré qu*il est permis d'embrasser et do professer les opinions que saint Liguori professe dans sa théologie, que ses écrits ne renferment rien qui soit digne de censure, et qu'ils peu* vent être parcourus par les fidèles sans slucun danger (2). 4* En matière de foi et dans les choses nécessaires, de né^ cessité de moyen, aussi bien que lorsqu'il s'agit de la validité d'un sacrement, on doit toujours , dans le concours de deux opinions également probables^ suivre l'opinion la plus sûre (3) ; il en est de même lorsqu'il s'agit de l'intérêt du prochain: les juges, par exemple, les notaires, les mé-*

(f ) Voir U Défense de la Théologie de saint Liguori , par Mgr Goiis> set, i ToL in-8».

0) Décret du Pape Pie VU, de Tan 1808. — Bulle de la canoiiisatloD de S. Alphonse de Ligoori, de Tan 1840.

(8) Noo est illidtum in sacramentis conferendis sequi opinionem fro> babitemde.Talore sacranunti» relicta tutiore. (Prop. cond. par Inm»cent X, en 1670.)

dectns , doivent toujours, eotre deux moyens, choisir cetut qui leur parait plus cooforme aux iolérêts qui leur sont confiés (4)« Le sentiment conlraire a été formeileoienl condamné par le Pape Innocent X. 5** L*on doit encore prendre le parti le plus sûr, lorsqu'on se trouve dans le cas de faire un acte périlleux pour le prochain : tel serait, par exemple le cas d'un chasseur dans une forêt , qui a lieu de craindre, qu'en décbai^ant son coup sur une pièce de gibier, il ne donne sur quelque personne ; quand même il y aurait plos de probabilité d'un côté que de l'autre (2). 6* Il est permis àe suivre une opinion bien plus probable , quoique moins sûre que l'opiolon opposée. La raison est, qu'en suivant une opinion bien plus probable, on agit prudemment, parce qu on u'est point dans le doute , et qu'on est moralement certain de la bonté de son action. V L'autorité d'un homme docte et pieux ne suffît pas pour rendre une opinion probable et sûre dans la pratique. La proposition contraire a été condamnée par la plupart des évèques de France dans leur censure de V Apologie des casuistes, et par un grand nombre de Facultés de Théologie (â).

D. Quet est le moyen le p(us naturel et le plms efficace c(mlH ia corruption de la amscience^ — R. C'est de eoDSuHer de bonae foi son directeur et de siiivre avec docilité se^ avis.

Explication. — Exposer avec candeur et ingénuité à son directeur fa position dans laquelle on se trouve, et suivre avec docilité ses avis, voilà fe moyen le plus simple, le plos naturel, et en même temps le plos efficace que l'on puisse prendre, pour ne pas se former une conscience fausse, une conscience relâchée. Mais, ce remède même, ce préservatif, le pécheur le rend bien souvent inutile par sa mauvaise foi.

(i) Pn^btliter existimo jndicetn ]^s9e judicare juxta opinioiiaD etiam minus probabilem. (Prop. condamnée par Innocent X, en i670.)>

fS) S. Lignitri, Thegl, fnoreif,^ lib. t, die conscienti», n* St.

(t) Aoctoritas nnius -j^rebi «t àmU reddil dj^tnioneai prebebien. (Prop. condamnée par le clergé de France.)

n a Tair de se défier de lai- même ; il demande des conseils et semble bfen disposé à les suivre ; mais, dans la réafilé, il cherche moins à s*éclairer qu*à se confirmer dans le parti qu'il a pris d'avance ; et, si les avis qu'on lui donne ne sont pas d'accord arec les idées qu'il s'est formées, il n'en tient aucun compte.

En voici un exemple entre mille. Une jeune personne est sur le point de faire un mariage qui, évidemment, ne présente pour elle aucune chance de bonheur. Elle va trouver son directeur et lui parle à peu près en ces termes: « Mon père, j'ai plus que jamais besoin de vos bons avis, et je Tiens vous les demander avec confiance ; je connais tout l'intérêt que vous daignez me porter. — Parlez, ma fille ; de quoi s agit-il ? — Il s'agit d'un mariage. — Pour vous ? — Oui; pour moi ; je commence à m'ennuyer chez mes parents ; la liberté est une si belle chose ! — Pourtant, ma fille, vos parents yous aiment beaucoup, je le sais. — Oui, sans doute, mais... — Mais ne craignez-vous pcynt d'être malheureuse en ménage, comme tant d'autres que vous connaissez? Y avez-vous sérieusement réfléchi? Avez- vous pris des informations sur le compte de celui à qui il est question d'unir votre sort? — Oui, j'ai réfléchi, et j'ai pris des informations. — Eh bien, voyons quel en a été le résultat. Le jeune homme dont il s'agit fait-il ses Pâques? — Non. — Va-t-il à confesse? — Non. — Va-t-il à la messe? •* 11 y va quatre fois par an. — Quoi ! ma fille, vous qui passez pour avoir de Isi piété, vous voudriez épouser un homme sans religion I je ne vous conçois pas. Mais contimions : Aime-t-il le travail? — On ma dit qu'il allait quelquefois au cabaret, c'est-à-dire à peu près tous les dimandies, et qU'il faisait assez souvent le lundi. — Tout cela, ma fille, n^est pas rassurant. Il a sans doute un çxtérieur agréable, un air de bonté... — Il est loin de briller sous ce rapport ; car, mon père, je 'veux vous dire toute la vérité, afin que vous soyez plus en état de me donner vos charitables conseils. — C'est donc au moins un- garçou qui a de

Tesprity et c*est son esprit qui vous aura séduite? — Il n*a pas la réputation d*en avoir beaucoup. —Quoi! ma fille, vous voudriez épouser un homme qui n a ni religion, ni principes; un pilier de cabaret, et qui, déplus, est un maussade et un sot ; ah I renoncez*y, je vous le conseille ; un pareil être ne saurait vous rendre heureuse. — 0 mon père ! que je vous remercie ! — Bt le dimanche suivant on entend publier les bans du futur mariage: la voix delà passion et lamour de la liberté ont étouffé la voix de la conscience ; et, quinze jours après, le mariage a lieu. Six mois plus tard, l'infortunée vient fondre en larmes aux pieds de son directeur et lui faire le déplorable récit des peines qu*elle endure , et des mauvais traitements que lui fait éprouver chaque jour un mari brutal II!

c'est TOUJOURS UN PÉCHÉ D^AGIR CONTRE SA CONSCIENCE.

Il s^était élevé dans Téglise de Rome des difficultés entre les fidèles, sur Tusage des viandes Interdites par Moïse. Saint Paul, d'après la décision du concile de Jéru^lem, était persuadé que les •observances légales étant at)olies par la loi de grâce, il n'y avait plus de nourritures immondes. Mais il déclare à ceux qui, ou ignorant ce canon du premier concile général, ou ayant encore du scrupule sur son décret, croient devoir faire le discernement des viandes, que, s^ils mangent de celles qu'ils jugent interdites, ils se damnent ; parce qu'ils agissent contre leur conscience, et que tout ce qui n'est pas selon la conscience est péché (1).

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