‹ Exploitation, débit et estimation des bois: cours fait à l'École impérialeChapitre 77 sur 116 · EMPLOI DES BOIS DE CHÊNE · texte numérisé non relu

EMPLOI DES BOIS DE CHÊNE

Nota. — Afin de faciliter Tétude et l'emploi des tarifs de recette de la marine^ afin d'apprendre à distinguer sûrement les conditions que doit réunir une pièce de bois en grume pour être propre aux constructions navales, et la valeur particulière qu'elle peut avoir en raison de sa forme et de ses dimensions, nous allons indiquer remploi de chaque signal dans la construction d'un vaisseau, la place qu'il occupe dans la charpente du bâtiment et les qualités particulières que le bois doit offrir dans chaque signal, c'est-à-dire, selon remploi auquel il est destiné* Dans cette nouvelle nomenclature, nous suivrons à peu près Tordre dans lequel les divers signaux sont mis en œuvre.

S I. EMPLOI DIS PlàCBS DB QUILLB, ÉTAMB0T8, COURBES d'ÉTÀMBOT,

iTBATBS BT BEIONS.

Quille. — Pièce droite formant la base du bâtiment et placée dans son axe longitudinal. Elle reçoit les entailles des couples ou côtes qui composent la carcasse du navire. C'est sur elle que s'appuient, à l'avant et à l'arrière, l'étrave et l'étambot qui sont avec elle dans un même plan et dessinent les contours extrêmes du plan longitudinal. On superpose ordinairement sur la quille une contre-quille pour

. EMPLOI DES BOIS DE MARINE. i93

la renforcer, et sous la quille une autre pièce que l'on noanme fausse-quille. {Pi. V, fig. 1 ; y, quille; c q, contre-^ille ; fq, fausse-quille.)

Etambot. — Pièce droite qui se dresse à l'arrière sur la quille de manière à former avec elle un angle plus ou moins obtus que l'on nomme quête. L'étambot porte les ferrures qui soutiennent le gouvernail. Il se relie à la quille par la courbe (Tétambot^ dont une branche est chevillée avec la quille et l'autre avec l'étambot. {PL V, fig. 1, étambot monté sur la quille : et, étambot ; cet, contre-étambot ; fet, fauxétambot: d, courbe (t étambot ; g , chevilles.)

Etravb. — Pièce à forte courbure, formant l'avant du bâtiment ; elle se relie à la quille par une pièce que l'on nomme brion. {PI. V, fîg, 2, étrave montée sur la quille: e, étrave; ce, contre-étrave ; tm, taillemer, il forme la base de la guibre qui termine le vaisseau à l'avant) .

Brion. — Pièce courbe, droite dans sa partie inférieure pour le prolongement de la quille et formant un coude dans sa partie supérieure pour ébaucher la base de l'étrave. {PL V, fig. 2, b, brion ; a, écart ou assemblage de la quille avec le brion; q, cq, fq, comme dans \hfig. 1).

OBSBEVATIONS.

Toutes ces pièces doivent être en bois de chêne de la meilleure qualité, parce que ce sont elles qui ont à supporter le

plus de fatigue dans la marche et la manœuvre du bâtiment. €e8 pièces doivent donc être exemptes de tous défauts et notamment de ceux qui seraient de nature à diminuer la force du bois^ ou à occasionner des voies d'eau.

Le tarif de recette admet les quUles qui présenteraient un défourni (diminution sur réquarrissage) au petit bout^ pourvu que ce défourni n'existe que sur une des faces, et seulement sur une longueur égale au i/6 de la longueur totale. Le motif de cette tolérance est que les pièces de quille doivent être entaillées sur une face pour s'assembler entre elles ou avec la courbe de brion par Tune de leurs extrémités. La même tolérance est admise pour Tune des faces de tour de Tétrave en raison de son mode d'assemblage avec la branche du brion. Quant à l'étambol, il est assujetti aux mêmes conditions que la quille, sauf qu'il n'est pas toléré de défourni au petit bout ; cette différence s'explique par sou mode d'assemblage avec la quille {PL F, fig. 1).

L'orme champêtre pourrait remplacer le chêne dans les pièces de quille, et, en général, dans toutes les parties de la charpente qui sont sous l'eau. Mais cette précieuse essence est rare dans nos forêts et son prix est généralement supérieur à celui du chêne, bien que sa croissance soit beaucoup plus rapide (1). On en emploie cependant une quantité assez notable, dans les arsenaux de l'Etat, à la fabrication ou à la construction d'objets d'armement, et, dans les chantiers du commerce, à la construction des navires de la marine marchande, des bateaux de pêche, etc. Ces bois proviennent ordinairement d'arbres plantés

isolément dans deis propriétés particulières, et ne présentent que

rarement les dimensions et les qualités nécessaires aux grands

emplois.

Les pièces de quille, étambots, étraves et brions sont rares

dans nos forêts, du moins en première espèce.

(i) Le cahier des charges de 1897 autorise les fournisseurs de la ma-

S II. EMPLOI D£S VAÎLàlfGUBS, GENOUX ET ALLONGES.

La membrure d'un vaisseau, autrement dit les couples, se composent des différentes pièces énumérées ci-dessous et qui entrent dans leur assemblage suivant les formes qu'elles affectent. Ces formes leur sont imposées par le tracé du bâtiment à construire. En commençant par le bas, ce sont :

Les VARANGUES PLATES. — Pièccs à uue courbure qui s'entaillent par le milieu, se placent à cheval sur la quille, perpendiculairement à celle-ci, et s'étendent des deux côtés sur une certaine longueur, avec leur convexité par le bas. Ces pièces s'emploient dans la partie centrale.

Les DEMi-vARANGUES. — Pièccs à une courbure accolées ou juxta-posées aux précédentes pour former le couple, lequel se compose, comme son nom l'indique, de deux plans de bois. Les demi-varangues se joignent bout à bout et s'arrêtent su^ l'axe delà quille. — Les pièces qui forment les deux plans de chaque <^ouple sont assujetties par des chevilles quarrées en fer appelées gougeons. [PL V, fig. 3, partie basse d'un couple du milieu d'un vaisseau à trois ponts : vp, varangue plate ; dv, demi-varangue , placée devant ou derrière la varangue plate, dans le second plan de bois du couple; g, quille; c, carlingue, pièce

fine à remplacer le chêne par Forme champêtre dans la fournilure des pièces de quille de l''^et 2' espèces. On cite parliculièrement en France le déparlement da Nord, comme produisant des ormes propres aux Ifrands emplois de la marine.

de bois placée parallèlement à la quille, à Tintérieur du bâtiment ; ff, chevilles reliant la carlingue et la quille ; k, gougeon,)

LesGBNOux. — Ce sont des pièces à une courbure, placées à la suite des varangues et des demi-varangues dans les parties cintrées du couple. {PI. V, fig. 3. g, genou.)

Les ALLONGES ET LES BOUTS d' ALLONGE. PièCCS à

une courbure servant à compléter la formation du couple jusqu'à la partie supérieure du bâtiment. Ces pièces sont apposées bout à bout, les unes à la suite des autres, de manière que les joints ou écarts des pièces d'un plan correspondent à peu près au milieu des pièces de l'autre plan. [PL VI,fig. 1, a, allonge; bùy bout d allonge.)

Les VARANGUES ACCULÉES. — Ccs pièccs à une forte courbure s'emploient comme les varangues plates dans les parties i^oins plates de la cale des bâtiments. [PI. V, fig. 4, partie basse d'un couple de vaisseau vers les extrémités : va, varangue acculée; g, genou; c, carlingue ; ç, quille.)

Les GENOUX DE REVERS. — Ccsoutdcs pièccs à deux courbures très-prononcées qui remplacent les varangues dans les parties aiguës de l'avant et de l'arrière. [PL VI, fig. 1, coupe d'un vaisseau dans les parties fines et acculées : g r, genou de revers ; c, carlingue; q» quille.)

Les ALLONGES DE REVERS. — Pîèces à deux cour-

bures qui remplacent les genoux dans les parties aiguës de l'avant et de l'arrière. [PL VI, fîg. 1 , aVy allonge de revers ; a, allonge; ba, bout d allonge.) En résumé, on voit que, perpendiculairement au plan qui passe par Taxe de la quille, s'élèvent une suite de fermes doubles, composées chacune de deux rangs de pièces de bois appliquées les unes à côté des autres et chevillées solidement ensemble. Ce sont les couples dont l'ensemble forme la membrure du bâtiment. Entre deux couples, on laisse toujours un intervalle de quelques centimètres qu'on nomme maille. Ces vides rendent la charpente plus légère et facilitent la circulation de l'air et l'écoulement de l'eau entre les différentes pièces que des contacts trop multipliés feraient pourrir très-rapidement.

OBSERYÀTIONS.

Les pièces qui servent à former la membrure ou les couples des bâtiments de la marine militaire sont en bois de chêne. Ce que l'on demande spécialement aux bois destinés à cet emploi^ c'est d'être sains, nerveul, exempts de défauts qui pourraient engendrer ou favoriser la pourriture et, par suite, compromettre la solidité et la durée du bâtiment. On conçoit en effet que les pièces les plus importantes, celles qui forment la partie inférieure des couples, sont d'autant plus exposées à s'échauffer et à pourrir qu'elles sont placées dans un milieu moins aéré, plus humide et plus chaud. Mais les fortes . gerçures, les fibres torses (i), de légères roulures, les nœuds sains et les cavités qui proviennent du sondage des pièces, ne s'opposent pas à leur emploi dans cette partie de la charpente. Les fortes gerçures et

(1) Voir au chapitre saivaat les défauts et qualités des bois.

les fentes sont, au contraire, un signe qui atteste la qualité de ces bois comme force et durée ; seulement, pour prévenir les voies d'eau qu^elle» pourraient occasionner, on prend la précaution de les calfater après que les pièces sont mises en œuvre. Le tarif de recette ne dit pas que ces pièces puissent être admises avec un dé fourni, mais on lit dans le cahier des charges de i857, article 24 : a Sauf les exceptions portées au tarif pour les pièces de quille, étambots, mèches de gouvernail, bittes, baux, barrots de gaillard et étraves, Taubier et les défournis ou flaches existant aux angles des pièces ne donneront lieu à aucune réduction, lorsqulls n'excéderont pas, à chaqw angle y quinze pour cent de la largeur de la pièce à reudroil corres(H)Qdant à Taubier ou au défourni, et lorsque d'ailleurs les faces seront saines et sans défectuosités. — Le défourni ou Taubier se mesurera sur les faces des pièces et non diagonalemeiit. » -^ Cette tolérance est extrêmement importante et nous la signalons comme facilitant beaucoup la fourniture des bois courbants les plus rares par leurs formes et leurs dimensions.

Parmi les bois qui entrent dans la construction de la membrure, se trouvent des pièces à très-forte courbure que l'on ne rencontre que rarement dans nos forêts, du moins en i'^el^^ espèces, parce que dans les exploitations nous avons une tendance générale à ne réserver que des arbres droits et d'un beau port, comme étant moins dommageables aux sous-bois par leur couvert. Il serait cependant d'un grand intérêt pour TËtat d'élever, dans les futaies comme dans les taillis, des chênes propres à fournir des courbes et des courbants à la marine, en réservant spécialement ceux qui, placés sur la limite des forêts, sur les lisières des coupes, ou sur le bord des chemins, affectent les formes les plus rares et les plus recherchées.

Les varangues acculées, les genoux et les guirlandes qui arrivent dans nos ports proviennent, pour la plupart, de chênes qui ont cru isolément. On voit beaucoup de ces chênes plantés en haie ou en bordure sur le bord des fossés qui servent de

limites aux propriétés^ dans les départements de l'ouest de la France. De là le nom de bois de fossé que Ton donne, dans les ports^ aux pièces de marine qui proviennent de ces arbres. Ces chênes sont souvent viciés par suite des éiagages répétés auxquels ils ont été soumis ; mais^ quand ils sont exempts de vices^ leur bois est répiité de la meilleure qualité et valoir celui des chênes d'Italie. Tels sont ceux qui proviennent du Calvados ou des contrées voisines, et ceux qui viennent des Landes et que Ton désigne plus spécialement sous le nom de bois de Bayonne (1).

% III. EMPLOI DES Baux, COURBES DE PONT, 6UIELA1IDE8 ET COURBES

DE JOTTERBÀU.

Pour compléter la construction du bâtiment comme coque, on applique, à l'intérieur et à l'extérieur des couples, un revêtement de pièces de bois, juxta-posées longitudinalement, que l'on nomme bordages et qui, avec les couples, forment la muraille du bâtiment. Ce revêtement prend à l'intérieur le nom de vaigrage, et les bordages sont alors des vaigres. Les vaigres ordinaires se nomment vaigres de point ; les vaigres de plus forte épaisseur que l'on place dans les parties inférieures pour renforcer les fonds, se nomment vaigres dempâture. {PL V, fig. 3. v, vaigres de point ; ve, vaigres dempâture.)

Le revêtement extérieur du vaisseau, ou la pose

(1) J*ai vu de ces chênes à Cherbourg et à Brest et j*ai été frappé de leur qualitéi comme force, et de la rapidité avec laquelle ils ont crft. Leur bois, dur comme de la corne, se prêterait mal à des ouvrages de fente ; sa couleur est d'un blanc jaune rosé, et l'épaisseur des couches concentriques annuelles atteint quelquefois 2 centimètres. Du reste, ces bois sont généralement courts, noueux, mal conformés et fortement gercés; ils seraient d'un emploi difficile dans les constructions ordinaires et d'un mauvais usage comme sciage.

des bordages, n'a lieu qu'après le vaigrage ou le revêtement intérieur et l'établissement de la charpente des ponts. Cette charpente doit être très-solide, parce qu'elle sert à relier entre elles les membrures opposées de chaque bord, et parce que^ dans les vaisseaux de guerre, les ponts sont surtout destiiïés à porter l'artillerie. Voici les principales pièces qui entrent dans cette construction.

Les BAUX. — Ce sont des pièces à courbure légère que l'on place à l'intérieur du bâtiment, dans un sens perpendiculaire à la quille, pour recevoir les bordages ou planchers des ponts. Les baux s'appuient par leurs extrémités sur une sorte de corniche en bois que l'on nomme bauquière. Cette cornichç est formée de forts bordages placés longitudinalement les uns à la suite des autres contre la membrure, et splidBment chevillés avec elle. Les baux ont leur face convexe tournée vers le ciel, de manière à déterminer la forme en dos d'âne qu'il convient dé donner à la surface dû plancher des ponts, pour faciliter l'écoulement dès eaux.

Dans les vaisseaux de guerre, on est souvent obligé de faire les baux de deux ou de trois pièces, à cause de la grande distance qu'il y a d'un bord à l'autre. De là, les demi-baux qui arc-boutent l'un conti^e l'autre, et sont assemblés et fortement reliés entre eux par des chevilles rivées ou boulonnées.

Les baux qui sont destinés au pont supérieur ou pont dés gaillards, prennent le nom de Barrots de gaillard.

Les COURBES DE PONT. — Pièccs courbes que Ton place aux angles des ponts avec les murailles ; elles sont formées par l'insertion d'une branche dans le tronc de l'arbre. Ces courbes ont chacune une branche chevillée avec un des baux et l'autre avec la ipembrure. Elles oqt piQur objet de maintenir l'union des pouls avec les parties latérales de la chçirpente. [PL YL fig^ 2, section d'un vaisseau à trois pont^, perpendiculaire à la quille : CV, couple du vaisseau; b, bordages; v, vaigres; ve, vaigre dempâture; p b, plat bord; BG, barrot de gaillard; BP, bau de pont; D B, demi-bau;bp, bordages des pont$ ; fg, fourrure de gouttière, dans l'anglç d\i pont avec la« i;ni^raille ; ellQ est percée d^puvertures ou dalots servant à Técoulremeat des eaux; cp, courbe de pont; cpf, courbe de pont en fer; h r, kiloires renversées , placées dans toute la longueur du vaisseau pour relier les baux entre eux; e p c, épontille de cale servant à soutenir les ponts; e p, épontille de pont; e m, emplanture du mât; m, rp^t; b.i^ l)itte de pied d,e mât.)

Les GUIRLANDES. — Pièccs à forte courbure que l'on emploie à l'intérieur du bâtiment, à l'avant et à l'arrièire, pour relier et solidifier les pièces de la n^mbrure et empèchei: l'écartement des bords.

La, COURBE DE JOTXERRAu. — Pièce courbe^ desti- Qée à soutenir l'éperon saillant que porte l'avant du navire. L'une des branches du jottereau s'applique sur la membrure et l'autre sur cet éperon.

0BSBRTATI0N8.

Les pièces que Ton emploie pour former la charpente des ponts sont : les baux, les demi-bcoix, les barrais de gaillard et les courbes de pont. Ces mêmes pièces servent aussi avec les guirlandes h relier et à solidifier les parties opposées des couples et à empêcher Técartement des bords.

Les baux et les demi-baux entrent en trâ»-grand nombre dans la construction de la charpente des ponts. On ne compte pas moins de 150 baux dans la charpente d'un vaisseau de premier rang. Le Montebello, vaisseau de i^O^ dont le modèle est à l'Ecole forestière^ en porte 148. — Les baux et les demi-baux se font en bois de chêne^ ou en bois de pin sylvestre du Nord, de pin Laricio et de pin des Florides. Mais la plus grande partie des baux sont en bois résineux^ et Ton n'emploie le chêne à cet usage que dans les ponts inférieurs et dans les parties de la charpente des autres ponts qui supportent le plus de fatigue^ ou qui sont le plus exposées aux causes de destruction. La raison de la préférence que Ton donne au pin sur le chêne dans cet emploi^ c'est que le pin étant plus léger que le chêne charge moins le bâtiment^ et que d'ailleurs il dure et résiste au moins autant que le chêne lorsqu'il est mis en œuvre dans de bonnes conditions. On emploie aussi le pin en demi-bau^ mais plus rarement que le chêne^ parce que les chevilles qui servent à relier les deux parties d'un bau tiennent moins bien dans le bois résineux.

Les baux de chêne de i** et 2* espèces sont assez rares dans nos forêts^ parce que ce sont des pièces de grande longueur^ d'un fort équarrissage et dont la courbure doit être très-régulière. Ceux de pin sylvestre étant soumis aux mêmes conditions^ quant aux dimensions^ à la forme et à la qualité des pièces, seraient aussi très-difficiles à trouver^ surtout à cause des dimensions de l'équarrissage ; mais, jusqu'à présent, on n'en a

point cherché dans les pineraies de France, sauf en Corse où les forêts de Laricio fournissaient naguère, sous ce rapport, de précieuses ressources ârla marine.

Les baux étant des pièces de longueur^ pour lesquelles on n'admet ni défuurni, ni tplérance d'aucune sorte en ce qui concerne la qualité du bois, ne pourraient être fournis en grande quantité que par des arbres élevés en massif de futaie. Mais les bois qui viennent en futaie pleine n'atteignent pas toujours, à rage marqué par la révolution, les dimensions nécessaires pour suffire aux conditions d'équarrissage des pièces de marine de i'* et même de 2* espèce. Tout au plus trouve-t-on aujourd'hui, dans les massifs de futaie de chêne ou de pin, des arbres qui, à rage d^exploitation, ont les dimensions nécessaires pour donner des barrots de gaillard. *- Pour obtenir des arbres qui offrissent ces grandes dimensions à Fépoque de leur exploitation, il faudrait que les futaies de chêne et de pin sylvestre fussent éclaircies beaucoup plus fortement qu'on ne le fait d'habitude, à partir du moment où tes arbres ont atteint toute leur croissance en hauteur de fût (i) ; ou bien il faudrait, qu'au moment des coupes de régénération, on fît une réserve assez importante des arbres qui, par leurs formes et leur état de végétation, pourraient fournir, au bout d'un temps plus ou moins long, des pièces de i'* et 2* espèces aux constructions navales (2). Sans cela, les baux de chêne, de même que les quilles et les autres bois droits de i'* et 2* espèces, seront toujours fournis en grande majorité par des arbres élevés sur taillis, lesquels ne peuvent jamais donner, à nombre égal, ni la même quantité (parce qu'ils sont souvent viciés ou mal conformés), ni la même qualité (parce qu'ils sont noueux) de bois droits propres aux grands emplois, que des arbres de mêmes dimensions venus en futaie.

^1) Voir le Coun de culture des boU de MM. Lorentz et Parade. Livre 5«, chapitre 2«, article UI et XIV.

(2) Id., article III.

Les courbes de pont soot en bois de cbêne; ces pièces sont asKx difficiles à trouYer, du moins en quantité suffisante pour les besoins de la marine, ausn les remplace-t-oo généralement aujourd'hui, par des courbes en fer. Les courbes de pont en fer ont aussi l'aTantage d'occuper moins de place dans rîntérieur du bâtiment que les 'courbes de pont en bois ; par contre, les courbes en fer n'ont pas l'élasticité des courbes en bois.

Le plancher des ponts se fait en bois de chêne et de pin. lies planches qui serrent à cet usage relèvent le nom de bordages de pont. Leur largeur yarie de quinze à vingt centimètres^ leur épaisseur de quatre à douze centimètres. Les ponts et les faui ponts sont tout entiers bordés avec du pin, à rexception de la partie voisine des Iwrds, sur laquelle roulent les canons dans la manœuvre, qui est bordée avec du chêne. On évite aussi d'employer du bois susceptible d'un très-beau poli, le pin des Florides par exemple, pour border le pont des gaillards^ parce qu'il devient trop glissant.

% IV. tMPLOI OSS rLANÇOns, FÙGBS l»B TODK, FUCIUITU ET W^iS A.

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