‹ Explications du maréchal ClauzelChapitre 28 sur 62 · AT AIDE-DE-CAMP DE M, LE MARÉCHAL COMTE CLAUZEL · texte numérisé non relu

AT AIDE-DE-CAMP DE M, LE MARÉCHAL COMTE CLAUZEL

st 20 septembre,

À monsicur le ministre,

J'ai reçu de M. le maréchal gouverneur-général des possessions françaises dans le nord de l'Afrique l'ordre de me rendre en poste à Paris, afin d'avoir l'honneur de vous rendre compte, en son nom, du véritable état des choses, et de vous exposer les besoins pressans de l’armée, si le gouvernement veut que l'on puisse exécuter cette année, non plus ce qui avait été convenu entre le précédent minisière et M. le maréchal Clauzel, mais une partie des opérations que le gouverneur-général avait reçu l’ordre d'entreprendre sur les divers points d'occupation,

Je crois, retenu à Toulon, ne pas devoir , par une quarantaine de six jours, monsieur le ministre, attendre mon arrivée à Paris pour vous soumettre quelques observations d’après lesquelles vous pourrez, si vous le jugez convenable, donner les ordres qui vous paraîtraïent urgens, en raison du peu de temps qui reste pour agir activement en Afrique, avant la saison des pluies.

Par suite des nombreuses conférences qui ont eu lieu à Paris entre M. le maréchal Clauzel et MM. les ministres de la guerre et des affaires étrangères , il avait été arrêté que l’armée d'Afrique serait incessamment portée à 30,000 hommes réellement effectifs, que l'organisation de 5,000 hommes de troupes indigènes serait autorisée sur-le-champs, et que , par conséquent, des fonds seraïent mis à cet effet à la disposition de l'administration militaire en Afrique. M. le maréchal Maison ayant, en outre, reconnu l’absolue nécessité d’augmenter les moyens de transport de toute nature, avait arrêté que la même administration serait autorisée à se les procurer dans le pays.

Quant au personnel et à l'effectif des troupes, M. le maréchal Clauzel avait plusieurs fois observé que la nombreuse administration de l’armée, les malades et toutes les non-valeurs dont le chiffre augmente si rapidement , lorsque les troupes campent et combattent

outre-mer, diminuaient dans une fâcheuse proportion l'effectif disponible, et cette observation souvent reproduite par lui avait pour but de faire reconnaître la nécessité de lui donner en réalité les forces suffisantes pour remplir la tâche dont il était chargé.

M. le ministre de la guerre promit alors queles 3"** bataillons des régimens qui se trouvent actuellement en Afrique rejoindraient immédiatement les bataillons de guerre, et qu'ils y présenteraient un effectif de 8 à 900 hommes.

Le 4° août dernier (environ), lors d’une conférence que j'eus au nom de M. le maréchal Clauzel avec le ministre de la guerre. M. le maréchal Maison donna en ma présence l’ordre formel de faire transporter sur-le-champ à Bone le bataillon des chasseurs d'Afrique, alors et encore aujourd'hui en garnison en Corse , et le 3° bataillon du 17"° léger.

Ii fut également convenu , dans cette même Ébnférénice, que des génér aux seraient envoyés en Afrique, du moins à Oran et à Alger, où ne se trouve pour chaque division qu'un seûl maréchal-de- camp. Quant à Bone, M.le maréchal Cläuzel désirait @ qu'on y läissât, jus-

qu'au moment de l'expédition de Constañtine, M. le colonel Du-

verger.

En ce moment M. le général Trézel va prendré lé commandement de Bone.

M. le génér al del Étang porte seul l'énorme fardeau dx commandement politiqué et militaire de la province d'Oran et d'un cOrps de 41,000 hommes.

M. le général Brossard ést ééul disponible pour le commandement des troupes en déhors des postes qûi couvrent la ville d'Alger.

” Le seul 3° bataîllon du 475: léger ést arrivé à Bone; le bataillon d Afrique de Coïse est retenu dans cette lé par M. le général Sébastiani, ét, par suite dé cette circonstance , trois vaisseaux destinés aü transport des troupes sont également retenus en Corse | jusqu’ à nouvel ordre.

1a division de Bone, trop faible pour ôpérer ên ävañt, né peut appuyer convenablement, en gagnant du térrain piéd à piéd , les excellentes dispositions des populations qui $e comprométtént de plus en plus en notre faveur, et qui d'un moment à l'autre pourraient ; faute d'être souténues à temps par üne vigoureuse démonstration de notré part, se trouver victimes de lèur empressement à prendre parti pour nous.

Quant à la division d'Alger, sa situation était fâcheuse au mo-

ment de mon départ, el pourrait devenir critique dun instant à l'autre si l'annonce de nos grands projets de domination n’avait pas, il ya un mois , divisé les chefs influens et les tribus guerrières de la province. Un effort un peu sérieux de la partdes Arabes , au moment où j'écris, aurait certainement les plus graves conséquences.

L'effectif de la division d'occupation d'Alger n'a jamais été, je crois, au-dessous de 44 à 15,000 hommes (c’est là que se trouvent des administralions , des compagnies de vétérans, de pionniers, de discipline , des ouvriers ; c’est là enfin que se trouvent des non-valeurs

en plus grande proportion).

Aujourd'hui l'effectif est seulement de 40,500 hommes, déduction faite des malades , des absens de toute espèce et des catégories dont j'ai parlé plus haut; l'effectif disponible (j'ai la situation sous les yeux) est de 6,000 hommes. *

Sur ces 6,000 hommes, il faut en placer 3,500 dans les postes les plus importans , les autres sont gardés par la garde nationale , les pionniers , les vétérans, les disciplinaires, les indigènes, etc. ; car les garnisons de tous ces postes nécessitent l'emploi de 5,000 hommes ;

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