‹ Explications du maréchal ClauzelChapitre 56 sur 62 · PIÈCE XII · texte numérisé non relu

PIÈCE XII

Bone, le 13 janvier 1837.

Monsieur le maréchal,

Voilà les renseignemens les plus récens et les moïns inçertains qui me soient parvenus par diverses voies , et par des témoins oculaires sur ce qui s'est passé à Constantine.

Peu d’habitans de la ville ont pris part à sa défense ; ce sont des Arabes et des Kabaïles qui étaient placés autour des portes et dans la Casbab,

Il ya dans la ville dix Français ou Européens qui s'y trouvaient avant l'expédition ; deux d’entre eux sont employés dans leur profession d'armurier.

Mir-Tabel-el-Alarles et deux autres habitans ont été pendus par l'ordre d'Achmet-Bey, pour avoir proposé de rendre la ville : on dit qu'ils étaient riches.

On répare la porte du pont, on fait des démolitions dans l'intérieur de la ville et à la porte Bab-el-Oued, on ereuse des fossés de-

vant le rempart du côté de cette porte.

Les femmes du bey ne sont pas encore rentrées à Constantine.

Depuis l'apparition des Français , les bestiaux et les denrées ont beaucoup augmenté de prix ; mais le blé et l'orge sont au contraire à bien meilleur compte , parce que ces objets ne peuvent s’enlever facilement. Malgré la défense du bey, beaucoup d’habitans s’en vont avec leurs femmes, leurs enfans et leurs troupeaux.

La monnaie d’Achmet-Bey a été fort altérée dans son titre. Les Arabes recherchent les anciennes et aussi celles de France. Une pièce

de cinq francs vaut sept à huit boudjous.

On a vu sur la route de Tunis à Constantine une petite voiture escortée par six ou huit Thaous armés et montés sur des mules. Cette voiture contenait deux femmes que le bey de Tunis envoyait au bey Achmet.

Le lieutenant-général, commandant les troupes en Afrique , gouverneur-général par intérim, Baron RAPATEL.

PIÈCE XIZX,

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