PROVINCES D’ALGER ET DE TITTERY
Aussitôt mon arrivée à Alger, je commencerai mes opérations sur Blida, Coléah, Médéah et Miliana.
Le service .des vivres et des transports devra être entièrement assuré. Le point de départ devant être Bouffarik, c'est dans cette place que seront réunis, pour le 4° septembre , les approvisionnemens , le matériel, y compris les blockaus , qui devront être placés sur les points intermédiaires des positions que prendront les troupes, depuis la Chiffa jusqu'à Médéah et Miliana.
Vous me soumeltrez, à mon arrivée, les dispositions que vous aurez préparées pour assurer, avec le moins de troupes possible, la sûreté de la place d'Alger et des camps ou postes. depuis cette ville jusqu'à la Chiffa.
La garde nationale devra concourir, bien entendu, au service de la place, et tous les gens (officiers et autres) d'administration militaire pourront, dans une sage proportion , être utilisés.
Du moment où j'aurai quitté Bouffarick, le camp sur la Chiffa deviendra le centre des opérations de l'armée d'expédition, qui, ainsi postée, s’'appuiera sur Blida et Coléah.
Des disposilions seront donc prises à l'avance par vous, afin que ce poste soit convenablement achevé, et pour que les approvisionnemens y soient transportés de Bouffarik avec facilité.
En marchant sur Médéah je m'établirai, par des postes retranchés, au pied des deux versans du col de Thénéah et sur le col de Thénéah même, 6
L'armée d'expédition sera , par conséquent x pourvue des moyens nécessaires pour les trayaux à exécuter, et le service des transports des vivres et des blockaus sera assuré pour porter, de la Chiffa au col et à Médéah, les vivres et les munitions que deyront avoir en approvisionnement les .troupes qui seront laissées sur ces deux points.
Enfin je me porterai du pied de l'Atlas (dans la Mitidja), sur Miliana, où , laissant 500 hommes de troupes françaises, j'aurai, comme à Médéah, à pourvoir à la sûreté de leur établissement et à leur approvisionnement en vivres et en munitions.
Vous concerterez, vous préparerez tout , de concert avec les chefs de l'artillerie et du génie , avec l’intendant militaire.
PROVINCE DE CONSTANTINE
C'est au plus tard au 15 octobre que je me rendrai à Bone, pour y prendre en personne la direction des opérations militaires contre Constantine.
Mais , sur ce point surtout, de grands préparatifs et de grands pas en avant doïvent être achevés avant l'époque que je viens d'indiquer.
Des ordres sont donnés par le ministre de la guerre pour diriger immédiatement sur Bone:
1° Le bataillon disciplinaire en ce moment en Corse ;
>° Le 3° bataillon du 47° (régiment destiné à servir dans la province dé Constantine ); iequel bataïllon se trouve ou va se trouver au nouveau complet par l'enrôlement des soldats de bonne volonté tirés des régimens de France ;
3° Le matériel en artillerie, eflets de campement et voitures nécessaires pour l'expédition.
Aussitôt que les troupes seront arrivées à Bone, le colonel Duverger fera une marche en avant du camp de Dréan , et, choisissant une position favorable sous tous les rapports, entre Dréan et Guelwa , il y construira un camp retranché.
Vous aurez à vous entendre sur-le-champ avec lui pour cette opération , afin de l'aider autant qu'il dépendra de vous, et notamment vous lui enverrez trois ou quatre blockaus quilui seront sans doute nécessaires.
Aussitôt que ce nouveau camp, dont Jes travaux devront être poussés avec la plus grande activité , sera terminé , le colonel Duverger, si les événemens et ses relations amicales ayec les tribus le lui permettent, se portera à Guelma , où sur-le-champ il s’établira solidement.et de manière à ce que, les approvisionnemens et le matériel étant successivement transférés de Bone à Dréan, de Dréan au camp , plus en avant, et de ce poste à Guelma, cette dernière place devienne le point de départ de l’armée expéditionnaire contre Constanline.
Les moyens de transports, surtout les chevaux, manqueront trèsprobablement au colonel Duverger ; il devra y suppléer par l'achat d'un certain nombre de mulets et par l'emploi de chameaux et même de bœufs , qui pourront être fournis par les tribus alliées.
Vous avez vu , par l'état de situalion et d'organisation des troupes,
que 2.000 indigènes irréguliers, à la solde de 4 fr. par jour, doivent servir à Constantine sous les ordres du bey.
Vous prescrirez au colonel Duverger de se concerter avec le bey Youssouf pour porter immédiatement au complet de 2,000 hommes le corps indigène dont le recruiement avait été suspendu il y a quelque temps. Que Île choïx des hommes soit fait avec sagesse et discernement. 4
Au moyen de ces 2,000 hommes et des renforts envoyés à Bone, de Corse et de France , le colonel Duverger pourra, sans doute, s'avancer successivement jusqu'à Guelma, ainsi que je viens de l'indiquer ci-dessus.
Constquemment aux présentes instructions, M. l'intendant militaire devra soiliciter de la manière la plus pressante du ministre de la guerre l'envoi du malériel nécessaire pour assurer, sans aucun retard et sur tous les points tous les services qui lui sont confiés.
Vous devez également, avec la même activité, d'accord avec les chefs d'artillerie et du génie, presser l'envoi de l'artillerie et des voitures par le corps expéditionnaire de Bone. Vous devez conduire de front toutes les opérations à faire ou à préparer dans les diverses provinces : enfin toutes vos pensées, loutes vos facultés doivent avoir pour objet le but auquel il faut que nous arrivions avant la fin de l’année , la domination absolue , la soumission et la pacification de l’ex-régence d'Alger. |
À Bone il faut annoncer l'arrivée d’une armée considérable, pour intimider les ennemis et encourager ceux qui marchent ou qui sont disposés à marcher avec nous.
Je pars dans quelques jours ; correspondez directement avec le ministre jusqu'à mon arrivée à Alger.
Vous le voyez, général, les circonstances sont devenues graves et pressantes : j'en appelle au. dévouement et à l'activité dont vous avez déjà donné des preuves si nombreuses et si bien dignes d'éloges,
Recevez, général, ete.