‹ Explications du marechal ClauzelChapitre 35 sur 41 · ACHMET-BEY · texte numérisé non relu

ACHMET-BEY

Ad ji-Achmct , bey de la province de Constanline , est un coujrouly de cette ville ; il a une cinquantaine d'années. Sa taille est

moyenne cl sa compleûon forte. C'est un homme de sens et tic résolution. «

La capitale de La province étant éloignée du littoral, et le chemin do la ville d'Alger, où résidait le maître absolu de la régence ». se trouvant long , difficile et coupé par des accîdens de terrain formidables , Achract a jugé qu'il devait baser sa puissance sur les bonnes dispositions des chefs do ses tribus arabes. Il a espéré braver ainsi les efforts de ses ennemis et les caprices du pacha d'Alger. Achmet ; m épousé quatre femme*, qui sont filles et sœurs des scheiks les plus puissans. Lune est delà tribu de Gerfa sur le chemiu de Bonc ; deux appartiennent aux peuplades du sud v une d'elles est fille de Ben Gana ; la quatrième , descendant d'un pacha d'Alger, est alliée aux grands personnages de la ville de Cunstantinc.

La prise d'Alger et la chute de Hussein, dey, oui permis à Achmet de suivre ses projets de reforme. Ouoique fils de Turc , il préfère avoir des soldats arabes à-son service , et il a saisi avec habileté une occasion propice, mais difficile, pour se débarrasser des Turcs que le dey d'Alger lui avait imposés, et de ceux qui s'étaient réfugiés auprès de lui lors de la prise d'Alger.

Un courouly comme Achmet était parvenu à se rendre favorables plusieurs tribus , et à gagner les Turcs de la garnison de Constantine, qui allèrent le joindre dans son camp. Le bey marcha contre eux et parvint, par ses' promesses et ses libéralités, à faire rentrer dans le devoir les Turcs rebelles. Dès lors son adversaire ne put lui résister ; il le fit périr et rentra à Consiantine, où, par des exécutions fréquentes, il punit la perfidie des Turcs, et s'affranchit d'une milice infidèle. Il ne lui en reste plus qu'une centaine incapables d'un bon service.

11 y a dix ans que le bey Achmet remplace Ibrahim, qui nepayait pas des impôts assez considérables au pacha d'Alger.

Les forces permanentes du bey consistent en 2,000 zouaves a pied et en 12 à 1500 Arabes à cheval , qui reçoivent une solde journalière. Ils ont quelques pièces de montagne , et campent sous les murs de Constantinc. Celte armée de 3 à 4,000 hommes peut être grossie par les tribus arabes, et s'élever à plusieurs milliers de combattans. Des scheiks puissans , ordinairement insoumis , font la guerre au bev. mais par haine contre les infidèles , ils pourraient se reunir a lin.

Parmi ln ennemis d'Acfetuet qui pourraient non* eorvir, on cilc : Bouzlan-Bcn d-Mi . aucu n agha , réfugie à Tunis les deux frère» Kara-Aty et le fils du be; Ibrahim, <fui fut assassiaé à.Médéab daprès 1 instigation d'Acl.mct < ton* les trois emplois à Alger. Ils ont fui lee persécutions d'Àcbmet, qui par ses cruauté* s'aliène tons les

A LRST.

Hesnaoui, scheik de Ilcnaucha. El Arbl. réfugié dans Ouled-Moussa.

OuUd-Mcssaoud cl El Chdibenah^ des monlagues de Nebail.

av son.

El Adji Moubarach, delà tribude Ouled MonUllcb. Brahin ben-Mehamar, scheik de Mehalc 1*4.

El Adji-Meltemcd bcn-Mudkuur, scheik de Heracta. Farhat, scheik de Oned-Adjedid.

k LOCEST.

AehmetbenMefiemet bcl-Gandous , schrik deOulcd-Mekran. ScheihelBiben, frère du précédent.

Salah-ben-Jellit, scheik do Selif.

Achmet el-Cficrif, scheik deftiga.

Brahim ben joussep, réfugié dans Riga.

Darraji-ben-Achowr, scheik des mont-* Far|ioua. Botutiaf-Embouraê, scheik hedna , près Mstta.

Beu Bayuiehj marabout aux environs de Gollah . Ben Cassem, scheik et pahel skikeda.

El Saheli, kaît et pahel de Colla.

Scheîk Ouled-Akhal Scheik HouUd Gebarra

P«R80NWAGEa SB8 PARTISANS, i ^ / ...

Dans les circonstances ordinaires Aelimét a peu de partisans , la terreur étant son seul moyen de gouvernement. Oh ne loi connaît guère que ceux dont les noms suivent :

Ben Gana, son beau-perc, schèik du désert.

Boa Reunan, sclièik farjiooua.

k " ,L Ètnti-eï-Ûlk ; ètWxk zoùagài '""teJfrW/kaîUèm^a.

Ouled-el-Dedi, kaït de lnflà. '

Ben-Abdalla, scheich el Biban.

Achmetben-Hemlaôni, Rgà elKalo.

.i »•» J - . , personivagbs otFLusrts dans la nui. ... u .J

t)ans la ville, parmi les liabitans influens , on cîle i ''' Bellescout, kaït et beleil ; Aly-benlssa , Mehemcl-elÉouaotiï , BenelBejaoui, kaït cl dar; hlustapha-Fallaouan , kalire du bey; Kaîdel- Àbussi, neveu du bey ; Bcl-llemlaoui, aga cl dra, frère de l'agi, Sïdi Hassi-ben-Àoun , Ben-Attar , el nader , et son frère Ben-Isa; Sidi Mustapha-Bache Âdatzi (cadi) ; Sidi Allaouah-ben Chaouch , Adjiel- Méki, Amar-bel-Kecnelis , aminel-deblaguiu ; el Babosi, kaït-cl-dar-

ouled ; el AdjiMoussah, trésorier du bey; Merabet-el-Arbilman ;

adj, Aly-tl-Bezery, kaït maezousa.

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CHBMm l« ttOWB A CONSTAHTKtS. ..•».»«••

Plusieurs chemins conduisent de Boue à Constantine , ville»

tantes dune trentaine de lieues: un seul par la variée de laSeibouze, quoique diilicile, paraît praticable pour l'artillerie. Il a été établi par les beys , afin de communiquer aisément avec le port de Boue , qui approvisionnait la capitale de la province. Qn assure que les Algériens ont conduit du canon par ce chemin. Lies Arabes mettent trois jours pour se rendre d'une ville à l'autre : . ^

MARCHE DW CARAtAlVB. * ; ' * " '

Premier jour. En traversant un payi peu accidenté , ils s'arrêtent dans la vallée de Jas-Amar.

• Deuxième jour. Us vont dan» la vallée de Oued-Zenati , au-delà de la montagne Ain-Adjar, qui a des passages difficiles.

TroUième jour. Us arrivent à Constanline , après avoir traversé la rivière Jas- Hammam et quelques petites montagnes.

On débouche sur Constanline par le haut des plateau» de el Mansoura. Le chemin passe par le col formé par les mamelons de Sidi Mabrou et de Sidi Meio. On descend ensuite Tcrs la porte d'el Gantara. A une lieue en avant de la ville sont des fontaines et des abreuvoirs. On assure que l'eau se trouve à une faible profondeur dans les terres des jardins del Mansoura.

mnr.HB D t7H armée aïiabe.

Un itinéraire de Bone à Constantine qui paraît mériter de la confiance divise la route en huit journées de quatre à cinq heures de marche. Les voitures l'ont ainsi parcourue.

Premier jour. Un chemin facile conduit à el Adjar , Adouar, au milieu de la plaine de Bone. 11 y a des fontaines ; le bois y manque.

Deuxième jour. On parcourt un terrain peu accidenté, el l'on s'arrête aux fontaines de Ma-el-Barda, où sont des ruines antiques. Il n'y a que quelques broussailles.

TroUième jour. On s'élève sur les montagnes difficiles de Mtouellofa, où sont des fontaines. Le bois y est rare.

Quatrième Jour. On gagne les monts de Uammam-Maseoutio. Après avoir traversé la rivière de Bcxat-Ammar , être passé par les ruines de el Gaelma (limite de nos reconnaissances), on gravit sur le faite des montagnes, que l'on atteint difficilement, et dans lesquelles on marche pendant trois jours. On trouve de l'eau et du bois.

Cinquième jour. L'on s'arrête dans un lieu appelé Hessenia , après avoir franchi la plus haute montagne , dite Ras et Agba ( tête du mont) qui présente des passage» difficiles. Le bois n'y manque

Sixième jour. Il faut descendre le* montagnes pour s'arrêter sur les bords de la rivière cl Zenati qui doit avoir de Veau i le chemin est facile. On n'aurait pas de bois.

Septième jour. Par un beau chemin on se rend a el Héria , où sont dee fontaines ; les environs n'ont pas de bois.

On arrive à Cottstantine après avoir traversé le mont Zefxouf. Il y a des bois et de l'eau sur la route.

Sur m chemin quelques terres sont cultivées mais le» Arabe»

«ont des plus intraitables dujpays. On traverse des tribus dévouées a A i h met , et d'autres qui déjà sont en relation avec nous.

Par cette route, on peut craindre de manquer quelquefois d'eau et de bois. Il y a des stations où l'on ne trouve que des puits ; et les habitans brûlent la fiente des Taches et des chameaux.

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