SAINT FRANÇOIS RÉGIS
Saint François Régis recevait en silence les traitements les plus indignes : mais la pensée seule du mal le faisait frémir d*horveur. < Oh! disait-il un jour à un pécheur qui ne voulait pas se convertir, donoez*moi la mort, plutôt que d'offenser encoie la majesté divine. > Comme toute son àme éclate dms ces courtes paroles!
PARAGRAPHE SECOND
DE Lk DIVISION ET DES EFFETS DU PÉCHÉ.
= D. Combien y a-t-il de sortes dépêché ? — R. Il y tf deux sortes de péchés, le péehé originel et le pécbé actuel. = D. Qu'est-ce que le péché origineH — R. Le péché originel est celui que nous contractons par notre or^ine, comme enfants d'Adam, et que nous apportons en naissant.
EXPLICATION. — «Le premier homme contenant en lui tout le genre humain, avait reçu, dit Bpssuet, la grâce pour tous ses enfants, et devait être puni aussi bien que récompensé en eux tous. » S'il eût été fidèle à Dieu, il eût vu sa fidélité honorée dans ses descendants, qui seraient nés aussi saints et aussi heureux que lui. Mais aussi, du moment que^ par sa superbe désobéissance, il a perdu la grâce de Dieu, il Ta perdue pour lui-même et pour toute sa postérité, c'està-dire pour tout le genre humain, qui, avec ce premier homme d'où il est sorti , n'est plus que comme un seul homme justement maudit de Dieu et chargé do toute la haine que mérite le crime de son premier père. — Celte malédiction, sous le poids de laquelle nous nous trouvons dès notre origine , cette haine dont nous sommes Tobjet ^ comme enfants d'Adam, cette souillure que contracte notre âme à rinstant même qu'elle est unie à notre corps , et que nous apportons en venant au monde, voilà ce qu'oo appelle le péché originel , péché dont le Prophète-Roi reconnaît Texislence quand il s'écrie: « J*ai été formé dans l'iniquité» et ma mère m'a conçu dans le péché (4 ). »
= D. Qu'est-ce que le péché actuel 7 -^ R. Le péché actuel est jcelui que nous commettons par notre propre volonté, après avoir atteint l'usage de la raison^.
Explication. — - C'est par h volonté du premier homme ,
(1) Ecce enim in iniqoitatibus conceptns sum, et in peccatis coocepit me mater mea. (Ps. l.) — Nous a^ons parlé longuement du péché originel dans le tome L
dans laquelle la nôtre était renfermée, que nous avons commis le péché originel ; c'est par suite de sa désobéissance et de sa révolté que noire âme, dés quelle a élé unie à notre corps pour Taniraer. s'est trouvée souillée de ce péché. Le péché actuel, au contraire, est celui que nous conunet* tons par notre propre volonté. Quand nous avons atteint râg© de raison, c'eSt-à-dire, quand nous sommes en étal de discerner le bien d'avec le mal, ce qui esl -permis d avec ce qui est défendu, si nous préférons le mal au bien, si, au lieu d'accomplir la volonté de Dieu, nous faisons ce qu'il défend^ nous commettons un péché qui s'appelle péché actuel.
= D. Combien y at-il de sortes de péchés actuels ? — R. li y t deux sortes de péchés actuels, le péché murlel et le péché véniel.
Explication. — De même que le corps humain, outre la mort qui le rend incapable de toute action, esl exposé à des maladies qui, sans détruire en lui les principes de la vie, les affaiblissent considérablement, de même l'âme humaine est sujette à deu]L espèces de maux, qui sont les péchés; les uns sont appelés mortels, et les autres vénieh. L'ame coo* pable des premiers est dans un état de mort, et incapable de toute action méritoire (l); celle qui n'est coupable que des 3ecoods Ressemble à un homme qui , n'ayant pas une bonne santé, et portant en lui une infirmité, continue cepeo* dant ses fonctions ordiqaires, et ne cesse pas d'agir (2).
= D. Qu'est-ce que le péché mortel 7-^ R. Le péché mortel est nne dé^iobéissaoce k U loi de Dieu, eo chose grave et avec ub parfait conseDtemeot.
EiPLicATioif. — Pour qu'un péché soit mortel, deux conditions sont nécessaires : la grièveté de la matière et la plé*
(i) Lliomtne en état de péclié mortel ne peut faire aucune bonne œuvre méritoire pour la vie éterneUe ; cependant les bonnes œuvres ilites m état de pécbé mortel sont loin d^étie iiraliles. (Y. à la in de ce vel. la leçon de la gr&oe, % t*.)
(a) Le card. de la Luzerne, Consid. sur la monde, tom. IV,