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LE CHEF D'ESCADRON DE RANCÉ

1 er AIOB-PE-CAMI' DE M. LE MAHâciIAL COMTE CLAUZEL

£0 septembre. ■

monsieur le ministre.

J ai reçu de II. le maréchal gouverneur-général des possessions françaises dans le nord de l'Afrique l'ordre de me rendre en poste à Paris, afin d'avoir l'honneur de vous rendre compte, en son nom, du véritable état des choses, et de vous exposer les besoins pressans de l'armée , si le gouvernement veut que l'on puisse exécuter cette année , non plus ce cpii avait été convenu entre le précédent ministère et M. le maréchal Clauzel , mais une parlic des opérations que le gouverneur-général avait reçu l'ordre d'entreprendre sur les divers points d'occupation.

Je crois , retenu à Toulon , ne pas devoir , par une quarantaine de six jours , monsieur le ministre, attendre mon arrivée à Paris pour vous soumettre quelques observations d'après lesquelles vous pourrez, si vous le jugez convenable, donner les ordres qui vous paraîtraient urgens, en raison du peu de temps qui reste pour agir activement en Afrique, avant la saison des pluies.

Par suite des nombreuses conférences qui ont eu lieu à Taris entre M. le maréchal Clauzel et MM. les ministres de la guerre et des affaire» étrangères , il avait été arrêté que l'armée d'Afrique serait incessamment portée à 30,000 hommes réellement effectifs, que l'organisation de 5,000 hommes de troupes indigènes serait autorisée sur-le-champs, et que , par conséquent, des fonds seraient mis à cet effet à la disposition de l'administration militaire en Afrique. M. le maréchal Maison ayant, en outre, reconnu l'absolue nécessité d'augmonter les moyens de transport de toute nature, avait arrêté que la même administration serait autorisée à -se les procurer dans le pays.

Quant au personnel et à l'effectif des troupes , M. le maréchal Clauzel avait plusieurs fois observé que la nombreuse administration de l'armée , les malades et toutes les non-valeurs dont le chiffre augmente si rapidement, lorsque les troupos campent et combattent

•ulre-mer , d i minuah n t dans une fâcheuse proportion l'effectif disponible , et celle observation souvent reproduite par lui avait pour but de faire reconnaître la nécessité de lui donucr en réalité les force» suffisantes pour remplir la tache dont il était chargé.

M. le ministre de la guerre promit alors que les 3"" bataillons des régimens qui se trouvent actuellement en Afrique rejoindraient immédiatement les bataillons de guerre , et qu'ils y présenteraient on effectif de 8 à 900 hommes.

Le 1" août dernier (environ) , lors dune conférence que j'eus au nom de M. le maréchal Clauzcl avec le ministre de la guerre , M. le maréchal Maison donna en ma présence l'ordre formel de faire transporter »ur-U-champ à Bone le bataillon des chasseurs d'Afrique, alors et encore aujourd'hui en garnison en Corse , et le 3"' bataillon du 17"* léger.

Il fut également convenu , dans cette même conférence, que des généraux seraient envoyés en Afrique, du moins à Oran et à Alger, où ne se trouve pour chaque division qu'un seul maréchal-de-camp. Quant à Bone, M. le maréchal Clauzel désirait qu'on y laissât, jusqu'au moment de l'expédition de Constantiue, M. Je colonel Du- ▼erger.

En ce moment M. le général Trézel va prendre le commandement de Bone.

M. le général de l'Etang porte seul l'énorme fardeau du commandement politique et militaire de la province d'Oran et d'un corps de il, 000 hommes.

M. le général Brossard est seul disponible pour le commandement des troupes en dehors des postes qui couvrent la ville d'Alger.

Le seul 8"* bataillon du 17 léger est arrivé à Bone ; le bataillon d'Afrique de Corse est retenu dans cette île par M. le général Sébastiani, et, par suite de cette circonstance , trois vaisseaux destinés au transport des troupes sont également retenus en Corse jusqu'à nouvel ordre.

La division de Bone , trop faible pour opérer en avant, ne peut appuyer convenablement, en gagnant du terrain pied à pied , les excellentes dispositions des populations qui se compromettent de plus en plus en notre faveur , et qui d'un moment à l'autre pourraient . faute d'être soutenues à temps par une vigoureuse démonstration de notre part, se trouver victimes de leur empressement à prendre parti pour nous.

Quant à la division d'Alger, sa situation était fâcheuse an mo-

oient de mon départ, et pourrait devenir critique dun instant à l'autre si l'annonce de nos grands projets de domination n'avait pas, il y a un mois *. divisé les chefs iaûuens et les tribus guerrières de la province. Un effort un peu sérieux de la part des Arabes , au moment où j'écris, aurait certainement les plus graves conséquences.

L'effectif de la division d'occupation d Alger n'a jamais été, je crois, au-dessous de 14 à 15,000 hommes (c'est là que se trouvent des administrations , des compagnies de vétérans , de pionniers , de discipline, des ouvriers ; c'est là enfin que se trouvent des non-valeurs en plus grande proportion).

Aujourd'hui l'effectif est seulement de 10,500 hommes, déduction faite des malades , des aoseus de toute espèce et des catégories dont j'ai parlé plus haut ; l'effectif disponible ( j'ai la situation sous les veux) est de 6,000 hommes.

Sur ces G, 000 hommes , il faut en placer 3,500 dans les postes les plus imporlans , les autres sont gardés par la garde nationale , les pionniers, les vétérans, les disciplinaires, les indigènes, etc. ; caries garnisons de tous ces postes nécessitent l'emploi de 5,000 hommes ;

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