‹ Exploitation, débit et estimation des bois: cours fait à l'École impérialeChapitre 12 sur 116 · CONSERVATION DES BOIS DE GOHDB · texte numérisé non relu

CONSERVATION DES BOIS DE GOHDB

U est donc très-essentiel d'enleTer les bois de t^u, aussitôt qu'ils sont suffisamment desséchés, c^est^*^ dire, pendant l'été qui suit l'abatage.

Quand les bois sont rendus à destination, il con<^ vient de les rentrer par un temps sec et, quand on le peut, de les tenir à couvert dans des lieux bien aérés» des hangars, des remises ou des greniers. Ainsi traités, les bots de feu font le meilleur usage possible et peuvent se conserver plus ou moins longtemps, quelquefois pendant plusieurs années, sans s'altérer* Ces précautions doivent être prises pour préserver les bois de la vermoulure et de la pourriture, jus^ qu^au moment oii ils seront employés (1).

Les bois pourris et les bois vermoulus que l'on désigne aussi sous le nom de bois usés, piqués ou passés, ont perdu presque toute leur puissance calorifique* Les bois tendres, les bois jeunes, l'aubier sont plus particulièrement exposés à la vermoulure. Les bois très-vieux, surtout ceux qui ont déjà uit commencement d'altération au cœur, sont les plus sujets à la pourriture.

Les bois qui ont été flottés se dessèchent ensuite beaucoup mieux et plus promptement ; ils sont moins

(\) La pourriture est dae à la présence de principes azotés qqi agissent comme ferments sur les substances qui composent le bois. La fermentation se produit sous Taclion des alternatives de sécheresse, d'humidité et de chaleur de Palmosphère.

La vermoulure est due à la présence de larves d'insectes qui creosent des galeries dans le bois> et se nourrissent de la gomme, de la fécule, des sacres, etc., qu'il renferme.

18 MODE DE MESURAGE ET DE VËffTE

exposés que les autres à la yermoulure, mais il est certain aussi que lé flottage use et altère leur qualité, comme combustibles, lorsqu'il est trop prolongé, ou lorsqu*il se fait à plusieurs reprises. — Le hêtre, comme bois de feu, passe très-vite, surtout le rondin de branche. Le bois de quartier se conserve mieux, mais il est toujours à conseiller de remployer dans l'hiver qui suit Fabatage. — Le charme résiste plus longtemps, lorsqu'il est mis à couvert; surtout quand il est fendu et bien ressuyé. — • Quant au chêne, il peut se conserver plusieurs années, quand il est de bonne qualité et convenablement traité.

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Corder le bois, c'est l'empiler sous la forme d'un pariallélipipède de dimensions variables. Anciennement les bois de chaufiTage se vendaient à la corde. Les dimensions et le volume de la corde variaient avec lès iQcalités ; mais assez généralement on entendait par corde ordinaire, un parallélépipède rec-^ taille,. aya,nt 8 pieds de couche, 4 pieds d'élévation et 4 pf eds de profondeur. La corde comprenait donc 128 pieds cubes.

La corde d'ordonnance des eaux et forêts (ord. de ! 669) avait 8 pieds de couche, 4 pieds de. haut et 3 pieds 6. ppuces de.. profondeur ou de longueur de bûche, ce qui faisait 112 pieds cubes ^ '

• La voie de Paris écjuivaùt à la ndoitié de là corde d'ordonnance, c'est-à-dire, à 56 pieds. cubes. .

La corde dé port a^ait 8 pieds de couehe et 5 de hauteur, la bûche ayant 3 pieds 6 pouces de longueur. Elle contenait, par conséquent, 140 pieds cubes.

Ces anciennes mesures et bien d^autrés sont encore en usage dans une grande partie du comcnerce dés bois de feu ; mais • on les rapporte au stère qui est Tunité de mesure prescrite par la- loi du 4 juillet 4837, pour la vente des boîs de feu débitésen bûches de quartier ou de rondin.

Le stère est un volume de bois de feu empilés bu cordés, ayant un mètre de couche, un mètre de hauteur et un mètre de profondeur ou de longueur dé bûèhe. Le stère a, par conséquent, les mêmes di-^ mensions que le mètre cube dont il diffère cependant, comme unité de mesure, en ce que dans le volume du stère, on comprend les interstices ou vides qui existent entre les bûches empilées, tandis que le mètre cube exprime un volume plein et sans^ vides.,Mais, comme la longueur des bûches (Je chauffage varie avec les localités, on est obligé^ dans le mesurage de ces bois, de faire varier les deux autres dimensions du mètre cube pour retrouver exactement le stère. Les règlements sur les nouvelles mesures exigent de plus, que le bois de feu soit empilé, eu égard à la longueur des bûches, à une hauteur telle que la. mesure en stères JBt en décistères soit exactement indiquée par la longueur en mètres et en décimètres de la ligne de couche. Par exemple, on sait qu'en France la longueur de la bûche de bois de

feu est assez ordinairement de 42 pouces de notre ancien pied, ou environ 1 mètre 14 centimètres; pour former le stère avec des bûches de cette longueur^ on empile le bois sur un mètre de couche et 0",88 centimètres de hauteur. En anciennes mesures, le stère ou mètre cube vaut 29 pieds 2 pouces cubes.

Dans le commerce de détail, on vend quelquefois le bois au poids. Les fournitures de bois de feu à certains établissements publics se font assez souvent de cette manière. Mais, pour un même volume, le poids varie avec Tessence, l'âge du bois, la partie de Farbre dont il provient, et les conditions de sol et de climat dans lesquelles le bois a crû. En Lorraine (1), le poids moyen d'un stère de bois, empilé suivant les usages du commerce, est d'environ :

435 k. pour le bois de vieux chêne ;

450 k. pour le jeune chêne et le hêtre, bois de tige ;

500 k. pour le rondin de charme ;

533 k. pour le quartier de charme.

S ni. — QUALITÉS BT DiPAUTS DIS BOIS DB COBDB.

Les qualités du bois de feu doivent être de brûler facilement, d'une manière égale, sans trop de promptitude ni trop de lenteur , et de fournir, pour un volume donné, la plus grande somme de chaleur.

La puissance calorifique d'un bois est proportionnelle à la quantité de carbone et d'hydrogène qu'il

(\) X Paris, on eslime en moyenne le poids d*an stère de bois dur k iOO kil. et le poids d'an stère de bois blanc à 500 kil. {Ann. forest.)

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